Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 21:38

 

La Chevalerie


Par Pierre Dujols « de Valois »

2ème partie

1ère partie

Tableau de Jean-Pierre Targete

L’Igne Natura Renovatur Integra des Rose-Croix, à notre sentiment, est une traduction phonétique de ce symbole, que la chevalerie gardait soigneusement sous le voile. Tous les anciens temples vénéraient cette figure. Le Temple de Vesta à Rome en fut une des dernières expressions. Mais pourrait-on affirmer que l'allégorie en est entièrement disparu ?
La lampe qui brûle perpétuellement devant le Saint-Sacrement dans les sanctuaires catholiques est
un souvenir du gardal égyptien; et ce n'est pas le seul. Nous démontrerons un jour que le catholicisme est la seule religion qui ait conservé dans la liturgie la véritable tradition des mystagogies orientales.
Le gardal est devenu, par contraction, Grâal, avec un accent circonflexe, puis Graal qu'on a écrit sans tenir compte du signe de la contraction.


La légende chrétienne dont on enveloppait cet arcane, le patronage de Joseph d'Aritmathie [N-O de Jérusalem] qui avait offert le sépulcre au Sauveur, couvraient suffisamment les origines suspectes de ce rite. Il est vrai que
toute l'église chrétienne repose sur le même fondement, mais celle-ci, matérialisant le symbole, n'en expose que l'exotérisme aux fidèles tandis que la chevalerie en révélait l'ésotérisme. Au surplus il ne serait pas difficile d'établir que le nom des personnages qui évoluent autour du Graal n'ont rien d'hébraïque; Joseph d'Arimathie sonne grec. Arimathie est visiblement formé de airemahesis, science de démonstration. Le radical air du verbe aireio, démontrer, nous a donné airetist, hérétique. C'était un titre de maîtrise ou un surnom initiatique.
Ainsi les Compagnons modernes se désignent encore entre eux par certains vocables: X- la Clef des Coeur, Agricol Perdiguier était surnommé Avignonnais la Vertu. Arimathie était un mot tout-à-fait en situation mais
propre à donner le change aux chefs de l'église temporelle qui n'y voyaient que l'arimathaïn de Palestine . Titurel, le fondateur du Temple du Graal, est encore un nom tiré de titrain qui signifie trouer, percer. Il correspond à Perceval, Parsifal, Perceforest oui sont une traduction manifeste de Titurel. Ces aperçus ajoutent quelque poids à l'opinion des écrivains dont nous avons fait état.


Dans une exposition sommaire de l'histoire secrète de la Chevalerie il serait superflu d'insister. Du reste,
la preuve des origines mystériales de la Chevalerie a été faite avec une ampleur impressionnante par un homme de grande culture, d'esprit religieux large, Eugène Aroux, ami de l'historien clérical Cesare Cantu, et traducteur de son Histoire universelle. Eugène Aroux a consacré à cette démonstration une série d'ouvrages d'une érudition insoupçonnable que nous énumérons par ordre de date: Dante hérétique, révolutionnaire et socialiste ; La comédie de Dante traduite en vers selon la lettre et commentée selon l'esprit ; Le paradis de Dante illuminé à Giorno ; Dénouement maçonnique de la Comédie albigeoise ; Preuves d'hérésie de Dante, notamment au sujet d'une fusion opérée vers 1312 entre la Massénie albigeoise, le Temple et les Gibelins pour constituer la Franc- Maçonnerie ; Clef de la comédie anti-catharique de Dante ; L'hérésie de Dante démontrée par Francesco de Rimini et Coup d'oeil sur les romans du SaintGraal. La Clef da la Langue des Fidèles d'amour et enfin Les mystères de la Chevalerie et de l'amour platonicien au Moyen-âge.

 
L'auteur de ce travail de bénédictin sacrifie une partie de sa fortune et toute son existence pour faire prévaloir historiquement dans l'église et les universités ce fait patent et irréfutable que
Dante fut un hiérophante de la Massénie chevaleresque et le fondateur de la Maçonnerie moderne. Cette opinion est recevable au moins dans les grandes lignes, car le fond hermétique de l'institution chevaleresque a échappé aux investigations d'Eugène Aroux insuffisament instruit des choses de l'occulte.


Le point de vue d'Aroux diffère sensiblement du nôtre. Nous tâcherons de trouver un moyen de conciliation car il ne comporte aucune incompatibilité absolue.
« Il y avait réellement, dit-il, dans la civilisation du midi comme celle du nord, bien moins avancée, et
il ne pouvait y avoir qu'une seule chevalerie. Elle était purement féodale et nullement amoureuse. Celle des Tristan, des Lancelot du Lac, des Amadis et des Galaor n'a jamais existé que dans les romans et dans les assemblées secrètes de la Massénie albigeoise. C'est dans cette dernière qu'il faut chercher les chevaliers du Cygne, de l'Aigle noir et blanc, d'Orient et d'Occident, etc... ainsi que les poursuivants d'amour à tous les degrés. »

 
Qu'est-ce à dire ?
Cette tradition de bons chevaliers errants et amoureux prêts à rompre une lance pour le triomphe de l'honneur et du bon droit ne reposerait que sur une fiction mystagogique et n'aurait eu de vigueur que dans des réduits souterrains, nombreux à la vérité, mais très distants des hauts manoirs et fiers castels perchés sur des cimes trop élevées ? Eugène Aroux tombe ici dans une erreur regrettable. Il confond noblesse et chevalerie. Les deux choses pourraient se combiner somme toute, mais n'étaient pas de même nature. Quand il nous parle d'une chevalerie féodale et d'une chevalerie amoureuse il fait montre d'une inconséquence assez singulière chez un homme aussi averti.


M. Aroux se trompe. Il n'y avait
qu'une chevalerie; celle des mystères. Tous les nobles, même les plus grands feudataires n'y étaient pas admis. Le titre de chevalier était recherché comme le plus grand honneur qui Dût échoir à un homme sur terre et le couronnement de la noblesse. Cette dignité était même refusée aux rois. Certains monarques l'acquirent, il est vrai, à une époque de décadence où la chevalerie n'était plus qu'un mot creux dont l'esprit s'était envolé. Et même si pour les besoins de la cause on en était réduit à accueillir un souverain régnant dans le temple, c'était à titre profane comme Napoléon ou Louis XVIII ont pu être reçus Maçons.


Le titre de chevalier n'était point décerné à la légère. Il fallait faire ses preuves. On s'est imaginé à tort que ces preux se bornaient à de rudes estocades et à des prouesses de bravoure. Il en allait tout autrement. Pour être armé chevalier
il fallait être homme de bien dans toute l'acceptation du terme, renoncer à la vie de rapine des hauts barons routiers et détrousseurs et protéger la veuve et l'orphelin, en un mot être régénéré et né à une vie nouvelle. L'église, au XI° siècle, ne pouvait qu'opposer une faible barrière aux déprédations des grands seigneurs et ne put guère avoir exercé une influence suffisante pour que l'on puisse lui faire l'honneur d'un tel revirement dans les moeurs féodales.


Il fallait pour une oeuvre aussi considérable un levier plus puissant que celui de la force cléricale faite surtout d'éléments temporels.

Nous ne dénierons pas absolument à l'église romaine une action morale qu'il serait injuste de ne pas admettre. Mais la chevalerie, encore qu'elle se soit développée sous son patronage, avait surtout un habile maquillage, leurrer la puissance des papes et entreprendre (sous le masque) la guerre de sape qui s'est prolongée jusqu'à nos jours.
Pour être au fait de ce qu'était alors l'église officielle, il suffit de lire l'horrible peinture qu'en retrace le véhément Pierre Damien. Jamais on vit
pareil étalage de pourriture. Est-il raisonnable de considérer un clergé avili à ce point comme l'instigateur du mouvement chevaleresque ? Le Vatican en serait bien embarrassé d'en produire la preuve, et il sait bien aujourd'hui qu'il avait d'autres racines.


Eugène Aroux, si avisé par ailleurs, se montre ici mal informé. Si l'on admettait sa pétition de principe, sa thèse s'écroulerait par la base.
Une objection se pose tout de suite : à la bonne époque
la chevalerie n'était pas héréditaire tandis que la noblesse de race l'était. Ce trait distinctif démontre que la chevalerie consacrait une évolution morale toute personnelle.
Ce qui a créé ce malentendu dans l'esprit d'Aroux tient à ce fait administratif: il y avait dans la noblesse une organisation militaire forcément équestre puisque l'on combattait alors à cheval. Mais ces chevaliers étaient des gens de cheval qui
portaient le glaive de la force et non celui de la loyauté. Jamais l'histoire ne prouvera que les cavaliers aient été armés chevaliers par une investiture régulière. Le titre de chevalier (banneret) cause de cette erreur est une pure homophonie sans conséquence tirée du mot cheval. La chevalerie légendaire qui est aussi celle de l'histoire exigeait une période de probation fort longue.


A l'origine elle durait vingt et un ans. Elle était conférée au milieu d'un cérémonial symbolique qui frappe le moins prévenu . Des parrains ou jurants étaient indispensables et ce n'étaient point des comparses de pure forme. Le candidat passait d'abord par des bains fréquents puis demeurait plusieurs nuits dans une chapelle obscure sans lumière. C'était la nuit du tombeau
dans lequel le vieil homme allait être inhumé puis rentrer en putréfaction pour ressusciter à une vie nouvelle ( la Vita nuova de Dante). Ensuite il reparaissait au jour tout vêtu de blanc pour témoigner de la résurrection morale. Il accomplissait alors les rites de la religion officielle. Après ce devoir il recevait l'épée; celle du bon combat, et l'on procédait à la vêture. Un discours initiatique accompagnait chaque pièce de l'armure qui murait en quelque sorte le récipiendaire dans les devoirs de sa charge. M. Roy, dans un petit livre, imprimé autrefois chez Mame, a recueilli quelques unes des allocutions prononcées pour la circonstance. L'intention ésotérique y est manifeste: l'armure n'est plus qu'une allégorie. Tous les sabreurs profanes ignoraient le sens philosophique.


Fauriet, dans son Cours de littérature provençal, reconnaît au milieu des plus grandes perplexités que la chevalerie, en recrutant dans la menue noblesse, vivant
à l'abri des écarts criminels de la noblesse de proie: » Ces hommes qui prenaient l'amour sur un ton si exalté n'étaient ni de grands barons ni de puissants feudataires.

 
C'étaient, pour la plupart, de pauvres chevaliers sans fiefs (l'auteur parle ici la langue de la noblesse actuelle pour laquelle le titre de chevalier est le plus bas dans la hiérarchie). Le plus grand nombre appartenait aux rangs inférieurs de la féodalité et plusieurs sont expressément
cités pour leur grande pauvreté et le peu de figure qu'ils faisaient dans le monde. » L'on s'étonnera peut-être que l'église n'ait point éventé la supercherie ? Mais » maints couvents, tant d'hommes que de femme, étaient envahis par l'hérésie » dit Aroux. M. (Aidre Tieberg), dans son excellent ouvrage sur la Route Sociale signale certains monastères de Champagne qui, au moyen-âge, célébraient les rites symboliques de la Maçonnerie. Ils finirent par disparaître par la suite, et pour cause.


Non, la chevalerie dont l'Europe s'honore et se glorifie a tenu trop de place dans la vie réelle pour qu'on puisse la réduire à une chevalerie purement allégorique comme celle des (trages). L'une aurait-elle débordé l'autre au point de la faire oublier et de donner le change à tel enseigne qu'on la prenne pour l'autre ? Le fait tiendrait de la nature du prodige, car
la noblesse extrêmement jalouse de ses prérogatives n'aurait pas souffert un empiètement qui aurait diminué son prestige.


La chevalerie s'inspirait
de principes trop élevés pour n'être qu'une institution guerrière, car même celle que E. Aroux considère comme héraldique témoigne des plus nobles aspirations.


A notre avis elle est l'émanation des hautes personnalités du temps qui professaient le christianisme philosophique. S'il en était autrement et s'il fallait nécessairement confondre la chevalerie avec l'albigéisme; le catharisme et le Vaudoiserie il conviendrait d'aller jusqu'au bout de la logique et de dire que tous les membres de ces sectes étaient chevaliers.


Nous ne nous refusons pas à leur reconnaître des liens de famille avec la chevalerie; mais
celle-ci occupait l'étage au dessus de l'hérésie embrassée par le peuple et dirigée par un sacerdoce de même condition. Au lieu de troubadours portant les bonnes paroles les manants avaient les colporteurs, les marchands, les pèlerins et les baladins de carrefour. Cet état de chose découle nécessairement de l'influence régénératrice de la caste supérieure mais s'ils professaient intimement la même doctrine, la manière différait.


Nous faisons les mêmes réserves en ce qui concerne le christianisme des chevaliers. E. Aroux que c'était celui qu'on entend de nos jours ramené à son état de pureté originelle.
Nous pensons, au contraire, que
lorsque l'église pactisa avec le pouvoir temporel et donna aux fidèles la chair matérielle du christ pour unique nourriture, les hiérophantes du christianisme philosophique, pour préserver de la ruine qui menaçait la Religion de la sagesse, suscitèrent le mouvement chevaleresque pour réagir sur les hautes classes et suivre le dogme des anciens mystères qui est la nourriture de l'âme par la science.

 
Après avoir remonté en une seule et unique pièce la chevalerie que M. Aroux avait coupée en deux, nous croyons utile de reproduire quelques pages trés instructives des Mystères de la chevalerie de cet auteur, la Massénie du Saint-Graal et les cours d'Amour.


Goërres fait une étude comparative des initiations aux mystères et de l'ancienne chevalerie. Un extrait de ce travail devrait trouver sa place. Vous pourrez peut-être vous le procurer. Ce document vient à l'appui de ma thèse contre celle d'Aroux. Il ferait donc bonne figure et documenterait plus sérieusement ce travail.

Posté par Adriana Evangelizt

Partager cet article

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Chevalerie
commenter cet article

commentaires