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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 19:37

Nous posons là un article racontant l'histoire... lire l'avis de Sedir sur le sujet...

La Rose-Croix : tout est dans le secret

Par Jean-Pierre Bayard



Dans la période troublée qui suit les guerres de Religion apparaît en Allemagne un mouvement initiatique qui va faire des émules. Avides de réponses, les gens se tournent vers l'ésotérisme. C'est ainsi qu'une supercherie estudiantine finit par devenir un mythe.

En ce brûlant été 1623, les Parisiens découvrent, placardés aux carrefours, d'étranges billets écrits à la main : « Nous, députés du collège principal des frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tournent les coeurs des justes. Nous montrons et enseignons, sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d'erreur de mort... » Les badauds, ne sachant lire, ne réagissent pas, mais le clergé soupçonne une action improvisée des huguenots qui se réfèrent au Très-Haut mais n'évoquent ni Jésus, ni la Vierge, ni les saints.

De nouvelles affiches sont apposées : « Nous, députés du collège de Rose-Croix, donnons avis à tous ceux qui désireront entrer en notre Société et Congrégation de les enseigner en parfaite connaissance du Très-Haut de la part duquel nous ferons aujourd'hui assemblée et les rendrons comme nous de visibles invisibles et d'invisibles visibles et serons transportés par tous les pays étrangers où leur désir les portera. Mais pour parvenir à la connaissance de ces merveilles, nous avertissons le lecteur que nous connaissons ses pensées et que, si volonté le prend de nous voir par curiosité seulement, il ne communiquera jamais avec nous, mais si la volonté le porte réellement de s'inscrire sur les registres de notre confraternité, nous qui jugeons les pensées, nous lui ferons voir la vérité de nos promesses tellement que nous ne mettons point le lieu de notre demeure puisque les pensées, jointes à la volonté réelle du lecteur, seront capables de nous faire connaître à lui, et lui à nous. »

Chacun s'interroge. A la demande de Louis XIII, Gabriel Naudé, le curieux bibliothécaire de Mazarin, enquête et publie en 1623, son érudite et picaresque Instruction à la France sur la vérité des frères de la Roze-Croix dans laquelle il conclut : « Les frères de la Roze-Croix s'engageaient totalement à exercer gratuitement la médecine, à se réunir une fois chaque année, à tenir leurs assemblées secrètes. Ils prétendaient que la doctrine de leur maître était la plus sublime qu'on pût imaginer : qu'ils étaient pieux et sages au suprême degré ; qu'ils connaissaient par révélation ceux qui étaient dignes d'être de leur compagnie ; qu'ils pouvaient attirer à eux, par la seule vertu de leurs chants, les perles et les pierres précieuses ; qu'ils confessaient que le pape est l'Antéchrist ; qu'ils reconnaissaient pour leur chef et pour celui de tous les chrétiens l'empereur des Romains et qu'ils lui fourniraient plus d'or et d'argent que le roi d'Espagne n'en tirait du revenu des Indes, attendu que leurs trésors ne pouvaient jamais être épuisés... » Mais qui sont donc ces frères ?

Quelques années auparavant, deux opuscules anonymes paraissent en Allemagne, à Kassel, chez l'éditeur Wessen, révélant l'existence de la Fraternité rosicrucienne. Le premier manifeste, la Fama Fraternitatis, adressé à tous les savants et chefs de l'Europe, paraît en 1614. Cette satire des réformes sociales et morales combat le catholicisme, le pape, les jésuites, les faiseurs d'or ; l'on décrit la vie allégorique d'un certain frère C. R., Christian Rosenkreutz (Rosecroix en français). La Bible y est comparée aux enseignements de Platon, d'Aristote et de Pythagore. Le second manifeste, édité en 1615, porte le titre de Confessio Fraternitatis : il s'agit de préparer l'humanité à l'avènement du Saint-Esprit. On y évoque une écriture magique et secrète, un langage adamique (propre à Adam), l'astrologie ; on y rejette le système de Ptolémée. Enfin, en 1616, l'éditeur Zetzner, à Strasbourg, publie, toujours sans nom d'auteur, Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz, le périple initiatique d'un homme de quatre-vingt-un ans qui débute le vendredi saint de l'année 1459 : des noces alchimiques qui par leur symbolisme montrent la lente aspiration de l'âme vers Dieu. Le style de ce récit allégorique diffère de celui des deux précédents manifestes. Cette oeuvre chatoyante aux symboles alchimiques et initiatiques serait l'oeuvre de Johann Valentin Andreae (1586-1654), petit-fils de Jakob Andreae qui, avec son ami Luther (1483-1546), avaient marqué leur rupture avec l'Eglise. On sait aujourd'hui que Johann Valentin appartenait au « cercle de Tübingen », un groupe d'étudiants allemands luthériens qui partageaient avec l'aïeul les espoirs d'une « réformation universelle ».

Dès leur publication, ces écrits, qui participent au fondement de la doctrine humaniste des Rose-Croix, déchaînent les passions : certains y voient une véritable révélation, d'autres une mystification. Les plus convaincus prêchent la réforme ; les plus virulents accusent les rosicruciens de sorcellerie. Les idées de cette mystérieuse confrérie gagnent la France, par l'intermédiaire de René Descartes (1596-1650), puis l'Angleterre protestante et plus particulièrement l'université d'Oxford. Robert Fludd (1574-1637), médecin et hermétiste, tout en affirmant ne pas appartenir à cette fraternité, constitue une loge rosicrucienne. Thomas Vaughan (1622-1666), sous le pseudonyme d'Eugène Philalèthe, traduit en 1652 la Fama et la Confessio, publie divers ouvrages sur la Rose-Croix. Elie Ashmole (1617-1692), alchimiste, rosicrucien, maçon en 1646, concourt à ce courant de « réforme générale » en établissant une Maison de Salomon ; il anime, en 1669, l'Invisible College d'Oxford. Enfin, l'influence de la Rose-Croix sur l'entourage proche (les pasteurs Anderson et Désaguliers) du physicien anglais Isaac Newton (1642-1727), pratiquant la magie et l'alchimie, est une certitude dans la transformation de la maçonnerie opérative (celle des bâtisseurs de cathédrales) en maçonnerie spéculative (lire p. 36).

En 1714, un Silésien nommé Samuel Richter - il préfère se faire appeler Sincerus Renatus, c'est-à-dire le « régénéré » - publie à Breslau, dans un but purement ludique, les règlements d'une prétendue société secrète : la Rose-Croix d'or. Cette fraternité fera de nouveaux émules, jusque vers 1755, dans la franc-maçonnerie prussienne.

La France est touchée à son tour. Le vicomte Charles-Edouard de Lapasse (1792-1867), un alchimiste toulousain soi-disant disciple de Cagliostro, aurait fondé à Toulouse, vers 1850, l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix. Une trentaine d'années plus tard, quelques esprits éclairés, philosophes, médecins, artistes, fort connus, dont le marquis Stanislas de Guaita (1861-1897) et Joséphin Péladan (1858-1918), journaliste dans la sphère artistique, relancent ce groupe en 1888, dans le milieu parisien. Mais ce dernier, jugeant ce cercle trop bouddhiste et peu catholique, démissionne pour créer, en 1890, l'Ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal, « une confrérie de charité intellectuelle, consacré à l'accomplissement des oeuvres de miséricorde selon le Saint-Esprit, dont il s'efforce d'augmenter la Gloire et de préparer le Règne ». Les deux groupes se combattent par « mandements » interposés publiés dans la presse, divertissant ainsi le public qui baptise cette querelle « la guerre des deux Roses ».

De nombreuses sociétés se considèrent aujourd'hui comme les héritières de cette confrérie du XVIIe siècle, dont, entre autres, le Cénacle de la Rose-Croix (CR + C), l'Ecole spirituelle de la Rose-Croix d'Or, la Confrérie de Crotone de l'ordre rosicrucien, l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (l'Amorc). Cette dernière, une association américaine, est « réveillée » par un certain Harvey Spencer Lewis (1883-1939), après un voyage initiatique à Toulouse en 1909. Annonçant près de 250 000 membres dans le monde, dont 25 000 dans la juridiction française (France, Suisse, Belgique, Québec, Afrique francophone), cette fraternité se réclame d'une origine très lointaine, puisqu'elle remonterait à 1350 avant notre ère, sous le règne du pharaon Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhenaton.

L'Amorc délivre son enseignement au long d'un parcours découpé en douze degrés. A chaque étape une initiation personnelle est faite dans un « sanctuaire sacré », la loge, ou au domicile de l'impétrant, à l'aide d'un miroir et de devoirs écrits. L'accent est mis sur l'étude de thèmes philosophiques ou mystiques : origine de l'univers, structure de la matière, concepts du temps et de l'espace, mystère de la mort, de l'après-vie et de la réincarnation, etc. On y développe également l'apprentissage de techniques de relaxation, concentration et méditation ; rituels et décors rappellent ceux de la franc-maçonnerie. Mais ce mouvement philosophique, qui se définit comme « initiatique et traditionnel mondial, non religieux, non sectaire et apolitique, ouvert aux hommes et aux femmes, sans distinction de race, de religion ou de position sociale », est considéré par le rapport parlementaire de 1999 comme une secte, en France, ce que conteste bien sûr le grand maître de l'Amorc.


Docteur ès lettres, spécialiste du monde secret, ésotérique et légendaire, Jean-Pierre Bayard est l'auteur de nombreux ouvrages dont Les Sociétés secrètes et les Sectes (éditions Philippe Lebaud, 1997), La Spiritualité de la Rose-Croix (Dangles, 1990).

La symbolique

Croix dorée ayant en son centre une rose rouge. La croix représente le corps de l'homme, la rose son âme. L'union entre la rose et la croix peut avoir plusieurs explications. Pour certains, il s'agit d'un symbole venu d'Angleterre représentant la rose de la dynastie régnante mariée à la croix de saint Georges, patron de la chevalerie. Pour d'autres, il s'agit d'une transformation du blason de la famille Andreae : la croix de saint André ornée de quatre roses rouges, un hommage à Luther dont les armoiries représentaient une rose rouge et une croix.

Repères

1614
Publication de la Fama Fraternitatis à Kassel, en Allemagne.
1615
Parution du second manifeste, la Confessio Fraternitatis .
1616
Publication des Noces chymiques de Christian Rosenkreutz à Strasbourg.
1623
Enquête sur les Rose-Croix à la demande de Louis XIII.

Repères

1714
Samuel Richter crée un ordre : la Rose-Croix d'or.
1850
Charles-Edouard de Lapasse fonde l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
1890
Création de l'Ordre de la Rose-Croix catholique.
1915
Fondation de l'Amorc aux Etats-Unis par H. Spencer Lewis.

En complément

Les Rose-Croix , de Serge Toussaint (Lanore, 2007).
Les Rose-Croix , de Roland Edighoffer (Que sais-je ? 2005).
L'Utopie rose-croix , de Robert Vanloo (Dervy, 2001).
La Bible des Rose-Croix , de Bernard Gorceix (PUF, 1970).

Sources
Historia

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans ROSE-CROIX
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commentaires

broh estelle paule 21/10/2008 11:50

bonjour à vous !! pour moi la rose croix permert d evoluer spirutuelement et physquement j aime la rose croix et j aimerais ajouter encore que par manque de moyen je ne peux pas entrer a la rose croix les livres sont tres chère moi je suis une eleve je ne travaille pas .je vous remercie bisous.

merlin 22/04/2008 13:49

Bonjour,  Pour complêter l"histore de la Rose+Croix, il serait intéressant d'y ajouter le SETI http://www.crc-rose-croix.org/Cordialementlaurent