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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 13:43

 

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

8ème partie

7ème partie

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I



ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L'ALPHABET HÉBREU.


ALPHABET SACERDOTAL.

 


Le plus ancien alphabet de la langue hébraïque n'avait que dix lettres.

Saint Irénée, à qui nous devons la conservation de ce fait très-important, appelle les lettres de cet alphabet LETTRES SACERDOTALES.

Ântiquœ et primœ hebrœorum litterœ et
sacerdotales nuncupatœ , decem quidem sunt numero (Advenus hœreset. Lib, 2).

Les auteurs, et Court de Gébelin entr'autres, qui ont cité ce passage ne s'y sont point arrêtés, n'en comprenant pas l'intérêt et la portée, ou ne présumant pas qu'un alphabet de dix lettres seulement eût jamais été d'un usage naturel et sérieux.

Ils peuvent avoir été conduits à penser ainsi par l'explication singulière et affirmative qui accompagne le texte de saint Irénée. Suivant l'auteur de ces annotations, ces dix lettres sont les dix premières de l'alphabet hébreu, depuis A jusqu'à I. Illœ decem sunt ab A , Aleph, usque ad  I, jod.

Il serait en effet impossible de concevoir la langue hébraïque, ou toute autre langue, avec ces seules lettres A, B, G, D, É, U, Z, È, Th et I. En ce cas, saint Irénée aurait été induit en erreur; mais loin de là : il rapporte un fait pour lui certain, une tradition antique et de son temps reçue.

On verra combien nous lui avons obligation de nous l'avoir conservée. Sans cette tradition, l'origine de l'alphabet, celle des langues alphabétiques, restaient inexplicables; et c'est parce qu'on ne l'a point méditée qu'on n'a point expliqué cette origine.

Remarquons d'abord la dénomination de cet alphabet : elle n'annonce point une langue vulgaire, connue de tous, et usitée par tous ; ces mots
lettres sacerdotales disent tout le contraire.

Observons encore qu'un alphabet hébreu de dix lettres, est par cela même
fort antérieur à Moïse : aussi dit-on que ce sont les premières et les plus anciennes lettres de l'hébreu. ANTIQUAE ET PRIMAE HEBRAEORUM LITTERAE :

Que
l'hébreu qui en résulte n'est point l'hébreu du Pentateuque, qui en a vingt deux ;

Que la langue est la même, mais que
l'orthographe des mots est différente ;

Que par conséquent dans l'hébreu de vingt-deux lettres, beaucoup de mots
écrits avec les lettres les dernières inventées, peuvent et doivent appartenir à des mots qui existent encore, écrits avec les lettres sacerdotales.

Enfin, cette observation doit expliquer mieux qu'aucun système le rapport de signification qui se trouve exister entre un grand nombre de mots qui ne diffèrent que par le changement de quelques lettres en leurs analogues, comme de B en Ph ; de L en R ; de Sh ou Çh en Tz , S et Z ; de D en T et Th ; de G en C et Q. Ces mots ne sont que des expressions générées successivement d'un seul et même mot générant ; et la signification qui nous paraît avoir été cédée exclusivement à l'un d'eux peut avoir appartenu à tous dans le principe , ou leur avoir appartenu encore depuis dans quelques circonstances qui nous sont inconnues, soit parce que les textes nous manquent, soit parce que dans les textes existants
cette signification a été écartée.

Il est donc présumable que les
lettres sacerdotales ne furent ainsi qualifiées que parce que la langue hébraïque, usitée seulement parmi les Prêtres, était devenue :

La langue sainte, en hébreu. ShPhÉ. ( Voyez ce qui se rapporte à ce mot dans la 1re étude, p. 39 et 40.)

2° La langue
supérieure, éminente, élevée au-dessus du langage vulgaire.... ShPhÉ.

3° La langue des
Surveillants, de ceux qui examinent, contemplent, observent, qui considèrent avec attention d'un lieu élevé, du haut d'une tour, comme une sentinelle TzPhÉ.

4° Comme un homme qui observe les astres, et particulièrement le Nord TzPh-ON. (On verra bientôt que l'accroissement de l'alphabet et du langage
a dépendu du progrès de l'astronomie. )

Qui lit dans le ciel, qui connaît l'avenir, qui pénètre les choses cachées TzPh-N. (Ce qu'était le Nazaréen Joseph, auquel Pharaon donna, pour cette raison, le nom composé TzPh-NT PhÔNE ; c'est-à-dire interprète des SPhINX. AEgyptii ante templa ponunt SPhIN-Gas, quia Doctrina quœ de Deo est, œnigmata est et obscura.. (Clém. Alex. Str. 5. p 664.)
 

6° Enfin, la langue DES JUGES, de ceux qui commandent, gouvernent, qui sont éminents en sagesse, en puissance, en savoir, comme l'était Joseph, en un mot, DES SUFFETES ShPh-T-IM.

On voit par cette série de significations générées du mot ShPÉ, que cette langue était véritablement
réservée pour le Sacerdoce, pour les hommes savants, puissants et initiés qui lui appartenaient.

Les caractères inventés pour l'écrire étaient
cachés au vulgaire dans la crainte qu'il ne les employât d'une manière profane ; ils ne lui furent découverts que très tard. La divulgation de l'écriture alphabétique et de la langue née de l'alphabet fut regardée comme une profanation (Voyez Genèse 4. 26. et 11. 6).

Retrouver la forme antique des lettres sacerdotales, serait heureux pour l'histoire des progrès des arts et des sciences ; la rechercher, ce serait entreprendre un travail sans résultat probable et satisfaisant. Une seule de ces lettres paraît être parvenue jusqu'à nous et n'avoir pas changé cette forme, parce que
cette forme était peu susceptible d'être remplacée par une autre ; mais en revanche elle a changé de valeur. Ce caractère existe dans l'éthiopien, dans l'hébreu des médailles ; c'est l'unité barrée, le signe cruciforme,
+.

Dans l'alphabet sacerdotal, sa valeur comme son répondait à Sh ou Çh. Dans les alphabets qui suivirent, sa valeur répondit à la lettre T ; néanmoins , ce caractère garda son rang : il était le dernier dans l'alphabet de dix lettres, il est resté le dernier dans celui de vingt-deux.

Dans l'impossibilité où nous sommes de retrouver la forme des autres lettres sacerdotales, bornons-nous donc à chercher le nombre de voix et d'intonations primitives qui composaient cet alphabet; car il n'y a pas d'alphabet sans voyelles et
je ne reconnais pas pour voyelles de l'alphabet hébreu des points imperceptibles, dont on ne s'est avisé de faire usage que vingt siècles après Moïse.

Le langage humain et celui de tous les animaux qui expriment leurs passions par des cris ne se composent que de voix.

Le passage de ces voix par l'
ORGANUM vocal est plus ou moins libre, plus ou moins ouvert, resserré, comprimé, entravé, suivant le jeu que la passion plus ou moins vive, que l'intention ou l'attention portée sur telle ou telle autre idée, tel ou tel autre objet, imprime à cet organe et aux parties qui l'avoisinent; c'est-à-dire en raison du rapprochement ou de l'éloignement instantané des dents, et des lèvres, de la position de la langue, et des contractions du gosier.

Ainsi, par exemple, la voix A, qui sans ces obstacles se produit telle A, modifiée par eux, moulée dans la forme qu'ils donnent à l'organum, à l'instrument vocal, sonne à l'ouïe BA, DA, ÇA, LÀ, MA, NA, SA.
 

Ces formes, B, D, C, L, M, N, S, ne font qu'envelopper, que revêtir la voyelle; et sans cette voyelle elles ne sont qu'une forme, qu'un moule, une disposition, une configuration matérielle qui n'a pas de son, qui ne produit aucun bruit appréciable, ou qu'une oreille humaine puisse entendre et classer.

C'est ainsi que le moule d'une figure n'est pas une figure, mais il donne à la matière qu'on y coule la forme, la figure qu'elle doit avoir. C'est ainsi qu'une flûte, suivant la position des doigts, n'est ni un Ut, ni un , ni en Mi, etc., mais la forme, le moule qui donnera à la voix que l'on forcera de traverser cet instrument le son d'un Ut, d'un ou d'un Mi.

Il y a cette immense différence, c'est que l'instrument de musique est sous nos yeux, sous notre main, que nous voyons, que nous palpons la forme ou les formes nécessaires pour produire un Ut, un , un Mi ou un Fa; et que l'instrument vocal échappe à toute inspection de ce genre : nos yeux ne verront point, nos mains ne palperont jamais les formes qu'il prend pour produire les sons BA, DA, ÇA, LA, MA, NA, SA(29).

Cependant,
au dire des mainteneurs des points- voyelles, ce sont ces formes, ces configurations que les inventeurs de l'écriture ont seules apercues; chose aussi difficile que de les entendre. Ce sont elles seules qu'ils se sont proposées lorsqu'ils ont composé le premier alphabet ; mais des sons vocaux, seuls appréciables par l'ouïe, seules expressions possibles des sensations, des passions, du plaisir, de la douleur, de la vie, enfin ; seuls moyens de connaître ces formes mêmes, ils n'en ont tenu compte ; ils les ont jugés indignes d'occuper une place dans la série des lettres ; et quand enfin, dans la suite des temps, deux ou trois mille ans après, on a exigé que les sons vocaux fussent représentés, on les a indiqués, par grâce, au moyen de quelques points imperceptibles.

Mais cette marche,
cette manière de procéder est impossible !

Comment veut-on que des hommes qu'étourdissaient journellement dans leurs relations sociales les cris A , É , E, l,0, OU , U, n'aient rien pu imaginer de mieux pour représenter ces cris que de figurer, quoi ? l'air , le souffle, l'air chassé des poumons , l'aspiration, mouvement muet qui n'a par lui-même
aucune valeur comme son ! On veut que ces hommes, qui n'ont pu entendre ou distinguer une à une ces différentes voix, aient eu l'ouïe assez fine, assez délicate, pour apprécier, indépendamment de seize espèces de formes ou intonations, six manières d'aspirations. Moins heureusement organisées sans doute, d'autres nations civilisées n'en ont pu compter qu'une seule, dans notre alphabet nous la représentons ainsi H. Oubliez l'orthographe des mots où la grammaire et l'usage vous ont dit de l'écrire et où elle n'est pas l'esprit rude des Grecs, cherchez-la avec l'ouïe, vous ne pourrez pas la trouver. Au dire des hébraïsants, les inventeurs de l'écriture en ont trouvé six.

Mais si les caractères A , É , È, I, 0, OU, ne sont dans l'alphabet hébreu que des signes d'aspirations différentes, pourquoi lorsqu'on veut représenter par des lettres de l'alphabet français ces six aspirations, pourquoi ne pas les écrire ainsi ? H,HH, HHH, HHHH, HHHHH,HHHHHH ? C'est que cette manière d'en produire la valeur ferait ressortir le ridicule et l'impossibilité du système.

Cependant cela serait très-rationnel, et M. l'abbé Latouche, dans sa grammaire (Paris 1836), en a supporté franchement les conséquences. Néanmoins, effrayé par cet alignement d'aspirations, il les a remplacées par des chiffres, A c'est 1, É c'est 2, E c'est 3, et 0 c'est 4. L'auteur rend au JOUD sa valeur I, et fait du signe Uou un V consonne.

Puisque les voix font les langues, la peinture de ces voix doit être la première partie du tableau des signes. Tout alphabet devrait donc commencer par les voyelles, et le savant Volney dans la Simplification des Langues orientales publiée à Paris, en l'an III, a classé méthodiquement de cette manière les voyelles de l'alphabet arabe.

Revenons à la recherche du nombre de voix et d'intonations qui composaient l'alphabet sacerdotal. Le texte de saint Irénée ne peut rien nous apprendre, et son commentateur suppose un alphabet impossible en nous offrant les cinq voyelles A, É, È, U, I, et les cinq consonnes B, G , D , Z, Th. Les intonations simples produites par le jeu de l'instrument vocal s'élèvent à sept, il n'y avait donc dans l'alphabet sacerdotal que trois voix ou trois voyelles.

Ce point reconnu, il en résulte que ces voyelles étaient A, É, I, car ce sont les plus simples; la suite le fera suffisamment comprendre. On peut observer pour le moment :

Que la voyelle 0 n'est qu'une modification de la voyelle A. Ainsi, la lettre 0 de l'alphabet hébreu se prononce souvent Â; son nom est Aïn dans toutes les grammaires. Cette modification pouvait être sentie dans la langue parlée, elle pouvait être produite par l'accent, par l'expression aidée du geste ; mais c'est pour cela même qu'elle n'était pas figurée, qu'elle n'avait pas alors de signe particulier dans la langue écrite, car cette expression n'était pas une voix, mais une prononciation différente.

La voyelle U prononcée aussi OU et Y, modifie la voyelle I, et dans l'hébreu de vingt-deux lettres ces voyelles se mettent fréquemment l'une pour
l'autre.

Enfin, la voyelle E est une modification sensible de É.

Voici maintenant cet
alphabet sacerdotal; j'en place les caractères dans l'ordre même qu'ils devaient avoir. Cette assertion peut paraître hardie, mais cet ordre est indiqué par l'alphabet zodiacal dont nous parlerons bientôt.

Voix primitives. A E I = Signes affirma tifs. Affirment l'être, l'existence, la vie, la sensation.

Formes où se moulent ces voix : .L =  Signe négatif, isolé. B C D M N Sh = Signes modificatifs = Formes differentes des voix selon l'action de Yorganum vocal, modifié par un sentiment ou une intention instantanée.

Il faut se rappeler ici ce que nous avons dit de l'origine des lettres en commençant, savoir :
qu'elles n'ont pas été inventées pour décomposer les mots et les écrire. J'ajoute maintenant qu'elles l'ont été pour l'astronomie; qu'elles le furent pour servir de signes symboliques, et pour devenir un moyen d'affirmation, d'affermissement, de transmission et de conservation appliqué aux connaissances acquises par l'observation des astres. J'observe par anticipation que les astres étaient alors considérés comme des Dieux, comme des esprits supérieurs, comme des forces, comme des puissances déléguées pour donner la vie, influant sur la vie ; en un mot, comme les juges de la vie, et que l'astronomie était une science sainte, religieuse et réservée pour les Prêtres.

Si les trois sons vocaux A, É, I, furent placés à la tête de l'alphabet, cette place leur appartenait donc comme s
ignes affirmatifs de l'être, de la vie, et cette place leur est en effet assignée par l'alphabet zodiacal.

Ils furent un moyen de lecture ; ils créèrent, on peut dire, l'écriture alphabétique, mais ce ne fut que longtemps après leur invention.

Or, à la suite des trois signes qui affirmaient l'être et la vie, devait se présenter nécessairement
le signe qui nie l'un et l'autre, et c'est la lettre L, dont on fit ensuite la négation hébraïque LA, non, ne pas.

J'aurais pu placer pour cette raison seule le signe négatif à la tête des formes appelées consonnes , si cette place ne lui était pas désignée par l'alphabet zodiacal, et si ce n'était pas encore son rang dans l'alphabet éthiopien.

Après lui viennent les lettres B, C, D, M et N. L'ordre dans lequel on les trouve s'est maintenu dans nos alphabets anciens et modernes, et cet ordre, chose singulière et probante, est encore celui de l'alphabet zodiacal.

Reste la lettre Sh, qui par conséquent se trouve la dernière et la dixième ; mais l'alphabet éthiopien lui assigne également une place au dixième rang. Remarquez d'ailleurs sa forme, c'est celle de l'
unité barrée
+, c'est le signe de la fin, de l'achèvement de compte, du nombre dix.
 

ll manquait à l'alphabet sacerdotal le signe du doute.

Ce signe ou caractère appartient au second alphabet : il ne fut créé que lorsque les observations astronomiques eurent fait naître la
science des choses cachées, la science de l'avenir. Ce n'est pas que l'expression du doute manquât à la langue vulgaire, mais on peut dire que dans la langue écrite tout fut d'abord affirmatif : le doute ne pouvait pas entacher la sainte science. La science dans son origine ne pouvait être qu'une succession d'affirmations, le savoir n'était pas encore autre chose, et en fait de sainte doctrine ce fut toujours un crime de douter. Quand on parla, ou plutôt quand on lut alphabétiquement la langue écrite, le doute fut exprimé, s'il y existait pourtant, par la modification de la voix ou par le geste.

Ceci demande un premier aperçu, nous en traiterons à fond plus tard.

29 - La musique est une langue à laquelle il manque des caractères alphabétiques. Un alphabet musical n'est peut-être pas impossible.

30 - Les Pères de l'Eglise ont reconnu qu'il existe quelquefois des mystères dans les nombres de la Bible ; et saint Augustin, parmi les choses qu'il croit nécessaires pour l'intelligence du sens littéral des livres saints, place la connaissance de la nature des nombres.

Neuvième partie

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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commentaires

Merlin 22/11/2007 10:43

Sympa ton blog, moiaussi je m'interresse un peu a tout cela.
Bonne continuation a toi.