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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 02:32

La première partie ICI...

Où l'on apprend que le dieu Jahvé avec un J était un dieu des volcans, "un sinistre et sanguinaire démon qui rôde pendant la nuit et redoute la lumière du jour" et que les traits de caractère du Yahvé de la Bible étaient empruntés au caractère de Moïse qui était d'un genre plutôt violent, jaloux, sévère et implacable... peu à peu tout s'éclaire...  

 

 

 Moïse et le monothéisme

 

par Sigmund Freud

1939

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie

Si Moïse fut égyptien

IV

 

Ainsi j'ai situé l'histoire de Moïse l'Égyptien à l'époque d'Ikhnaton, j'ai dit que sa décision de prendre en main les intérêts du peuple juif fut dictée par la situation politique du pays à ce moment-là, enfin j'ai reconnu que la religion qu'il donna à son peuple était la religion d'Aton qui venait justement d'être rejetée par les Égyptiens. Je m'attends maintenant au reproche d'avoir bâti cet édifice sur des conjonctures avec une conviction qui ne s'appuie nullement sur des documents certains. Il me semble que ce reproche est injustifié. J'ai déjà fait ressortir dans mon introduction l'élément de doute et l'ai, pour ainsi dire, mis en exergue, ce qui devrait m'épargner la peine de recommencer chaque fois.

Certaines de mes propres observations critiques viendront s'ajouter à cette discussion. Le point essentiel de notre thèse, à savoir la dépendance du monothéisme juif de l'épisode monothéiste dans l'histoire égyptienne, a été pressenti et signalé par divers auteurs. Il est inutile de les citer ici parce qu'aucun d'entre eux n'a su dire par quelle voie s'était exercée cette influence. Bien qu'elle demeure pour nous liée à la personne de Moïse, il n'en est pas moins vrai que d'autres possibilités subsistent en dehors de celle que nous préférons. Rien ne permet de supposer que la chute de la religion officielle d'Aton ait marqué la fin totale du mouvement monothéiste en Égypte. L'École de prêtres d'On, d'où le monothéisme avait pris son essor, survécut à la catastrophe et dut sans doute continuer à professer bien après Ikhnaton et à enseigner les générations. Même dans le cas où Moïse n'aurait pas été le contemporain d'Ikhnaton, même si le prophète n'avait pas subi l'influence personnelle de ce souverain, rien n'empêcherait de croire qu'il ait pu être un adepte ou même un membre de l'École d'On. Cette hypothèse nous amènerait à situer l'Exode au XIIIe siècle, date généralement admise, mais que rien d'autre ne permet de confirmer. Mais comment expliquer alors les motifs qui ont guidé Moïse dont l'Exode n'aurait pu s'accomplir aussi aisément s'il n'avait coïncidé avec une période d'anarchie en Égypte. Les souverains de la XIXe dynastie, successeurs d'Ikhnaton, gouvernèrent énergiquement le pays. Toutes les conditions extérieures et intérieures susceptibles de favoriser l'Exode ne se sont présentées qu'immédiatement après la mort du roi impie.


Les Juifs possèdent une riche
littérature extra-biblique dans laquelle on trouve les légendes et les mythes qui se sont, au cours des siècles, accumulés autour de la grandiose figure du chef, du fondateur de la religion et qui ont déformé et obscurci cette figure. Parmi tout ce matériel, certains fragments de la bonne tradition ont pu être disséminés après n'avoir trouvé aucune place dans le Pentateuque. L'une de ces légendes décrit de façon attrayante comment l'orgueil de Moïse se manifesta dès son enfance. Un jour le pharaon, jouant avec lui, l'avait pris dans ses bras et le soulevait très haut. L'enfant alors âgé de trois ans, lui ôta sa couronne et se la posa sur la bête. Le roi, effrayé de ce présage, consulta ses sages 1. Ailleurs, le récit fait mention des exploits guerriers de Moïse en Éthiopie, en ajoutant que s'il dut fuir d'Égypte, c'est parce qu'il avait à redouter la jalousie d'une faction de la cour, voire celle du pharaon lui-même. L'exposé biblique lui-même prête à Moïse certains traits de caractère auxquels on est tenté d'ajouter foi. Le prophète y apparaît irrascible, violent; c'est ainsi que dans un accès de colère, il tue un brutal surveillant qui malmenait un ouvrier juif, ou bien indigné de voir la déchéance de son peuple, il brise les tables de la Loi qui lui avaient été données sur le Mont Sinaï. Dieu lui-même, enfin, pour un acte d'impatience dont nous ne connaissons pas la nature, le châtie. Comme de pareils traits de caractère ne jettent pas un jour glorieux sur le personnage, ils pourraient bien être conformes à la vérité historique. Il est possible aussi que certains traits de caractère rajoutés par les Juifs à leur conception antérieure de Dieu aient pu au fond être empruntés au souvenir de Moïse, par exemple quand ils décrivent un dieu jaloux, sévère et implacable. Au reste, n'était-ce pas Moïse et non point un dieu invisible qui les avait tirés d'Égypte.


Un autre trait imputé à Moïse mérite lui aussi tout spécialement de retenir notre attention. Le prophète semble avoir eu «
la parole difficile », c'est-à-dire qu'il dut être affligé d'une inhibition au langage ou d'un défaut de prononciation, de sorte que dans ses prétendues discussions avec le pharaon il fit appel à Aaron qu'on dit avoir été son frère. Peut-être là encore s'agit-il d'une vérité historique, ce qui contribuerait heureusement à animer le portrait du grand homme. Mais en peut en tirer une conclusion bien plus importante encore. le récit, par cette voie détournée, n'indiquerait-il pas que Moïse était un étranger, incapable, tout au moins au début de ses relations avec les Néo-Égyptiens sémites, de communiquer avec eux sans le secours d'un interprète ? C'est là une nouvelle confirmation de la thèse : Moïse était égyptien.


Il semble que nous soyons ici parvenus à une conclusion tout au moins provisoire. Que notre hypothèse de la nationalité égyptienne soit ou non exacte, il semble au premier abord que nous n'en puissions plus rien déduire. Tout historien ne peut considérer le récit biblique de la vie de Moïse et de l'Exode que
comme un mythe pieux où quelque lointaine tradition a été remaniée de façon tendancieuse. Nous ne savons pas ce que fut à l'origine cette tradition. Nous voudrions aussi deviner ce que purent être les tendances déformantes, mais l'ignorance des événements historiques nous maintient dans l'obscurité. Si nous n'avons pas, dans notre reconstitution, laissé de place à certains événements sensationnels de la Bible tels que les dix plaies, le passage de la mer Rouge, le don solennel de la Loi sur le Sinaï, cela ne doit pas nous troubler. Toutefois le fait de nous trouver en opposition avec les recherches historiques objectives contemporaines ne saurait nous laisser indifférent.


Ces historiens modernes en tête desquels nous plaçons Ed. Meyer 2 sont d'accord avec la Bible sur un point essentiel. Ils reconnaissent que les tribus juives qui formèrent ultérieurement le peuple d'Israël adoptèrent, à un moment donné,
une nouvelle religion. Mais cet événement n'eut pas lieu en Égypte non plus qu'au pied d'une montagne dans la presqu'île de Sinaï, mais bien dans un endroit appelé Meribat- Quadès, oasis connue pour l'abondance de ses sources et de ses fontaines, dans le pays au sud de la Palestine, entre l'extrémité est de la presqu’île de Sinaï et l'extrémité ouest de l'Arabie. Les Juifs y adoptèrent le culte d'un dieu Jahvé en l'empruntant sans doute à la tribu arabe voisine des Midianites. Il est probable que d'autres tribus proches adoptèrent, elles aussi, ce dieu4.


Jahvé était certainement un dieu des volcans. Or, nul ne l'ignore, il n'y a pas de volcans en Égypte et les montagnes de la presqu'île de Sinaï n'ont jamais non plus été volcaniques. Au contraire, on trouve le long des rivages ouest de l'Arabie des volcans qui furent longtemps actifs. L'un de ces monts devait être le Sinaï-Horeb dont on faisait la résidence de Jahvé 3. Malgré tous les remaniements subis par le texte nous pouvons, d'après Ed. Meyer, reconstituer le portrait du dieu : c'est un sinistre et sanguinaire démon qui rôde pendant la nuit et redoute la lumière du jour 4.

 


A la naissance de la nouvelle religion,
le médiateur entre Dieu et le peuple a été appelé Moïse. C'était le gendre du prêtre midianite Jethro dont il gardait les troupeaux lorsqu'il fut appelé par Dieu. Jethro, pour lui donner son enseignement, vint le voir à Quadès.


Ed. Meyer déclare n'avoir jamais douté qu'il n'y eût une part de vérité dans l'histoire du séjour en Égypte et de la catastrophe subie par les Égyptiens 5 mais ne sait évidemment pas où situer ces faits ni comment les utiliser. Il ne consent à attribuer
une origine égyptienne qu'à la seule coutume de la circoncision. Il enrichit de deux renseignements importants notre précédente argumentation en nous disant d'abord que « Josué demanda au peuple d'adopter la circoncision pour détourner les sarcasmes des Égyptiens », ensuite en citant Hérodote qui raconte que les Phéniciens (il s'agit sans doute des Juifs) et les Syriens en Palestine reconnaissent eux-mêmes avoir emprunté aux Égyptiens la coutume de la circoncision 6. Mais l'idée d'un Moïse égyptien ne lui plaît guère. « Le Moïse que nous connaissons », dit-il, « est l'ancêtre des prêtres de Quadès, c'est-à-dire une figure de légende généalogique en rapport avec le culte et non un personnage historique. D'ailleurs, à l'exception de ceux qui attribuent en bloc à toute tradition une valeur historique, personne, parmi ceux qui ont considéré Moïse comme un personnage historique, n'a réussi à remplir cette forme vide d'un contenu quelconque, personne n'est parvenu à en faire une personnalité concrète ni n'a pu nous apprendre quoi que ce soit sur ce qu'il a créé ou sur son oeuvre historique 7. »


Par contre, Ed. Meyer ne se lasse jamais de faire ressortir
les relations de Moïse avec Quadès et Midian. « La figure de Moïse est si étroitement liée à Midian et aux sanctuaires du désert... 8 » « Cette figure de Moïse est inséparablement associée à Quadès (Massa et Meriba) ; en épousant la fille du prêtre midianite, il a encore resserré ces liens. Au contraire, les connexions avec l'Exode et l'histoire de son enfance dans son ensemble sont tout à fait secondaires et résultent tout simplement de ce qu'il fallait intégrer Moïse dans une histoire cohérente et suivie 9. » Il rappelle ensuite que tous les faits importants cités dans l'histoire de Moïse ont été omis par la suite. « Moïse à Midian n'est plus un Égyptien ni le gendre du pharaon, mais un pâtre auquel Jahvé se manifeste. Dans le récit des dix plaies, il n'est plus fait mention de ses anciennes relations, quelque efficience qu'elles aient pu avoir, et l'ordre de tuer les nouveau-nés israélites semble tout à fait oublié. En ce qui concerne l'Exode et la ruine des Égyptiens, Moïse ne joue plus aucun rôle et n'est même pas nommé. Le caractère héroïque du récit de l'enfance disparaît totalement en ce qui touche le Moïse de l'époque plus tardive, il n'est plus que la créature de Dieu, un faiseur de miracles doué par Jahvé d'une puissance surnaturelle 10. »


Nous avons incontestablement l'impression que ce Moïse de Quadès et de Midian, à qui la tradition a même pu attribuer l'érection d'un serpent d'airain représentant un dieu de la guérison, est tout à fait
différent du majestueux Égyptien dont nous avons inféré l'existence et qui a donné au peuple une religion dont toute pratique de magie ou de sorcellerie se trouvait rigoureusement exclue. Notre Moïse égyptien diffère peut-être tout autant du Moïse de Midian que le dieu universel Aton de l'habitant de la montagne sacrée : Jahvé le démon. Et si nous ajoutons foi, dans une certaine mesure, aux découvertes des historiens modernes, nous sommes forcés d'admettre que le fil qui devait, à partir de la croyance en l'origine égyptienne de Moïse, nous servir à tisser notre trame, se trouve rompu pour la seconde fois et ici sans espoir de raccord.

 La 5 ème partie

 

1 La même anecdote, légèrement modifiée, est relatée par Josèphe.

2 Ed. Meyer, Die Israeliten und ihre Nachbarstamme (Les Israélites et les tribus apparentées), 1906.
3 En divers endroits du texte biblique, il est dit que Jahvé descendit du Sinaï à Meribat-Quadès. 
4 L. c., pp. 38, 58. 
5 L. c., p. 49.

6 L. c. 449. 
7 L. c. 451. 
8 L. c. 49. 
9 L. c., p. 72. 
10 L. c., p. 47.

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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commentaires

yechua shiva 11/01/2007 14:41

En réallité, c'est Lucifer que Moïse a rencontré sur la montagne et Lucifer lui a donné les dix commandements pour éviter que les tribus se comportent commes des bêtes sauvages.

Jeremy Seven 10/01/2007 17:03

Très intéressant sur l'origine de Yahvé, il faudrait un texte pareil sur l'origine de Satan ;-).

André 10/01/2007 16:36

Un texte extrêmement intéressant. Freud a raison de souligner que les qualités attribuées à Dieu sont le reflet des nôtres et de notre société. Le dieu de Bush aime le pétrole, celui de Moïse aimait le sang (là celui de Bush aussi)..Un moment arrive où on comprend que nous sommes tellement liés à Lui qu'il est nous et que nous sommes lui, que nous n'en avons jamais été séparés.  A ce moment, notre vie bascule, nous ne pouvons plus vivre comme avant.

Christophe Moreau 10/01/2007 01:38

Pour l´exil il y a beaucoup d´argument pour dire quíl n´a pas eu lieu, tout au moins comme le raconte la bible.
Il suffit de calculer les besoin en eau et nourriture des 500 000 personnes que Moise aurait emmenées pour comprendre.
1 litre d´esu par jour par personne en marche forcée dans le desert c´est peu, et cela represente deja 500 tonnes par jour seulement en eau, avec l´armée du Pharaon à ses trousses (L´armée la meilleure équipée de l´époque). donc pour les dix premier jour 5000 tonnes d´eau, soit l´équivalent de 240 camions citernes, de plus il faut nourrir tout ce monde, et dans le desert les aliments frais ne dure pas longtemps. alors entre eau et nourriture environ 10 000 tonnes pour 10 jours, et ils sont restés soi disant des années dans ce desert...
Non cette histoire n´a vraiment  pas de sens et pas de fondement...
Autre point important, n´importe qu´elle egyptologue confirmera qu´a cette epoque, l´esclavage n´existait pas en Egypte, ce qui confirme que cette histoire de Moise et d´exode pour echapper a l´esclavage est un mythe, une légende.
Salut
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