Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 23:02

 

 

 

Le sabbat : banquet du cercle des damnés

Tableau de Ciruelo Cabral



Les sorciers et sorcières ayant fait allégeance au diable ont pour obligation, en gage de leur foi, de se rendre régulièrement à cette réunion satanique attestée dès le XIVe siècle.

Le terme de « sabbat », assimilé tardivement et abusivement au jour de repos des juifs, dériverait en réalité du sabat des vaudois, secte hérétique condamnée par l'Eglise au XIIe siècle et dont les membres étaient chaussés de sabots, ou sabats. Cette sorte de messe inversée, se tient toujours de nuit, le vendredi, jour consacré à Vénus, déesse de l'amour et des excès de la chair. Pour s'y rendre, les sorcières se dévêtent entièrement et oignent leur corps d'un onguent magique composé d'un mélange de plantes : l'aconit (gueule de loup), la jusquiame, la belladone, la mandragore, la ciguë et le nénuphar, le tout mêlé à de la graisse d'enfants morts sans baptême. Cet onguent, au fort pouvoir hallucinogène, prépare la sorcière au « vol magique » qui l'entraîne vers le lieu du sabbat en un clin d'oeil.

La sorcière sort de sa maison par un conduit étroit, généralement la cheminée, et s'envole à cheval sur un bâton, un balai en bois de genêt ou bien un animal (chat, âne ou chèvre). Si la sorcière se rend au sabbat en corps et en esprit, elle le fait le plus souvent en se dédoublant. C'est ainsi qu'elle peut assister aux réunions de sorciers sans bouger de chez elle, comme le précise Jean Bodin : « Les sorcières sont transportées souvent en corps et souvent aussi ravies en extase, étant l'âme séparée du corps par moyens diaboliques, demeurant le corps insensible et stupide. »

Le canon Episcopi , antérieur au Xe siècle, mais dont le contenu fit autorité jusqu'au XVIe siècle, confirme l'existence du vol magique. Ce texte, destiné aux évêques, rappelle que certaines femmes affirment avoir le pouvoir, la nuit, de parcourir de grands espaces dans les airs, sur des bêtes enchantées, accompagnées de Diane et d'Hérodiade. Dans son recueil de pénitentiels en vingt livres, publié vers 1012-1022, Burchard, évêque de Worms, revient sur cette croyance, bien ancrée dans les superstitions populaires : « Crois-tu ce que beaucoup de femmes croient, à savoir que, dans le silence de la nuit, après t'être couchée dans ton lit et ton mari reposant sur ton sein, tu peux sortir, corporellement, toutes portes closes, traverser des étendues de pays avec d'autres femmes trompées par la même erreur, faire périr, sans arme visible, des hommes baptisés, manger leur chair après l'avoir cuite, leur mettre à la place du coeur de la paille ou du bois ou quelque chose d'analogue et les faire revivre ? Si tu l'as cru, quarante jours au pain et à l'eau avec sept années de pénitence. »

Le sabbat se tient près d'un carrefour, dans le voisinage d'une croix ou d'un cimetière, à côté d'un gibet ou d'un arbre mort, ou bien au sommet d'une montagne comme le puy de Dôme, en Auvergne. Il commence par un banquet rituel au cours duquel sorciers et sorcières sont servis par des démons (3). Mais les mets sont insipides et il manque tantôt les tables, tantôt les chaises. Il arrive que les sorcières fournissent aux démons des nourrissons morts ou vifs, afin qu'ils soient cuits et dévorés par l'assistance (1).

Le sabbat se poursuit par des chants et des danses, tels que les décrit le démonologue Henri Boguet dans son Discours des sorciers (1589) : « Un homme manie un gourdin avec lequel il frappe un chêne qui rend un son et un écho pareils à ceux d'une timbale ou d'un tambour militaire. Le diable chante d'une voix rauque, comme s'il se bouchait le nez, si bien qu'un grondement sourd résonne dans l'espace. Toute la compagnie pousse de conserve des cris, des rugissements [...], des hurlements, comme si tous les participants étaient fous. »

Le diable préside en effet ces obscures réjouissances sous la forme d'un grand bouc noir au regard brillant auquel viennent prêter allégeance tous les participants, qu'il s'agisse des sorciers et sorcières de longue date ou des néophytes qui assistent pour la première fois à cette cérémonie orgiaque (2).

Pour être admis dans le cercle des damnés, ces derniers doivent tout d'abord renier Dieu et abjurer leur baptême, que le bouc satanique efface en leur donnant un coup de griffes aux sourcils ou dans l'oeil gauche. Puis ils sont rebaptisés par le diable avec sa propre urine ou de l'eau sale, et reçoivent un nom nouveau dont le démon porte mention dans son Grand Livre de la Mort. En échange, les sorciers et sorcières nouvellement élus doivent offrir à leur maître un objet personnel : un vêtement ou même l'un de leurs enfants. Ils s'engagent en outre à étrangler pour lui au moins un enfant par mois, à faire tout le mal possible autour d'eux, à recruter de nouveaux disciples, à faire régulièrement des offrandes aux démons, et à s'abstenir de faire le signe de croix - sauf de la main gauche - et d'user de sel, d'eau ou de pain bénits.

Les impétrants reçoivent alors en quelque endroit secret de leur corps la fameuse « marque du diable », signe de leur vassalité démoniaque. Le frère Guazzo explique ainsi que le diable « appose ses marques sur une partie ou une autre de leur corps, de même qu'on marque au fer rouge les esclaves fugitifs. Il ne le fait pas à tous, seulement à ceux dont il pense qu'ils se révéleront inconstants, de préférence aux femmes. Il ne les marque pas non plus toujours au même endroit. » Mais ces marques se trouvent la plupart du temps au fondement des hommes et aux parties honteuses des femmes.

Sorciers et sorcières viennent alors rendre compte de tous les crimes et maléfices dont ils se sont rendus coupables depuis le dernier sabbat. Ceux qui n'ont pas suffisamment fait le mal sont sévèrement châtiés, flagellés et fouettés par les démons. Paraissent alors les crapauds, familiers des sorciers, vêtus de pourpoints en velours vert et de clochettes. Ils dansent pour le diable et se plaignent de leurs maîtres lorsqu'ils n'ont pas été assez bien nourris.

Chaque sorcier et sorcière vient alors à tour de rôle baiser le derrière du diable, avant de se livrer à des orgies sexuelles débridées, chacun s'accouplant avec son prochain sans distinction d'âge, de sexe ou de lien familial. Le diable, de son côté, viole les sorcières et les sodomise à l'aide de son membre froid, long d'une aune, entortillé et sinueux comme un serpent, écailleux et bifide, qui lui permet de pratiquer l'acte de chair « dans les deux vases à la fois ». Les sorcières ainsi violentées précisent que cet accouplement leur est fort douloureux, et que la semence du diable est glacée.

Enfin, au premier chant du coq, lorsque l'aube commence à chasser les ombres de la nuit, ou si par inadvertance un étranger surgit par hasard sur les lieux et prononce le nom de Dieu ou fait le signe de croix, les sortilèges du sabbat s'interrompent brusquement, le diable et ses démons se volatilisent et les sorciers et sorcières regagnent leur logis aussi rapidement qu'ils l'ont quitté.

Le vice comme vertu

Orgiaque et macabre, le sabbat bafoue les rites de la messe catholique. Les bébés n'y sont pas baptisés mais décapités !

Comprendre

Aconit
Plante vénéneuse dont les fleurs ont la foliole supérieure en forme de casque.
Jusquiame
Plante herbacée à fleurs jaunes rayées de pourpre, à propriétés narcotiques et toxiques.
Belladone
Plante toxique à baies noires, contenant un alcaloïde, l'atropine, utilisé en médecine.
Mandragore
Plante au pouvoir anesthésiant qui provoque une dilatation de la pupille. Sa racine passait pour avoir des vertus magiques.
Ciguë
Plante des chemins et des décombres, très toxique.


Sources
Historia

Posté par Adriana Evangelizt

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DIABLE et Diableries
commenter cet article

commentaires