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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 23:33

Les réseaux de l'Internationale islamiste

Par Olivier Weber, grand reporter au Point



Récupération par les mollahs radicaux, non-règlement de la question palestinienne, poursuite de la guerre en Irak, instrumentalisation par des Etats, tels la Syrie ou l'Iran : les raisons sont nombreuses pour expliquer la montée du fondamentalisme au sein de la oumma, la communauté des musulmans. Mais bien plus qu'à un choc des civilisations, le monde assiste à la remise en question des pouvoirs politiques des pays musulmans par des groupes se revendiquant de la pureté du message religieux. Cette montée du radicalisme compose d'étonnantes lignes de fracture au sein de l'islam. Et empêche bien souvent, en bannissant l'exégèse, l'adaptation des règles religieuses à la modernité. Voici un tour du monde - non exhaustif - des mouvements fondamentalistes.


Les Gardiens de la révolution en Iran

L'Iran, sous la coupe du président Mahmoud Ahmadinejad, veut imposer une nouvelle vision de l'islam. Dépassant le cadre de la révolution islamique de l'ayatollah Khomeiny, le discours du nouveau pouvoir iranien vise, d'une part, à doter le monde musulman de la puissance nucléaire et, d'autre part, à transcender les clivages entre chiites et sunnites. Piliers du régime, les pasdarans (Gardiens de la révolution) sont chargés notamment de faire appliquer la doctrine. Fers de lance du dogme khomeyniste, les pasdarans, créés le 5 mai 1979 par un décret du Guide suprême, forment un Etat dans l'Etat. Le régime iranien a recours à cette force, à la fois armée, service de renseignement et entreprise doctrinaire, pour deux objectifs : rappeler à l'ordre les Iraniens qui s'opposeraient aux rectitudes du pouvoir (notamment en matière de moeurs) et participer à l'exportation de la révolution islamique. Même si ce dernier objectif a évolué, Téhéran a toujours recours à la déstabilisation. Au Liban, par exemple, les pasdarans disposent de bureaux qui financent des actions politiques et militaires, aident le Hezbollah et dédommagent les victimes du conflit israélo-libanais de juillet 2006.

Mais les pasdarans ne sont pas le seul instrument de Téhéran. Plusieurs fondations, dont celle des mostazaffin (les « déshérités »), contribuent aussi à la montée en puissance de l'Iran dans le monde musulman. Et à sa volonté de légitimité pour « guider » la oumma. Adepte du double discours, Téhéran garde plusieurs fers au feu et a entrepris de financer des oeuvres en Afghanistan afin de mieux s'y implanter.

Les talibans en Afghanistan

Après les opérations américaines contre les camps d'Al-Qaïda, les talibans font un retour en force sur la scène afghane. Ou plutôt les néotalibans, mélange d'anciens disciples du mollah Omar, le chef spirituel des étudiants-miliciens aux turbans noirs, de frustrés de la politique du président Hamid Karzaï et de trafiquants de drogue. Un tiers des provinces du pays est ainsi en proie à l'insurrection. Fait nouveau depuis juillet dernier, les fondamentalistes afghans sont remarquablement armés et bien entraînés. « Ils n'hésitent pas à attaquer les forces de l'OTAN dans des combats de front », confie un officier supérieur des forces étrangères stationnées à Kaboul (30 000 soldats de l'ISAF, Force internationale d'assistance à la sécurité, sont présents en Afghanistan, dont plus 8 000 Américains).

En fait, le mouvement islamiste en Afghanistan est bien plus moderne que le ramassis de supplétifs et de religieux au temps du règne de mollah Omar de 1996 à 2001. Les nouveaux talibans s'appuient notamment sur un rejet de l'Occident et sur un discours islamo-nationaliste. Les services secrets pakistanais (ISI), il est vrai, continuent de leur fournir une assistance matérielle. D'autant que les candidats au nouveau djihad sont nombreux de l'autre côté de la frontière, dans les madrasa, les écoles coraniques, du Pakistan, pays qui compte des millions de Pachtouns, cousins frontaliers séparés par la ligne Durand tracée en 1893.

Avec le retour des talibans, renforcé par le conflit en Irak, on assiste à l'émergence du narco-islamisme, fondamentalisme, malgré les interdits de certains chefs religieux. Le pays est devenu le premier producteur d'opium et d'héroïne (92 % du marché mondial). Plus de la moitié du PNB afghan provient du narco-trafic. Le mouvement des talibans va donc continuer à recruter auprès de populations frustrées par la corruption et le manque de développement économique, créant ainsi un mouvement hybride à base tribale et centré sur une fuite en avant vers le fondamentalisme.

Le Hizb Ul Mujahiddin et le Harkat Ul Mujahiddin au Cachemire

Pour le Cachemire, le Pakistan et l'Inde se sont livrés trois guerres depuis la partition de l'Empire britannique des Indes en 1947. Entre les deux pays, détenteurs de l'arme nucléaire, cette contrée himalayenne sécrète toutes les tensions. Alors que l'Inde souhaite que ce conflit de basse intensité demeure dans une dimension bilatérale, le Pakistan veut internationaliser son règlement. Islamabad considère en effet que cette région à majorité musulmane doit lui revenir, arguant notamment du principe de continuité territoriale imposé à l'époque par Londres. Et tous les moyens sont bons. L'ISI, les très efficaces services de renseignement d'Islamabad, instrumentalise différents groupes fondamentalistes pour relancer la guerre dans cette région montagneuse peuplée de 9 millions d'âmes. Le Hizb Ul Mujahiddin, le Harkat Ul Mujahiddin, le Lashkar I Taïba et le Jaish Muhammed mènent la guérilla côté indien. Même si le président pakistanais Pervez Musharraf a interdit leur existence, ces groupes s'infiltrent par la LOC, la ligne de contrôle qui correspond à la ligne de cessez-le-feu. Un extrémisme encouragé par les nombreuses exactions commises par les troupes indiennes dans la vallée du Cachemire. Les militants cachemiris, appelés combattants de la liberté au Pakistan, disposent de points de repli dans les grandes villes indiennes, notamment Delhi et Bombay. Bien entraînés, financés par de grands commerçants et de généreux mécènes, ces mouvements ont vocation à s'internationaliser. Le tremblement de terre d'octobre 2005, qui a détruit une partie des infrastructures côté pakistanais et frappé les familles des militants, a cependant limité leurs capacités.

Le Lashkar I Jihad et la Jemaa Islamiya en Indonésie

Plus grand pays musulman du monde, l'Indonésie vit une expérience démocratique depuis la chute du dictateur Suharto en 1998. Sur le plan religieux, deux courants apparemment opposés travaillent la population des fidèles de l'islam (90 % des 210 millions d'habitants). D'abord les confréries musulmanes, comme la Muhammadiyah (50 millions d'adhérents !) et la Nadlatul Ulema (35 millions). A la fois organisation réformiste, caritative et éducative, prônant un islam tolérant, celles-ci ont un rôle stabilisateur. Tous les courants de la société y sont représentés. Leurs dirigeants ont réussi à mailler les différents secteurs de la population indonésienne, des étudiants aux militaires, des scouts aux collectionneurs de timbres.

L'autre courant est l'islam radical, encouragé notamment par de jeunes mollahs formés à l'étranger. Le groupe paramilitaire Lashkar I Jihad (la Milice de la guerre sainte) a fomenté de nombreux troubles dans les îles Moluques contre les populations chrétiennes. Ce conflit, qui a duré trois ans, a fait plus de 5 000 morts et un demi-million de déplacés.

Ailleurs dans l'archipel, composé de plus de 13 000 îles, la Jemaa Islamiya (la Société islamique) a commis de nombreux attentats antioccidentaux, notamment à Jakarta, la capitale, et sur l'île touristique de Bali. Un adversaire farouche de la Constitution indonésienne (qui revendique un Etat religieux mais non confessionnel) guide les militants fondamentalistes : Abou Bakar Bachir, impliqué dans différents attentats mais libéré.

Pourtant, à l'origine, l'islam indonésien est un islam « marchand » et non conquérant, qui s'est implanté, au XIIIe siècle, avec l'arrivée des négociants arabes. Il demeure ainsi une religion syncrétique, avec des réminiscences hindouistes et bouddhistes, au grand dam des nouveaux mollahs qui veulent le « purifier ».

Les tribunaux islamiques en Somalie

En juillet 2006, l'Union des tribunaux islamiques a brusquement surgi sur la scène internationale en prenant le pouvoir à Mogadiscio. En fait, ces milices fondamentalistes régnaient dans plusieurs provinces depuis une dizaine d'années. Leur credo : chasser les seigneurs de guerre, qui ont détruit le pays pendant et après la guerre de 1991. Sous la houlette du cheikh Hassan Dahir Aweys et d'un Conseil suprême islamique de Somalie, ces tribunaux se sont imposés dans un pays en proie à l'anarchie et à la famine. Peu à peu ces « talibans d'Afrique » ont imposé la charia. Le pays se replie sur lui-même. Les humanitaires fuient la capitale et les villes où ils oeuvraient, surtout depuis la guerre de 1991. Certes le mouvement s'est d'abord fédéré en réaction au chaos et à la corruption. Mais l'Union des tribunaux islamiques pourrait laisser s'installer en Somalie des plates-formes internationalistes du djihad, de la même manière que les talibans en Afghanistan ont été submergés par les réseaux d'Al-Qaïda et les combattants de Ben Laden.

Un bémol cependant : la milice somalienne, à la recherche d'une reconnaissance internationale, pourrait tempérer ses élans rigoristes. En témoigne l'abordage début novembre d'un cargo des Emirats arabes unis par des miliciens des tribunaux islamiques afin de neutraliser les flibustiers qui exigeaient une rançon d'un million de dollars. Cette opération, autant destinée aux Somaliens qu'à la communauté internationale, permettait de démontrer que tribunaux islamiques riment avec ordre public. La Somalie n'est pas pour autant épargnée par la reprise d'un conflit, les partisans de l'ancien gouvernement menaçant de reconquérir Mogadiscio.

Le Hezbollah au Liban

Le Hezbollah (le Parti de Dieu) a fait son retour au grand jour en juillet dernier avec la guerre du Liban. Déclenchée par Israël, l'opération visait à empêcher les bombardements par la milice chiite, fortement implantée au Sud-Liban. Cette milice dispose de plusieurs milliers de missiles fournis par Téhéran (4 000 roquettes tirées sur le nord d'Israël en juillet et août), de 10 000 soldats et d'un trésor de guerre alimenté par l'Iran. Fondé par le cheikh Sobhi al-Toufayli, le Parti de Dieu est dirigé depuis 1992 par le cheikh Hassan Nasrallah (déclaré ennemi public n° 1 d'Israël) et opère sous la double tutelle de l'Iran et de la Syrie.

Même si le récent conflit a sérieusement amoindri ses capacités militaires, le Hezbollah, qui compte une dizaine de députés au parlement, demeure un parti politico-militaire très structuré. Vilipendé par une partie de la population libanaise, qui le rend responsable de la guerre de l'été, le Parti de Dieu incarne cependant pour nombre d'habitants de la région la résistance du monde musulman face à Israël. Le mouvement peut resurgir militairement à tout instant au Liban, tant Damas et Téhéran ont intérêt à l'instrumentaliser soit pour attaquer Israël soit pour détourner l'attention de la communauté internationale de la montée en puissance du nucléaire iranien.

Pour l'heure, le Hezbollah se restructure et finance les victimes de la guerre de l'été 2006 : 12 000 dollars en espèces pour un propriétaire d'appartement endommagé, 8 000 pour un locataire. Avec ses moyens financiers colossaux, issus non seulement de ses mentors syriens et iraniens mais aussi du trafic de drogue, le Hezbollah, qui dispose de sa propre chaîne de télévision (Al-Manâr TV), se propose de fédérer l'aide aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Même si la force des Nations unies s'est renforcée - 15 000 hommes à terme - pour neutraliser le Sud-Liban, le Hezbollah garde toute sa puissance politique et militaire.

Le Hamas en Palestine

Créé en 1988 après la première intifada (guerre des pierres) dans les territoires palestiniens, le Hamas, à la fois nationaliste, religieux et antisioniste, recrute parmi les jeunes de Gaza et de Cisjordanie. Très structuré, longtemps dans la clandestinité, ce mouvement radical a remporté les élections parlementaires dans les territoires en 2006. Proche des Frères musulmans égyptiens, ses dirigeants sont souvent des Palestiniens éduqués (ingénieurs, médecins, anciens cadres de l'administration). Quand l'Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat, décide d'entamer des négociations avec Israël en 1991, le Hamas s'engage dans des opérations militaires contre Tsahal, l'armée d'Israël. Ses militants, notamment ceux des brigades Ezzedine al-Qassam, bombardent le sud d'Israël avec des roquettes artisanales. Travaillé en sous-main par les mollahs les plus radicaux, le Hamas, qui dispose d'une base arrière à Damas, veut représenter un courant populaire en Palestine, grâce notamment à un impressionnant réseau d'assistance. Ses dirigeants souhaitent clairement créer un Etat religieux. Placé sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne en 2003, le Hamas peut compter sur un renouvellement constant de ses cadres (chaque dirigeant a un double). Israël envoie régulièrement des commandos pour éliminer les chefs du Hamas et lance des opérations aériennes grâce à des agents travaillant pour Tsahal dans les territoires.

L'ASSRI et l'Armée du Mehdi en Irak

La guerre déclenchée par les Etats-Unis en mars 2003 a paradoxalement renforcé les réseaux islamistes d'Irak. Ils sont complexes, transcendés par deux axes : sunnites-chiites et religieux-anciens partisans de Saddam Hussein. Les mouvements chiites, dont l'ASSRI d'Abdulaziz al-Haqim et l'Armée du Mehdi de Moqtada al-Sadr, disposent du soutien plus ou mois important de l'Iran, même si la communauté chiite d'Irak (60 % des 24 millions d'habitants) entend garder son autonomie. L'autre axe est plus complexe, alliant les réseaux d'Al-Qaïda - composés d'Irakiens et de volontaires étrangers - aux anciens du Baas, le parti de Saddam Hussein. La volonté de Paul Bremer, ancien représentant de Washington en Irak, d'évincer tous les cadres de l'ancien régime a en effet jeté ces derniers dans les rangs des mouvements islamistes.

Ces mouvements comptent non seulement des hiérarchies religieuses et militaires mais aussi de nombreux supplétifs. Au total, plusieurs dizaines de milliers de combattants. Son cloisonnement et son caractère tribal font que cette nébuleuse est difficilement perméable. Comme le déclare à Historia Hoshyar Zebari, ministre irakien des Affaires étrangères : « Ce qui nous manque pour gagner cette guerre, c'est l'information et la pénétration des milices, en bref de vrais services secrets. »

L'efficacité de cette guérilla, nullement entamée par la mort en juin 2006 du chef d'Al-Qaïda en Irak Abou Moussab al-Zarqaoui, a une double conséquence : l'instabilité de l'Irak sur le long terme et un mimétisme à l'extérieur, notamment en Afghanistan. Le président kurde d'Irak, Jalal Talabani, s'efforce cependant d'intégrer les milices dans le processus politique, à la condition qu'elles désarment. Sans résultat pour le moment. Il est vrai qu'elles se financent en grande partie par l'« industrie » du kidnapping (plusieurs milliers d'Irakiens enlevés). Armes, munitions, paiement des combattants, la guérilla irakienne nécessite plusieurs dizaines de millions de dollars par an. L'alliance entre salafistes et anciens du Baas pourrait amener le pouvoir à collaborer avec une partie de cette tendance en gage de stabilité.

La Jamaat al-islamiya en Egypte

L'Egypte est périodiquement la cible d'attentats islamistes, que ce soit dans les stations balnéaires du Sinaï ou au Caire, la capitale. C'est que le pouvoir d'Hosni Moubarak, malgré une forte répression, n'est jamais parvenu à éradiquer la Jamaat al-Islamiya. Ce mouvement est une sorte d'hydre, qui apparaît et réapparaît au gré des circonstances. Il est implanté au Caire, à Assiout, ville à 40 % copte chrétienne mais aussi berceau des islamistes égyptiens, et dans le désert du Sinaï, sillonné par un réseau de Bédouins acquis à la cause fondamentaliste. Créée dans les années 1970, la Jamaat al-Islamiya a pris la relève d'Al Jihad, organisation décimée par les services de sécurité à la suite du spectaculaire assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981. La Jamaat, qui s'est affiliée à Al-Qaïda, possède une structure suffisamment souple pour « héberger » d'autres groupes islamistes et terroristes. Ses dirigeants clandestins cherchent avant tout à impliquer l'Etat dans un conflit religieux, quitte à encourager l'assassinat de coptes. Ils appellent à l'avènement d'un Etat islamique en Egypte. La pauvreté d'une grande partie de la population (80 millions d'habitants) et la corruption de l'administration égyptienne lui donnent des arguments. L'efficacité des attaques-suicides de la Jamaat résulte aussi de complicités au sein de l'appareil d'Etat.

Afin de résister aux campagnes de répression, le mouvement s'est davantage cloisonné. Avec, pour conséquence, des dérives tel l'assassinat d'une cinquantaine de touristes occidentaux en 1997 à Louksor. La crainte du pouvoir est que le mouvement s'attaque aux touristes : chaque attentat prive en effet le pays de sources importantes de revenus.

La Jamaat demeure cependant plus active à l'étranger qu'en Egypte. L'un de ses guides spirituels est Ayman al-Zawahiri, médecin égyptien devenu bras droit de Ben Laden, qui se terre dans les zones tribales entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Le GIA en Algérie

Il conviendrait de parler davantage « des » GIA que « du » GIA (Groupe islamique armé), tant le mouvement algérien est émietté. Apparue en 1991, cette nébuleuse est particulièrement violente, hostile à toute implication avec le pouvoir politique, contrairement au FIS (Front islamique du Salut). Attentats, assassinats aveugles ou ciblés, trafics de drogue, extorsion de fonds : les militants sont prêts à tout pour imposer la charia. Plusieurs milliers de ses combattants sont passés par les camps d'entraînement en Afghanistan, où le discours s'est davantage radicalisé, notamment avec l'acceptation de l'assassinat de musulmans.

Ces groupuscules s'agrègent pour des opérations spectaculaires, tels les attentats sur la route de Blida ou dans la plaine de la Mitidja. Deux courants principaux animent le coeur du GIA, fort d'un millier de combattants : un courant salafiste, pour le retour à la tradition comme au temps du prophète Mahomet, et un courant djazaariste, basé sur un nationalisme exacerbé. L'espérance de vie des émirs (les chefs de bandes) est limitée (estimée au plus fort de la guérilla à trois semaines en ville, deux mois à la campagne). Leurs remplaçants sont souvent plus jeunes, illettrés et ne connaissant guère le Coran. Il en résulte une sorte de mouvement hybride, fait d'éléments religieux et de jeunes délinquants. L'intégration des groupuscules, la montée au maquis sont souvent motivés par l'envie de revanche contre le pouvoir, rendu responsable de toutes les frustrations, et les éventuelles facilités matérielles. Ce qui explique les dérives du GIA, avec les massacres de civils, destinés à marquer un territoire politico-militaire, à rivaliser avec les autres groupuscules et à s'approvisionner en matériels ou en vivres.

Reste que l'intensité des opérations a décliné ces dernières années, en raison justement de cette violence aveugle qui a coupé le GIA d'une partie de sa base populaire et de la répression menée par les militaires algériens. A noter que les services secrets ont manipulé à plusieurs reprises le GIA, en particulier grâce à des repentis et des agents infiltrés. Des soupçons pèsent sur l'armée, accusée par des politiques et intellectuels d'avoir organisé des attentats afin de discréditer le mouvement islamiste et de justifier la poursuite de la contre-guérilla, qui sert les intérêts économiques de cercles du pouvoir politique et militaire.

Enfin, le jusqu'au-boutisme du GIA a conduit à des scissions, notamment à celle du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), créé en 1998 par Hassan Hattab, alias Abou Hamza, et composé de 300 à 600 moudjahidin (combattants). Aywan al-Zawahiri, le n° 2 d'Al-Qaïda, a affirmé que le GSPC avait fait allégeance en 2006 au groupe fondé par Ben Laden.

Sources Historia

Posté par Adriana Evangelizt


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Published by Adriana Evangelizt - dans RELIGION-INTEGRISME
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