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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 00:28

L'école est punie

Par Hubert Tison, historien





Périlleuse mission que d'enseigner l'Histoire. De plus en plus d'élèves réinterprètent les événements passés et présents en fonction de leur appartenance communautaire. Quelle parade pour les professeurs ?


Depuis quelques années des professeurs sont confrontés à des incidents plus ou moins graves qui tendent à remettre en question le contenu de leur enseignement au nom de la mémoire, de la religion ou de l'idéologie. Ces incidents ne touchent pas que les cours d'histoire, mais aussi ceux de SVT (sciences de la vie et de la terre), de philosophie, de français, de langues, parfois d'arts plastiques. Combien d'incidents ? Une enquête de l'Association des professeurs d'histoire et de géographie a tenté d'en mesurer l'ampleur : elle a porté, en 2003, sur plus de 700 établissements (environ 1 100 classes de 3e et plus de 2 200 classes de terminale). Le nombre d'établissements touchés avoisine 16 % et concerne surtout les zones sensibles des banlieues ou des grandes villes ; les incidents sont certes limités mais préoccupants par leur atteinte aux valeurs laïques et républicaines véhiculées par l'école. Les faits religieux, la Seconde Guerre mondiale - en particulier la Shoah -, le Proche-Orient, mais aussi la guerre d'Algérie et les Etats-Unis sont les thèmes qui prêtent le plus à controverse. A cela s'ajoutent, lors de sorties, les refus de visites d'édifices religieux, comme lorsque ces élèves de confession chrétienne ne veulent pas entrer dans une mosquée sous prétexte de danger terroriste !

Dans un grand lycée de la banlieue ouest de Paris, lors d'un cours sur la naissance du christianisme, des élèves juifs de seconde nient l'existence de la Palestine. Les actes antisémites, eux, se traduisent surtout par les remises en question de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, le boycott de films tels Nuit et Brouillard par des élèves d'origine maghrébine ou des insinuations du type « si le programme de terminale parle de la Shoah, c'est en raison du lobby juif ». Les conflits du Proche et du Moyen-Orient sont également matière à incidents. Certains élèves d'origine maghrébine s'identifient aux morts palestiniens ou irakiens et les assimilent aux victimes de la Shoah. Même genre de réaction chez les jeunes juifs qui se reconnaissent dans les victimes des attentats suicides frappant des Israéliens. La guerre d'Algérie donne lieu à des accrochages entre élèves, notamment à propos des harkis traités par l'un d'entre eux de « collabos ». D'autres récusent le cours de leur professeur comme cette élève de Caen favorable à l'Algérie française. La question de la politique extérieure des Etats-Unis fait elle aussi débat. Leur intervention en Afghanistan et en Irak suscite des réactions hostiles. Ainsi, des élèves d'un collège de Seine-Saint-Denis refusent de participer en 2001 à la minute de silence en hommage aux victimes du World Trade Center et crient : « Vive Ben Laden. » Certains élèves font même parfois l'apologie du terrorisme.

Pourquoi de tels incidents ? Les causes sont multiples, liées entre autres à l'environnement social, familial, à la pression des intégristes et des fondamentalistes, aux préjugés racistes et sexistes, à la quête identitaire des adolescents. Quelles solutions ? D'abord : « Ne pas se laisser dicter par des autorités religieuses ou par quelques groupes de pression que ce soit, ce que les professeurs doivent dire ou enseigner », comme l'a souligné l'APHG ; sanctionner les faits de racisme et d'antisémitisme et ne pas céder à la frilosité ; lutter contre l'ignorance et le racisme. Le professeur d'histoire n'a pas à enseigner la mémoire, mais l'Histoire, pour lutter contre les revendications communautaristes. Des professeurs d'histoire du collège Max-Dormoy, en plein coeur du quartier sensible de la Goutte-d'Or à Paris, affirment que : « Plus le sujet est maîtrisé, moins le risque de contestation ou de refus existe. Pour les cours supposés à risques, nous nous appuyons sur des connaissances renouvelées, solides, et nous les intégrons dans la démarche historique sans laisser de place aux réactions non argumentées. » En 6e et 5e, le professeur d'histoire doit étudier la religion dans l'Histoire. Il ne s'agit pas d'enseigner la croyance, mais le fait religieux replacé dans son contexte. Il faut aussi apprendre aux élèves à prendre une distance critique vis-à-vis de l'image et à définir les mots. La venue de témoins s'exprimant sur la Seconde Guerre mondiale, la Résistance, la Déportation, ou sur des sujets comme les guerres coloniales, les génocides arménien, rwandais ou cambodgien, apporte aux élèves de l'émotion, mais aussi des connaissances et un enrichissement sur l'autre.

Sources Historia

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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