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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 11:02

Avant la division de Sem, la fin du chapitre sur la Géographie des Hébreux dans l'Ancien Testament...

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

 

 

 

 

 

 

 18ème partie

 17 - Le système géographique des Hébreux 2 

16 - Le système géographique des Hébreux 1

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse 

 

CHAPITRE XVIII

Examen du chapitre 10 de la Genèse ,
ou système géographique des Hébreux.

3e partie et fin

 

 

La Genèse continue : Or l’Éthiopie engendra ou produisit Nemrod qui commença d’être fort (ou géant) sur la terre : il fut un grand chasseur devant le Seigneur, et les chefs-lieux de sa domination furent Babylon, Arak, Nisibe et Kalané dans le pays de Sennaar.

De quelque manière que Nemrod vienne d’Éthiopie, ou qu’il en dépende, nous avons ici une indication que les pays de sa domination appartiennent à la division de Kush, et que par conséquent leurs habitants furent des hommes noirs à cheveux longs. Ceci s’accorde très bien avec le témoignage d'Homère, d’Hérodote, de Strabon, de Diodore, et en général des anciens auteurs qui nous dépeignent tels les peuples de la Babylonie et de la Susiane. Ce furent là les Éthiopiens de Memnon, fils de l’Aurore et de Titon, auxquels les Asiatiques durent donner le nom de Kushéens, prononcé, en dialecte chaldaïque, Kuhéens. Ce même nom se représente dans le Kissia de Ptolémée, pays voisin de Suse. Les auteurs arabes désignent également les peuples de ces contrées par le terme de Soudan, c’est-à-dire, les noirs : ainsi les colonies éthiopiennes ou kushites s’étaient répandues dans tout l’Iraq-Arabi, jusque dans la  Perse, et ceci nous rappelle l’ancien monument arabe cité par Maséoudi, selon lequel les tribus de Tasm et de Djodaï possédèrent l'Iraq-Arabi et la Perse limitrophe : ces tribus primitives auraient donc été des kushites, parentes des Cananéens ou Phéniciens qui, issus de Cham, et émigrés du Téhamah, auraient réellement eu une même origine.

Quant aux pays dépendants de Nemrod, Arak est Arekka, que Ptolémée place près de la Susiane.

Akad ou Akar est l’ancien nom de Nisibe, selon le témoignage de l’ancien traducteur de la Genèse[22]. Kalaneh, qu’Étienne de Byzance écrit Telané, est une ancienne ville du pays de Sennaar, que cet auteur dit avoir été le berceau de Ninus.

Ainsi la race noire kushite s’étendit jusqu’au revers méridional du Taurus, conformément au témoignage de Strabon, qui dit que les peuples Syriens sont divisés en deux grandes branches ; les Syriens blancs, au nord du mont Taurus ; et les Syriens noirs, au sud du Taurus ; tous ayant un même fonds de mœurs, de coutumes et de langage : en effet, les dialectes des Abyssins, des Arabes, des Phéniciens, des Hébreux, des Assyriens, des Araméens ou Syriens, sont tous construits sur les mêmes bases de grammaire, de syntaxe et d’écriture.

À l’égard de Nemrod, Cedrenus et la Chronique paschale nous avertissent que ce héros ou géant n’est autre chose que la constellation d’Orion, devenue une divinité importante pour les Babyloniens, à raison, de ses influences supposées à l’époque de l’année où elle culmine pendant le jour avec la constellation du Chien, époque qui a pris le nom de canicule. Le voisinage de ce chien a procuré le titre de chasseur à Orion, qui d’ailleurs, comme grande divinité, eut aussi le nom de Bel[23]. Sous ce nom les légendes grecques lui donnent la même parenté que la Genèse. Bélus, disent-elles, fut fils de Libye et de Neptune. N’est-ce pas précisément la phrase hébraïque ? Nemrod fut engendré par l’Éthiopie ; ce nom de Nemrod qui n’a aucun sens dans l'hébreu qui n’a pas même les formes de cette langue, s’explique assez bien dans la langue pehlevi : Nim en pehlevi, dit le traducteur du Zend-Avesta, signifie côté, portion, moitié ; rouz signifie midi[24] ; en sorte que Nimrouz bien identique à Nemrod, est l’astre de l’Éthiopie, le fils de la saison brûlante.

Jusqu’ici l’on voit que, sous des formes généalogiques, nous avons une véritable géographie dont toutes les parties observent un ordre régulier et systématique. Ce même caractère continue de se montrer dans la troisième division, celle de Sem.

Notes

[22] Hieronym., Quest. in Genes., cap. 10, n°. 10.

[23] Plusieurs divinités chez les Chaldéens ont eu le nom de Bel ou Baal, qui signifie Dieu et Seigneur. Alexandre Polyhistor parle de Bélus l’ancien, appelé Kronos (ou Saturne), de qui naquirent un second Bélus ou Bélus le jeune, ayant pour frère Canaan. Il ajoute que Canaan fut père des Phéniciens et eut pour fils Chum, appelé par les Grecs Asbolos, c’est-à-dire couleur de suie, lequel Chum eut pour frère Mesraim, père des Éthiopiens et des Égyptiens : l’on voit ici une même version des mêmes idées, des mêmes traditions que la Genèse. Voyez Eusèbe, Præpar. evang., lib. IX, chap. 17. Dans la Chronique d’Alexandrie, page 17, un premier Bélus est Saturne ; après lui Picus règne 30 ans ; après Picus un second Bélus règne 2 ans : celui-ci est la planète de Mars, dont la révolution dure effectivement 2 ans ; c’est par erreur que l’auteur attribue les 30 à Picus-Jupiter, puisqu’ils appartiennent à Saturne, dont la révolution dure cet espace de temps.

CHAPITRE XIX.

Division de Sem.

 1ère partie

LES PEUPLES dépendants de Sem, contenus dans son territoire, sont : 1° Aïlam, nom collectif des Elyméens, bien connus pour habiter les montagnes de la Perse à l’orient de la Chaldée ;

Ashour ou Assur, nom collectif des Assyriens, qui d’abord ne furent que les habitants de l’Atourie, où Ninus bâtit Ninive, mais dont le nom, après ce conquérant, s’étendit aux Babyloniens et même aux Syriens.

Ici se présente une remarque sur la traduction vulgaire de ce verset célèbre de la Genèse (ch. 10) : De la terre de Sennar est sorti Assur, qui a bâti Ninive.

Il semblerait qu’Assur fût un nom d’homme alors il désignerait Ninus, et c’est l’opinion de beaucoup de savants ; mais dans ce cas il sera, et il est en effet, une nouvelle preuve de la posthumité de la Genèse ; puisque Ninus, selon Hérodote, ne régna pas avant l’an 1237, environ 200 ans après Moïse. La vérité est qu’ici, comme partout, Assur est un nom collectif qu’il faut traduire selon le génie de notre langue, l’Assyrien ou les Assyriens. Parcourez tous les livres hébreux, spécialement Isaïe, Jérémie, les Rois, surtout au livre IV, jamais vous ne trouverez le pays ou le peuple assyrien désigné autrement que par Assur.

Assur viendra comme un torrent ; Assur s’élèvera comme un incendie ; le Seigneur suscitera Assur contre Moab, contre Ammon, contre Juda, contre Israël : or, personne ne pensera qu’Assur, Moab, Ammon, Israël, soient des individus : bien plus, on trouve cent fois répétée cette autre expression encore plus incompatible :

Le roi d’Assur, la terre d’Assur, les forts d’Assur ; Phal, roi d’Assur, vint contre Manahem ; Achaz appela Teglat-Phal-Asar, roi d’Assur, etc.

Il est donc évident qu’Assur est toujours un nom collectif, employé selon le génie des langues orientales, dont les Arabes et les Syriens de nos jours sont un exemple subsistant.

Loud, nom collectif des Lydiens, ayant en syriaque le sens de sinuosités, qui convient très bien au fleuve Méandre. Selon les Grecs, avant la guerre de Troie, les Lydiens s’appelaient Ma-Iones, nom composé d’Ionie. Le nom de Lydiens, leur vint-il des Assyriens, dont Ninus les rendit sujets ?

4° Le quatrième peuple dépendant de Sem est Aram qui en syriaque signifie nord (relatif aux Phéniciens) ; c’est la Syrie des Grecs, ainsi nommée par abréviation d’Assyrie.

Les Hébreux divisent l’Aram ou Syrie en plusieurs districts, 1° l’Aram-Nahrim, l’Aram des deux fleuves (Tigre et Euphrate), traduit en grec Meso-potamos (entre les fleuves.)

2° L’Aram propre, ou pays de Damas et confins.

3° L’Aram Sobah sur lequel on n’est pas d’accord. Josèphe le prend pour la Sophène en Arménie. Bochart [1] lui donne pour limites à l’est le cours de l'Euphrate ; à l’ouest, la Syrie de Hamah, d’Alep et de Damas ; en sorte que, selon lui, Sobah aurait été ce qui depuis fut le royaume de Palmyre. Michaëlis[2] veut que Sobah soit Nisibe, à trente-cinq lieues sud-ouest de Ninive ; mais les auteurs tardifs dont il s’appuie sont si peu instruits sur cette matière, que traduisant le livre de Samuel, à l’article des guerres de David contre les rois de Sobah, ils n’ont pas même su lire correctement le texte hébreu ; car tandis que ce texte dit[3] que l’Araméen (Syrien), de Damas vint pour secourir Hadad-azer, roi de Sobah ; que David battit cet Araméen, lui tua 22.000 hommes, et mit garnison à Damas : les deux traducteurs arabe et syriaque, au lieu de l’Araméen[4], ont lu l’Iduméen, sans apercevoir l’inconvenance de lier Damas à l’Idumée, située sur la mer Rouge ; et, de plus, l’Arabe a pris sur lui d’appeler roi de Nasbin (Nisibe) le roi de Sobah. Michaëlis, en adoptant cette erreur, et voulant la confirmer par saint Ephrem, etc.[5], n’a pas pris garde que le texte, qui parle ailleurs des rois de Sobah au nombre pluriel[6], indique que Sobah était un pays et non une seule ville. Ce même texte dit encore, que David battit le roi de Sobah en allant pour étendre sa main ; c’est-à-dire son pouvoir sur l’Euphrate ; Michaëlis veut que ce soit le roi de Nisibe qui alla vers l’Euphrate ; mais relativement à l’écrivain juif placé à Jérusalem, le mot aller ne peut convenir qu’à David. Si le roi de Sobah fût venu de Nisibe, il eût amené avec lui les Syriens d’au delà l’Euphrate : il les fit venir à lui, selon le propre texte ; donc il résidait en deçà de l’Euphrate : seulement, il avait sur l’autre rive des sujets ou alliés qu’il fit venir, mais non pas venir de Nisibe, séparée du fleuve par un désert très aride de quarante lieues d’étendue.

Il est encore dit que le roi de Hamah avait eu des guerres fréquentes avec le roi de Sobah ; et les chroniques donnent à Hamah l’épithète de Sobah (Hamat-Soba) : ces deux pays étaient donc limitrophes. Or, si Hamah, séparée de Nisibe par un désert de 90 lieues, était bornée au sud par Damas, et à l’ouest par les Phéniciens, le Sabah devait être situé ou au nord vers Alep, ou à l’est vers l’Euphrate ; et c’est précisément ce qu’atteste Eupolème[7] lorsqu’il dit que David subjugua les Syriens qui habitaient la Commagène et le pays adjacent à l’Euphrate (où furent situées les villes de Hiérapolis et de Ratsaf, comme l’observe Bochart, qui peut-être a raison d’y joindre Taïbeh et Tadmor.)

David, dit le texte, revenant de battre les Araméens (les Syriens), s’illustra (par une nouvelle victoire) dans la vallée des Salines.

Il y a deux vallées de ce genre : l’une dans laquelle est situé le lac de Gabala à 25 lieues nord-nord-est de Hamah ; l’autre où se forme la lagune salée de Zarqah, 15 lieues nord-est de Hamah : ces deux positions sont également sur la route de David, revenant soit du nord, soit de l’est. Si comme l’a cru Fl. Josèphe, Sobah eût été la Sophène , province d’Arménie, les Juifs nous eussent parlé du passage de l’Euphrate, qui eût été une opération inouïe pour eux. — David enleva une immense quantité d’airain des villes de Betah et de Birti, appartenantes au roi de Sobah. Betah n’est connue de personne, et vouloir, avec Michaëlis, que Birta soit la ville phénicienne de Beryte, est une inconvenance inadmissible. Elle serait plutôt Birta (aujourd'hui Bir), à l’est de l’Euphrate, sur la route d’Alep en Assyrie ; mais il faudrait que David eût passé le fleuve, à moins qu’à cette époque il n’y eût sur la rive ouest de l’Euphrate une ville de Birta, ruinée ensuite et remplacée par celle du même nom qu’Alexandre bâtit sur la rive orientale. Tout confirme l’opinion de Bochart ; et concourt à étendre le royaume de Sobah le long de l’Euphrate jusqu’aux montagnes de la Cilicie.

Remarquons en passant, que cette existence des États araméens de Sobah, Hamah et Damas, qui se continue depuis et avant Saül, jusqu’au temps d'Achaz, confirme l’assertion d’Hérodote qui restreint l’empire des Assyriens ninivites à la haute Asie, pendant 500 ans, et qui par là les exclut de l'Asie basse, c’est-à-dire de l’Asie-Mineure et de la Syrie. Les chroniques juives s’accordent avec lui, en nous montrant l’ouest de l’Euphrate indépendant de leur puissance, et en n’y laissant apercevoir son extension qu’au règne de Phul, vers l’an 770. Alors commence, de la part des sultans de Ninive, un système d’agrandissement de ce côté qu’ils poursuivent jusqu’au temps de Sardanapale. Le discours de Sennachérib au roi Ézéqiah, indique très bien cet état de choses. Les dieux des nations, dit ce prince, ont-ils délivré les pays ravagés par mes pères, les pays de Gouzan, de Haran, de Ratsaf ; et les enfants d’Aden qui sont en Talashar ? où est le roi de Hamah et d’Arfad ? où sont les rois des Sapires, de Ana, de Aoua ? etc.[8]

Division de Sem 2

Notes

1 Zend-Avesta, tome II, pages 402 et 456 ; et tome I, partie II, page 272, note 3.

2 Phaleg. et Chanaan, lib. II, cap. 6.

3 Geographia Hebrœorum extera, page 114.

4 Samuel, lib. II, cap. 8, v. 5 et 6.

5 Le psaume LX a commis la même faute.

6 Voyez Assemani, Biblioth. syriac., tome I, pages 533 à 539 ; tome III, part. I, page 3.

7 Samuel, lib. I, chap. 14, v. 4.

8 Eusèbe, Præpar. evang., lib. IX, chap. 30.

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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