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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 11:44

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

22ème partie

 

 21 - Division de Sem 4 

20 - Division de Sem 3

19 - Division de Sem 2

18 - Division de Sem 1

 17 - Le système géographique des Hébreux 2 

16 - Le système géographique des Hébreux 1

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse 

CHAPITRE XIX.

Division de Sem.

 5ème partie

 

 

Cette difficulté a été insurmontable pour ceux qui ont attribué une infaillibilité sacrée aux livres hébreux ; mais tout lecteur qui, libre de préjugé, se rappellera les erreurs chronologiques où nous avons surpris et où nous surprendrons encore l’auteur tardif et négligent des Paralipomènes ; tout lecteur qui remarquera qu’en cette occasion, comme dans plusieurs autres, il n’a tiré ses informations que du livre des Rois, qu’il n’en est même ici que le copiste littéral, à l’exception du mot aller[26], pensera qu’il a été trompé par l’expression vaisseaux de Tarsis, et que, selon l’erreur de son siècle, ayant cru qu’on les envoyait dans ce pays, il a, de son chef, introduit le mot aller : voilà l’unique base sur laquelle repose l’hypothèse qui veut que les vaisseaux de Salomon, et par suite ceux des Tyriens, aient fait habituellement le tour de l’Afrique, pour arriver à Tartesse, supposée Tarsis ; trajet si inconcevable pour tous les anciens, que Hérodote même qui, sur la foi des prêtres égyptiens, en a cité un exemple extraordinaire, paraît en douter, et que tous les anciens l’ont considéré comme une fable[27].

L’on sent que nous parlons du voyage de ces Phéniciens qui, sous Nekos, roi d’Égypte, firent voile du fond de la mer Rouge, et qui, ayant navigué pendant deux années, doublèrent à la troisième année les colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar) ; et revinrent en Égypte (Hérodote, lib. IV). Cette troisième année n’a pas laissé de contribuer à l’erreur, par la fausse ressemblance avec le verset qui dit que les vaisseaux de Salomon allaient chaque troisième année. Récemment on a voulu substituer à cette hypothèse celle du voyageur Bruce, qui a,prétendu trouver un pays de Tarshish, en Abyssinie ; mais quiconque a connu Bruce, ou qui a lu son livre avec attention, sait que les assertions systématiques et présomptueuses de cet écrivain, ne peuvent être reçues sans preuves positives. Terminons cet article par une dernière remarque.

Selon d’anciens monuments arabes recueillis et cités aux neuvième et dixième siècle de notre ère., par les Musulmans, il existait d’autres versions, d'autres traditions que celle de la Genèse sur les origines arabes. Le plus savant de leurs historiens, Maséoudi[28], déclare, d’après des auteurs respectés, que les plus anciens peuples de la péninsule furent quatre tribus appelées Aad, Tamoud, Tasm et Djodaï (ou Djedis).

Aad habita le Hadramaut.

Tamoud habita le Hedjaz et le rivage de la mer de Habash (le Téhama).

Tasm habita les Ahouaz et la Perse méridionale.

Enfin Djodaï habita le pays de Hou, qui est le Iémama.

Or, ces Arabes, ajoute-il, soumirent l’Iraq ( la Babylonie ), et y habitèrent.

Il y a ici une analogie marquée avec la Genèse : le pays de Hedjaz ou Téhama, l’Iraq et le midi de la Perse , sont les mêmes pays que le livre juif attribue aux peuples noirs venus de Kush, soit immédiatement, soit médiatement par Nimrod ; ces premiers Arabes seraient donc les Kushites de la Genèse (les Arabes noirs), et cette conséquence est appuyée par un monument arabe qui, parlant du puits de Moattala, chez les Madianites, comme de l’une des merveilles du monde, remarque que les Madianites descendaient des deux tribus Aad et Temoud (voyez Notice des manuscrits orientaux, tome II). Or, nous savons par les Hébreux que les Madianites, dont Moïse épousa une femme, étaient des Kushites, des Éthiopiens.

Ces premiers Arabes furent attaqués et finalement expulsés par une autre race se prétendant issue de Sem, et parente des Assyriens et des Chaldéens ; sur quoi l’historien Hamza observe qu’il y avait une autre manière de raconter l’histoire de ces tribus, lorsqu’il dit :

Tel est le récit des Iamanais sur leur origine ; mais j’ai lu dans des écrivains qui s’autorisent d’Ebn-Abbas, que les vrais Arabes, au nombre de dix peuples, comptaient leurs années à dater d’Aram, et que ces dix peuples ou familles étaient Aad, Tamoud, Tasm, Djedis, Amaleq, Obil, Amim, Ouabsar, Djasem et Qahtan : ces familles désignées par le nom d’Arman, avaient déjà péri en partie, quand, les derniers coups furent portés par Ardouan, roi (de la dynastie perse) des Ashganiens.... Jusque-là ces Arabes comptaient leurs années à dater d’Aram. Enfin elle furent entièrement détruites par Ardeshir Babeqan (vers les années 130 de notre ère et suivantes).

Il est fâcheux que les Arabes ne nous aient pas donné l’époque de cet Aram. Au reste, pour raisonner sur ce récit, il nous faudrait entrer dans trop de détails. La principale conséquence que nous en voulons tirer, est que les Arabes ayant eu des opinions diverses sur leurs antiquités, la version adoptée par Helqiah n’a pas le droit d’être préférée sur parole et sans aucune discussion, surtout lorsqu’aux neuf, dix et onzième siècles, il existait encore en Orient beaucoup de livres d’origine perse et chaldéenne, dont la composition première pouvait être contemporaine des monuments où puisa Helqiah. Le résultat le plus probable qui nous semble indiqué par tous ces récits, est qu’effectivement à une époque reculée, l’Arabie eut deux races d'habitants, les uns ayant la peau et des yeux noirs avec les cheveux longs, c’est-à-dire vrais Éthiopiens ; comme leurs voisins d’Axoum et de Méroë[29] ; les autres plus ressemblants aux Assyriens, du pays desquels ils peuvent être venus ; les uns et les autres parlant un langage identique dans ses principes et dans ses règles de grammaire et de construction. Cette circonstance indique qu’originairement ils sortirent d’une même souche, dont une branche habitant le midi, reçut l’impression du soleil africain ; l’autre s’étant répandue plus au nord, prit une constitution adaptée à son climat. En remontant plus haut, cette souche première est-elle née en Abyssinie, ou en Arabie, ou en Assyrie ? C’est un problème que nous n’entreprendrons point de résoudre : seulement nous dirons que si, selon la remarque des anciens, la péninsule arabe, et spécialement son grand désert, n’ont jamais été conquis, ses habitants ne doivent point avoir été le produit d’une invasion subite d’étrangers qui n’y auraient trouvé ni subsistances, ni appât du pillage ; tandis que ces mêmes habitants dressés à la vie guerrière par la dureté de leur climat, par la nécessité journalière de supporter la soif et la faim, par le besoin de changer chaque jour de site et de campement, ont eu sans cesse les motifs, et de temps à autre les moyens de se porter sur les pays riches de leurs voisins, par des irruptions semblables à. celles de leurs sauterelles ; et lorsque d’autre part ces mêmes anciens nous assurent que. tous les peuples répandus de l’Euxin aux sources Au Nil, de la Perse à la Méditerranée , leur offraient un même fonds de constitution physique, de lois, (le mœurs et surtout de langage, l’on adroit de conclure qu’à des époques inconnues de l’histoire, de telles irruptions ont eu lien, alors que des hommes à talent, tels que Mahomet et Moïse, eurent l’art de rassembler les diverses tribus arabes sous un seul drapeau, en détournant leurs passions et leurs jalousies vers un même but. Par cette raison, l’Abyssinie ou Éthiopie, pays abondant et fécond en majeure partie, devrait avoir été envahie par des Arabes qui en chassèrent les, nègres crépus, avant que, par un retour subséquent, ces émigrés arabes, devenus nombreux et puissants, eussent reporté leur action sur la mère patrie[30] ; mais ce sont là des conjectures de raisonnement ; et nous n’avons pas à leur appui des faits positifs fondés sur des monuments.

 

 

 

Résumé.

Maintenant, si nous résumons les résultats que nous ont fournis ces derniers, nous pensons avoir établi comme vraies les propositions suivantes

1° Que le livre appelé la Genèse est essentiellement distinct des quatre autres qui suivent ;

2° Que l’analyse de ses diverses parties démontre qu’il n’est point un livre national des Juifs, mais, un monument chaldéen, retouché et arrangé par le grand-prêtre Helqiah, de manière à produire un effet prémédité, à la fois politique et religieux[31] ;

3° Que la prétendue généalogie mentionnée au dixième chapitre ; n’est réellement qu’une nomenclature des peuples connus des Hébreux à cette époque, formant un système géographique dans le style et selon le génie des Orientaux ;

4° Que la prétendue chronologie antédiluvienne et postdiluvienne, si invraisemblable, si choquante même, n’est, jusqu’au temps de Moïse, qu’une fiction allégorique des anciens astrologues, dont le langage énigmatique ; comme celui des modernes alchimistes, a induit en erreur, d’abord le vulgaire superstitieux, puis, avec le laps de temps, les savants mêmes ; qui perdirent la clef des énigmes et de la doctrine secrète ;

5° Que la véritable chronologie n’a dû, n’a pu commencer qu’avec la véritable histoire de la tribu juive ; c’est-à-dire à l’époque où son législateur Moïse l’organisa en corps de nation ;

6° Que néanmoins à cette époque même aucun calcul, régulier ne se montre dans les livres hébreux ; que, c’est seulement à dater du pontificat de Héli, douze siècles avant notre ère, que l’on parvient à saisir une chaîne continue de temps et de faits méritant le nom d’Annales ;

7° Enfin, que ces annales ont été rédigées avec tant de négligence, copiées avec tant d’inexactitude, qu’il faut tout l’art de la critique pour les restaurer dans un ordre satisfaisant.

De toutes ces données il résulte avec évidence que les livres du peuple juif n’ont point le droit de régir les annales des autres nations, ni de nous éclairer exclusivement sur la haute antiquité ; qu’ils ont seulement le mérite de nous fournir des moyens d’instructions sujets aux mêmes inconvénients, soumis aux mêmes règles de critique que ceux des autres peuples ; que c’est à tort que jusqu’ici l’ont a voulu faire de leur système le régulateur de tous les autres ; et que c’est par suite de ce principe erroné que les écrivains se sont trouvés pris dans un filet inextricable de difficultés, en voulant. forcer tantôt les événements anciens de descendre à des dates tardives, tantôt des événements récents de’ remonter à des temps reculés : ce genre de désordre qui a surtout eu lieu dans l’histoire des Empires de Ninive et de Babylone, va devenir pour nous une raison d’eu faire un nouvel examen, et de fournir une nouvelle preuve de la bonté de notre méthode.

L’on attaque ce récit : on nie que les Phéniciens aient connu l’état des saisons de l’autre côté de l’équateur ; et qu’ils aient pu semer en temps opportun : l’on veut même que cette expression de semer en automne, prouve un mensonge de leur part.

Laissons à part leurs connaissances possibles qui sont des conjectures : quant aux mots semer en automne, ils ne viennent pas des Phéniciens, mais d’Hérodote qui, écrivant 150 ans après eux sur le récit des prêtres, et qui n’ayant aucune idée de ce qui se passait de l’autre côté de la ligne, y a supposé l’ordre physique et rural de celui-ci : il a même supposé qu’ils semèrent du blé, et cela par le préjugé des Européens, qui croient qu’on ne vit pas sans blé, tandis que chez les Asiatiques, tels que les Égyptiens et les Syriens, il n’est qu’une près petite portion des comestibles : l’on peut assurer que les navigateurs qui ont eu l’idée d’une telle entreprise, auront préféré, toute autre espèce de grain, exigeant le moins de temps possible pour être récolté, tel que les lentilles, les pois, les haricots, le doura, le maïs et l’orge, auxquels 2 ou 3 mois de terre suffisent, et sur la convenance desquels les Phéniciens auront eu des connaissances préliminaires acquises dans leurs voyages antérieurs sur les côtes d’Éthiopie et d’Arabie.

A leur retour en Égypte, ils racontèrent qu’en faisant voile autour de la Libye , ils avaient eu le soleil à leur droite. Ce fait, ajoute Hérodote, ne me paraît pas croyable : peut-être le paraîtra-il à quelque autre.

L’on veut que cette circonstance soit une preuve de fausseté, parce que, dit-on, les Phéniciens ne pouvant se guider que par les étoiles de l’un ou de l’autre pôle, n’ont pu avoir le soleil qu’au visage ou au dos, et que pour l’avoir à main droite, il aurait fallu qu’ils prissent leur point de direction au couchant, ce qu’on ne peut admettre. Nous pensons, tout au contraire, voir ici une preuve de vérité d’autant plus lumineuse qu’Hérodote n’y croit point. Cet auteur, comme tous les Grecs, a cru que l’on ne pouvait passer sous la ligne à cause d’une prétendue chaleur excessive ; il a donc conçu que les Phéniciens avaient fait le tour de l’Afrique sans avoir passé l’équateur ; que dans ce cas, naviguant vers l’occident, ils ont dû avoir toujours le soleil sur leur gauche ; mais puisque les Phéniciens traversèrent l’équateur, alors ils arrivèrent au cap de Bonne-Espérance ; forcés par la direction de cette côte de se diriger au couchant pendant plusieurs semaines, ils eurent réellement le soleil sur leur droite ; et toutes ces circonstances, combinées avec le temps suffisant qu’ils employèrent, nous paraissent mettre leur navigation hors de doute.

La suite... Y a-t-il eu un cycle sabbatique ?

Notes

26 Liv. II, chap. 9, v. 22 ; chap. 20, v. 36.

27 Et aussi du mot Almogim, qu’il altère en Algomim, comme il a fait Argoun au lieu d’Argmoun dans Ézéqiel, chapitre 28. Un autre exemple d’altération et d’erreur de la part des Paralipomènes, est le pays de Parvaim ou Pherouim, dont ils vantent l’or. Quelques paraphrastes n’ont pas craint d’y voir le Pérou ; nous y voyons tout simplement l’altération du mot Sapherouim, dont l’s initial a disparu, et qui désigne l’un des peuples cités par Sennachérib, et connu des Grecs sous le nom de Sapires et Saspires, voisin de la Colchide , et riche en or natif recueilli dans les torrents.

28 Des savants modernes sont du même avis. En rendant hommage à leur talent, nous ne pouvons souscrire à cette opinion, parce que ses principaux motifs pèchent dans leurs bases. Les Phéniciens, dit Hérodote, ayant navigué dans la mer australe, quand l’automne fut venu, abordèrent à l’endroit de la Libye où ils se trouvèrent, et ils semèrent du blé. Ils attendirent le temps de la moisson, et après la récolte ils se remirent en mer.

29 Notice des manuscrits orientaux, tome I, extrait du Moroudj-el-Dahab, page 28.

30 Si les Phéniciens sont vraiment originaires du Tehama, ils seraient de cette race, et cela est indiqué par la parenté de Canaan avec Kush.

31 Le mot Éthiopie n’est point connu des Arabes, qui le remplacent par le mot Habash, dont les Européens ont fait Abyssin, Abyssinie ; mais ce mot Habash a précisément le sens du mot Arab, car l’un et l’autre signifient mélange d’hommes divers. En hébreu Arab signifie turba mixta, en arabe Habash aussi turba mixta. Voyez les Dictionnaires.

32 L’on ne saurait douter qu’à l’époque où écrivit Helqiah, 620 ans avant notre ère, les livres sacrés des Indiens désignés sous le nom de Pouranas, ne fussent connus des Assyriens, qui avaient des relations de commerce avec la Syrie. Or , il est vraiment remarquable que les conditions établies, pour la composition d’un Pourana se trouvent exactement observées dans le Pentateuque. Les savants Brahmes (dit Sr. W. Jones, tome VI de ses Œuvres, in-4°, page 445) disent que cinq conditions sont requises pour constituer un véritable Pourana :

 

 

 

1° Traiter de la création de la matière en général ;

 

 

 

2° De la création ou production des êtres secondaires matériels et spirituels ;

 

 

 

3° Donner un abrégé chronologique des grandes périodes du temps ;

 

 

 

4° Un abrégé généalogique des grandes familles qui ont régné dans le pays ;

 

 

 

5° Enfin l’histoire de quelques grands personnages en particulier.

N’est-ce pas là précisément le sommaire de la Genèse et des quatre autres livres ; et n’est-il pas probable que le grand-prêtre a été guidé et encouragé dans son travail par des modèles accrédités et par le succès de tout livre de ce genre ?

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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