Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 21:16

 Voilà quelque chose qu'il nous fait plaisir de vous offrir, une étude sur  La  Chevalerie dont nous sommes des adeptes puisqu'en nous vit un Chevalier de Lumière exigeant la réhabilitation de la Vérité dans ce monde en décadence où se meurent, peu à peu, toutes les valeurs...

 

La Chevalerie


Par Pierre Dujols « de Valois »

1ère partie

Manuscrit n° 5491 de la bibliothèque de Lyon écrit aux environs de 1900


N.B. - entre parenthèses ( ) : orthographe non sûre; entre crochets [ ] ; commentaires du transcripteur

 

L'histoire n'a vu dans la chevalerie qu'un ordre militaire destiné à livrer le bon combat. Elle n'a saisi que la forme extérieure, que le corps physique de l'institution. En réalité, la Chevalerie était une organisation très complexe basée sur le ternaire et comprenait le corps, l'âme et l'esprit.


L'esprit était constitué par un aréopage
de hauts initiés, prêtres philosophes héritiers de la Sagesse et de la Science égyptiennes des Mages, de Pythagore, de Platon et des Druides du Celtisme. Ils conservaient dans leur collège les traditions mystériales de l'antiquité et imprimaient le mouvement à l'organisme par l'intermédiaire des troubadours et des trouvères. Ceux-ci, bardes, ménestrels, jongleurs; constituaient le corps médian qui servait de lien entre les deux extrêmes. Ils recevaient d'en haut la doctrine et la transmettaient en bas au moyen de poèmes et de chansons allégoriques, dont le sens intime échappait souvent à l'auditoire composé de la gent bardée de fer, matière rude, grossière, rempart du dogme, qui prenait à la lettre les belles histoires des poètes et y puisait les vertus et l’héroisme indispensable à l'action séculière que devaient accomplir les guerriers de la Corporation.


Sous son aspect un,
la Chevalerie était donc triple. Les Historiens n'en ont retenu que l'enveloppe encuirassée. Cette enveloppe avait nécessairement la couleur propre au milieu où elle se développait; c'est-à-dire était chrétienne. C'est une loi de nature. Mais le christianisme n'était pas alors ce qu'il est aujourd'hui et dans tous les cas n'exerçait encore qu'une action relative sur la société civile.
Qu'on ne perde pas de vue qu'au
XIème siècle l'Eglise éprouvait les plus grandes difficultés à contenir le brigandage des temps féodaux.
L'Europe était
un immense coupe-gorge. L'invasion des barbares avait profondément altéré les moeurs. L'autorité ecclésiastique imposait bien aux puissants barons La Trêve de Dieu, mais elle devait faire la part de ces lions déchaînés en leur abandonnant trois jours de la semaine pour leurs nobles rapines. La Masse n'était pas d'avantage pénétrée par le ferment théologique de Rome et conservait toujours les coutumes, les usages et les croyances du Paganisme. Jésus-Christ ne faisait guère qu'un dieu de plus, supérieur sans doute aux dieux de l'Olympe qu'il avait vaincus et détrônés, mais aussi incompris des adeptes de la foi nouvelle.
Il est donc impossible d'admettre la Chevalerie comme une création réellement orthodoxe.
Elle était plutôt un prolongement des ordres équestres grecs et latins. Tout y trahit, du reste, des origines étrangères à la religion qui s'étendait progressivement sur le pays.
Le présent n'est fait que du passé, de même que l'avenir se compose du passé et du présent. On ne crée pas un monde d'un coup de baguette féerique. Les choses évoluent lentement et se succèdent par filiation. A la suite des siècles elles changent de visage. Les générations actuelles ne ressemblent plus aux générations primitives qui les engendrent.


Ce travail de transformation qui échappe souvent à l'historien doit être analysé par le Philosophe. C'est à cette étude profonde qu’une pléiade d'écrivains déçus par l'artifice des opinions conventionnelles qui ont prévalu jusqu'à nos jours, ont consacré leur labeur, étudiant les dessous des histoires, fouillant les décombres, remuant des poussières séculaires, ils ont exhumé à l'étonnement des Pontifes, une Chevalerie toute différente de celle de la Tradition.


Ces auteurs, Ugo Foscolo, Gabriele Rossetti, E.J. Delécluze « Dante Alighieri : la vie nouvelle », Philarète Chasles « Galiléo Galiléi, sa vie, son procès », Eugène Aroux « La Comédie de Dante », « Dante hérétique », « Clé de la comédie anti-catholique de Dante Alighieri » et même Antony Rhéal, auxquels il convient d'associer Grasset d’Orcet, ont jeté les plus vives lumières sur ce point obscur de la vie médiévale, et à leur clarté il nous sera permis de restituer la physionomie réelle de l'ordre chevaleresque, de ses paladins, de ses troubadours, de leurs gestes, de leurs chants et
des récits légendaires qui constituent le Cycle du Graal.


La caractéristique de la Chevalerie, suivant les Classiques, est la galanterie, l'amour des preux pour les dames. Les célèbres cours d'amour de Romanin et d'ailleurs, les lois qui les régissaient, les jugements et procédures qui en émanèrent seraient autant de preuves de l'esprit érotique de l'institution. Si l'on consulte les Pandectes (recueils de décisions d'anciens jurisconsultes romains) de ces tribunaux singuliers, les difficultés apparaissent. Il est difficile et même impossible d'accorder la vertu de ces nobles figures avec les sanctions peu honorables qui les frappent et les avilissent. Il faudrait donc admettre alors qu'il fut un temps où nous n'avions plus de moeurs et ce serait justement ce temps-là qu'on nous proposerait comme modèle ?


L'amour n'est pas toujours une vertu, et l'on a dit nos chevaliers gens vertueux. Qu'on nous explique les articulations infamantes dont les assises d'amour ont fait état et qu'on les concilie, si l'on peut, avec l'honneur conjugal. Ces hommes de fer à qui rien ne résistait, faisaient-il à ce point bon marché du sang d'une race dont ils se montraient si jaloux et abandonnaient-ils leur lit aux pires aventures ?


L'Amour! Mais c'est sur la valeur de ce mot que les avis se sont partagés. L'amour chevaleresque devenu un parangon de pureté était-il l'inclination vulgaire qui porte un sexe vers l'autre. N'y avait-il pas; au contraire, dans ce tertre,
une intention mystique, étrangère au doux commerce des coeurs et des sens ? C'est l'opinion qui commença à prévaloir et que nous partageons. Elle est appuyée de preuves pragmatiques. Rossetti, le premier, a établi sa démonstration dans ce sens en cinq gros volumes formant environ deux milles pages et intitulés : Il Mistero d'ell Amor platonico del Medio Evo, derivato da Mysteri antichi. L'érudit professeur de littérature italienne, né à Gondrise, malgré la violence que la vérité faisait à ses sentiments catholiques, s'incline devant les faits.


Dans cet ouvrage monumental, d'une érudition historique et littéraire immense, dit Delécluze, l'exilé italien développe le système de l'amour platonique ou allégorique, qu'il fait remonter à l'origine des mystères de la Grèce et à la secte des soufis de l'Inde.

 
L'auteur de Dante Alighieri et la Poésie amoureuse, qui échappe à toute suspicion par son attitude de distance des conflits, reconnaît lui-même que la poésie érotique des troubadours découle de la même source. Il la retrouve chez la grande prêtresse de Mantinée, Diotime de Mégare, qui aurait initié Socrate à la Religion d'Amour.


Socrate y aurait admis Platon, l'Académie l'aurait répandue et, passant par Alexandrie, elle aurait fait son apparition en Italie et en France avec l'entrée des Isiaques et des Philosophes dans la ville de Rome.

En d'autres termes, la Religion d'Amour serait la même que celle des Inititations antiques.
Mais parvint-elle dans nos régions par cette seule voie ? N'y avait-il point déjà chez nous un foyer ardent du même culte ?
Grasset d'Orcet, le perspicace sphinx qui a débrouillé l'énigme du Songe de Polyphile, nous donne l'explication d'un texte stéganographique dont le sens avait défié jusqu'alors la sagacité des meilleurs cryptographes.
«
Le Druide ne rend de culte qu'au vrai seul amour. Il est la clef ouvrant aux âmes le ciel et le roi du monde. Il est le maître qui fit le soleil au ciel qui y domine comme vrai seul seigneur. Le Franc-Maçon tient pour principe universel le Brouillard d'où sort le Principe du Vrai régnant seul. »


On sera surpris de lire ici ce terme de Franc-Maçon qui semble un anachronisme au milieu des Philosophes, des Druides et des chevaliers du moyen-âge. Mais Grasset d'Orcet nous transporte justement à ces époques. Il envisage les associations des Architectes et Constructeurs de Cathédrales qui se reliaient vraisemblablement aux pontifes païens; ou constructeurs de ponts. Il étend même plus haut les ramifications maçonniques. Il nous révèle l'existence d'une Chevalerie du Brouillard. Cette manchette, qui évoque la basse littérature de certains feuilletonistes, correspond à
un principe de haute métaphysique du domaine de la Gnose. Le Brouillard dont il s'agit est l'inconnaissable; le Pater Agnostos des ésotéristes. Il est peut-être encore autre chose d'aussi inaccessible que les Philosophes hermétistes savent bien, mais qui n'entre point dans notre sujet.


« On remarquera dans ce texte, dit Grasset d’Orcet, le mot
néphès (qu'il traduit par brouillard ainsi que le veut le grec). C'est le nom de deux poèmes célèbres, les Niebelungen et les Nuèes d'Aristophane.
Le Brouillard ou l'Inconnu, principe universel, était, en effet, le grand dieu de la franc-maçonnerie grecque aussi bien que de la moderne, la nue qui embrassait Ixion et que les grecs nommaient gryphé d'embrouillée, avec une tête de boeuf pour hiéroglyphe.
Nous allons voir, du reste, que cette profession de foi, que les Francs-Maçons disaient tenir des Druides, était exactement conforme à celle de Platon »
Or Platon disait que
l'Amour est le plus ancien Dieu du monde.
M. G. D'Orcet se complait-il dans une erreur nécessaire à sa thèse hardie ? Les Francs- Maçons contemporains qui se piquent de détenir les véritables traditions, penseraient-ils différemment ? Cèdons leur la parole:
« Montrons-nous, s'écriait le F.: Bailleul, dans un discours prononcé au G.O le 19 octobre 1847, montrons-nous digne d'être les continuateurs de cette vénérable institution qui a travers tant de siècles
depuis la mission mission mystique de notre frère Platon. »
Mais le F.: Bailleul pourrait s'abuser peut-être sur les lettres de noblesse de l'ordre auquel il est si fier d'appartenir.


L'américain MacKey, auteur d'ouvrages considérables sur les origines de la maçonnerie, déclare avoir retrouvé au siège primitif de l'Académie Platonicienne de Florence, fondée en 1480, les fresques murales originales illustrées des symboles pythagoriciens. Notons en passant que les maitres, aprés Dante, dans les sciences d'amour, L’Arioste, Pétrarque, Le Tasse, Boccace; Michel-Ange, Gravinne et Marsile Ficin, le savant humaniste, prêtre et chanoine de l'église de Rome, en faisait partie. Ce dernier nous a laissé un témoignage écrit de la nature de ses croyances. On lit dans un de ses ouvrages, sorte de Banquet, cette indication singulière sous la plume d'un ecclésiastique: « Que le Saint-Esprit, amour divin qui nous a été soufflé par Diotime, dit-il, nous éclaire l'intelligence. » Ce n'est plus le Paraclet orthodoxe.

Il est vrai que toutes les sources qui proviennent plus ou moins du Bâtiment ou de certaines côteries peuvent paraître suspectes et intéressées. Récusera-t-on celles de l'Histoire officielle ?
M. Henri Martin; qui fait autorité, raconte lui-aussi la Maçonnerie et la Chevalerie, et (celleci) au druidisme. Il reconnaît que le Roman du Saint Graal en est l'expression authentique.
Nous verrons plus loin à attacher la Table-Ronde aux mystères de la Grèce. Voici le texte de l'historien Henri Martin.
« Dans le Titurel, la légende du Graal atteint sa dernière et splendide transfiguration sous l'influence d'idées que Wolfram semblerait avoir puisées en France et particulièrement chez les Templiers du Midi de la France (les Albigeois). Un héros, appelé Titurel, fonde un temple pour y déposer le Saint Vaissel et c'est le prophète Merlin qui dirige cette construction mystérieuse, initié qu'il a été
par Joseph d'Arimathie en personne au plan du temple de Salomon. La chevalerie du Graal devient ici la Massenie; c'est-à-dire une franc-maçonnerie ascétique dont les membres se nomment
Templistes, et l'on peut saisir ici l'intention de relier à un centre commun, figuré par ce temple idéal, l'Ordre des Templiers et les nombreuses confréries de constructeurs qui renouvellent alors l'architecture du moyen-âge. On entrevoit là bien des ouvertures sur ce que l'on pourrait renommer l'histoire souterraine de ces temps, beaucoup plus complexe qu'on ne le croit communément ».


M. G d’Orcet, qui parait avoir remué des montagnes de livres à ce point de vue, nous assure « que le nombre d'ouvrages qui traitent de l'ancienne maçonnerie est prodigieux et non moins prodigieux par la variété des formes, car il n'est pas jusqu'à l'ordre des Jésuites qui n'y ait apporté son contingent, et même l'un de ses types les plus complets, est l'ouvrage du jésuite (Villalpanie) sur le temple de Salomon. »


Que la chevalerie du moyen-âge nous vienne des initiations grecques ou druidiques, cela ne parait plus guère un point très discutable. Mais au cas ou elle dériverait plus particulièrement d'une formation celtique, on pourrait néanmoins la faire rebondir bien au delà. Arthur, le Roi-Chevalier et le (penteyrn) des Bretons, prétendait tirer son origine de Troie et sa généalogie d'Ascagne, fils d'Enée l'Initié. Il fonde l'ordre de la Table Ronde sur des traditions antiques.
Le point de départ de l'institution se perd donc dans la nuit des temps, mais ce qui s'impose par l'évidence même, c'est que
toutes les associations chevaleresques étaient étrangères à la doctrine chrétienne, encore qu'elles eussent revêtu par la force des choses la livrée de l'Eglise régnante. Et encore formulerions-nous la plus expresse réserve au sujet du dogme chrétien.
Nous n'insisterons pas. Il semble bien démontré que la chevalerie est
un ordre mystérial, prolongement de Memphis, de Thèbes et de la Grèce. Le docte (Goerres) convient luimême qu'elle formait une vaste société secrète, et il en identifie tous les rites avec ceux des mystères païens.
La chevalerie est
venue mourir dans les loges maçonniques de nos jours, où l'on rencontre encore une profusion de titres chevaleresques qui décorent des Frères dont l'ignorance vaniteuse rappelle l'âne de la fable, porteur de reliques. Henri Martin s'en fait garant:
« Ce qui est bien curieux, et ce dont on ne peut guère douter, dit-il, c'est que la Franc- Maçonnerie moderne
ne remonte d'échelon en échelon jusqu'à la Massenie du Saint- Graal. »
Le Graal est la clef du mystère chevaleresque. C'est le masque chrétien de la foi antique, le Palladium de l'ordre qui le met à l'abri du soupçon d'hérésie. Le Graal des légendes de la Table Ronde est, pour le profane et l'Eglise jalouse, le Saint Vaissel dans lequel Jésus a célébré la dernière cène la veille de sa mort et institué le sacrement de l'eucharistie. En réalité, pour les adeptes, c'était autre chose, ou plutôt le symbole spirituel de l'arcane matérialisé par Rome. Le mot Graal a mis dans le plus grand embarras les étymologistes.
Diez s'est approché de la racine en faisant dériver ce dernier du grec crater qui, dit-il, aurait pu devenir cratale. Il, en effet, le cratère - le mot est rentré dans notre langue - désigne bien une grande coupe.
Mais cette coupe - la Coupo Santo que chantent encore nos félibres albigeois et chevaliers du Graal sans le savoir, est
le vase païen du feu sacré. Camille Duteil, ancien conservateur du Louvre, section égyptologique, sans soupçonner qu'il avait retrouvé le Graal de la Table Ronde; nous révèle à la page 143 de son inestimable « Dictionnaire des Hiéroglyphes » que les égyptiens nommaient gradal un vase en terre cuite dans lequel on  conservait le feu dans les temples. Le provençal, surtout le languedocien montagnard, moins corrompu, appelle grasal un certain vase. Il est à propos ici de rappeler que les chevaliers continuateurs des rites égytptiens parlaient et écrivaient le provençal. Ce mot (est) passé dans la langue des troubadours. Le gardal, en écriture hiéroglyphique, ajoute cet auteur, exprime l'idée du feu (le contenant pour le contenu). Sérapis portait le gardal sur la tête. Les vierges consacrées des temples de Memphis entretenaient le gardal sur l'autel de Ptha, comme l'emblème du feu éternel qui perpétue la vie dans l'univers.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Chevalerie
commenter cet article

commentaires