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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 09:01

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

 

 

  16eme partie

 

CHAPITRE XVIII

Examen du chapitre 10 de la Genèse ,
ou système géographique des Hébreux.

1ère partie

 

15 - Mythologie de la Création 2

14 - Mythologie de la Création 1 

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

 

 

Un dernier exemple choquant de ce genre d’invraisemblances est la prétendue généalogie du dixième chapitre de la Genèse ; l’auteur y suppose que les enfants de Noé dès la troisième génération occupèrent l’immensité du pays qui s’étend depuis la Scythie jusqu’à l’Éthiopie ou Abyssinie, d’une part ; depuis la Grèce jusqu’à l’Océan qui borde l’Arabie, d’autre part ; et qu’ils y devinrent chacun la souche des peuples que l’on y dénombrait de son temps. Le tableau généalogique et la carte géographique que nous joignons ici, présentent son système sous un coup d’œil facile à saisir. Quelques savants, tels que Samuel Bochart[1], dom Calmet[2], Pluche[3], Michaëlis[4], qui se sont occupés à éclaircir les difficultés de géographie, ont bien senti l’impossibilité du sens littéral, mais les préjugés dominants ne leur ont pas permis d’en faire sentir les inconséquences. Il est vrai qu’on peut excuser l’auteur, en disant que par une métaphore naturelle aux langues orientales, et usitée chez les Grecs et chez les Latins, donnant à chaque peuple un nom collectif, il lui a aussi donné l’apparence d’un individu : ainsi, sous le nom d’Ioun, il désigne les Ioniens ; sous celui d’Ishour, les Assyriens ; sous celui de Canaan, les Phéniciens ; sous celui de Koush, les Éthiopiens ou Abyssins. L’invraisemblance consiste à nous dire que Ioun, Ashour, Canaan, Koush, Sidon, etc., furent des individus pères et auteurs des peuples de leurs noms ; mais cet abus se retrouve chez les Grecs, qui nous disent que Pelasgus fut père des Pelasgues ; que Cilix fut père des Ciliciens ; Latinus, père des Latins, etc.

Il paraît qu’en général les anciens, lorsqu’ils voulurent remonter aux origines, et qu’ils n’eurent aucun monument précis, employèrent cette formule, et donnèrent au premier auteur le nom de la chose ; et parce que la nature même du langage les conduisit à personnifier tous les êtres, il en résulta que tout effet résultant d’une cause, fut censé engendré par elle, en fut appelé le fils, le produit, comme elle-même en fut appelée la mère ou le père ; ainsi, parce que la terre alimente le peuple qui l’habite, qu’elle semble en être la nourrice, la mère, ce peuple fut appelé, et l’est encore en arabe, enfant de cette terre, de ce pays, Beni-masr, les enfants de l’Égypte ; Beni-sham, les enfants de Syrie ; Beni-fransa, les enfants de la France. Avec cette explication fondée en raison et en fait, tout entré dans l’ordre, et alors tout le dixième chapitre doit se considérer comme une nomenclature géographique du monde connu des Hébreux à l’époque où écrivit l’auteur ; nomenclature dans laquelle les peuples et les pays figurent sous des noms individuels, tantôt au singulier et tantôt au pluriel ; comme Medi, les Mèdes ; Masrim, les Égyptiens ; Rodanim, les Rhodiens, etc., et dans laquelle les rapports d’origine par colonie, où d’affinité par mœurs et par langage, sont exprimés sous la formé d’engendrement et de parenté. L’écrivain juif semble lui-même écarter le voile, lorsque après chaque branche de famille, ou chaque division de pays, il ajoute cette phrase : Voilà les enfants de Sem, de Cham de Japhet, selon leurs tribus, selon leurs langues, leurs pays et leurs nations. Ces expressions : selon leurs langues et leurs pays, sont d’autant plus remarquables, qu’après avoir placé chaque peuple selon les meilleures indications géographiques, nous les trouvons tous distribués dans un ordre méthodique de voisinage et de contiguïté, et que ceux de chaque branche ont un système commun de langage : par exemple, chez tous les peuples de Japhet, la source du langage est cet idiome scythique appelé sanscrit, que des études récentes nous ont appris avoir jadis régné depuis l’Inde jusqu’à la Scandinavie , et que nous trouvons aujourd’hui être un des éléments de l’ancien grec et de l’ancien latin. Chez les enfants de Sem, la langue mère est l’idiome arabique commun aux Élyméens, aux Assyriens, aux Araméens (les Syriens). Chez les enfants de Cham, c’est encore ce même idiome que parlèrent les Phéniciens et les Éthiopiens : les Égyptiens eurent un système à part.

Le dixième chapitre offre encore cette particularité, que tous les peuples étant placés dans leurs pays respectifs l’on se trouve avoir trois grandes divisions du monde connu des Hébreux, qui ont une analogie sensible aux trois grandes divisions du monde connu des anciens ; aux trois divisions de la terre, par Zoroastre, en pays de Tazé ou Arabes ; pays de Mazendran ou Nord, et pays de Hosheng ; et au partage du monde entre les trois dieux, Jupiter, Pluton et Neptune ; notez que Cham ou plutôt, Ham, qui signifie noir, brûlé, et qui se traduit en grec asbolos, couleur de suie, est le synonyme de Pluton. Mais commençons par établir tous les noms de la liste sur la carte, afin de rendre plus palpables nos propositions. Nous n’entrerons point dans tous les détails de discussion qui ont occupé Samuel Bochart, dom Calmet et Michaëlis ; en profitant de leur travail, nous insisterons seulement sur quelques articles, où notre opinion diffère de la leur. Japhet, a pour descendants, ou pour dépendants :

GMR, qui, étant écrit sans voyelles, peut se prononcer Gomer ou Gamr, ou Gimr (prononcez Guimr) ; nous préférons cette dernière lecture, et nous disons avec l’historien Josèphe, que Guimr représente les Kimr ou Kimmériens, de l’Asie mineure et de la Chersonèse Kimmérienne ou Kimbrique. Hérodote parle de leurs incursions à l’époque même de Helqiah, lors de l’incursion des Scythes en 625 ; ils en avaient fait une autre sous Ardys, et encore antérieurement ; et ils avaient fini par établir des colonies, que Josèphe confond avec les Galates, et que la Genèse désigne sous les noms d’Ashkenez, Riphat et Togormah.

Ashkenez a des traces dans la province d’Arménie, appelée par Strabon, Asikinsene, et qu’il place entre la Sophène et l’Akilisène.

Riphat est l’altération facile de Niphates, mont et pays arménien, dont l’r a été prononcé nasalement.

Togormah est reconnu par Moïse de Chorène (page 26), pour être le nom d’un peuple qui habitait un autre canton montueux appelé Harch, dans, la grande Arménie : ces trois peuples nous sont donc indiqués ici comme des colonies des Kimmériens ou Kimbres, fondées à une époque inconnue.

2° Le second peuple de Japhet, appelé Magog, représente les Scythes, de l’aveu unanime des auteurs grecs et arabes. On ne fait point mention ici de Gog ou Goug, qu’Ezéchiel associe à Moshk, Roush[5], et Toubal, et qui doit être encore un peuple scythique : dans Strabon, le pays dit Gogarene est voisin des Moschi. Dans l’ancien grec et latin, goug-as signifie géant, et les légendes grecque et chaldéenne placent toujours les géants dans le nord comme les Scythes. Justin, au début de son histoire, observe que les Scythes, dans des temps anciens, antérieurs même à Sésostris (1350), dominèrent sur l’Asie pendant 1.500 ans. Cela cadre bien avec l’étendue de leur langue (le sanscrit).

3° Le troisième peuple est Medi, nom pluriel des Mèdes : Hérodote en compte sept nations ; il ajoute que jadis leur nom était Arioi, les braves[6] : les livres parsis n’en citent pas d’autre à l’époque de Zoroastre. Ne peut-on pas inférer que le nom des Mèdes ne se serait introduit que depuis 14 conquêtes de ces peuples par Ninus et les assyriens ?

4° Le quatrième peuple est Ioun, l’Ionien ou Grec de l’Asie mineure. Selon les auteurs grecs, la colonie des Ioniens ne vint s’établir en Asie que 80 ans après la guerre de Troie[7]. Les Grecs les appèlent Pélasgues aigialéens (c’est-à-dire pécheurs) aussi longtemps qu’ils habitèrent l’Achaïe[8] ; Strabon (lib. VI) dit que l’Ionie, avant eux, était occupée par les Cariens et les Lelèges : les Pélasgues les ayant chassés, reçurent des barbares, selon quelques auteurs, le nom de Ioun et Iaoun[9] (dont on a fait Iavan) : selon d’autres, c’était le nom d’une tribu athénienne, qui d’abord faible, devint ensuite prépondérante dans le lieu de son émigration. De ces Ioniens vinrent ou descendirent Elishah, Tarshish, Ketim et Rodanim.

Elishah est l’Ellas, ancien nom de la Grèce ou Péloponnèse ; il pourrait aussi être lElis, très ancienne portion de ce pays qui en aurait pris le nom chez les Phéniciens. Mais ici les Grecs sont en contradiction avec l’auteur de la Genèse , puisqu’ils soutiennent que c’est de l’Ellas que sont venus les Ioniens et les autres colonies citées.

Ketim est le nom pluriel des Kitiens, peuple ancien et prépondérant de l’île de Cypre, qui paraît en avoir pris le nom : ce nom se trouve aussi appliqué à la côte de Cilicie. (Isaïe, c. XIII.)

Rodanim sont les Rhodiens.

Tarshish est la ville et pays de Tarsous, sur la côte de Cilicie, en face de Cypre. Tous ces pays sont contigus sur la carte, comme dans la liste de l'auteur ; et tous sont maritimes ou insulaires ; ce qui sans doute lui fait dire que par eux furent partagées les îles des nations.

Isaïe, ch. LXVI, associe, dans un même récit, Phul, Loud, Ketim, Tarshish, Ioun, Moshk et Tubal. Phul est la Pam-phulie ; Loud est la Lydie. La contiguïté est bien observée.

5° Le cinquième peuple de Iaphet est Toubal, que Josèphe dit représenter les Ibériens. La capitale de ce pays, nommée Tebl-is et Teflis, offre quelque analogie au mot Tebl ; mais les peuples Tubar-eni, sur le rivage de l’Euxin, pourraient ici être désignés, et rempliraient mieux l’indication d'Isaïe.

6° Le sixième peuple est Moshk, qui représente les habitants des Moschici montes, au nord de l’Arménie.

7° Enfin le septième peuple est Tiras, que l’on regarde comme le représentant des Thraces établis dans la Bithynie. Moïse de Chorène dit à ce sujet[10] : Nos antiquités s’accordent à regarder Tiras non comme fils propre de Iaphet, mais comme son petit-fils. Ceci indique des sources communes où a puisé Helqiah.

La suite... Le système géographique des Hébreux 2

 

[1] Phaleg et Canaan.

[2] Commentaires sur la Bible.

[3] Histoire du Ciel.

[4] Geographiœ Hebrœorum exterœ spicilegium.

[5] Roush montre sa trace dans l’Erusheti de Danville, canton à l’ouest de Gokia.

[6] Hérodote, liv. VII.

[7] Selon la plupart chronologistes modernes, 1130 ans avant J.-C. , comment concilient-ils cette date avec la composition de la Genèse par Moïse 300 ans avant ?

[8] Hérodote, lib. VII.

[9] Scholiaste Aristophanus in Acharn.

[10] Page 49.

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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