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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 20:55

La première partie se trouve ICI...

Où l'on apprend que Moïse ramena d'Egypte la religion d'Akhenaton mais aussi la circoncision.

 

Moïse et le monothéisme

 

par Sigmund Freud

1939

3ème partie

2ème partie

1ère partie


Si Moïse fut égyptien

 

III
 

Essayons maintenant de tirer de tout ceci quelques conclusions : si Moïse fut bien un Égyptien, s'il donna aux Juifs sa propre religion, ce fut celle d'Ikhnaton, la religion d'Aton.


Nous avons plus haut établi un parallèle entre la religion juive et la religion égyptienne populaire et montré
combien elles différaient. Appliquons-nous maintenant à comparer la religion juive à celle d'Aton pour montrer leur identité primitive.

Ce n'est pas là, nous le savons, une tâche facile car la soif de vengeance des prêtres d'Amon nous a privés de bien des renseignements sur la religion d'Aton. Quant à la religion mosaïque, nous ne la connaissons que sous sa forme définitive, telle qu'elle se trouva fixée, environ 800 ans plus tard, par le clergé juif, dans la période qui suivit l'Exil. Si malgré cette insuffisance de documents, nous parvenions à trouver certains indices susceptibles de confirmer notre thèse, ceux-ci seraient pour nous d'un grand prix.


Il y aurait bien un moyen facile d'étayer notre thèse de l'identité des religions d'Aton et de Moïse, ce serait de nous servir d'une profession de foi, d'une proclamation. Mais alors on nous objecterait, je le crains, que cette voie est impraticable. Le credo juif, on le sait, dit :«Schema Jisroel Adonai Elohenu Adonai Echod. » Si ce n'est pas seulement par hasard que le nom égyptien
Aton (ou Atum) rappelle le mot hébraïque Adonai et le nom divin syrien d'Adonis, si cette ressemblance est le fait d'une similitude primitive de sens et de langage, voilà comment on peut traduire la formule juive : « Écoute, ô Israël! Notre dieu Aton (Adonai) est le dieu unique. » Ma totale incompétence dans ce domaine m'empêche malheureusement de résoudre la question et je n'ai pas non plus trouvé, dans la littérature, beaucoup de renseignements la concernant 1. En outre, il ne faut pas en prendre à son aise en pareille matière. Nous aurons d'ailleurs à revenir sur le problème du nom de la divinité.


Les similitudes aussi bien que les divergences entre les deux religions sont aisément discernables mais ne nous éclairent pas beaucoup. Toutes deux sont des formes
d'un rigoureux monothéisme et nous inclinerons, de prime abord, à rapporter à ce caractère fondamental toutes les concordances observées. Le monothéisme juif est, sur certains points, plus rigide encore que l'égyptien, par exemple quand il interdit toute représentation plastique. En dehors du nom de la divinité, la différence la plus essentielle réside en ce que la religion juive a entièrement abandonné le culte du soleil tandis que les Égyptiens continuent à s'y adonner. En comparant la religion populaire égyptienne avec la religion juive, il nous est apparu qu'à côté du contraste de principe, un élément de contradiction intentionnelle entrait en jeu dans la divergence des deux religions. Cette impression se confirme si, dans notre parallèle, nous remplaçons la religion juive par celle d'Aton qu'Ikhnaton, nous l'avons vu, avait instituée par hostilité intentionnelle envers la religion populaire. Nous nous étonnions, à juste titre, de constater que la religion juive ignorait l'au-delà et l'existence après la mort, croyance qui n'est cependant pas incompatible avec le monothéisme le plus strict. Cet étonnement se dissipe si nous passons de la religion juive à celle d'Aton et si nous admettons que cette négation de la vie future est empruntée à la religion d'Ilhnaton. Pour ce dernier, rejeter l'idée d'un au-delà était devenu une nécessité dans sa lutte contre la religion populaire où le dieu des morts, Osiris, jouait un rôle plus grand peut-être que n'importe quel autre dieu des régions supérieures. La concordance, sur ce point important, des religions juives et d'Aton constitue un premier argument sérieux en faveur de notre thèse. Nous verrons qu'il n'est pas le seul.


Moïse n'a pas seulement
donné aux Juifs une nouvelle religion : il a aussi, c'est certain, institué la pratique de la circoncision, ce qui est d'une importance capitale au point de vue du problème qui nous occupe. Pourtant ce fait a jusqu'ici été assez négligé. Il est vrai que le récit biblique le contredit souvent, d'abord en faisant remonter la circoncision à l'époque des patriarches et en la considérant comme un signe de l'alliance conclue entre Dieu et Abraham, ensuite en racontant, dans un passage particulièrement obscur, que Dieu, irrité de voir Moïse négliger cette coutume sacrée, résolut de le punir de mort et que l'épouse de Moïse, une Midianite, sauva son époux menacé de la colère divine, en pratiquant rapidement l'opération. Toutefois il ne s'agit là que de déformations qui ne doivent pas nous induire en erreur et dont nous connaîtrons plus tard les motifs. Il n'en reste pas moins vrai que si nous nous demandons d'où est venue aux Juifs la pratique de la circoncision, nous, ne pouvons répondre qu'en disant : « d'Égypte ». Hérodote, le père de l'Histoire », nous apprend que la circoncision était depuis longtemps pratiquée en Égypte et ses affirmations ont été confirmées par la découverte des momies et même par certains dessins sur les parois des tombeaux. Nul autre peuple de la Méditerranée orientale n'a, à ce que nous sachions, adopté cette coutume. Nous pouvons admettre que les Sémites, Babyloniens et Sumériens n'étaient pas circoncis. La Bible elle-même en dit autant des habitants de Canaan et cela est présupposé dans l'aventure de la fille de Jacob et du prince de Sichem 2. Nous considérons comme dénuée de fondement l'hypothèse suivant laquelle les Juifs, en Égypte, auraient adopté, autrement que par rapport avec la religion fondée par Moïse, l'usage de la circoncision. N'oublions pas que la circoncision était en Égypte une coutume partout répandue dans le peuple et admettons un moment que Moïse, comme on le croit en général, ait été un Juif déterminé à délivrer ses compatriotes du joug égyptien, à les conduire dans un pays où ils pourraient jouir fièrement de leur indépendance nationale, ce qui, du reste, arriva réellement. Dans quel but alors leur imposer aussi une pénible coutume qui aurait, dans une certaine mesure, tendu à en faire des Égyptiens ? Pourquoi perpétuer chez eux le souvenir de l'Égypte ? Les efforts de Moïse ne visaient-ils pas, au contraire, à faire oublier à son peuple juif le pays de sa servitude et à étouffer en lui la nostalgie des « oignons » d'Égypte ? Non, notre point de départ et l'hypothèse que nous lui avons adjointe sont à tel point inconciliables que nous sommes en droit d'en tirer la conclusion suivante :
Si Moïse a donné aux Juifs non seulement une nouvelle religion, mais encore la loi de la circoncision,
c'est qu'il n'était pas juif mais égyptien, d'où il s'ensuit que la religion mosaïque était vraisemblablement une religion égyptienne, non pas celle du peuple, trop différente, mais la religion d'Aton avec laquelle la religion juive concorde sur bien des points importants.


Comme je l'ai déjà fait observer, mon hypothèse de l'origine non pas juive mais égyptienne de Moïse soulève une nouvelle énigme. Des manières d'agir qui paraîtraient normales chez un juif deviennent incompréhensibles chez un Égyptien. Toutefois si nous situons Moïse à l'époque d'Ikhnaton, si nous le mettons en rapport avec ce pharaon, alors l'énigme est éclaircie et les questions qui se posent semblent résolues. Supposons que Moïse ait appartenu à une noble famille, qu'il ait occupé une haute situation, que peut-être il ait été membre de la famille royale, comme le dit la légende. Certainement conscient de ses grandes possibilités,
il était ambitieux et énergique, peut-être rêvait-il de devenir un jour chef de son peuple et maître de l'Empire.

Familier du pharaon, il se montrait adepte convaincu de la nouvelle foi dont il avait compris les idées dominantes en se les appropriant. Lors de la réaction qui se produisit à la mort du souverain, il vit s'effondrer toutes ses espérances, tous ses desseins. A moins qu'il n'abjurât ses chères croyances, l'Égypte n'avait plus rien à lui offrir ; il avait perdu sa patrie. Dans sa détresse, il trouva un curieux expédient. Le rêveur Ikhnaton s'était aliéné l'esprit de son peuple et avait laissé morceler son empire. Doué d'une nature énergique, Moïse conçut le plan de fonder un nouvel empire auquel il donnerait la religion dédaignée par l'Égypte. C'était, on le voit, une tentative héroïque pour contrecarrer le destin, pour chercher une compensation, dans deux directions, aux dommages qu'il avait subis du fait de la catastrophe d'Ikhnaton. Peut-être était-il alors gouverneur de cette province-frontière (terre de Gessen) où certaines tribus sémitiques s'étaient établies, sans doute dès l'époque d'Hyksos. C'est de ces tribus qu'il voulut faire son nouveau peuple, décision d'une importance historique considérable 3.


Il se mit donc en rapport avec ces tribus,
se plaça à leur tête et organisa « d'une main de fer » leur exode. Contrairement à ce qu'en dit la Bible, il faudrait admettre que l'Exode se réalisa sans accrocs et sans que les fuyards fussent poursuivis, ce que l'autorité de Moïse rendit possible, aucun pouvoir central n'étant là pour lui mettre des bâtons dans les roues.


Si notre hypothèse est juste,
l'Exode aurait eu lieu entre 1358 et 1350, c'est-à-dire après la mort d'Ikhnaton et avant qu'Harembad 4 eût rétabli l'autorité de l'État. Le but du voyage ne pouvait être que le pays de Canaan. C'est là qu'après l'écroulement de la suprématie égyptienne, des hordes de belliqueux Araméens avaient pénétré en conquérants et en pillards, indiquant ainsi dans quel lieu un peuple capable pourrait s'assurer la possession de nouvelles terres. Ces guerriers nous sont connus par les lettres découvertes en 1887 dans les archives de la cité en ruines d'Amarna. Ils y sont appelés Habiru et ce nom a ensuite été transféré, on ne sait comment, aux nouveaux envahisseurs juifs : les Hébreux, qui, venus plus tard, ne pouvaient être nommés dans les lettres d'Amarna. Au sud de la Palestine, à Canaan, vivaient aussi certaines tribus apparentées étroitement aux Juifs venus d'Égypte.


Ce sont, à notre avis,
les mêmes motifs qui ont fait adopter la circoncision et provoqué l'Exode. On sait de quelle manière les hommes, peuples ou individus, réagissent à l'égard de cette très ancienne coutume devenue si malaisée à comprendre. A ceux qui ne l'ont point adoptée, elle semble singulière et assez effrayante, mais ceux qui l'ont conservée en sont fiers. Ils se sentent grandis, anoblis par elle et méprisent les incirconcis qu'ils trouvent malpropres. Aujourd'hui encore, l'une des injures que jette le Turc à la tête du Chrétien est celle de « Chien incirconcis ». Tout porte à croire que Moïse qui, en sa qualité d'Égyptien était circoncis, devait partager cette manière de voir. Il fallait donc que les Juifs en compagnie desquels il abandonna sa patrie remplaçassent avantageusement pour lui les Égyptiens qu'il quittait et ne fussent en aucun cas inférieurs à ceux-ci. Moïse voulait faire d'eux un « peuple saint », ainsi qu'il est textuellement dit dans la Bible. C'est en signe de cette consécration qu'il leur fit adopter la coutume qui les rendrait au moins les égaux des Égyptiens. En outre, il ne pouvait être qu'agréable à Moïse de les voir se distinguer, par la circoncision, des peuples étrangers chez qui leur exode devait les conduire. Les Juifs éviteraient ainsi de se mêler à ces peuples, semblables en cela aux Égyptiens eux-mêmes qui se différenciaient de tous les étrangers 5.


La tradition juive, cependant,
se comporta ultérieurement comme si elle avait été accablée par les conclusions que nous venons d'exposer. Admettre que la circoncision avait été une coutume égyptienne, cela équivalait à peu près à reconnaître que la religion donnée par Moïse était une religion égyptienne. Et comme les Juifs avaient de bonnes raisons pour nier ce fait, il leur fallait bien aussi contester tout ce qui se rapportait à la circoncision.

1 Quelques passages seulement dans Weigall, l. c., p. 12, 19 : « Le dieu Atum qui décrivait Re comme le soleil couchant, était sans doute de la même origine qu'Aton adoré en Syrie du Nord. Ainsi une reine étrangère aussi bien que sa suite aurait pu se sentir plus attirée vers Héliopolis que vers Thèbes. »

2 Nous savons qu'en traitant de façon si désinvolte et si arbitraire la tradition biblique, en utilisant seulement ceux de ses textes qui corroborent nos vues tandis que nous rejetons sans hésiter ceux qui infirment ces dernières, nous nous exposons à voir sévèrement critiquer notre méthode et nous diminuons la force convaincante de nos arguments. C'est là cependant la seule façon possible de traiter un matériel dont l'authenticité, comme on sait, a été sérieusement endommagée du fait de déformations tendancieuses. Espérons qu'une fois ces motifs secrets découverts, justice sera rendue à nos efforts. Il est impossible de parvenir à une certitude et nous prétendons d'ailleurs que d'autres auteurs ont agi comme nous.

3 Si Moïse fut bien un haut fonctionnaire, nous comprenons plus aisément le rôle de chef qu'il assuma auprès des Juifs. S'il fut prêtre, il lui devint facile d'apparaître comme un fondateur de religion. Dans les deux cas, il n'aurait fait que continuer à exercer sa profession. Un prince royal pouvait aisément être à la fois gouverneur et prêtre. Flavius Josèphe (Antiqu. jud.) admet le mythe de l'abandon mais semble avoir eu connaissance d'autres traditions que celles de la Bible. D'après lui, Moïse est un chef d'armée égyptien qui mena en Éthiopie une guerre victorieuse.


4 L'Exode aurait donc eu lieu
un siècle environ plus tôt que ne l'admettent la plupart des historiens qui le situent à l'époque de la XIXe dynastie, sous le règne de Merneptah ou peut-être un peu plus tard, car les relations officielles semblent placer l'interrègne sous le règne d'Harembad.

5 Hérodote, qui visita l'Égypte aux environs de 450 av. J.-C., relate dans le récit de son voyage un fait bien propre à caractériser le peuple égyptien et qui offre une surprenante similitude avec certaines particularités connues du judaïsme plus tardif. « Ils sont, à tom égards, plus pieux que les autres hommes desquels ils se distinguent encore par certaines coutumes. Ainsi ils pratiquent la circoncision qu'ils furent pour des raisons de propreté les premiers à adopter; ensuite ils ont horreur des porcs, ce qui tient certainement au fait que Set sous la forme d'un porc noir a blessé Horus ; enfin et surtout, ils respectent les vaches que jamais ils ne mangent ni ne sacrifient parce que, ce faisant, ils offenseraient Isis aux Cornes de vache. C'est pourquoi jamais un homme ou une femme égyptiens ne voudraient embrasser un Grec, se servir de son couteau, de sa broche ou de sa marmite, ni ne mangeraient de la chair d'un bœuf (pourtant) pur qui aurait été découpé avec un couteau grec... Dans leur étroit orgueil, ils considéraient de haut les autres peuples qui étaient impurs et plus éloignés qu'eux-mêmes des dieux. » (D'après Erman, The Egyptian Religion, p. 181, etc.).
Naturellement nous n'aurons garde d'oublier ici les parallèles tirés de la vie des Hindous. Et, soit dit en passant, qui donc a suggéré au poète juif Henri Heine, au XIXe siècle après J.-C., de
se plaindre de sa religion un disant qu'elle était « ce fléau ramené de la vallée du Nil, la foi malsaine de la vieille Égypte ».

 

La suite... Si Moïse fut égyptien IV

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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