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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 22:30

 

 

Moïse et l'Exode au regard de l'histoire, entre Nil et Jourdain


par
André Lemaire

Directeur d’études à l'Ecole pratique des hautes études

 

 

Moïse fait partie de ces personnages qui ont profondément marqué l'histoire et sont souvent cités, mais dont la véritable personnalité reste très mal connue, même si elle a inspiré des artistes aussi différents que Michel-Ange et Alfred de Vigny. Est-ce à dire que l'historien doit capituler et tomber dans un scepticisme général, évoquant la possibilité d'un mythe sans fondement historique ? Comme pour Bouddha, Jésus ou Mahomet, cette solution de facilité ne serait guère crédible et n'expliquerait rien. Il reste donc à discerner ce qui, dans le flot des traditions mosaïques, remonte probablement au Moïse de l'histoire. Tel est le propos d'André Lemaire qui utilise ici deux critères classiques : l'étude des traditions les plus anciennes et la mise en valeur de celles qui peuvent difficilement avoir été inventées parce qu'elles s'opposent à l'histoire ou à l'idéologie des époques postérieures.

La civilisation occidentale, marquée par la tradition judéo-chrétienne, considère souvent Moïse comme le père du monothéisme, et il couvre de son autorité à la fois le Décalogue et la Loi juive consignée dans les cinq premiers livres de la Bible ou Pentateuque. Comme souvent pour les grands fondateurs, la légende a eu tendance à mettre sous son nom les développements de la tradition postérieure, et il est difficile de discerner le personnage historique sous ses habits de légende…

Le lien de Moïse avec l'Égypte

En ce qui concerne les traditions mosaïques anciennes et leur mise par écrit, il faut souligner le rôle qu'a pu jouer la famille sacerdotale « aaronide » des Élides de Silo, au cœur des collines de la Cisjordanie centrale, qui fut probablement le principal sanctuaire israélite de l'époque pré-monarchique, à la fois centre de pèlerinage (Juges 21, 19 ; 1 Samuel 1, 3.21) et lieu de conservation de l'« arche » – emblème national des armées israélites au moins dès le XIe siècle av. J.-C. (1 Samuel 4, 3 ss). La présence d'un descendant de cette famille sacerdotale, Ébyatar, auprès de David (1 Samuel 22, 20 ss à 1 Rois 2, 26-27) peut facilement expliquer la mise par écrit des traditions mosaïques anciennes, au moins dès le début du Xe siècle, ainsi que leur diffusion dans l'Israël de l'époque royale.

Le premier fait mis en valeur dans ces traditions anciennes est le lien de Moïse avec l'Égypte et avec un groupe sortant d'Égypte, à l'origine de l'ancien Israël. D'une manière générale, la tradition biblique ancienne rattachant les origines israélites à ce groupe, à côté d'autres, dont un venant du pays araméen et vraisemblablement appelé Benê Jacob, paraît si ferme et tellement en contradiction avec l'idéologie postérieure qu'elle doit avoir un fondement historique. Or cette sortie d'Égypte paraît indissolublement liée à la figure de Moïse, celle d'Aaron ne jouant qu'un rôle secondaire.

Dans ce contexte, on n'est plus étonné que celui que la tradition postérieure considère comme le fondateur du judaïsme porte un nom égyptien. En effet, l'étymologie hébraïque populaire, proposée en Exode 2, 10 (« tiré des eaux ») ne peut cacher le caractère égyptien de ce patronyme. En effet, Moïse, Môseh en hébreu, correspond à un élément, bien connu par les noms de pharaons tels que Ahmosès, Toutmosès, Ramsès… de l'onomastique égyptienne – laquelle s'explique dans un milieu de Sémites/«Asiatiques » installés depuis un certain temps dans le delta oriental, phénomène récurrent dans la longue histoire de l'Égypte. La référence aux constructions des villes de Pitom et de Ramsès (Exode 1, 11), probablement à identifier avec Per-Atum (Tell el-Maskhouta ou Tell el-Retabeh) et avec Pi-Ramsès (Tell ed-Dab‘a/Qantir), précise quelque peu ce cadre géographique et fournit une indication chronologique tout à fait vraisemblable : le début du long règne de Ramsès II (vers 1279-1212 av. J.-C.). Une telle datation peut facilement s'harmoniser avec la présence d'un groupe appelé « Israël » en Cisjordanie centrale, mentionné dans la stèle du pharaon Merneptah à l'occasion d'une campagne en Canaan vers 1210 av. J.-C.

De l'Égypte au pays de Madian

Le nom biblique des parents de Moïse, Amram et Yokèbèd, n'est attesté que dans des généalogies « sacerdotales » assez tardives (Exode 6, 20 ; Nombres 26, 59) ; quant aux traditions bibliques sur la naissance et l'éducation du jeune Moïse à la cour de Pharaon (Exode 1, 1-10), elles présentent divers motifs légendaires que l'on retrouve dans l'épopée de Sargon d'Akkad et que l'on peut rapprocher de ce que l'on savait de la situation des princes levantins à la cour du pharaon au Xe siècle (cf. 1 Rois 11, 14-40). À l'opposé de ces motifs légendaires mettant en valeur Moïse et faisant de lui presque l'égal d'un pharaon, la révolte contre la dureté de la corvée et l'assassinat d'un surveillant égyptien paraissent beaucoup plus vraisemblables (Exode 2, 11-15a), ce qui l'insérerait dans le milieu des « Asiatiques » soumis au travail forcé de la fabrication des briques. De plus, une telle rébellion expliquerait assez bien le séjour de Moïse au pays de Madian pour fuir les poursuites de la police du pharaon.

« Cette tradition madianite est certainement ancienne… elle doit avoir un fondement historique. Si l'on considère l'hostilité envers les Madianites qui transparaît dans les récits de Baal Pe‘or, Nomb., xxx, 6-9, de la guerre sainte contre Madian, Nomb., xxxi, de Gédéon, Jug., vi-viii, la tradition n'a pas inventé que Moïse avait eu une femme madianite, qu'il avait reçu sa révélation en Madian, qu'un Madianite avait participé à l'organisation du peuple » (R. de Vaux, Histoire ancienne d'Israël, I, Paris, 1971, p. 313). En fait, même dans la tradition biblique, Madian semble disparaître de l'histoire dans la première moitié du Xe siècle (cf. 1 Rois 11, 18) et n'est plus, ensuite, qu'une sorte de cliché littéraire. Le mariage du fondateur du judaïsme avec une étrangère madianite peut difficilement avoir été inventé à une époque tardive ! Pas plus que le fait de devenir le gendre d'un prêtre madianite, même s'il y a quelque hésitation sur le nom de ce beau-père : Réouël (Exode 2, 10) ou, plutôt, Yétrô (Exode 3, 1 ; 4, 18 ; 18, 1).

Dans ces conditions, le fait que « Moïse ait fait paître le troupeau de son beau-père Yétrô, prêtre de Madian » (Exode 3, 1) n'a rien de particulièrement glorieux et paraît tout à fait vraisemblable. Or c'est dans ce contexte historique que la tradition biblique place la révélation sur la montagne de Dieu, l'Horeb. La divinité s'y manifeste sous la forme du tétragramme YHWH, prononcé primitivement probablement plutôt Yahwoh que Yahwéh, et assigne comme mission à Moïse de faire sortir les Hébreux d'Égypte et d'aller, à trois jours de marche dans le désert, sacrifier à son nom (Exode 3, 18).

La révélation divine et la tradition madianite

Le lieu exact de la « montagne de Dieu », l'Horeb, reste malheureusement conjectural, même si une localisation dans les montagnes du Sinaï oriental ou du Négev central paraît vraisemblable. Diverses propositions ont éon de sacralité. Cependant d'autres identifications, plus à l'ouest ou au plus au sud, sont aussi possibles. Il paraît cependant exclu qu'il s'agisse du djebel Mousa actuel, dans le sud de la péninsule du Sinaï, même si cette tradition, liée au monastère Sainte-Catherine, remonte au IVe siècle après J.-C.

Il est plus intéressant de remarquer que l'on peut assez naturellement interpréter le nom divin Yahwoh comme étant celui de la divinité dont Yétrô était le prêtre. De fait, des listes égyptiennes du XIV-XIIIe siècle avant J.-C., conservées dans des temples d'Amara et de Soleb, mentionnent dans cette région des « Shasou de Yahô », et l'on peut rapprocher le nom de lieu Yahô du nom divin YHWH, probablement prononcé Yahwoh.

Malheureusement, en dehors de ce rapprochement et de la mise au jour par l'archéologie de restes d'une civilisation particulière dans le nord-ouest de l'Arabie et l'est de la péninsule Sinaïtique vers 1300-1000 avant J.-C., dans l'état actuel de notre documentation, nous ne pouvons nous appuyer que sur la tradition biblique. Selon celle-ci, les Madianites étaient des sortes de Bédouins, à la fois pasteurs et caravaniers, effectuant éventuellement des razzias, qui vivaient dans le sud de la Palestine et de la Transjordanie et se rattachaient aux autres groupes nord-arabes (Genèse 25, 1-4).

Ainsi, d'après la tradition biblique la plus ancienne, la divinité qui se révèle à Moïse apparaît comme étant probablement d'origine madianite, c'est-à-dire nord-arabe. Le fait semble en opposition avec l'idéologie postérieure, ce qui est un bon gage de son historicité. Cependant, dans ce contexte, on est moins étonné que la tradition ancienne d'Exode 18 nous présente Yétrô et Moïse bénissant YHWH et lui offrant ensemble des sacrifices. On souhaiterait seulement en savoir plus sur les caractéristiques de ce culte madianite de YHWH, car il est possible que l'exclusivisme (ou « monolâtrie ») et l'aniconisme du yahwisme postérieur remontent à ce culte nord-arabe.

Cependant Moïse n'est pas resté toute sa vie auprès de son beau-père, « prêtre de Madian », et la tradition unanime lui attribue la responsabilité de la sortie d'Égypte d'un groupe d'Hébreux. En fait, on peut comprendre que, s'étant révolté contre la dureté du travail forcé imposé par les Égyptiens et s'étant installé en Madian, Moïse ait songé à faire bénéficier son clan de la même expérience en le faisant sortir d'Égypte et en l'installant dans le désert madianite.

Le fait que cet événement n'ait aucun écho dans la documentation égyptienne contemporaine ne doit pas étonner, puisqu'était apparemment insignifiante et fréquente la fuite de quelques familles ou clans sémitiques, en direction du désert, plus précisément vers le « pays de Madian ». En fait, l'historicité de l'Exode ne pose aucun problème si l'on admet qu'il ne concernait primitivement qu'un groupe très limité d'Hébreux/'Apirous travaillant pour les Égyptiens : probablement quelques centaines, un millier au grand maximum. Les estimations récentes à la suite des explorations archéologiques de surface en Cisjordanie centrale semblent confirmer cet ordre de grandeur.

Les circonstances de l'Exode

La manière dont cette sortie d'Égypte aurait été réalisée nous est racontée avec un luxe de détails dans les chapitres IV à XV de l'Exode. Le drame se serait noué lors d'affrontements directs entre Moïse et le pharaon, et il n'aurait pas fallu moins de « dix plaies » s'abattant sur l'Égypte pour que ce dernier laisse partir les Hébreux. Encore se repent-il et les pourchasse-t-il avec ses chars qui finalement s'enlisent dans les sables lors du passage de la mer. On a parfois cherché à justifier le détail de ce récit en soulignant le fait que chacune des plaies évoquées peut éventuellement frapper les bords du Nil, ainsi que le caractère mouvant des eaux situées entre la mer Rouge et la mer Méditerranée. Cependant tout cela indique seulement que ces histoires sont nées « dans un milieu qui avait une certaine connaissance de l'Égypte » (R. de Vaux, Histoire…, p. 341), et n'implique pas que le récit des plaies soit historique : il s'agit plutôt d'une épopée qui monte en épingle un événement mineur pour en souligner l'importance au regard de ses conséquences historiques pour l'ancien Israël. À l'origine, il pourrait s'être agi simplement, d'une part, d'une négociation entre Moïse (ou Aaron) et un responsable égyptien pour obtenir quelques jours chômés en vue d'un sacrifice au dieu des Hébreux dans le désert – les ostraca de Deir el-Medineh fournissent des exemples d'une telle pratique – et, de l'autre, d'une simple escarmouche pour échapper à la police de la route égyptienne poursuivant les fuyards car, comme le remarque déjà R. de Vaux, « la présentation de l'exode comme une fuite est, de beaucoup, la plus vraisemblable » (p. 352).

Le détail de la route suivie par ce groupe de fuyards nous échappe en grande partie. Cependant il est peu vraisemblable que les Hébreux aient suivi longtemps la route de la côte – ou « route des Philistins » suivant une appellation anachronique, car celle-ci était protégée et gardée, comme le montre probablement l'escarmouche célébrée ensuite comme la « bataille de la mer ». Dès lors le groupe de Moïse a dû s'enfoncer dans le désert (Exode 13, 17 ; 15, 22). Même si certaines étapes de cette route peuvent être identifiées avec divers points d'eau, il faut surtout souligner que les traditions anciennes semblent unanimes pour situer un séjour assez prolongé à Qadesh-Barnéa (cf. Nombres 13, 26 ; 20, 1 ; Deutéronome 1, 46…), probablement dans les oasis de la région d'Ein Qudeirat, en Égypte mais près de la frontière actuelle avec Israël.

D'une manière générale, le séjour des Hébreux au désert est présenté comme ayant duré « quarante ans », chiffre rond symbolique de la durée d'une génération. Outre des interventions pour assurer l'eau et la nourriture (cf. la manne et les cailles, deux phénomènes naturels au Sinaï), la tradition biblique rattache alors à Moïse la conclusion d'une alliance entre YHWH et le groupe sorti d'Égypte – alliance fondatrice de l'originalité de la religion israélite. Sans chercher à voir tout ce que la tradition postérieure a inséré dans cette notion, on peut penser que Moïse a naturellement imposé à son groupe les caractéristiques du culte de YHWH dont il avait reçu sa mission. Ces caractéristiques comprenaient vraisemblablement l'exclusivisme du culteYHWH sera le seul Dieu auquel ce groupe rendra un culte, ce qui correspond à une « monolâtrie » – et son aniconisme – rejet des statues divines tout en admettant le culte des pierres dressées. En effet, ces deux caractéristiques semblent remonter aux origines mêmes du yahwisme israélite.

Le rôle de Moïse par rapport au monothéisme et au Décalogue

La tradition postérieure les évoque souvent ; cependant, historiquement, les rattacher à Moïse paraît peu vraisemblable. En effet, un certain nombre de textes du yahwisme israélite ancien (Psaume 82, 1 ; 89, 6-8…) manifestent encore une certaine croyance polythéiste selon la conception antique que chaque peuple a son propre dieu (cf. Deutéronome 32, 8 ; Michée 4, 5). Bieu Deutéro-Isaïe (Isaïe 40-55). En fait le yahwisme ancien était monolâtrique, c'est-à-dire que l'exclusivisme du culte de YHWH ne valait que pour Israël. Le rattachement du monothéisme à Moïse n'est donc que très indirect, et lié à une évolution religieuse postérieure de quelque sept siècles !

En ce qui concerne le Décalogue, le délai est plus discuté et pourrait avoir été plus court. En effet, même si la forme actuelle est relativement récente et date de l'époque postérieure à l'exil, au moins en ce qui concerne le commandement du sabbat, une forme primitive, plus brève, pourrait remonter au début de l'époque royale, voire à l'alliance de Sichem vers 1200 (cf. Josué 24). Cependant, même cette forme primitive se situe dans le cadre d'une population sédentarisée dans des maisons, ce qui peut difficilement correspondre au groupe hébreu de l'époque de Moïse. Il reste que les deux premiers commandements du Décalogue mettent en valeur l'exclusivisme du culte de YHWH et son aniconisme, qui remontent probablement à Moïse lui-même. En ce sens, on peut parler d'un certain lien indirect entre Moïse et le Décalogue.

 

La mort de Moïse, en deçà du Jourdain

Malgré des conditions difficiles, le séjour au désert a pu entraîner un certain accroissement démographique naturel, d'autant plus que les Hébreux avaient la réputation d'être prolifiques (cf. Exode 1, 7.9.10.12.20) ; dans ces conditions, les problèmes d'eau et de nourriture durent devenir de plus en plus graves. C'est peut-être dans ce contexte économique et démographique qu'il fut décidé de quitter Qadesh-Barnéa pour chercher des terres plus hospitalières. Suivant la tradition biblique, le groupe de Moïse se mit en route en contournant la mer Morte et suivant la zone frontière entre désert et zones cultivables.

Une video pas mal faite -en anglais- mais malheureusement portant la griffe des évangéliques puisqu'à la chute finale, on y voit le drapeau d'Israël avec la fameuse étoile plus communément appelée "Sceau de Salomon" dont on n'a  jamais trouvé la plus petite preuve d'existence.

Contournant ainsi le pays de Moab – mentionné dans une inscription de Ramsès II, et la stèle de Balou a révélé alors une probable influence égyptienne – les migrants atteignirent la Transjordanie centrale, au nord de l'Arnon. C'est dans cette région que les Hébreux, s'alliant peut-être à d'autres groupes, auraient commencé à occuper des terres cultivables, en s'emparant, éventuellement par la force, de la région de Heshbôn et en campant dans « les plaines de Moab, en Transjordanie face à Jéricho » (Nombres 22, 1 ; cf. Deutéronome 34, 1). Sans garder le souvenir exact de son lieu de sépulture (Nombres 34, 6), la tradition unanime place là la mort de Moïse, qui n'a pas franchi le Jourdain.

Des bords du Nil à ceux de la vallée du Jourdain, le plus souvent dans des zones désertiques, le destin de cet Hébreu égyptien semble avoir été profondément marqué par son alliance matrimoniale madianite qui aboutira, sous son successeur Josué, à l'introduction du yahwisme en Cisjordanie centrale avec le groupe qui en était porteur et que Moïse avait forgé : les Benê Israël.

 

Sources Clio

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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