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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 13:15

 

 

 

Chapitre extrait des  Oeuvres complètes de Volney

Recherches Nouvelles sur l'histoire ancienne

Tome I

1821

par Constantin François Volney

CHAPITRE XVII 

Mythologie de la création 2

15e partie

14 - Mythologie de la Création 1

13 - Mythologie d'Adam et Eve

12 Des personnages antédiluviens 2

1 - Des temps antérieurs à Moïse

 

 

 

 

Un tel état de choses n’a lieu que par le 49e degré 20 minutes de latitude, où le plus long jour de l’année est de 16 heures 10 minutes, et le plus court, de 3 heures 5 minutes. Or cette latitude est d’environ 12 degrés plus nord que les villes de Bactre ou Balhh et Ourmia, où l’histoire place le théâtre des actions de Zoroastre. Cette latitude sort infiniment au delà des frontières de l’empire persan, à quelque époque qu’on le prenne. Elle tombe dans la Scythie , soit au nord du lac Aral et de la Caspienne , soit aux sources de l’Irtisch, de l’Ob, du Ienisseï et de la rivière Selinga : elle se trouve dans le pays des anciens grands Scythes (ou Massagètes), qui disputèrent d’antiquité avec les Égyptiens, selon Hérodote. Aurait-il donc existé dans ces contrées, à ce parallèle, un ancien foyer d’observations astronomiques, chez un peuple policé et savant ? ou l’observation citée par le Boun Dehesch serait-elle tirée de temps plus modernes ? Ammien Marcellin nous apprend avec Agathias, que, postérieurement à Zoroastre, le roi Hystasp ayant pénétré dans certains lieux retirés de l’Inde supérieure, arriva à des bocages solitaires dont le silence favorise les profondes pensées des Brames. Là, il apprit d’eux, autant qu’il lui fut possible, les rites purs des sacrifices, les causes du mouvement des astres et de l’Univers, dont ensuite il communiqua une partie aux mages. Ceux-ci se sont transmis ces secrets de père en fils, avec la science de prédire l’avenir ; et c’est depuis lui (Hystasp) que dans une longue suite de siècles jusqu’à ce jour, cette foule de mages composant une seule et même race (ou caste), a été consacrée au service des temples et au culte des dieux.

Ce passage nous indique clairement une réforme ou, une innovation introduite par Hystasp dans la religion de Zoroastre. Quel fut, cet Hystasp ? Ammien Marcellin dit que ce fut le père du roi Darius ; mais Agathias, auteur instruit, dit que cela n’était point clair chez les Perses : et Hérodote, presque contemporain de Darius, atteste que ce prince, promu à la royauté par l’élection, était le fils d’un simple particulier ou seigneur persan. N’est-il pas à croire que le roi Hystasp est Darius lui-même, appelé par abréviation, du nom de son père Hystasp ? L’innovation indiquée lui conviendrait par bien des raisons : lorsqu’il fut élu roi, les mages de Zoroastre subirent un massacre général dans tout l’empire perse, en vengeance de la tromperie du mage Smerdis, usurpateur du trône de Cambyse. Darius, qui organisa le gouvernement, jusqu’alors purement militaire, qui partagea l’empire en vingt satrapies, qui fit battre une monnaie générale et régla les tributs de chaque peuple, qui établit une police et des lois, porta sûrement son attention sur le culte qui n’avait plus de ministres et qui partageait leur discrédit ; il voulut, comme tous les rois, donner cet appui à son trône : Hérodote, garant de tous ces détails, nous apprend que la vingtième satrapie, la plus riche de toutes8, était celle des Indiens (des sources de l’Indus ou Pendjab) : n'est-il pas probable que Darius Hystasp visita cette partie de ses sujets, et que le fait cité par Ammien date de cette époque. Ce prince aurait donc alors consulté les Brahmes ou plutôt les Bouddhistes-Samanéens, dont la doctrine était dominante. Or, en examinant la cosmogonie des Bouddhistes réfugiés à Ceylan, telle qu’elle est exposée dans le tome septième des Asiatik researches9, nous trouvons plusieurs traits de ressemblance entre cette cosmogonie d’origine indienne et celle des Perses ; ce qui est surtout frappant, "c’est que des quatre dieux ou anges qui gardent et surveillent les quatre coins du monde, l’un en Parsi, s’appelle Tashter, et en Bali, ou langue sacrée de Ceylan, der Terashtré ; l’île de l’est en Bali, se nomme pouya wevidehé ; et en Parsi l’est se nomme pouroué weedesieh ; l’ouest en Parsi est appelé appéré godamé et en Bali apré godami : le nord, en Parsi, outourou kourou offre, le même mot outourou, que les Indiens appliquent au pôle du sud, par une transposition dont on trouve un autre exemple entre les Ceylanais et les Birmans.

Maintenant, s’il existe une analogie marquée entre les Bouddhistes et les Parsis, quant au système cosmogonique, n’est-il pas à croire, que la cause de cette analogie se trouve dans la réforme ou innovation de Darius Hystasp, qui rapporta de l’Inde ces idées qu’il communiqua aux mages, dont il fit une création nouvelle. Alors le Boun Dehesch aura été composé après cette époque, et probablement peu après la ruine de l’empire perse par Alexandre, lorsque les livres sacrés devinrent plus rares par les troubles et les incendiés des guerres. D’autre part, les Brahmes et les Bouddhistes s'accordent à dire qu’ils ne sont point indigènes de l’Indostan ; qu’ils sont originaires du nord, et leur figure ovale porte le caractère scythe : leur berceau ancien et premier aurait-il été par les 49 degrés 20 minutes de latitude, et aurait-il existé là très anciennement un peuple policé, auteur de l'observation, citée ? L’illustre Bailly, dans son Astronomie ancienne, a cité beaucoup de faits à l’appui de cette opinion ; son émule, Lalande, qui ne fut point versé en littérature ancienne, a voulu beaucoup la déprécier, mais si quelque jour un homme doué de talent réunit aux connaissances astronomiques l’érudition de l’antiquité que l’on en sépare trop, cet homme apprendra à son siècle bien des choses que la vanité du nôtre ne soupçonne pas. Revenons à notre cosmogonie juive, et à nos douze mille ans étrusques et parsis.

Astronomiquement parlant, il n’existe point de périodes de 12.000 ans, c’est-à-dire que ce nombre ne convient à aucune révolution simple ou compliquée d’astres ou de planètes. Pourquoi donc se trouve-t-il employé en ce sens par les anciens ? Ceci est encore un logogriphe astrologique dont il faut demander la solution aux adeptes de la science secrète. Cette solution nous est donnée par l’ingénieux et savant Dupuis, dans son Mémoire sur les grands Cycles ou Périodes de restitution. En comparant avec attention diverses périodes des Indiens et des Chaldéens, dit-il en substance, l’on s'aperçoit que leur composition est due à une addition ou soustraction croissante ou décroissante d’un premier nombre élémentaire qui suit l’ordre arithmétique direct 1, 2, 3, 4, ou l’ordre inverse 4, 3, 2, 1 ; c’est ce que démontre l’analyse

1° L’Ezour-Vedam rapporte une tradition indienne10 d’après laquelle les quatre âges du monde, ont eu la durée suivante : savoir,

Le premier âge : 4.000 ans.

Le second : 3.000

Le troisième : 2.000

Le quatrième :1.000

Otez les zéros, vous aurez 4, 3, 2, 1.

Le Baga-Vedam, autre livre sacré indou, cite une tradition d’une autre source ; il dit que, selon les anciens, le premier âge du monde

dura : 4.800 ans.

Le second : 3.600

Le troisième : 2.400

Le quatrième, où nous sommes, doit durer : 1.200

TOTAL  : 12.000

Voilà encore l’ordre 4, 3, 2, 1, dans les premiers chiffres ; et il se retrouve le même, quoique double, dans les seconds, 8, 6, 4, 2. De plus, prenez pour élément le nombre le plus simple 1.200, élevé à 2 ou à son double, vous avez 2.400 ; à son triple (3) 3.600 ; à son quadruple (4) 4.800, et la somme des quatre est 12.000. Les mystiques indiens ont figuré ce système par une vache dont les quatre pieds représentent les quatre âges du monde. Au premier âge, la vache se tenait sur ses quatre jambes ; au second sur 3 ; au troisième sur 2 ; au quatrième, sur 1. Toujours 1, 2, 3, 4, ou 4, 3, 2, 1. Ce n’est pas tout ; ces mêmes Indiens, dans d’autres livres plus savants11, ayant établi la durée totale du monde à 4.320.000 ans,

disent que le premier âge a duré : 1.728.000 ans.

Le second : 1.296.000

Le troisième : 864.000

Le quatrième : 432.000

TOTAL  : 4.320.000

Voilà une grande différence de nombre, et cependant l’ordre de composition et de décomposition est le même, car prenant pour élément le plus petit nombre 432.000 = 1 ans. Nous avons, en l’élevant à 2

son double....    : 864.000 = 2

En l’élevant à 3, son triple.       : 1.296.000 = 3

En l’élevant à son quadruple    : 1.728.000 = 4

TOTAL  : 4.320.000.

D’autre part, les Indiens disent qu’une année des dieux se compose de 360 années des hommes : les 4.320.000 étant des années de cette dernière espèce, divisons cette somme par 360, qui est le dénominateur des années divines ; le quotient qui vient est la période 12.000 ; n’est-il pas singulier de voir les calculs indiens prendre leurs éléments chez les Perses et chez les Étruriens ?

En outre, dans la période indienne nous avons pour élément premier la fameuse période chaldaïque de Bérose, 432.000 ans.

Maintenant, pour la composer suivons l’ordre arithmétique 1, 2, 3, 4 jusqu’à 8, en prenant comme élément premier la période

Etrusco-Perse  : 12.000 ans,

nous aurons, pour second degré : 24.000

Pour troisième  : 36.000

Pour quatrième : 48.000

Pour cinquième : 60.000

Pour sixième : 72.000

Pour septième  : 84.000

Pour huitième : 96.000

Pour total de toutes ces sommes : 432.000

Il n’est pas besoin de raisonner longuement sur cet exposé, que nous avons beaucoup abrégé ; le lecteur en voit facilement découler plusieurs conséquences.

1° Il est clair que toutes ces périodes sont des combinaisons mathématiques plus ou moins fictives et arbitraires, imaginées par les anciens pour faciliter leurs opérations d’astrologie plutôt que de véritable astronomie.

2° Il est sensible, que ces périodes qui, quoique éparses chez divers peuples à diverses époques, s’amalgament si parfaitement quand on les rassemblé, appartiennent à un seul et même corps de doctrine dont l’origine remonte à une très haute antiquité, et dont le foyer semble se placer de préférence chez les Égyptiens et les Chaldéens.

3° Enfin il nous semble également démontré que toutes ces idées, tous ces systèmes de création, de durée, de destruction et d’âges du monde ont eu leurs types primitifs dans les idées simples et naturelles d’un système originel dont les figures hiéroglyphiques mal interprétées, dont les termes équivoques mal compris, sont devenus une cause de désordre moral et métaphysique. Ainsi les 4 âges du monde, si célèbres dans l’Inde et la Grèce , quoique aucun mortel n’en pût avoir de notion, ces 4 âges n’ont point d’autre origine, d’autre type que les 4 saisons de l’année, ce grand cercle monde dont une révolution commence et finit toutes les opérations de la nature. La création n’est autre chose que la production nouvelle, que le mouvement, de vie spontané qui, chaque année, au printemps, a lieu dans tout le système des végétaux et des animaux. Ce printemps, saison de feuilles, de fleurs et de pâturages, d’abondance, de lumière et de chaleur, fut l’âge d’or, parce qu’il est sous l’influence du soleil, qui dans l’alchimie et l’astrologie a l’or pour emblème ; l’été, l’âge d’argent, parce que ses nuits longues et sereines sont sous l’empire de la lune, à l’emblème d’argent : Vénus au blason de cuivre, Mars an blason de fer, présidèrent à l’automne et à l’hiver ; et voilà l’ordre figuré sur lequel les moralistes bâtirent leurs systèmes de bonheur originel, de vertu première, de dégradation postérieure et successive, de vice et de malheur final, punis par une destruction à laquelle ils ne manquent jamais de faire succéder une nouvelle organisation calquée sur celle du monde ou cercle zodiacal. Voilà les bases de cette doctrine qui, professée d’abord secrètement dans les mystères d’Isis, de Cérès et de Mithra, etc., se répandit ensuite avec éclat dans toute l’Asie, et qui a fini par envahir toute la terre. Mais il est temps de clore cet article, et cependant ne passons point sous silence la différence apparente ou réelle qui existe entre la Genèse et Bérose au sujet de la création. Il est fâcheux que le récit de cet écrivain ne nous soit parvenu qu'après avoir été copié d’abord par Alexandre Polyhistor qui a pu y faire quelque changement, puis retouché par le Syncelle qui l’abrége et le censure selon ses idées, de manière qu’il y a plusieurs voiles entre nous et le texte originel et primitif des traditions chaldéennes traduites en grec et commentées par Bérose.

Selon cet historien, dans le fragment qui nous est transmis12, : l’on avait conservé avec beaucoup de soin à Babylone, des archives ou registres contenant l’histoire de 15 myriades d’années et traitant du ciel, de la mer, de l’origine des choses, puis des (X) rois et de leurs, actions, etc. Bérose décrit d’abord l’état physique du pays de Babylone, ses productions, ses limites, sa population... Dans le principe, les hommes vivaient à la manière des brutes, sans mœurs et sans lois, lorsque de la Mer Érythrée (golfe persique), sur la plage chaldéenne, sortit un animal ayant la forme d’un poisson selon Apollodore, portant sous sa tête de poisson une autre tête et des pieds d’homme attachés près sa queue de poisson ; cet animal, appelé Oan, avait la voix et le langage des hommes, et l’on conserve encore (à Babylone) son effigie peinte. Cet être qui ne mangeait point, venait de temps à autre se montrer aux hommes, pour leur enseigner tout ce qui est utile, les arts mécaniques, les lettres, les sciences, la construction des villes et des temples, la confection des lois, la géométrie, l’agriculture, et tout ce qui rend une société policée et heureuse. Depuis cette époque l’on n’en a plus ouï parler. Cet animal Oan, au coucher du soleil, descendait dans la mer, et passait la nuit sous l’eau ou près de l’eau : par la suite, d’autres animaux semblables à lui se montrèrent aussi. Il avait écrit un livre qu’il laissa aux hommes, sur l’origine des choses et, sur l’art de conduire la vie. Un temps exista où tout était eau et ténèbres contenant des êtres inanimés informes, qui (ensuite) reçurent la vie et la lumière sous diverses formes et espèces étranges c’étaient des corps humains ; les uns à 2, les autres à 4 ailes d’oiseau avec 2 visages ; ceux-ci, sur un seul corps, portaient une tête d’homme et une tête de femme avec l’un et l’autre sexe ; ceux-là avaient des jambes et des cornes de chèvre ; d’autres, tantôt la tête, tantôt la croupe d’un cheval : il y avait aussi des taureaux à tête d’homme et une foule d’autres combinaisons bizarres de têtes, de corps, de queues de divers animaux, tels que les chiens, les chevaux, les poissons, les serpents, les reptiles, dont les figures se voient encore peintes dans le temple de Bel. Une femme nommée Omoroka présidait à toutes ces choses : ce mot chaldéen signifie en grec la mer et désigne la lune. Or Belus, divisant cette femme en deux moitiés, de l’une fit la terre, et de l’autre le ciel, d’où s’ensuivit la mort des animaux. Bérose observe que ceci est une manière figurée d’exprimer la formation du monde et des êtres animés avec une matière humide. Le dieu Bel ayant enlevé la tête de cette femme, d’autres dieux (Elahim) mêlèrent à la terre son corps qui était tombé, et dont furent formés les hommes ; c’est par cette raison qu'ils sont doués de l’intelligence divine. En outre le dieu Bel, qui est Youpiter, ayant partagé les ténèbres en deux moitiés, sépara le ciel de la terre, établit le monde dans l’ordre où il est, ci les animaux qui ne purent soutenir la lumière, disparurent. Bel, qui vit que la terre était déserte quoique fertile, ordonna aux autres dieux de se couper chacun la tête, de mêler leur sang à la terre, et d’en former des êtres qui supportassent l’air ; enfin Bel lui-même fit les astres, le soleil, la lune et les 5 autres planètes. Voilà ce que Polyhistor raconte en son livre 1er, d’après Bérose.

Ces récits, pris à la lettre, seraient, trop choquants, trop absurdes ; aussi le prêtre Bérose nous observe-t-il qu’il y faut voir une expression figurée des opérations de la nature ; et l’étude de l’histoire ancienne et moderne, en nous montrant, chez des peuples divers, tels que les Égyptiens, les Indiens, les Chaldéens, les Chinois, les Mexicains, etc. des systèmes entiers de figures monstrueuses du même genre que celles-ci, nous apprend que cette manière de peindre et de rendre sensibles à la vue les attributs et les rapports abstraits des corps, est la première opération dont s’avise l'entendement humain ; c’est cette écriture, dite hiéroglyphique, qui partout a précédé l’écriture dite alphabétique, née ensuite d’une abstraction et d’une observation comparée beaucoup plus subtile et raffinée. Dans le prétendu monstre Oan, la tête d’homme désigne l’intelligence, le raisonnement, tandis que la forme de poisson désigne l’habitude ou la nature aquatique combinées pour exprimer les effets et l’action de la constellation appelée poisson austral : l’étoile principale de cette constellation avait le mérite de mesurer exactement la plus courte nuit de l’année, en se levant le jour du solstice d’été, au moment où se couchait le soleil, et en se couchant au moment où il se levait : par cette raison, elle joua un rôle important en Égypte, où elle annonçait l’inondation, et en Chaldée, ainsi qu’en Syrie, où elle servait à régler l’époque de certains travaux agricoles, et à conjecturer certains accidents de la saison ou du climat. C’est le Dagon des Philistins13. Avec cette clef, l’on explique toutes les autres figures d’animaux monstrueux. On leur donnait des ailes pour désigner leur nature aérienne, des sexes, pour exprimer leur nature passive ou active ; des têtes de chien, pour exprimer leur propriété d’avertir comme l’animal qui aboie : tous étaient des symboles d’astres ou de constellations ; et voilà pourquoi leurs images étaient peintes sur les murs du temple de Bel, comme d’autres semblables l’étaient dans l’autre des Nymphes, dans la caverne de Zoroastre et dans tous les temples des dieux égyptiens où on les retrouve. Voilà aussi pourquoi l’auteur juif de la Genèse , ennemi des idoles, a répudié cette partie de la cosmogonie chaldéenne ; mais l’emprunt qu’il a fait des autres parties se retrouve dans plusieurs phrases de la formation ou création de l’univers par Bel. Un temps exista où tout était eau et ténèbres. Et Dieu, partagea les ténèbres en 2 moitiés, sépara le ciel de la terre, fit les astres, le soleil, la lune, etc. Toutes ces phrases, qui ne sont que des extraits peu fidèles du texte chaldéen, ont cependant une analogie marquée avec le texte de la Genèse ; dans Bérose, les dieux Elahim forment l’homme et lui donnent l’intelligence divine. Dans la Genèse les dieux disent : faisons l’homme à notre image ; par le mot notre, ils s’avouent plusieurs. Bel était le grand dieu, Elah-Adkbar : eux étaient les dieux Kabirim, ces douze grands dieux Cabires, adorés des Grecs.

Dieu Elahim fit le vide au ciel et au milieu des eaux.... Ce mot vide en hébreu est Râqia (ou Rakia) ; en chaldéen, om-o-raka signifie littéralement mère du vide ; c’est-à-dire l’espace sans bornes que le vulgaire, trompé par le mot mère, à pris pour une femme. Le sens vrai est que Bel partagea le vide en deux moitiés ; dont la supérieure fut le ciel ; l’inférieure fut la terre, et c’est littéralement le sens de l’hébreu, Dieu fit le vide (Râqia) au milieu des eaux ; et il donna le nom de ciel aux eaux de dessus, et les eaux d’au-dessous furent la mer et la terre. Dans la cosmogonie des Bouddhistes du Tibet, qui, comme nous l’avons déjà dit, paraît venir de l’école chaldéenne, le ciel n’a pas d’autre nom que le vide, l’immensité (om-oraka) ; et un vent impétueux, excité par le destin sur les eaux, fût le premier signe de la création de l’univers14. Dans la Genèse , ce qu’on traduit l'esprit de Dieu, n’est littéralement que le vent de Dieu s’agitant sur les eaux. Ce vent, premier moteur, ou premier mû, se retrouve dans la cosmogonie phénicienne, où nous lisons que le vent Kolpia eut pour femme Bâau, c’est-à-dire la nuit, l’obscurité ténébreuse.... Ce terme Bâau, dans la Genèse, est l’épithète de la terre informe, qui d’abord fut Tohou, Bahou, traduit par la version grecque et par Josèphe, invisible, ténébreuse. Les hébraïsants se fondant sur l’arabe, interprètent Bahou, par le vide immense ; et alors c’est la femme Om-o-raka du chaldéen. De ce vent Kolpia, premier moteur, comme le cœur (qui en arabe se dit aussi qolb et qalb), naissent Aïon et premier-né. En sanscrit adima signifie premier, et dans l’hébreu, Adam est le premier-né.

Ainsi à chaque instant, à chaque pas, nous trouvons de nouvelles preuves de notre proposition première et fondamentale, savoir, que la Genèse n’est point un livre particulier aux Juifs, mais un monument originairement et presque entièrement chaldéen, auquel le grand-prêtre Helqiah se contenta de faire quelques changements dictés par l’esprit de sa nation et adaptés au but qu’il se proposa.

Désormais le lecteur sait que penser de ces créations du monde, que l’on nous raconte comme s’il y eût eu des témoins à en dresser procès-verbal : il voit à quoi se réduisent ces prétendues chronologies qui tronquent l’histoire des nations, et restreignent la formation, les progrès, la succession de toutes les institutions, de toutes les inventions humaines, y compris le langage et l’écriture, à un petit nombre d'années, incompatible avec la nature de l’entendement et avec le témoignage des monuments subsistants.

16ème partie Le système géographique des Hébreux 1

Notes

7 Ce mot signifie, dit-il, racine donnée ou donné par la racine, c’est-à-dire origine, Genèse des choses.

8 Hérodote, liv. III, § XCIV.

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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