Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 20:25

La première partie se trouve ICI...

La Mystique Chrétienne

par Sédir

Chapitre IV

La thaumaturgie

2ème partie

1ère partie

Ses miracles ne sont pas des oeuvres systématiques, préparées, artificielles, préconçues; évidemment prévus dès l'origine par la prescience du Père, ils sont en même temps imprévus, spontanés, jaillissant des sources profondes du coeur de Jésus, au hasard des circonstances, juste à l'inverse de cette volonté olympienne et logique qui appartient à l'adepte.

Jésus rayonne une atmosphère de miracles, comme le lis exhale ses parfums.
Cette libre allure dans la toute-puissance, cette grâce dans l'autorité, cette simplesse dans la grandeur lui font l'auréole suprême de beauté devant laquelle s'inclinent les plus nobles intelligences, inquiètes d'une gloire assez subtile pour échapper à leurs analyses.

Le travail réel d'un homme n'est jamais celui pour lequel les autres hommes l'admirent. Ce sont les racines qui font vivre l'arbre. Les discours, les prodiges, les conversions ne furent que
les fruits ou les fleurs du Cep mystique. Tout ce que l'Évangile ne raconte pas, les jeûnes, les nuits de prières, les courses épuisantes, les désolations silencieuses, les douleurs secrètes : voilà le vrai travail de Jésus; voilà les racines innombrables, profondes, vigoureuses, obstinément enfoncées dans la ténèbre terrestre.

Quand Jésus marche sur la mer, ce n'est pas parce qu'Il S'est mis dans un état magnétique spécial, ni parce que des esprits Le soutiennent, ni parce qu'Il le veut; Jésus voit Ses disciples aimés dans le désarroi; Son coeur Le porte vers eux; et c'est Son amour qui rend Son corps léger. Cela, c'est le processus terrestre du miracle; en voici le processus extraterrestre. Jésus revenait de visiter un monde
où la pesanteur, plus vivante qu'ici, varie avec l'état psychique des êtres. Il avait emmené avec Lui un peu de cet air plus sensitif. Car l'esprit de l'homme rapporte toujours au corps de l'homme quelques fruits des campagnes où il vient de se promener.

Quand Jésus Se fait obéir de la tempête, c'est qu'Il vient de combattre, dans l'intérieur des airs, l
es démons des ouragans.

Quand Jésus guérit tel malade,
Son geste est l'aboutissant matériel d'un geste spirituel.

Les démons et les bourreaux invisibles
ne Lui obéissent ici que parce qu'Il les contraint d'abord là-bas. Les pains ne sont pas multipliés parce qu'Il a modifié le canevas astral du froment, ou parce qu'Il a suggéré la foule, mais parce que, la nuit précédente, sans doute, ayant examiné l'être du froment, Il lui avait conféré une force nouvelle, dans certains buts.

Quand Jésus ressuscite la petite fille, puis, à distance, le fils de la veuve, puis Lazare enterré depuis quatre jours, enfin quand Il Se ressuscite Lui-même, ces prodiges sont le naturel prolongement
de visites au Royaume des morts, de voyages dans le Soleil des morts, d'inscriptions dans le Livre des morts.

Jésus n'a pas gravi le Thabor avec le propos de S'y transfigurer, et d'y évoquer Moïse avec Elie. Il monta sur ce roc, parce que, la nuit précédente, Son esprit s'était élevé jusqu'au zénith du monde; Son corps ne reçut qu'une réflexion, plutôt
une réfraction atténuée de la splendeur descendue pendant l'extase; et les deux témoins de l'Ancienne Loi vinrent spontanément L'assister, sans avoir été appelés, parce qu'Il était logique, naturel, irrésistible qu'ils vinssent.

Jésus, pour apparaître après Sa mort, n'a pas besoin de Se concentrer
pour faire sortir son double, corps astral, ou n'importe quoi d'analogue. Il a quelque chose à dire à Ses amis; Il va le leur dire en personne, en personne complète, sans effort, sans complication; Il apparaît, tangible, vivant et semblable à Lui-même.

Il ne décide pas un beau jour de monter au Ciel. Il ne S'amuse pas à faire de la lévitation ou de la désintégration. Il est plus simple que cela; s'Il S'élève, avec Son corps, jusqu'au firmament, c'est que le Père Lui a demandé de revenir.

Chez toute créature,
le mouvement intime tend à s'exprimer. Plus l'émotion est forte, plus l'être est sain, plus vivante sera l'expression. Des ondes de forces de plus en plus denses à mesure qu'elles approchent du physique collaborent à tisser le vêtement des acteurs inconnus qui jouent en nous les drames de notre vie véritable. Toute oeuvre matérielle de l'homme est la statue vivante d'un génie qu'il héberge.

Mais nous, nous sommes
des hôtes pauvres, paresseux, inattentifs. Imaginez un être comme le Christ : tout énergie, tout vie, tout esprit. Ses drames intérieurs se réaliseront aussi, mais tout de suite, avec la vigueur divine, la fidélité parfaite, l'éloquence irrésistible.

Et de même que, dans nos modestes existences, les événements et les personnages se répondent, de même, avec une justesse précise et rapide, le cadre terrestre se présentait exactement
à la rencontre des actes spirituels du Christ. Reconstituer des fluides, réorganiser des phalanges invisibles, réparer tel rouage de la machine terrestre secrète, exercer enfin sur toute créature un ministère perpétuel d'assistance et d'épuration : voilà les secrets travaux du Sauveur.

Aux dernières lueurs du couchant, Jésus gravissait les pentes des montagnes pour passer,
seul en face du Père, les heures silencieuses de la nuit. L'innombrable clarté des étoiles, plus scintillantes de verser leur lumière sur ces yeux même qui, au commencement, la leur donnèrent, fait palpiter l'abîme supérieur. Les souffles alternés de la mer et de la montagne passent en bruissant sur les vignes et les vergers. Des parfums flottent; des cris s'entendent, que la distance harmonise. Et Jésus veille, allant et venant, du rocher à l'olivaie, tandis que comparaissent devant Son regard insondable les créatures pour lesquelles Il travaille.

Et lorsque, dans les brumeuses fraîcheurs du matin, ce Jésus redescendait vers les villages, tout environné d'une aurore mystique, dispensant sur la campagne à peine réveillée la suave douceur des collines éternelles, Il trouvait sur Ses pas la guérison, le miracle
exactement semblables à Son oeuvre nocturne.

Dans la vie du Christ tout est coordonné; tout atteint son but avec plénitude. Le lépreux qu'Il purifie, c'est celui-là même chez qui cette purification est la plus utile, la mieux accueillie, la plus féconde. Le figuier qu'Il dessèche, l'eau qu'Il transmue, les pains qu'Il multiplie, tous, ce sont ceux-là même
marqués pour subir Son invincible influence. Le jour où nos yeux seront ouverts, où nous pourrons, quelques minutes seulement, suivre dans la Lumière évidente les ramifications des actes du Rédempteur, combien nous L'aimerons, et de quelle totale adoration ne baiserons-nous pas les traces toujours vivantes de Sa prévoyance miséricordieuse et de Sa tendresse !

* * *

Tous
les pouvoirs sommeillent dans les jachères de notre esprit. Pour les réveiller, il leur faut les pluies fécondatrices, messagères du printemps divin. Le dieu, l'adepte qui semblent pouvoir provoquer ces pluies, sont des usurpateurs. Le seul Fermier, c'est le Verbe; les seuls laboureurs, ce sont Ses Amis : « Toute plante que mon Père céleste n'a pas plantée, sera arrachée et jetée au feu ». Cependant, le travail des faux jardiniers n'est point inutile. Les plantes éphémères qu'ils ont fait pousser, réduites en cendres au feu de la Croix, donnent aux graines divines un engrais excellent.

Le vrai Jardinier attend que nous Lui ouvrions la barrière; nous faisons cela en acquittant nos dettes spirituelles, en subissant nos épreuves, en dépassant le strict de nos devoirs. Telle est la longue préparation,
l'entraînement avant la bataille, l'attente sur les parvis du sanctuaire.

* * *

S'il est parmi vous quelque âme ardente que les perspectives entrevues des magnifiques douleurs de l'Amour exalte et enflamme, je l'adjure
de délibérer avant de faire le premier pas. Car, si plus tard, effrayée de l'effort qu'elle aperçoit, elle veut revenir en arrière, il lui en coûtera. Des mains levées vers le Ciel remuent le monde, et changent la route de beaucoup de créatures subalternes. Et, quand de telles mains se baissent, c'est une catastrophe.

Il faut avoir bien compris la qualité de cet effort.
L'initié, pour conquérir l'adeptat, doit être, dès ses premiers exercices, certain du succès. Le mystique aussi. Mais la foi du premier tente Dieu. La foi du second est certaine aussi, mais parce qu'elle compte sur l'amour que Dieu lui voue. La première s'exerce dans son propre sens. La seconde, par une absurdité sublime, s'exerce contre elle-même; elle renverse ainsi les bornes du possible, et se transfigure en vertu surnaturelle. Voilà pourquoi le don du miracle dépend de celui des dons du Saint-Esprit que les théologiens appellent la force.

J'emprunterai, pour graver dans vos coeurs les maximes de cet entraînement singulier, l'énergique burin de saint Jean de la Croix.

Voici le thème :

« Pour
parvenir à posséder tout, veuillez ne posséder rien.

Pour a
tteindre ce que vous ne possédez pas, traversez ce que vous possédez. .

Voici les développements :

« Que l'âme se porte toujours non au plus facile, mais au plus difficile;

Non au plus savoureux, mais au plus insipide;

Non à ce qui plaît, mais à ce qui déplaît;

Non à ce qui est un sujet de consolation, mais plutôt de désolation;

Non au repos, mais au travail;

Non à désirer le plus, mais le moins;

Non à vouloir quelque chose, mais à ne rien vouloir;

Non à rechercher le meilleur dans les choses, mais le pire;

Désirant d'entrer pour l'amour de Jésus

Dans un dénûment total,

Dans une parfaite pauvreté d'esprit,

Dans un renoncement absolu

Par rapport à tout ce qui existe de créé ».

Telle est la « Montée du Carmel », telle est la partie subjective ou psychique de l'école de la foi.

Le Christ, en effet, semble indiquer
la foi comme la cause déterminante du miracle. Il demande la foi à Ses malades; Il gourmande Ses disciples de n'en pas avoir; Il les encourage : « Tout ce que vous demanderez, en priant, si vous croyez, vous le recevrez ».

C'est que le miracle étant, selon l'excellente définition du catéchisme, une dérogation aux lois de la Nature, appartient à
l'ordre surnaturel; la force surnaturelle seule peut l'atteindre et, si j'ose dire, le contraindre. La volonté est naturelle, elle suffit à produire le merveilleux; la foi est surnaturelle, elle se dresse quand l'intelligence ne comprend plus, quand le coeur agonise, quand la volonté se bute à l'impossible.

* * *

C'est alors que le disciple peut, avec espoir, commencer sa prière. Je vous ai souvent parlé de la prière; que j'aurais encore à vous en dire de choses ! Dans l'objet qui nous occupe, la sorte de prière requise est proprement l'intercession, l'intercession d'un pécheur pour un autre pécheur. Seulement celui-ci est un pécheur qui se croit un saint; et celui-là un saint qui se croit un pécheur.

L'intercesseur vrai a de la foi, non pas la foi totale, mais un tout petit peu de foi, « gros comme un grain de sénevé ». Et cette minuscule étincelle suffit à transmuer sa prière. De prière terrestre, implorante, craintive, tiède, hésitante, elle devient
une prière autorisée, commandante, une prière d'élu, une fonction, une demande accordée en vertu d'une promesse préalable, et, à peine formulée, elle est réalisée.

Exercez-vous à cette sorte de prière. Précipitez-vous dans cette prière-là, jetez-vous au fond, lancez-vous en haut; donnez-vous à Dieu.

Quand on exerce la charité, du discernement est utile; mais non pas quand on prie. Priez donc sans cesse, pour ceux qui le demanden
t, pour ceux qui ne savent pas que la prière existe, pour ceux qui ne veulent pas de la prière. Arrachez d'abord de votre prière tout ce qu'elle peut contenir de compassion personnaliste; ayez de la pitié, mais de la pitié pour l'affligé, et non de la pitié pour ce en quoi sa douleur vous atteint personnellement. Dites-vous, quand la pitié reste muette en vous, dites-vous que tous les hommes sont fragiles et misérables, mais que vous, vous êtes le plus fragile et le plus misérable; entrez-vous cela dans le coeur; cherchez des motifs convaincants, employez à cette persuasion de vous-mêmes des heures s'il le faut; car, sans cette compassion, votre prière ne quitterait pas le sol.

Et priez en tremblant; car c'est
une terrible chose que de se faire obéir de Dieu. Tremblez pour les faveurs obtenues; taisez-vous sur les grâces descendues. Le coeur pur peut commander, et tout être lui obéit; mais, si vous vous croyez purs, n'est-ce pas la preuve que vous ne l'êtes point ? Souvenez-vous qu'un thaumaturge qui opère au nom de Dieu égale zéro; mais qu'un thaumaturge qui opère en son propre nom, même s'il désire le bien, ne peut atteindre que les quantités illusoires des grandeurs négatives.

C'est pourquoi l'Église n'accorde pas aux pouvoirs extatiques ou thaumaturgiques une estime extraordinaire. Dans
les procès de canonisation, la Congrégation des Rites examine d'abord s'il y a eu vertus héroïques; et ensuite seulement si la preuve est faite de quelques miracles.

* * *

De temps à autre,
Dieu choisit un homme pour confident; Il lui montre l'envers des choses, la vraie, l'unique Réalité. Il lui fait peser les mérites des créatures et leurs démérites. Il lui démonte les rouages cachés des événements. Il l'introduit dans les conseils des dieux. L'homme s'aperçoit alors de l'étonnante injustice qui règne sur la terre, une injustice perpétuelle, obstinée, ingénieuse, une injustice incompréhensible : l'injustice de la longanimité, de la miséricorde et de l'amour; l'injustice d'un Père très tendre, que Ses mauvais enfants n'irritent point, mais font pleurer. L'homme s'aperçoit que toutes les calamités qui nous lapident, les catastrophes, les épidémies, les guerres sont vingt fois, cent fois plus bénignes qu'elles ne devraient.

Il demande alors à devenir un ministre de cette miséricorde; et
le Père l'enrôle dans Son armée. Voilà comme se recrutent les soldats de la Lumière, dans les rangs desquels se trouvent les seuls thaumaturges véritables.

Ces soldats ne connaissent pas le plan de leur général; cela nuirait à leur élan. Ils sont
obligés, à chaque pas, de discerner le vrai, l'opportun, le meilleur. Pour cela, le Christ réalise envers eux Sa promesse mystérieuse : « Quiconque, à cause de mon nom, aura quitté des frères, des soeurs, un père, une mère, des enfants, des terres, des maisons, en recevra le centuple dès maintenant, en ce temps présent... avec des persécutions. »

Les persécutions, le « soldat » n'en manque jamais; par contre il reçoit
l'invisible présence de ses ancêtres spirituels, les délices secrètes de son épouse, la Sagesse incréée, la Joie de voir se multiplier autour de lui les fruits de ses oeuvres, la douceur de rencontrer de temps à autre quelque frère voué aux mêmes tâches, le repos du coeur dans l'un des appartements de la maison du Père, et la certitude de ne manquer jamais, puisque le soleil éternel fait mûrir ses récoltes.

L'homme qui fait le bien avec la conscience de son mérite, le stoïcien,
l'adepte, le philanthrope agit dans la Justice, et reçoit immédiatement sa récompense. Le disciple agit dans l'Amour et refuse sa récompense au bénéfice d'autrui, parce que son humilité lui persuade qu'il n'a rien fait de méritoire. Sa force lui vient de Dieu.

Il se voue à une suite
de morts intérieures, de plus en plus profondes, jusqu'au jour où, ayant atteint la racine même de l'égoïsme, il reçoit, dans l'extase de la béatitude commençante, la Vie qui le recrée, qui le transfigure en homme libre, et, j'oserai le dire, en un frère de Jésus-Christ.

C'est ici seulement que s'ouvre le monde du miracle. Tout ce que nous venons de dire n'en est que la route. Au moins je voudrais vous avoir instillé le désir du départ. Puissent, comme dit le poète « vos coeurs entendre le chant des matelots » !

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

Partager cet article

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
commenter cet article

commentaires