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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 22:55

 Un cadeau pour mes amis Gitans... et là où je vis, ils se nomment Hofmann, Ziegler ou Weiss... étrange comme leur nom est semblable à ceux de nos "ancêtres". Intimement je suis persuadée qu'ils sont la treizième tribu égarée. J'ai trouvé un livre fabuleux mais il manque quelques pages... un ouvrage à la gloire des Roms, de leur histoire, de leur race qui a gardé la tradition orale et la façon de vivre des temps immémoriaux. J'avais déjà posé La symbolique gitane. Alexandre Vaillant a passé quinze ans de sa vie avec les Rômes. Il en est sorti un livre éclatant de beauté. J'espère qu'il fera plaisir à tous mes frères tziganes qui passent sur mon blog.

 

Les Rômes

Histoire vraie des vrais Bohémiens

par Jean-Alexandre Vaillant

1857

 1ère partie

 

Vous qui, au récit d'une femme sublime par le coeur et par la pensée, versez encore des pleurs de compassion sur les Nègres d'Afrique, dont l'Amérique républicaine fait ses esclaves, jetez un regard charitable sur cette courte histoire des Romes de 1'Inde, dont l'Europe monarchique fait ses Nègres, et ces hommes, pelerins d'Asie, ne seront plus routiers, et ces esclaves blancs seront libres.

Pour nous, nous nous estimons d'autant plus heureux d'avoir enregistré dans les annales de l'Histoire les actes de leur affranchissement en Roumanie, que cette contrée, qui nous est chère, s'est ainsi mérité les justes sympathies de l'Europe; et nous félicitons les princes A. D. Ghyka, de Valaquie, et G. A. Ghyka, de Moldavie, d'avoir entrepris et achevé cette oeuvre humanitaire qui doit porter leurs noms à la postérité et les couvrir d'une gloire immortelle.

 

AVANT-PROPOS


Sorciers, bateleurs et filous,
Reste immonde
D'un ancien monde,
Sorciers, bateleurs et filous,
Gais Bohémiens, d'où venez-vous?

 


Tout le monde a entendu parler des Romes sous les différents noms de Gypsi, Bohémiens, Gitanos; beaucoup en ont vu; bien peu les connaissent. Ceux-là même qui croient en savoir le plus sur leur compte sont encore à se demander leur nom, leur origine, leur croyance; leur noms, parce que chaque peuple les ayant qualifiés  à sa guise, ils semblent en avoir trop pour en avoir un ; leur origine, parce qu'il n'est résulté des recherches des savants qu'hypothèses plus ou moins fausses, conclusions trop exclusives et souvent absurdes, en un mot, rien de certain ; leur croyance, parce qu'elle est au fond de leurs coeurs, que leurs coeurs, fermés à notre indifference et à notre tyrannie, ne peuvent se trahir que par leur langage, que leur langage, seul critérium de leur origine, est inconnu, et que dès lors toute comparaison est impossible.

Si comme les particuliers, comme les Espagnols surtout, les peuples pouvaient faire de la multiplicité de leurs noms autant de titres de noblesse, les Romes seraient assurément la race la plus noble, comme elle est aussi la plus ancienne de la terre; car on peut compter jusqu'à soixante et plus les différents noms qu'on leur donne, et dont la plupart ne leur appartiennent point.

Ainsi selon les temps et les lieux, on les a appelés : Bohémiens, Egyptiens, Gitanos, Gypsi, Philistins, Pharaoniens, Iatars, Taterpak, Skoeier-pak, Splinter-pak, Spukaring, Kieldering, Nads-moends-folk, Heidenen, Ceard ou Caird, Sarrazins, Agariens, Pagani, Sani, Tsani, Kieni, Cieni, Sicani, Secani, Siguni, Sinti, Sindi,. Siah-Indous, Zind-Cali, Cali, Siku1i, Cal—Indi, Luri, Caras'mar, Cinquanes, Cingesi, Ciagisi, Cingari, Gingari, Zinguri, Zingari, Zogori, Zechi, Zendji, Zidzuri, Gindani, Dandari, Dardani, Zigenner, Ziegeuner, Zeygeunen, Djaï, Daïas, Biadjaks, Vangari, Gadjar, Korbut, Madjub, Harami, Astingi, Asdingi, Athingani, Tsigani, Zâth, Zoth, Tshigani, Rom-cali, Romnic'aï.

On conçoit donc, leur nom n'étant point connu, que leur origine ne pouvait l'être davantage. En effet, les uns la croyent toute récente et les autres fort ancienne; ceux-ci les font venir d'Asie en Europe, ceux-là d'Afrique; les premiers par l'Orient, les seconds par l'Occident; tel les fait descendre du Zendji-Bar ou côte des Zendji  par l'Egypte, tel les fait passer de la Tangi-Tan, montrueuse contrée d'Afrique, en Espagne; quelques-uns les font descendre du Caucase ou sortir des Palus Méotides. A en croire ceux-ci, ils sont Kalmouks, venus de la Dsongarie; à en croire ceux-là ils sont Scythes, et probablement le reste des Daces vaincus par Trajan; qui ne voient en eux que les debris des Avars et des Pétchénègues, qui les tiennent pour les ilotes de Sparte ou les bacchantes de Thrace ; qui les croient les Aborigènes de la vallée du Danube, les Siguni d'Hérodote; qui, enfin, les confondent, au contraire, avec les colons romains de ces contrées dont ils ne sont que les esclaves.

Que dire encore de l'opinion des savants sur leur croyance? Ils divaguèrent au point qu'après les avoir traités en Pauliciens, en Manichéens, parce que, selon les ideologues, les Déistes sont pires que les Athées. Dès qu'ils les surent danseurs, nomades, maraudeurs, ils les firent Tourlaks, Fakirs, Calenders; puis, à l'aspect de leur peau tannée, à la vue de leur misère, à l'examen de leurs penchants et de leurs aptitudes, il fut décidé qu'ils étaient ou Ethiopiens, d'Egypte on de Colchos, ou Troglodites, ou Phrygiens, peut-être même Canaanites, enfants de Chus; mais, à coup sûr, fils de Caïn et condamnés à errer comme lui jusqu'à la fin des temps.

Certes, à la vue de conclusions si diverses, il faudrait s'étonner, si l'on ne savait que l'histoire n'est que trop souvent à côté de la fable, que l'examen est moins un levier qu'une sonde et que la vérité jaillit parfois de l'erreur comme l'étincelle du caillou, et n'en brille qu'avec plus d'éclat, comme le diamant au sortir de la mine. Cependant, il faut le dire, si chacune de ces conclusions est trop absolue, elles sont généralement justes dans leur ensemble, car si les Romes ne sont pas exclusivement
ce que chacun isolément les croit, ils sont à peu près tout ce que, tous ensemble, ils les disent.

L'Egyptien, s'est-on dit, est noir et mange la chair de porc, donc ils sont Egyptiens; le Troglodite était orpailleur, donc ils sont Troglodites; ils dansent, s'enivrent et s'abandonnent à la lasciveté des sens, donc ils sont les satyres et les bacchantes de Thrace; ils disent la bonne aventure, donc il sont les prêtres ou les prêtresses d'Isis.

Etranges conclusions qui montrent à quel point peuvent divaguer et la science étymologique, lorsque, violentant la raison pour n'avoir pas tort, elle se renferme dans le cercle étroit d'un fait, d'une idée, d'un mot, et la science d'examen, quand elle s'appuie sur des faits particuliers, communs à des races diverses, au lieu de s'appuyer sun des faits généraux, propres à chaque race.

On en conviendna volontiers quand par leur langue, tout mot ayant sa raison, disent Cicéron et Saint-Paul, je pourrai découvnir le sens vrai d'une multitude de faits dont la sagesse antique a forgé des fables, dont la science a composé des dogmes, dogmes et fables qu'elles ne sont plus en état d'expliquer; on en conviendra quand on se sera convaincu que, si
peu nombreux qu'ils soient restés en Europe, les Rômes sont un peuple; que, bien que vagabonds depuis les siècles, ils ont cependant une patrie; que, quoique loin d'elle, ils en ont conservé la langue autant qu'ils l'ont pu; on en conviendra quand on aura reconnu comment leur histoire est liée à celle de tous les peuples; comment la plupart des émigrations de la haute Asie n'étaient pas encore en Europe qu'ils étaient déjà aux colonnes d'Hercule; comment ils étaient en Afrique en même temps qu'en Espagne; en Thrace et en Dacie avant de se répandre en Germanie et jusqu'aux confins du pays des Celtes; au Caucase et sur les bords de la mer Noire, avant de pénétrer en Sarmatie et jusqu'en Scandinavie; dans toute la Moesie, avant de coloniser la Grèce; en Macédoine, avant de monter en Illyrie et de là en Italie; aux Indes, avant de se répandre, d'un côté en Tartanie, en Perse, en Syrie, de l'autre en Arabie, au Caucase, en Egypte, et de ces diverses contrées par toute la terre. Et que, si ceci étonne, ceci est pourtant la vérité, car ainsi m'a dit NARAD, fils de NUN, l'lnde est ma gemma bhu, ma terre natale.

Cette vérité fut confirmée vers le milieu du XVIII siècle par un jeune Roumain d'Omlash en Ardialie : Valé était son nom. Comme il étudiait à Leyde, il y fit la connaissance de trois jeunes Malabarais , étudiants comme lui. Etonné d'abord de la ressemblance de ses amis avec les Romes ou T-sigans de son pays, Valé le fut davantage lorsqu'il entrevit l'analogie de leur langue, et son étonnement fut au comble quand, de retour à Omlash, il se fut assuré que les Romes comprenaient au moins a demi les quelques mots malabarais qu'il avait eu soin de recueillir.

Ce fut sur ces données, qu'il se procura, que Grellman publia, en 1782, son histoire des T-sigans, seul et premier livre sérieux sur cette malheureuse race. Pour corroborer son travail, il prit soin de le faire suivre d'un petit vocabulaire et de courtes observations grammaticales de Valé. Ce premier pas fut un pas immense. La langue des Romes cessa d'être ce qu'on la croyait généralement, un Argot, et son analogie avec le malabarais donna naturellement à ceux qui la parlent une origine commune avec les peuples de l'Inde. Après lui, Fessler va plus loin sous le rapport philologique. Ayant naturellement à parler des Romes dans son histoire de la Hongrie, où il en est plus de cent mille, il met leur langue en rapport avec les principaux idiomes de l'Indoustan et corrobore si bien, par son tableau comparatif, l'opinion de Grellman, que de présomption elle devient certitude.

Des lors, plus de doute, les Rômes sont Indiens, Indoustans, Multans, Bengaliens ou Malabarais; ces nouvelles idées émises, Richardson essaie de découvrir la caste à laquelle i!s appartiennent, et croit la trouver dans celle des Baziguri, parce que ceux-ci sont ménétriers, danseurs et vagabonds; mais cette analogie, pareille à tant d'autres, ne prouve encore rien, sinon que parmi les Romes ii est assurement des Baziguri; et les Romes restent ce qu'ils sont, des indiens dont l'origine est un mystère que leur langue seule peut dévoiler. Mais pour connaitre leur langue, ii faut les voir de près, vivre avec eux, vivre de leur vie; et ils sont si misérables que la plupart de ceux à qui cette heureuse idée peut venir y renoncent à la vue de la dégoutante misère qui les entoure.

Cependant, en 1803, le docteur Godefroy Hasse semble les étudier de si près qu'il les voit loin dans le passé et les aperçoit partout dans Hérodote, en même temps que Robertson les retrouve partout au Kanaan, a l'aide des livres hébreux. Si, par de simples rapprochements de moeurs, ils ont su se faire de nombreux adherents, j'ose espérer m'attirer tous ceux de l'un et de l'autre. En 1835, M. Graffunder publie à Erfurth son essai grammatical de leur langue, et M. Kogalniceano en fait imprimer à Iassi la traduction française. Par cet essai grammatical, M. Graffunder fait voir les règles et la construction de la langue des Romes et comprendre comment, en leur conservant leur haine et leur amour traditionnels., leur lasciveté et leur
nomaderie immémoriales, elle les a séparés des autres peuples au milieu desquels ils se glissent et campent comme des ronces et des taupes dans un jardin.

Restée longtemps en arrière de la simple curiosité, la philanthropie s'empare enfin de toutes les précieuses découvertes opérées jusqu'en 1835, et M. Borrow, jaloux de répandre la foi anglicane parmi les Romes d'Espagne, ne craint pas d'aller étudier leur langue au milieu d'eux. Dc ses longs et généreux efforts il est résulté un livre riche de faits et de pittoresque, d'expérience et de savoir. On y voit les Romes tels qu'ils sont, car il ne les peint que comnme il les a vus, et sa connaissance de leur dialecte m'a convaincu, plus que le pittoresque des deux premieres parties, qu'il n'a pu faire autrement que de les bien voir. Il interprète plus qu'il ne commente; il raconte plus qu'il n'expose; il ne présume pas, il démontre; il ne disserte pas, il prouve. Il prouve que le dialecte zincali n'est langue de filou d'aucune sorte, ni l'argot français, ni le gergo d'ltalie, ni le cant, ni le slang, ni le latin-voleur d'Angleterre, ni le germania des Espagnes, ni l'italien rouge des Allemands, ni même le more.

Tandis que M. Borrow s'occupe ainsi au milieu de ceux d'Espagne, et qu'après les avoir étudiés en Dacie, je m'en occupe en Turkie, M. Bataillard les cherche dans les documents historiques, s'empare de tous les textes connus sur leur apparition en Europe et juge raisonnable de ne les y fixer que vers 1417, parce que, ignorant leur langue, il est amené à révoquer en doute les monuments les plus précieux, et ceux-là même qui pourraient le tirer de son erreur sur l'époque, non pas de leur apparition en Occident, mais de leur établissement en Orient.

D'un autne côté, M. A.-F. Pott de Hall les étudie et dans les chartes et dans les livres, recueille, traduit, impnime en un volume in-8° tous les mots, toutes les expressions qu'il a pu découvrir de la langue des Rômes et mérite, en 1845, de la part de l'Académie française, le prix de philologie. 

Il est certain que cette langue n'a pu demeurer invariable; que, disséminé comme il l'est, le peuple qui la parle a dû, malgré son aversion pour tout ce qui n'est pas lui, subir la loi de nature, adapter à son usage plus d'un mot étranger, et façonner les siens à certaines modifications hétérogènes; mais il n'en est pas moins vrai que, si la forme en varie, le fond en est toujours un partout et pour tous, et ce fond est le sanscrit. II est vrai que l'analogie du Rômmanès et du sanscnit est devenu presque imperceptible, quant a la forme grammaticale; mais elle est évidente et presque complète dans la valeur des lettres et dans la composition; ainsi, comme en sanscrit, le mouvement s'exprime par r, la profondeur et la hauteur par g, le fluide par l, etc. Comme en sanscrit, les mots se composent par simple juxta-position et le dernier seul se modifie.


Ainsi Uri-gaben, s'habiller, mot à mot : passer ses chausses ; mus'in-kero, chapelier, mot à mot : faiseur de chapeaux ; ma-garu, âne, mot à mot : longue oreille; kar-pu, melon, mot à mot : fruit de la terre; kol-pu, tour, golfe, mot à mot : rond-terre; kris'tal, cnistal, mot à mot : transparente et solide surface.

Un fait remarquable et qui peut servir à montrer comment, malgré leur ignorance et leur disséminement, leur langue les a fait rester eux, c'est qu'ils ne nous méprisent pas moins que nous les méprisons; c'est que, si nous les appelons payens, ils nous appellent gacni (Prononcez : gatchni); c'est que, si nous nous disons fils de l'homme, Adam, ils se disent fils de la femme, Romni.

La suite...

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans Tradition Tzigane
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commentaires

Zinga 07/11/2007 17:03

Du fond du coeur, merci.