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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 13:25

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

7ème partie

6ème partie

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Tome I

DES FAITS AJOUTÉS AU PENTATEUQUE
POUR CACHER LE BUT ÉGYPTIEN
DE LA MISSION DE MOÏSE.


Cependant il fallait donner à ce déplacement forcé d'une population si considérable une origine qui la fît respecter. On sait combien les peuples anciens étaient jaloux de la noblesse de leur origine. Ils attribuaient aux Dieux la fondation de leurs empires, afin de la sanctifier et de rendre légitime la possession du pays. Les Scribes sacrés, dits prophètes hébreux devaient d'autant plus se conformer à cet usage, que le gouvernement était théocratique. Il fallait aussi créer un esprit national chez ces hommes repoussés de toute part comme exilés; il fallait imprimera l'usurpation du territoire où ils s'établiraient un caractère providentiel, et la supposer prédite dans les siècles passés ; il fallait enfin la sanctifier à jamais en lui assignant un but indéterminé dans l'avenir. Ce fut l'objet pour lequel on résuma les mémoires contenus dans la Genèse.

Ce fut aussi dans cette grande et noble intention que Moïse, ou peut-être
quelques Scribes sacerdotaux après lui, écrivirent les faits qui se rapportent à la sortie d'Egypte, aux motifs de cette sortie, tels que nous les voyons dans l'Exode. Au reste, si Moïse est l'auteur de ces récits, où la vérité est couverte sous une apparence de miracles, il ne devait pas craindre qu'ils fussent démentis par le peuple; quel besoin avait-il de les lui faire immédiatement connaître ? D'ailleurs jamais son livre n'est sorti des mains des Prêtres : eux seuls savaient y lire, et la langue dans laquelle il était écrit était nouvelle pour le peuple. Les paroles du Deutéronome 7, 18, 19 : Rappelle-loi bien ce que JEOVË, les Dieux ,fit à Pharaon et à toute l'Egypte, etc., etc., et toutes celles qui dans le Pentateuque se rapportent aux prodiges opérés avant et après le passage de la Mer-Rouge, ne prouvent rien. La rédaction de ces phrases isolées, et qui peut-être sont d'Élqieu ou d'Esdras, est combinée dans l'intention que j'indique. Quant à la génération née dans le désert, si l'on accepte le séjour de quarante ans dans cette contrée , l'Egypte lui était absolument inconnue, elle ne pouvait se la rappeler que par des oui-dire.
C'est tout au plus si ces nouveaux Israelites
se souvenaient du Dieu de Moïse et de son culte. Ils n'y avaient jamais été sincèrement attachés, ils n'en avaient pas même recu le stygmate, la circoncision (Josué 5, 4 et 5). Rappelez-vous les reproches d'Amos. Les prêtres étaient toujours les seuls qui connussent le Pentateuque et qui en comprissent bien la langue, si pourtant le Pentateuque existait alors tel qu'il nous est donné, ce qui n'est pas probable.. Dans tous les temps, on l'a vu, les copies de ce livre furent-très rares; et faites seulement pour le sacerdoce, elles l'étaient à plus forte raison alors, et jamais dans les temps anciens elles ne furent populaires. Or, les Prêtres étaient intéressés à confirmer par leur témoignage les prodiges attribués à Moïse. Ces Prêtres devaient à la croyance du vulgaire le pouvoir colossal dont ils étaient revêtus. Lorsque ces faits furent plus anciens, les nier leur devint impossible. On aurait passé pour un impie ou pour un insensé en les niant. Néanmoins , les déclamations si fréquentes dans les livres saints contre les mauvais plaisants, les railleurs et les incrédules, l'entraînement continuel des Hébreux vers le culte des idoles, font présumer que bon nombre d'Israelites n'étaient pas dupes de ces prétendus prodiges, dont l'Egypte, si près d'eux, ne leur offrait aucune tradition.

Dans les temps modernes il serait difficile d'en imposer au peuple en déguisant sous forme de miracles des faits, ou naturels en principe, ou physiquement impossibles : mille voix s'élèveraient pour dénoncer le mensonge, et mille réfutations écrites circuleraient partout où ces voix ne pourraient se faire entendre ; mais sous le gouvernement des Hébreux les choses se passaient bien différemment. Il n'y était
pas permis à chacun d'écrire, et surtout d'écrire des annales; ce droit était réservé aux Prophètes chez lesquels le Sacerdoce affectait de reconnaître une inspiration divine ; ce qui veut dire qu'il s'était assuré qu'ils écrivaient sous l'influence du Sacerdoce même. Les fonctions de ces hommes appelés prophètes étaient celles d'écrivains, de scribes, car dans les paraphrases chaldaïques les mots scribe et prophète sont synonymes.

Ce qu'il y a de plus fort encore, c'est qu'il était également
interdit de juger du mérite ou de la véracité de ces écrivains. Ce droit n'appartenait aussi qu'à fort peu de personnes, ce qui veut dire qu'il fallait encore que le Sacerdoce eût reconnu dans ces personnes une sorte d'inspiration. Alors ces nouveaux Scribes pouvaient abréger la rédaction des faits anciens et remplacer les détails par d'autres. Il a fallu par exemple, une succession d'inspirations de ce genre pour amener les abréviateurs et les copistes à ce point d'oser écrire que la construction du temple de Salomon occupa pendant sept ans, cent cinquante-trois mille six cents ouvriers, une fois et demie et plus la population entière, hommes, femmes, vieillards, enfants, d'une ville comme Bordeaux.

Les livres hébraïques sont
remplis d'impossibilités de ce genre, de lacunes qui proviennent du caprice autorisé des copistes, et de versets qui trahissent des interpolations. Avec un système semblable on comprend que rien n'était plus facile que de surcharger les annales de faits miraculeux, de faire de Moïse polythéiste un monothéiste intolérant, et d'un homme doux un chef inexorable et sans entrailles.

« Parmi les Juifs , dit Flavien Josèphe, il n'était pas permis à chacun d'écrire des annales ; cela était réservé aux seuls Prophètes, qui connaissaient les choses futures et éloignées d'eux par une inspiration divine, et qui écrivaient aussi ce qui arrivait de leur temps. »

Eusèbe confirme ce que dit Josèphe lorsqu'il remarque que parmi les Hébreux il n'appartenait pas à toutes sortes de gens de juger de ceux qui étaient dirigés par l'esprit divin pour écrire les livres sacrés ; mais qu'il y avait peu de personnes qui eussent cet emploi, lesquelles étaient aussi Inspirées de Dieu ; qu'il était, de plus, réservé  à elles seules de juger les livres sacrés et prophétiques, et de rejeter ceux qui ne relaient pas (Voyez R. Simon. Histoire crit. du V. T., p. t6).

 

ÉTUDES PRÉLIMINAIRES.
ORIGINES ET ACCROISSEMENTS SUCCESSIFS DE L ALPHABET
HÉBREU ET DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE.


Le sujet de cette seconde étude appartient à l'histoire et à l'origine du langage; je ne dis pas du langage tel que la nature l'a donné aux hommes, mais du langage tel que l'homme l'a créé par l'invention des caractères qui lui donnèrent l'idée de l'écriture alphabétique.

J'ai déjà heurté bien des préjugés par d'étranges paradoxes, je vais encore avancer une opinion contraire à l'opinion commune ; la suite fera connaître ce qu'elle peut valoir, et s'il faut l'adopter ou la laisser dans l'oubli.



C'EST UNE ERREUR DE CROIRE, COMME ON L'A FAIT JUSQU'A PRÉSENT, QUE LES LETTRES FURENT INVENTÉES POUR DÉCOMPOSER LA PAROLE ET EN TRACER LES ÉLÉMENTS VOCAUX.

LES MOTS, A L'EXCEPTION D'UN PETIT NOMBRE DE MONOSYLLABES, SONT POSTÉRIEURS A L'INVENTION DES LETTRES.

ILS FURENT LE PRODUIT DE CETTE INVENTION, ET N'EXISTAIENT POINT DANS LE LANGAGE PRIMITIF QUE NOUS A DONNE LA NATURE


On verra que l'alphabet a été concu dans un tout autre esprit, par un tout autre système, sous de tout autres vues et inspirations qu'on se le figure communément.

J'avoue que ce sujet était susceptible de plus de développements que je ne lui en ai donné. Il y avait là, pour un savant et pour un hébraïsant de profession, matière à plus d'un volume ; mais je prie le lecteur de ne pas oublier que je ne suis ni l'un ni l'autre. Mes études ont amené quelques idées qui me paraissent vraies; un sentiment intérieur me dit qu'elles peuvent être utiles, je les publie
au risque d'être mal compris et d'être jugé avec prévention.



DE LA TRANSCRIPTION DES MOTS HÉBREUX EN CARACTÈRES FRANÇAIS

 


Les personnes qui lisent l'hébreu doivent avoir remarqué qu'en transcrivant les mots de cette langue pour les produire en caractères français, je ne tiens pas compte des points-voyelles de la massore.

Je préviens; que je n'y ai point égard non plus en étudiant la signification de ces mots.

Il s'agit en effet du texte de Moïse, et les points massorétiques n'ont été inventés que plus de deux mille ans après Moïse. Nous devons par force accepter ce texte dans l'état d'imperfection où la massore d'Esdras l'a mis, et c'est déjà bien assez. Or, la massore d'Esdras n'est pas l'invention des points-voyelles, c'est une chose depuis longtemps prouvée ; elle est au contraire une suppression de voyelles, et c'est ce qui serait susceptible d'être prouvé si le dogme était intéressé à cette preuve.

C'est pour
empêcher l'ambiguïté favorable au Christianisme qui résultait de cette suppression, que les points massorétiques ont été inventés.

Ces points-voyelles abandonnés, il devient facile de transcrire l'hébreu en caractères français, et
d'éviter ainsi un bariolage avec prétention qui non seulement fatigue la vue du lecteur, mais qui rend l'impression d'un livre dispendieuse et difficile.

Voici, pour modèle de la transcription suivie dans cet ouvrage, l'alphabet hébreu reproduit en lettres majuscules, avec le nom primitif de chaque lettre ; j'y joins la prononciation que les voyelles des Massorettes assignent à chacun de ces noms. Elle servira d'exemple pour faire concevoir la manière dont leur invention peut défigurer les mots.
 

En tout, vingt-deux caractères, six voyelles et seize consonnes.

La langue hébraïque n'a
pas toujours eu ce nombre de caractères.

On verra combien cette observation est importante.

L'hébreu, malgré sa pauvreté, a donc
été beaucoup plus pauvre encore ; de nouvelles lettres ont facilité la création de nouvelles expressions.

Ces expressions résultèrent du progrès de quelques arts et de quelques sciences.

On en dut aussi quelques-unes au besoin de faire distinguer dans l'écriture les nuances ou les différences de significations attachées aux mots du langage parlé ; le jeu de la physionomie et le geste les faisaient sentir et comprendre, mais elles n'existaient pas dans la langue écrite.

Les mots de la langue écrite n'étant connus que des Prêtres seulement, ces mots créèrent une langue savante, langue de doctrine, d'enseignement.

Comme elle n'était lue et interprétée que
dans les temples, et pour le Sacerdoce, on la nomma aussi langue sainte, langue sacrée et sainte doctrine 28.
Il est donc utile, sous tous les rapports, de connaître l'ordre dans lequel cet accroissement de l'alphabet a eu lieu; et l'on doit y avoir égard quand on veut recourir aux racines primitives et monosyllabiques de l'hébreu. C'est bien souvent le seul moyen de s'assurer du sens propre et générant d'un mot qui, traduit
selon le sens vulgaire et généré que l'usage lui donne dans certains passages, produirait une absurdité.

Quelques observations sur l'origine et sur les accroissements de l'alphabet hébreu étaient donc nécessaires : elles doivent naturellement précéder des études où le sens des mots hébreux répandra j'espère la lumière. Mes assertions seront nouvelles, ce n'est pas à dire qu'elles seront fausses.
Ne nous a-t-onrien caché ? N'a-t-on donc rien oublié ou laissé perdre depuis trois mille ans ?

Notes

 

28 - Je suis forcé d'employer le mot temple, pour des temps où les temples comme nous les concevons n'existaient pas ; mais par temple il faut alors entendre un terrain consacré et entouré d'un mur ou d'une enceinte pour le défendre.

Huitième partie

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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