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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 11:19

 

 

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

 

 

19ème partie  

18 - Division de Sem 1

 17 - Le système géographique des Hébreux 2 

16 - Le système géographique des Hébreux 1

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse 

CHAPITRE XIX.

Division de Sem.

 2ème partie

 

 

 

Nous avons le pays de Gouzan, Gauzanitis, de Ptolémée, près de la rivière de Khaboras en Sennaar ; celui de Haran ou Charrœ, près d’Edessa en Mésopotamie. Ratsaf ou Resapha est situé au sud de l’Euphrate et au nord de Palmyre. Aden est Adana, ville puissante, près de Tarsus ou Tarsis en Cilicie ; et puisque Aden est en Talashar, il faut que Talashar soit la Cilicie, qui, par les Arabes, serait prononcé Tchilitchia. Hamah est bien connu sur l’Oronte. Arfad, toujours nommé avec Damas et Hamah[9], ne saurait en être écarté plus loin qu’Aradus, appelé aussi Arvad. Les Sapires sont au nord de l’Arménie. Ana est une île de l’Euphrate ; Aoua, un canton de la basse Babylonie.

Lors donc que Sennachérib, pour effrayer le roi juif, lui dit que ses pères ont ravagé tous ces pays, sans doute il n’entend pas une vieille conquête faite par Ninus, 1400 ans auparavant (selon Ktésias) ; mais une conquête récente dont nous suivons la trace dans Salmanasar, qui subjugua les états phéniciens, dont Arvad fut un ; 2° dans Teglat, qui conquit Damas, et en déporta les habitants au pays de Qir[10] ; 3° dans Phul enfin, qui le premier paraît au sud de l’Euphrate, sans doute après avoir soumis Adana : il semblerait que Tarsus, port de mer puissant, ne fut conquis qu’au temps de Sardanapale, qui selon une inscription hyperbolique, l’aurait rebâti en un jour[11].

Avant cette conquête des Assyriens, c’est-à-dire avant l’an 770 ou 780 au plus, les Syriens n’étaient connus que sous leur nom d’Araméens ; Homère et Hésiode, qui écrivirent vers ce temps, n’en citent pas d’autre. Il s’étendait à la Phrygie brûlée, qu’ils nomment Arimaïa ; à la Cappadoce , dont les habitants étaient nommés Arimeéns blancs, et descendaient, selon Xanthus de Lydie, d’un antique roi Arimus, le même que l’Aram hébreu. (Voyez Strabon, lib. XIII.)

Aram a encore pour dépendances, Aouts, Houl, Gatar et Mesh.

Aouts est connu pour l’Ausitis de Ptolémée, pays avancé dans le désert de Syrie vers l’Euphrate. Les Arabes Beni-Temin, d’origine iduméenne, ont occupé ce pays ; c’est à eux que Jérémie dit[12] : Réjouissez-vous, enfants d’Edom, qui vivez dans la terre d’Aouts. Là est placée l’anecdote de Job, dont le roman offre sur Ahriman ou Satan, des idées zoroastriennes que l’on ne trouve dans les livres juifs que vers le temps de la captivité de Babylone.

Houl n’a pas de représentants.

Gatar est la ville et le pays de Katara sur le golfe Persique. (Voyez Ptolémée.)

Mesh doit être voisin, et convient aux Masanites de Ptolémée, à l’embouchure de l’Euphrate et non loin de Katara : le système de contiguïté continue toujours de s’observer.

Un cinquième peuple de Sem est Araf-Kashd, représenté dans le canton Arra-Pachitis de Ptolémée, qui est le pays montueux, au sud du lac de Van, d’où se versent le Tigre et le Lycus ou grand Zab. Ce nom signifie borne du Chaldéen, et semble indiquer que les Chaldéens, avant Ninus, se seraient étendus jusque-là.

Cet Araph-Kashd, selon Josèphe, fut père des Chaldéens ; selon l’hébreu, il produisit Shelah, dont la trace, comme ville et pays, se retrouve dans le Salacha de Ptolémée. Shelah produisit Eber, père de tous les peuples d’au delà de l’Euphrate ; mais si nous le trouvons en deçà, relativement à la Judée , nous avons droit de dire que cette antique tradition vient de la Chaldée.

D’Eber sont issus Ieqtan, père de tous les Arabes-Syriens, et Phaleg, d’où l’on fait venir Abraham père des Juifs et d’une foule de tribus arabes, par ses prétendues femmes, Agar et Ketura. Mais si dès le siècle de Moïse, quatre générations seulement après Abraham, ces tribus présentent une masse de population et une étendue de territoire inconciliables avec les probabilités physiques ou morales, nous aurons une nouvelle raison de rejeter l'existence d’Abraham comme homme ; et si l’auteur de la Genèse , au ch. XV, v. 19, suppose que Dieu promit à Abraham de livrer à sa postérité, parmi plusieurs peuples, celui de Qenez, lequel Qenez naquit seulement quatre générations après lui ; nous pourrons encore dire que cet auteur se trahit lui-même par un anachronisme choquant. Il est plus naturel de penser que toutes ces petites tribus, d’origine incertaine, et répandues dans le désert de Syrie jusqu’à l’Arabie Pétrée, ont appelé Ab-ram, leur père commun, parce qu’il fut leur divinité patronale ; et en disant qu’elles vinrent primitivement de Sem, l’on commettrait un pléonasme, puisque, selon le livre chaldéen de Mar-Ibas, Sem est le même que Zerouan, qui est aussi le même qu’Abraham ; nous n’insistons pas sur le site de toutes ces tribus, parce qu’il est assez bien connu.

De Ieqtan, supposé homme, l’auteur fait venir treize peuples arabes, dont il pose distinctement les limites en disant :

1 ° Que les enfants d’Ismaël habitèrent depuis Haouilah jusqu’à Shour, qui est dans le désert en face de l’Égypte, sur le chemin d’Assyrie (par Damas) ;

Que les enfants de Ieqtan habitèrent depuis Mesha jusqu’à Shefar, montagne orientale.

Shefar est une montagne du désert arabe, par les 29 degrés de latitude, à environ, 55 lieues est de la mer Rouge, et à l’orient d’hiver de Jérusalem : elle fut le campement le plus reculé des Hébreux conduits par Moïse[13] : Ptolémée y pose la limite extrême de l’Arabia Felix, au nord. Là commencent l’Arabie Pétrée et les dépendances de Kush, dont Haouilah fait la frontière. Tout se trouve d’accord de ce côté, qui est l’occident de Ieqtan.

Mesha, qui est sa borne à l’orient, est le Mascinites fluvius, l’une des branches de l’Euphrate, vers son embouchure dans le golfe Persique : une ligne tirée de Shefar sur Mesha, est donc la borne des Arabes Ieqtanides, vers le nord.

L’Océan, ou mer Érythrée, est leur borne au sud.

Vers le couchant, qui est la mer Rouge, si l’on tire une ligne de Shefer sur Sabtah, frontière de Kush, cette ligne laisse tous les peuples de Ieqtan dans le désert à l’est, et tous les Kushites dans le Hedjaz et dans le Téhamah, vers l’ouest ; avec cette circonstance, qu’elle suit une chaîne de montagnes, rocailleuses et stériles, qui, en font une limite naturelle. Le pays de Ieqtan occupe donc tout l’orient de la péninsule arabe, depuis le canton de Saba-Mareb, jusqu’à l’embouchure du golfe Persique, où les tribus kushites de Ramah, Daden et Sheba, possèdent un territoire qui fait exception. Il s'agit de placer les tribus dont les géographes grecs nous retracent, plusieurs noms reconnaissables.

Al-Modal ne l’est pas très bien dans les Alumaiotœ de Ptolémée ; mais Shelaph l’est parfaitement dans les Salupeni du même auteur.

Hatsar-Môt est sans contredit les Chatramotitœ de Strabon, le Hadramaut actuel des Arabes.

Ierah se trouve bien dans les Iritœi ;

Adouram dans Adrama, au pays de Iemama, qui, selon les monuments cités par Pocoke[14], fut la borne de l’empire assyrien en ces contrées.

Auzal est l’Auzara de Ptolémée, près le pays d’Oman, sur le golfe Persique. Dans Ézéqiel (chap. 27), Dan est joint à Ion d’Aouzal, et Giggeius place en ces cantons une ville de Ion. (Voyez Bochart.)

Deqlah est inconnu ; Aoubal doit être le Hobal du géographe Edrissi, ou l’Obil anéanti des traditions arabes.

Ambi-mal représente l’un des quatre cantons aromatifères de Théophraste, qui le nomme Mali.

Iobab, par l’altération du second b en p grec, qui est l’r latin, a fait Iobaritœ, en Ptolémée.

Le nom de Sheba se retrouve dans Shebam, château fort sur les montagnes, à l’ouest du Hadramaut, et peut-être mieux encore dans la ville de Saba, ou plutôt Sheba-Mareb, c’est-à-dire, la capitale de Sheba, le mot mareb ayant cette signification en arabe.

Haouilah offre le plus de difficultés, parce que ce nom n’a point laissé de traces, et qu’un passage de la Genèse impose à ce local des conditions contradictoires.

Ce livre dit (chap. II, v. 10 et 11) : Et le fleuve (du jardin d’Eden) se divisait en quatre autres fleuves, dont le premier s’appelle Phishoun ; celui-ci entoure tout le pays d’Haouilah, où se trouve l’or ; et l’or de cette terre est bon (or fin) : là aussi est le Bedoulah (Bdellium) et la pierre de Shahm (l’onyx).

Nous avons vu ci-dessus un premier pays de Haouilah, appartenant à la division de Kush, réclamer sa situation dans un désert où l’on ne connaît aucune rivière : ce second Haouilah, appartenant aux Ieqtanides, exige de ne pas sortir de leurs limites ; par conséquent il nous faut trouver dans la péninsule arabe, une rivière arrosant un pays où se trouvent l’or, le bdellium et l’onyx.

Les Grecs[15] nous indiquent un premier petit fleuve venant du mont Laëmus, au sud-est de la Mekke , traversant un pays riche en sources, en verdure, et de plus, roulant des paillettes d’or : là vivaient les Arabes Alilæi et les Gassandi, chez qui se trouvaient des pépites d’or en abondance. Au delà, sur la frontière du désert, vivaient les Debœ, riches en paillettes d’or, d’où leur venait leur nom : tous ces peuples, sans arts, ne savaient employer l’or à rien, et ils le prodiguaient aux navigateurs étrangers, pour des marchandises de peu de prix.

Si l’on supposait que le nom Alilœi fût une corruption de Haouilah, chose très possible de la part des Grecs, il y aurait ici de grandes convenances ; mais encore serions-nous dans le territoire de Kush ; et de plus nous n’y trouvons pas la pierre d’onyx, et surtout le bdellium que l’on s’accorde à croire être la perle.

Cette dernière condition nous appelle sur le golfe Persique : là nous trouvons deux rivières ; l’une au pays de Iemama, ayant son embouchure en face des îles de Barhain, où se termine le grand banc des perles ; l’autre, appelé Falg par les Arabes, sur la même côte du golfe Persique, ayant son embouchure à l’autre extrémité du même banc, sur la frontière du pays d’Oman. Le voyageur Niebuhr assure que l’onyx n’est pas rare en ces contrées : voilà plusieurs conditions remplies ; mais nous ne voyons aucun nom retraçant Haouilah ; et parce que le récit de la Genèse tient à la mythologie, peut-être la recherche d’un fleuve joint à ce nom est-elle idéale ?

Division de Sem 3

Notes

9 Rois II, cap. 18.

10 Jérémie, chap. 49, v. 23.

11 Ce pays de Qir, prononcé Koïr par les Arméniens, doit être celui du fleuve Kur, au nord de l’Arménie : à moins que l’on ne préfère le pays des Karhi, peuples belliqueux, mentionnés par Polybe, lib. V, chap. 10, comme habitant les vallées de l’ouest du lac de Van. Isaïe, chap. 22, et Amon, ch. I, v. 5, parlent de Qir au grand bouclier.

12 Peut-être un jour des dieux (un an).

13 Jérémie, chap. 39 et 49.

14 Nombres, 33, v. 23.

15 Specimen historiæ Arabum.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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