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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 11:27

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

 

 

20 ème partie  

19 - Division de Sem 2

18 - Division de Sem 1

 17 - Le système géographique des Hébreux 2 

16 - Le système géographique des Hébreux 1

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse 

CHAPITRE XIX.

Division de Sem.

 3ème partie

 

Un dernier pays nous reste à trouver, celui d’Ophir qui, jusqu’ici, a été la pierre philosophale des géographes : successivement ils l’ont cherché dans l'Inde, à Ceylan, à Sumatra ; dans l’Afrique, à Sofala ; enfin jusqu’en Espagne, où ils ont voulu que Tartesse représentât la ville de Tarsis. Chacune de ces hypothèses a combattu l’autre par des raisons de vraisemblance et d’autorité ; mais toutes ont péché contre une condition essentielle à laquelle on n’a point donné assez d’attention. Cette condition est que l’auteur du dixième chapitre, ayant observé, dans toute sa nomenclature, un ordre méthodique de positions et de limites, il n’est pas permis de violer ici cet ordre : dans le cas présent, le pays d’Ophir étant assigné à la division de Ieqtan, il n’est pas permis de le chercher hors de la péninsule arabe, où cette division est restreinte.

Une hypothèse récente a été mieux calculée, en plaçant Ophir dans les montagnes du Iémen, à 12 ou 14 lieues nord-est de Lohia, en un lieu nommé Doffir[16] ; mais il reste douteux que ce local, voisin des Sabéens kushites, ait pu appartenir aux Ieqtanides ; d’ailleurs l’addition d’une consonne aussi forte que le D, qui aurait changé Ophir en Doffir, est une altération dont l’idiome arabe n’offre pas d’exemple : enfin l’on ne conçoit pas comment les vaisseaux de Salomon auraient employé à faire un voyage de 400 lieues au plus (tout louvoiement compris), un temps aussi long que celui dont le texte donne l’idée, en disant que ces vaisseaux partaient chaque troisième année pour Ophir, c’est à dire, qu’ils étaient un an à se rendre, un an à revenir, et ils n’auraient fait que 400 lieues par an !

Après avoir médité ce sujet, il nous a semblé qu’un plus grand nombre de convenances historiques et géographiques se réunissaient pour placer Ophir, sur la côte arabe, à l’entrée du golfe Persique : établissons d’abord le texte qui doit être notre premier régulateur.

Salomon fit construire des vaisseaux à Atsiom-Gaber (sur la mer Rouge près d’Aïlah), et Hiram, roi de Tyr, lui envoya des pilotes connaissant la mer, pour conduire ses vaisseaux ; et ils allèrent à Ophir, d’où ils apportèrent beaucoup d’or. (Rois I, c. 9, v. 10.)

Et la reine de Sheba ayant entendu, parler de Salomon, le vint voir : (Ibid., ch. 10, v. 1er.)

Et elle lui apporta en présent une quantité prodigieuse d’or, d’aromates exquis et de pierres précieuses : (v. 10.)

Et les vaisseaux de Hiram qui apportèrent de l’or d’Ophir, en apportèrent aussi des bois appelés almogium (que l’on croit le sandal) et des pierres précieuses. (v. 11.)

Et Salomon, tira beaucoup d’or des rois, d’Arabie : (v. 15.)

Et les vaisseaux de Tarsis (appartenant) au roi, allèrent avec ceux de Hiram, chaque troisième année ; et ces vaisseaux de Tarsis apportèrent de l’or, de l’argent, des dents d’éléphant, des singes et des paons. (v. 22.)

Josaphat fit construire des vaisseaux de Tarsis, pour aller à Ophir ; mais ils périrent dans le port même d’Atsiom-Gaber. (c. 22, v. 49.)

Pesons bien les circonstances et même les mots de ce récit : 1° Des vaisseaux partent d’Atsiom-Gaber ; ils vont à Ophir ; ils en apportent beaucoup d’or ; et Salomon tira beaucoup d’or des rois d’Arabie.

Ici Ophir ne figure-t-il pas en synonyme avec Arabie ?

Et la reine de Sheba ayant entendu parler de Salomon, le vint voir.

Cette princesse ne sera pas venue sur un ouï-dire ; elle aura questionné les gens mêmes de Salomon ; elle les aura fait venir ; elle ne l’aura pu qu'autant qu’ils auront relâché dans un de ses ports. Les ports du Téhama ne lui appartenaient point, ils étaient aux Kushites. Le port le plus voisin de sa résidence, qui devait le mieux lui appartenir, était celui que les Grecs appelèrent par la suite Arabia felix, aujourd’hui Hargiah, à l’embouchure de la rivière à Sanaa. Ce port, disent les Grecs, fut l’entrepôt, où les marchandises de la mer Rouge et celles du golfe Persique et de l’Inde se rencontraient, avant qu’une navigation directe se fût établie de l’Égypte dans l’Inde.

Selon les monuments arabes, la reine de Saba, nommée Balqis, vivait à Mareb, c’est-à-dire dans la capitale du pays de Saba. Le Hadramaut était dans sa dépendance ; il est la contrée des aromates. Les singes qu’elle y joignit, sont nommés en hébreu qouphim, dont l’analogue subsiste au Malabar, dans le mot kapi, venu du sanscrit kabhi : les paons, appelés en hébreu toukim, s’appellent encore au Malabar tougui[17]. Voilà des produits indiens : les dents d'éléphant en sont un aussi ; mais l’Abyssinie et l’Afrique ont pu en produire également. Si les bois almoguim, dont Salomon fit des instruments de musique, sont, comme on le croit, le bois de sandal (si rare, dit le texte, que depuis cette époque on n’en vit plus), ils sont une nouvelle preuve d’un commerce indien. Selon nous, les Tyriens qui furent les pilotes de Salomon, et à qui appartenait spécialement ce commerce, ne se bornaient point au port d’Arabia felix ; ils prolongeaient la côte arabe jusqu’au pays actuel de Maskat : là, nous trouvons, près du cap Ras-el-hal, une ancienne ville écrite Sour, avec les mêmes lettres que Tyr : toute cette contrée, jusqu’au détroit Persique, nous est dépeinte par Niebuhr comme un pays abondant en toute denrée, et méritant le nom de heureux et riche ; là étaient les villes ou pays de Sheba, Bamah et Daden, dont Ézéqiel nous dit que les habitants étaient les associés ou courtiers des Tyriens, à qui ils fournissaient les dents d’éléphant, les aromates et l’or (chap. 27). Sur cette côte existe encore une ville de Daba, dont le nom signifie or ; et il est prouvé par une foule de passages des anciens, qu’a recueillis Bochart, en sa Géographie sacrée (liv. II, chap. 17), que cette contrée fut jadis aussi riche en or que le sont de nos jours le Pérou et le Mexique.

Eupolème[18], qui fut instruit dans l’histoire des Juifs, dit que David envoya des vaisseaux exploiter les mines d’or d’une île appelée Ourphê, située dans la mer Erythrée, qui est le nom de l’Océan arabique jusque dans le golfe Persique.

Ici Ourphê semble n’être qu’une altération d’Ophir, altération d’autant plus croyable que le même texte fait partir les vaisseaux du port d’Achana, au lieu d’Aïlana : mais Eupolème n’a-t-il pas eu en vue une île célèbre de ces parages, appelée par Strabon Tyrina (l’île tyrienne), où l’on montrait, sous des palmiers sauvages, le tombeau du roi Erythras (c’est-à-dire, du roi Rouge), qui, disait-on, avait donné son nom à l’Océan arabique, parce qu’il s’y noya ? Nous avons ici un conte phénicien, dont le vrai sens est que le soleil brûlant et rouge, qui chaque soir se noyait dans la mer, reçut un culte des navigateurs qui la traversaient, et qui, en action de grâces d’un voyage heureux, lui élevèrent un monument de la même espèce que celui d’Osiris, roi, soleil, comme Erythras. En désignant ce tombeau comme un tumulus pyramidal considérable, Strabon nous fait soupçonner un autre motif utile, celui d'avoir élevé sur cette côte plate un point dominant propre à diriger les marins.

Si nous pénétrons dans le golfe Persique, nous trouvons, sur la côte arabe, une rivière appelée Falg, dont le cours nous conduit à une ancienne ville ruinée qui porte le nom de Ophor[19], lequel, vit l’insignifiance de la seconde -voyelle, représente matériellement le nom que nous cherchons, et qui le montre en un lieu convenable s’il est vrai que ce local n’est point une île, comme le dit Eupolème ; mais il faut observer que dans tous les dialectes de l'arabe, y compris l’hébreu, un même mot signifie île et presqu’île. Or, la pointe d’Oman, où nous trouvons Ophir, est une véritable presqu’île, surtout à raison des rivières qui coupent sa base. Quant au site propre de la ville actuelle, il a dû changer, en ce que les atterrissements considérables de cette côte ont éloigné la mer, et par cela même ont fait perdre au port et à la ville d’Ophir son activité et sa renommée.

A l’embouchure de la rivière qui avoisine les restes d’Ophir, commence le grand banc des perles, foyer très ancien d’un riche commerce ; à l'extrémité de ce banc se trouvent encore deux îles qui jadis portèrent le nom de Tyr et Arad, et qui eurent, dit Strabon (lib. 16), des temples phéniciens : leurs habitants se prétendaient la souche de ceux de Tyr et Arad sur la Méditerranée ; mais si l’on considère qu’ils n’étaient que de pauvres pêcheurs sur un sol d’ailleurs aride, l’on sentira que la vraie souche de population fut aux bords fertiles de la Phénicie , et que ce récit n’est qu'une inversion qui néanmoins indique encore le commerce et la fréquentation des Tyriens, dont nous venons de rassembler un assez grand. nombre de preuves.

On objecte que le circuit de l’Arabie est trop considérable pour la science nautique de cet ancien peuple ; nous répondons que le vrai degré de cette science n’est pas très bien connu, ne l’a peut-être pas même été parles Grecs, venus à une époque tardive : en outre, l’analyse semble prouver, que ce circuit n’excéda réellement pas les moyens des anciens. Leurs géographes s’accordent à nous dire qu’une journée moyenne de navigation équivalait à 14 ou à 15 de nos lieues marines, c’est-à-dire ¾ de degré[20]. La largeur de la mer Rouge est d’environ 320 lieues : supposons 400 à raison des caps et des baies, que les anciens tournaient ; la distance du détroit de Bab-el-mandel au cap Raz-el-had, passe 360 ; supposons 430, nous avons 830 : ajoutez 120 jusqu’au golfe Persique, plus 50 jusqu’à la rivière Falg ; pour ces deux branches, supposons 200 : la totalité sera de 1030 lieues ; pour compté rond, supposons 1050.

Les vaisseaux ont eu cent cinquante jours, c’est-à-dire, cinq mois de très bon vent pour franchir cet espace : en effet à la fin de mai commence la mousson de nord-ouest, qui dure jusqu’à la fin d’octobre. 1050 lieues, divisées par 150 jours ne donnent que 7 lieues à chaque journée : les navigateurs purent donc employer 75 jours, c’est-à-dire la moitié du temps, à des relâches : la mousson de sud-est, qui les eût ramenés, commence en novembre et finit en avril ; mais ils ne pouvaient en profiter, parce qu’ils n’auraient pas eu le temps de faire leur négoce : seulement, ils purent employer les vents variables du mois qui la termine, à sortir du golfe Persique à caboter sur la côte de Maskat ; et leur retour au port d’Atsiom-Gaber put être effectué à la mi-janvier de l’année seconde du départ ; alors une nouvelle expédition avait le temps de se préparer pour partir à la fin de mai, qui commençait l'année troisième.

Dira-t-on que les Tyriens ont exploité le commerce du golfe Persique par un moyen qui a encore lieu aujourd’hui ? c’est-à-dire, par les caravanes des arabes, se rendant à travers le désert, soit à l’Euphrate, soit directement au golfe ? Il est vrai que plusieurs passages des psaumes de David, des prophètes, et surtout d’Ézéqiel, indiquent que les Tyriens surent tirer ce parti des Bédouins, en tout temps, dévoués à celui qui les salarie ; mais la voie du désert n’offrait guère moins d’obstacles que celle de la mer, en ce que les Tyriens étaient obligés de traverser les pays, souvent hostiles, des Juifs, des Syriens de Damas, et surtout de prolonger le pays des Babyloniens, dont les rois furent leurs ennemis acharnés. La cause de cette haine, comme de celle des Ninivites leurs prédécesseurs, s’explique même en faveur de notre hypothèse, en disant que, jaloux des richesses que les Phéniciens tiraient du commerce de l’Inde, par le golfe Persique, ils leur coupèrent d’abord la voie du désert ; puis, lorsque l’industrie tyrienne eut imaginé la voie de la mer Rouge et le circuit de l’Arabie, ils l’attaquèrent dans son foyer même, pour extirper cette dérivation du commerce indien, et le ramener en son lit ancien et naturel, le cours du Tigre et de l’Euphrate, où il fût la véritable cause de la splendeur successive de Ninive, de Babylone et de Palmyre.

On nous oppose l’opinion de plusieurs écrivains grecs qui ont nié que personne eût navigué au delà du pays de l’encens avant l’époque d’Alexandre ; ce sont les expressions d’Ératosthènes en Strabon (lib. XVI, page 769) : mais le témoignage d’Hérodote est d’un plus grand poids, lorsque, sur l’autorité des savants égyptiens et perses qu’il consulta, il raconta, qu’environ 40 ans avant lui, le roi Darius Hystaspes eut la curiosité de connaître le cours de l’Indus ; que pour cet effet il confia des vaisseaux à des hommes sûrs et véridiques, entre autres à Scylax de Kariandre, lesquels vaisseaux, après avoir descendu l’Indus depuis la ville de Kasphtyre, firent route dans l’Océan vers l’ouest, et arrivèrent, le trentième mois, au fond du golfe d'Héroopolis d’Égypte[21].

Comment Eratosthènes et d’autres anciens ont-ils négligé ce fait ? Nous répondons, avec de savants critiques : 1° parce que les anciens ont en général dédaigné les prétendus contes d’Hérodote, et nous ajoutons, 2° parce qu’ils ont été imbus d’un préjugé formellement avoué par Arrien : cet auteur, parlant des efforts inutiles d’Alexandre pour faire sortir ses vaisseaux du golfe Persique, nous dit en substance : On était persuadé à Babylone, que le golfe Persique et le golfe Arabique ayant leurs embouchures dans l’Océan, il devait exister un passage libre par mer, entre Babylone et l’Égypte ; mais personne n’était encore parvenu à doubler les caps méridionaux de l’Arabie : cette entreprise passait pour impossible, à cause de l'excessive chaleur qui dans ces latitudes rend la terre inhabitable. Arrien ajoute : Si la côte extérieure au golfe Persique eût été navigable, ou si l’on eût soupçonné la possibilité de s’en approcher, je ne doute pas que l’extrême curiosité d’Alexandre ne fût parvenue à faire reconnaître le pays par mer ou par terre[22].

Division de Sem 4

Notes

16 Agatharchides, de mari Rubro, page 59 ; Artemidorus in Strabone, lib. XVI ; Diodore Sicul., lib. III, § XLV.

17 Recherches sur la Géographie des anciens, par M. Gosselin, in-4°, tome I, page 121.

18 Mémoire de M. Tychsen, De commercii et navigatione Hebrœorum, page 165.

19 Eusèbe, Præpar. evang., lib. IX, cap. 30.

20 M. Seetzen, dans la Correspondance de M. le baron de Zach, nomme celui-ci Ophir, en toutes lettres, et énonce la même opinion d’identité. (Note communiquée).

21 C’est la valeur des 540 stades allégués par Hérodote, lib. II, § CVI, de l’espèce de ceux dont on comptait 1620 entre Héliopolis et la mer Scylax, qui compte un jour et demi de navigation entre la Corse et l’Italie, nous donne la même mesure, puisqu’il y a 23 lieues.

22 Hérodote, lib. IV, § XLIV : ce Scylax est l’auteur même du Périple qui porte son nom, comme l’a démontré Sainte-Croix.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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