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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 23:54

Une précision qui a son importance s'impose... Ieschoua parlait en araméen car c'était la langue maternelle des juifs de Palestine au 1er siècle après JC. Claude Tresmontant : «Le Seigneur enseignait en langue araméenne lorsqu’il parlait aux hommes, aux femmes et aux enfants de la Judée, de la Galilée, de la Samarie, puisque l’araméen était alors, dans les premières années du 1er siècle de notre ère, la langue populaire, la langue parlée» («Le Christ  Hébreu», page 15). Il parlait cette langue y compris dans les synagogues car l'hébreu n'était pas compris du Peuple. Ce qui prouve donc bien que l'Hébreu a été importé en Palestine mais qu'il n'était pas propre au pays. Ceci a son importance. Une grande importance comme nous vous le démontrerons plus tard. Or justement, pour remédier à ce problème d'incompréhension,  on utilisait dans les synagogues de la Palestine, des commentaires araméens de la Bible. Ce commentaire est appelé «targûm». Lire ICI...

«L’héb. et l’aram. targûm, littéralement «traduction», «interprétation», désigne une version araméenne de l’Ancien Testament à l’usage des synagogues. Dès une époque pré-chrétienne, le besoin fut ressenti dans des synagogues de Palestine de faire suivre la lecture hébraïque de l’Ecriture de son targum, traduction – interprétation orale en araméen destinée à rendre plus accessible aux auditeurs la parole écrite. Le meturgeman, «targumiste», «interprète», traduisait dans la langue du peuple le texte sacré, tout en incluant dans la trame de sa version biblique des éléments exégétiques qui devaient orienter la compréhension du texte hébreu proclamé». (Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, page 1311).

Posons nous la question d'où vient l'Hébreu ? S'il n'était pas compris par la population juive vivant en Palestine, c'est que ce n'était donc pas sa langue à la base.

La langue hébraïque de Moïse

 

 

Introduction : Le mystère du Verbe.

Le fait est si banal que personne n'y prête attention, mais les bipèdes que nous sommes sont doués d'une chose extraordinaire : la parole, le Verbe, la capacité d'exprimer à travers des sons et des signes codés, des besoins, des sentiments, des concepts ou des idées représentatifs des plus hautes sphères de la pensée, celles qui permettent d'avancer des éléments de réponse aux questions qui ont toujours hanté l'homme (" qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je ? ") et de satisfaire à l'injonction gravée dans la pierre du frontispice du temple d'Apollon à Delphes: " Connais toi toi-même..et tu connaîtras le monde. "

Cette capacité pour l'homme d'atteindre au langage abstrait, lui permet d'entrer en contact avec le mystère de sa propre origine d'être de chair et d'esprit, avec le mystère de la création, et puisqu'il y a création, avec les arcanes du Principe créateur (Voir à ce propos dans la tradition biblique, Yahweh qui crée avec le Verbe et qui fait l'Homme à son image).

Cet aspect du Verbe dont l'Homme a hérité est peut-être la signification profonde du mythe de l'Humanité d'avant Babel, tel qu'il nous est présenté dans la Bible : les hommes y possèdent tous la même langue, le même potentiel d'accès à la conscience de la Source dont ils émanent. Mais lorsqu'ils oublient cette Source pour ne bâtir que des constructions humaines, aussi illustres et grandioses soient-elles, alors ils ne se comprennent plus et parlent des langues différentes.

En quoi ces considérations concernent-elles le thème de cette étude sur la langue de Moïse?

Eh bien, s'il est une langue au monde qui, à travers les signes qu'elle utilise et la façon dont elle les agence, permet dans sa forme sacrée et originelle d'accéder à cette "conscience de la Source" , c'est bien la langue hébraïque de Moïse et nous allons voir pourquoi.

La place de l'hébreu dans l'histoire linguistique

Parmi les langues qui ont laissé des traces écrites dans l'histoire de l'humanité, les linguistes distinguent trois langues "mères" :
-
le sanscrit, originaire de Birmanie, dont découlent les langues indo-européennes (il s'écrit de gauche à droite et de haut en bas)
-
le chinois, source des langues de l'Extrême Orient (il s'écrit de haut en bas et de droite à gauche)
-
l'hébreu,
issu de l'ancien égyptien, et source de l'arabe (il s'écrit de droite à gauche et de haut en bas)

Notons au passage qu'à ces trois grandes langues correspondent trois grands textes sacrés à la base de trois grands courants spirituels de l'humanité :

- les Védas pour le sanscrit
- le Yi-King pour le chinois
- le Livre de la Loi, ou Sépher de Moïse pour l'hébreu, se composant de cinq parties : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.

Si par ailleurs, la nature du chinois appelle et rend compte du concept de l'idée exprimée en s'adressant surtout à l'oeil qui analyse la forme du signe, le sanscrit lui, par l'adjonction parfois interminable de syllabes construisant les mots, s'adresse à l'oreille. Quand à l'hébreu, il utilise l'oeil et l'oreille.

Toute langue, enfin, quand elle s'élabore, part de la perception des sens, de racines matérielles, concrètes, pour évoluer ensuite vers l'abstraction.

C'est le cas du chinois, qui est parti d'une origine de 200 mots évoqués par la combinaison de signes, et qui maintenant, renforcé, complexifié au cours des âges, est devenu une langue extraordinaire, où la pensée humaine a trouvé les outils de son expression.

Ce fut le cas de l'égyptien antique, hiéroglyphique, langue mère de l'hébreu, qui a évolué jusqu'au sommet de sa courbe à l'époque de Moïse, où il offrait une image symbolique dans chacun de ses mots, mais qui depuis, à la différence du chinois, l'hébreu est retombé aujourd'hui dans l'utilitaire et le matérialisme du quotidien.

TOUT CE QUI Y ETAIT ESPRIT EST DEVENU SUBSTANCE.
TOUT CE QUI Y ETAIT INTELLIGIBLE EST DEVENU SENSIBLE.
TOUT CE QUI Y ETAIT UNIVERSEL EST DEVENU PARTICULIER.

L'évolution de l'hébreu dans le temps.

L'histoire du peuple juif démarre avec Abraham, père d'Isaac (mais aussi d'Ismaël dont descendront les arabes). Nous sommes entre 2000 et 1900 av. J.C. et nous ne disposons pour ce peuple d'aucun document émanant de cette époque, si ce n'est la tradition orale.

Des documents égyptiens mentionnent simplement la petite bourgade de URUSHALIM, la future Jérusalem, évoquant une divinité amorrite Shalem, au pays de Moriah, en Canaan.

En 1580 av. J.C., Joseph, le fils de Jacob, héros du combat avec l'Ange à BethEl (" la demeure des Elohim "), est vendu par ses frères contre un plat de lentilles comme esclave. Il finira grand vizir de Pharaon en Egypte, et convaincra une partie du peuple israélite de s'installer sur les bords du Nil. C'est le début d'une grande aventure. Il restera là 356 ans, jusqu'à ce qu'un certain Moïse, élevé par la fille d'un Pharaon et grand initié du Temple Egyptien, le ramène, en 1180 av. J.C., après 44 ans d'errance, au pays de ses pères.

Les premiers textes hébraïques, le "Sépher" de Moïse, remontent à cette époque. C'est l'idiome pur des prêtres égyptiens, livré par Moïse aux Hébreux, dans toute sa perfection et son accomplissement.

Mais les Hébreux, peuple de nomades rustiques, conserveront mal la pureté du dépôt initial, et leur langue disparaîtra définitivement après leur déportation à Babylone en 721 av. J.C. pour les tribus d'Israël, en 597 av. J.C. pour les tribus de Juda, où ils apprendront en un siècle le syriaque araméen, la langue que Jésus parlera plus tard.

A tel point qu'à partir de cette époque, dans les synagogues, une traduction après chaque verset lu était nécessaire. Plus personne ne comprenait la langue de Moïse comme plus personne aujourd'hui ne comprend le latin dans les églises.

Seuls quelques rabbins initiés, détenteurs de la loi orale, que Moïse avait confiée à un entourage sûr avant sa mort, connaissaient les clés de déchiffrement du texte du Sépher: c'est là l'origine de la Kabbale, étymologiquement: "ce qui vient d'ailleurs".

Les livres qui en constituent le corps, comme le Zohar, le Bahir, les Medrashim, et les deux Gemares, sont des ouvrages capitaux à étudier avec la plus grande attention pour entrer réellement dans l'intelligence du texte de Moïse.

Bref, devant les incertitudes de ces traductions, de violentes disputes aboutirent progressivement, durant les derniers siècles avant J.C. à la constitution de quatre groupes sectaires, à savoir :

- Les Pharisiens (à l'origine des Juifs modernes) se vantant faussement de posséder la loi orale de Moïse (Jésus le leur reproche), admettant le sens spirituel du Sépher, croyant à la providence divine et à l'immortalité de l'âme, mais traitant en allégorie ce qui leur paraissait obscur.

- Les Saduccéens réfutant l'immortalité de l'âme, et n'interprétant les textes qu'au premier degré matériel, comme en lisant un bon roman...

- Les Esséniens plus instruits et moins nombreux, mais semblant avoir conservé la loi orale de Moïse, et adoptant deux approches des textes sacrés:

- exotérique des Sadducéens pour l'extérieur;
- ésotérique, pour le secret du sanctuaire, enseignant que le Sépher "était fait de corps et d'esprit", de sens matériel et de sens spirituel.

Ils se concentrent en Egypte, à Alexandrie, autour du lac et du mont Moriah ("La lumière, le reflet de la splendeur de Yah..." en hébreu), rebaptisant cet endroit du nom de la montagne du Temple de Jérusalem.

- Les Samaritains qui n'ont jamais reconnu les modifications apportées par Esdras à la Bible, et à l'écriture hébraïque après le retour de Babylone.

Enfin, toujours pour le texte de Moïse, deux autres déformations devait encore intervenir avant notre époque: celle des Septantes, pour la traduction en grec, puis celle de Saint Jérôme pour la traduction en latin, malgré ses efforts pour revenir à un texte plus original.


Le texte grec des Septantes

Ptolémée, fondateur de la bibliothèque d'Alexandrie, (Conservateur, Démétrius de Phalère), demande une traduction en grec du Sépher de Moïse au souverain pontife Eléazar.

Les juifs n'aimant pas traduire leurs textes sacrés, transmirent alors à la bibliothèque d'Alexandrie une copie du Sépher de Moïse, traduite par les Esséniens du mont Moriah, mais uniquement dans sa version exotérique, matérielle, corporelle (et non spirituelle) et de plus, à partir de la version samaritaine, jugée non orthodoxe par les juifs réguliers.

" Ainsi, en donnant le corps, ils obéirent à l'autorité civile.
En retenant l'esprit, ils obéirent à leur conscience ".

Cinq interprètes seulement, pour les cinq premiers livres, traduisirent le Sépher de Moïse en grec mêlé d'hébraïsmes, puis les transmirent au Sanhédrin de Jérusalem pour "imprimatur". Ce dernier, composé de 70 membres, est à l'origine de l'appellation connue sous de nom de "version des Septantes".

Telle est l'origine de l'Ancien Testament que nous lisons en français aujourd'hui, une copie en langue grecque d'écritures hébraïques partiales et non orthodoxe puisque d'origine samaritaine, où les formes du Sépher ne sont conservées que dans leur version matérielle.

Ce livre fut alors utilisé dans toutes les synagogues où les juifs parlaient grec, usurpant la Bible véritable en hébreu que personne ne comprenait. Les disciples du Christ citant la Bible grecque, cette version s'imposa, en toute ignorance du texte hébraïque originel (selon Saint Augustin).

Les rabbins initiés, laissant transpirer la loi orale, maudirent cette version, la proclamèrent fausse, pire que le veau d'or, et instituèrent même trois jours de jeûne annuel pour lutter contre cette calamité.

Saint Augustin et Origène notamment, partageaient ce sentiment, constatant que ces "textes bibliques blessaient la piété, attribuaient à Dieu des choses indignes de Lui, absurdes, contradictoires". Ils plaignaient les ignorants séduits par le texte attribuant à Dieu des sentiments/actions "qu'on ne voudrait pas attribuer au plus injuste et au plus barbare des hommes".

Les efforts vains de Saint Jérôme

Saint Jérome sollicité à son tour pour rédiger une version de la Bible en latin, essaie de redresser la barre en demandant à un rabbin de Tibériade, parlant encore l'hébreu ancien, de retraduire la version grecque des Septantes. Mais il abandonne devant les critiques du Pape et le conservatisme déjà en vogue dans l'Eglise de l'époque ; il ne ne fait qu'amender le texte des Septantes.

Comme on l'a vu, l'hébreu d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec l'hébreu de Moïse, et la traduction française des livres de la Loi dont nous disposons ne nous permet pas de nous faire une idée exacte de l'enseignement de Moïse, puisqu'elle ne repose que sur des textes plusieurs fois traduits et déformés, et ne s'appuyant que sur le corps concret du message (les images) et non pas sur son esprit et sa philosophie (les concepts).


Le retour aux sources

Fabre d'Olivet, érudit et linguiste du début du 19ème siècle, a tenté de retrouver les dimensions originelles de la langue hébraïque de Moïse, en s'appuyant sur les traces accessibles auprès de certains rabbins de la tradition orale mosaïque.
En travaillant la kabbale, en étudiant le tracé des caractères, selon les principes hiéroglyphiques de leur formation primitive, il a essayé de reconstituer les éléments de base d'un langage symbolique qui selon son expression,
"pénétre les sanctuaires esséniens, e
n ouvrant l'arche sainte des trésors de la sagesse égyptienne en se méfiant de la doctrine extérieure des juifs".

Il réussit ainsi à proposer une nouvelle grammaire et un nouveau lexique hébraïque, fondamentaux ouvrant des horizons neufs sur les Livres de la Loi, démontrant toute la richesse de l'hébreu traditionnel, dont les mots, soigneusement composés peuvent s'interpréter à trois niveaux, selon que l'on s'intéresse:

- au sens littéral;
- au sens révélé par la symbolique des lettres;
- au sens révélé par la symbolique des nombres, qui composent chaque mot, puisque chaque lettre a son équivalent numérique.

Un siècle plus tard, R.A. Schwaller de Lubicz devait faire le même travail pour l'égyptien hiéroglyphique, en mettant en évidence le même type de grammaire symbolique pour les "médou-nétérou", confirmant ainsi le bien fondé des travaux de Fabre d'Olivet.

A titre indicatif, on peut voir en annexe la correspondance symbolique pouvant exister entre les lettres hébraïques, leur signification et leur valeur numérique.

CONCLUSION.

La rénovation des textes bibliques est à la mode. André Chouraqui a publié une remarquable traduction de certains textes bibliques, tentant d'ouvrir les portes qui permettent une autre lecture que celle faite couramment depuis plus de 2 000 ans.

Si l'on va encore au delà, en se lançant dans ce type de travail pour tenter d'approcher le sens profond du Sepher de Moïse, en appliquant à sa traduction les clés de la symbolique des lettres, telles qu'elles furent mises en évidence par Fabre d'Olivet et d'autres, il semble devenir évident alors, qu'on ne se trouve plus devant une bande dessinée expliquant à partir d'images, la création du monde et de la vie de façon caricaturale, mais devant un véritable livre de physique et de métaphysique, démontrant le haut niveau de science et de conscience qu'avaient pu acquérir Moïse et les prêtres de l'Ancienne Egypte.

RMT NHL

Sources Symbuli

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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