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21 décembre 2006 4 21 /12 /décembre /2006 02:44

Premier article d'une série de trois sur le sacrifice. On commence par le sacrifice antique souvent cruel et barbare puisqu'il y est question d'holocaustes d'animaux. Explication donc de la tradition de Moïse qu'il avait ramené d'Egypte... où l'on comprend mieux l'opposition du Galiléen sur la question. Car à quoi bon sacrifier un animal pour "abollir" ses mauvaises actions et qu'un dieu les pardonne ? Le sacrifice c'est sur soi-même qu'il faut l'exercer en se réformant... en s'améliorant... ce sera l'objet du second article quant au message de Ieschoua...

Nous sommes obligés de décomposer cet article en 2 parties.

 

 

Le Sacrifice antique

 

 

par Sédir

 

1ère partie

 

 





L'échange est l'expression la plus générale des rapports entre les êtres. Chaque créature reçoit quelque chose de toutes les autres, et leur rend autre chose. Entre systèmes solaires et planétaires, entre les minéraux, les plantes et les animaux, entre la mer et l'atmosphère, entre l'homme et la Nature, entre les mondes invisibles et les visibles, entre les dieux et les démons, entre les hommes eux-mêmes, entre l'homme enfin et Dieu, tout n'est qu'échanges : obligatoires ou délibérés, cupides ou généreux, involontaires ou conscients.

Ces contrats innombrables, lorsqu'ils sont tacites, forment le jeu normal des lois qui régissent la vie universelle. Lorsqu'ils sont exprès, ils résultent de l'impérieux besoin qu'un être éprouve d'un secours extraordinaire. Sans entreprendre ici une énumération fastidieuse de tous les cas que présentent les situations physiques, morales, intellectuelles ou spirituelles dans lesquelles les créatures peuvent mutuellement se trouver, je considérerai seulement celles d'entre elles qui ressortissent au domaine religieux.

L'homme primitif, perdu dans la jungle préhistorique, essaie de ravir à ses compagnons les proies qu'ils ont conquises ou les objets utiles qu'ils ont fabriqués. Il tente l'échange et, si l'échange ne réussit pas, il se rue à la bataille. Mais il se sent parfois seul, faible et désarmé, surtout devant l'assaut inexorable des forces naturelles. Il conçoit alors l'existence probable d'êtres plus puissants que lui, de génies, de dieux méchants ou bons, et il en vient vite à chercher comment attendrir les premiers, se concilier les seconds, ou même comment lancer ceux-ci contre ceux-là. Telle est la forme primitive de la religion : une crainte, un appel, et peu à peu se constitue un ensemble de pratiques empiriques d'où naît la magie des sauvages.

Cette conception religieuse d'un commerce profitable entre l'homme et un invisible plus puissant s'épure peu à peu, au cours des siècles, à mesure que se précise l'idée d'un Etre suprême. Et l'on voit, dans les grandes religions antiques, celles de la Chine, de l'Inde, de l'Iran, de l'Egypte, puis d'lsraël, de la Grèce et de Rome, s'établir le double usage d'un culte social auquel les foules sont conviées, et d'un culte personnel qui sublimise les éléments exotériques du sacrifice et en organise la pratique dans la vie intérieure d'un certain nombre d'individus d'élite.

Il m'est impossible d'analyser ici dans leurs formes et dans leur esprit les rituels vénérables élaborés par Fo-Hi, par Vyasa, par le premier Zoroastre, par Moïse, conformément aux besoins de leurs peuples et à leurs compréhensions de la vie universelle. Il me faudrait pour cela toute une année de causeries.

Mais nous allons, si vous le voulez bien, jeter un regard d'ensemble sur les conceptions hindoues du sacrifice, puis analyser rapidement les principaux éléments du culte antique le plus près du nôtre : le culte israélite. Nous nous rendrons compte ainsi, autant qu'il est possible dans un si court espace, des croyances préalables qu'il suppose et des moyens mis en oeuvre pour faire descendre sur les hommes telle des forces supé-rieures qu'ils ont crue capable de les aider à vivre.



* * *



C'est l'Inde, je crois, qui offre du sacrifice la matière la plus riche; il faudrait des années pour l'épuiser. Je ne me permettrai de dire ici que quelques vues très générales.

Nos orientalistes pensent que la première idée du sacrifice vient
de la découverte du feu. Le feu, Agni, est invoqué à chaque ligne des rituels védiques. Pour l'homme primitif, l'importance du feu pour la conservation de sa vie est telle qu'il prend peu à peu l'habitude d'entourer la naissance et l'entretien du feu des mêmes paroles, des mêmes gestes, qui deviennent par la suite des rites indispensables. Lorsque la science sacrée des relations de l'homme avec l'invisible se constitue, le feu physique devient le signe de plusieurs autres feux plus subtils : le feu élémentaire, le feu éthéré, le feu du firmament, le feu solaire, le feu intellectuel, le feu cosmique; et ces sept sortes de flammes, en se combinant avec les autres formes de la force universelle, engendrent les quarante-neuf flammes d'Agni, la cinquantième, indescriptible et insaisissable, étant identique au Brahman et à l'Atman.

L'un des Brahmanas,
le Çatopatha, enseigne que la Création tout entière n'est qu'un immense et continuel sacrifice, le premier et le dernier, le principe, le modèle et le terme de tous les sacrifices. Car le Seigneur (Pradjapati) y préside comme prêtre, comme victime, comme agent (feu) et comme bénéficiaire ou destinataire. Nous retrouverons une thèse semblable dans la théologie catholique.

Le sacrifice, ajoute le même livre, pour que la vie du monde demeure normale, doit être continu : non point une suite de cérémonies distinctes, mais une
trame sans fin d'holocaustes et d'hommages tendue de toute la surface de la terre sacrée jusqu'à toute la superficie des univers visibles et invisibles qui roulent rythmiquement autour du point originel. Il va partout et tout converge vers lui; il fait descendre les dieux, et monter l'homme aux séjours célestes; il est pour lui la seconde naissance, la troisième étant la libération définitive.

Au regard du Brahmane,
tout est sacrifice : la nourriture qu'on jette aux animaux; l'aumône donnée au mendiant; l'offrande funéraire qui nourrit les mânes et les attire près du foyer familial; le culte rendu aux dieux qui se nourrissent de la fumée du bois, des graines, des parfums; l'ascétisme du Yogi tendu vers l'Absolu.

A leur tour,
les animaux aident l'homme; le pauvre secouru efface des péchés; les ancêtres protègent les fils pieux; les dieux envoient la santé, la chance et la richesse; et Parabrahm délivre son dévot.

Il paraîtrait que, dans les siècles primitifs,
on a sacrifié le bouc, la brebis, la vache, le cheval et même l'homme. C'étaient des complications du rite originel, lequel se contentait de nourrir le feu tutélaire avec du bois et des aspersions de beurre et de soma. Le brahmanisme revêtit d'une force mystérieuse et d'un sens secret les paroles toutes simples dont les assistants accompagnaient la naissance du feu : ce furent les mantrams ou incantations. Mais en même temps se concréta l'idée qui est à la base de la magie : à savoir que la forme matérielle de l'acte religieux commande son effet spirituel et que, par suite, toute erreur, même involontaire, même minime, dans la célébration du rite, entraîne, pour le prêtre comme pour les assistants, des catastrophes inévitables, absolument comme ferait dans la chaufferie d'un paquebot l'erreur machinale d'un mécanicien.

Les mêmes idées générales se retrouvent
dans l'Avesta, dans les hiéroglyphes égyptiens, dans les livres de Moïse. Etudions ces derniers; le plan de cette science mystérieuse y apparaît plus net, plus simple que partout ailleurs, et aussi complet.



* * *



Moise dispose les cérémonies de son culte en deux catégories :
les sacrifices proprement dits et les rites animés par les sacrifices.

Dans la première se trouvent :
l'holocauste, où la victime est immolée tout entière (Olah);
le sacrifice non sanglant (Mincha);
le sacrifice de
communion (Zebach schelamim);
le sacrifice expiatoire pour un péché, ou un délit

Les rites vitalisés par le sacrifice sont :

la consécration du Grand Prêtre;
la consécration de l'autel;
la purification des femmes après l'enfantement;
la réintégration du lépreux;
la préparation de l'eau lustrale;
le rite du bouc émissaire;
le voeu du Nazir;
le sacrifice pour amener la pluie;
le sacrifice de l'agneau pascal;
et d'autres encore, aux fêtes solennelles.


Etudions l'holocauste.

Tout d'abord, il faut noter que la religion juive est essentiellement monothéiste. A l'époque, en effet,
où Moïse la promulgua, bien que les autres religions proposaient aussi un Dieu suprême à l'adoration de leurs dévots, elles peuplaient les mondes et les espaces cosmiques d'une multitude de divinités secondaires à qui incombait la gérance des nombreuses fonctions de la vie universelle, et vers qui montaient les prières des foules plus soucieuses de voir leurs désirs réalisés que d'attendre, dans une stoïque résignation, l'épuisement de leurs destins. Tout, dans l'esprit de nos ancêtres, obéissait à quelque dieu ou à quelque génie : non seulement la fortune terrestre, la fertilité des champs, la santé, les phénomènes météorologiques, la guerre, la paix, mais encore la course des planètes visibles et invisibles, les migrations des ancêtres et les mouvements des fleuves de forces cosmiques. Il était donc nécessaire à la vie religieuse de l'humanité que, sur un coin du globe, une petite peuplade reçût et conservât jalousement le dogme de l'Etre unique, cause première et maître suprême de toute la création. Il fallait que ce peuple maintînt entier ce dépôt de la Révélation primitive; il fallait à ce peuple une imperméabilité, une opiniâtreté, un orgueil de race tels qu'aucune influence étrangère, qu'aucune invasion ne pussent l'entamer. Aussi remarque-t-on chez les Hébreux les défauts de ces vertus, de même que les racines du chêne contiennent à l'état nocif les baumes bienfaisants de ses feuilles et de ses fruits. Telle est la cause de la sévérité de la loi de Moïse et de la dureté de ses commandements. Telle est la raison pour laquelle le Dieu du Sinaï est terrible, jaloux, vindicatif et si peu pitoyable.

On a beaucoup écrit sur le sens du Tétragramme sacré :
Jéhovah. Je crois que sa traduction la plus vraie, c'est : l'Etre existant par lui-même. Il était donc présenté au peuple comme le créateur, le maître tout-puissant, le justicier. Et tout ce qui sur la terre porte le sceau de la force positive, active, inflexible, était son signe et sa représentation.

Ainsi,
dans l'holocauste, la victime : taureau, bouc ou bélier est mâle, et porte des cornes, marque de vitalité. Cette victime est brûlée, consumée dans l'élément actif par excellence, le feu. Le prêtre imposait d'abord les mains sur la tête de l'animal, pour lui communiquer son âme, c'est-à-dire pour que l'âme de la victime monte vers le Très Haut, à la place de celle du prêtre. Lorsque la victime est égorgée sur l'autel, quelques minutes plus tard, dans l'espace second où vibrent les dynamismes occultes, les choses se passent comme si le sacerdote s'était lui-même immolé.
L'autel est rectangulaire, chacun de ses côtés faisant face à un point cardinal. Suivant la science égyptienne,
le nord correspond à l'élément feu,
le sud, à l'élément
terre.
l'est, à l'élément air,
l'ouest, à l'élément
eau.

Aussi la victime était elle immolée
sur le coté nord de l'autel, mais la tête tournée vers l'ouest, symbole de son retour à la substance-mère. Une fois le cadavre écorché, dépecé, lavé dans le réservoir placé à l'ouest, les graisses étaient brûlées à l'est, et la fumée montait dans l'air. La rampe par laquelle on montait sur la plate-forme de l'autel aboutissait au sud; du sol, emblème du monde matériel, le sacrificateur et la victime montaient vers le nord, sur l'autel symbole de ce pôle dynamique où se concentrent les énergies vitales de la planète, sublimisées, pour s'élever vers les mondes supérieurs. L'antique croyance que c'est par le pôle nord que partent de la terre les âmes libérées appuie cette même notion. D'ailleurs, les prêtres égyptiens pensaient, comme Moïse, que la race blanche, toute nouvelle encore à ces époques fabuleuses, et dernière née de la Terre, venait du pôle nord.

Le sang de la victime était
aspergé sur les quatre parois de l'autel. De même que l'eau des nuages, considérée comme le sang de la terre, féconde le sol en l'arrosant, de même le sang, véhicule de toute la vitalité physique de l'animal, dynamisé en outre par la consécration préalable, vitalise les pierres inertes, les sature d'énergie, les change en centre d'attraction pour une multitude de créatures invisibles, et transforme l'autel en une sorte de pôle attractif qui fait descendre du haut du firmament et de la ténèbre des atmosphères occultes les foudres toutes-puissantes de Celui que l'on ne nommait pas. Le sang joue le rôle essentiel.

Quant aux chairs, dans certains cas, on les réduisait en cendres, qui s'amoncelaient sur le côté sud de l'autel. Le sud était considéré comme le lieu bas, le lieu inférieur, où s'accumulaient tous les résidus inertes, toutes les corruptions de la planète; on plaçait là les sombres portes de l'enfer. Le sacrifice qui comportait la combustion totale de la victime était dit sacro-saint, parce qu'en effet rien de vivant ne restait, les sels de la cendre étant des substances mortes; tout ce qui, après la mort de l'animal, possédait encore une vitalité diffuse, s'était répandu dans l'atmosphère seconde, comme la fumée s'élevait dans l'atmosphère physique. Cette consommation complète se pratiquait surtout pour les sacrifices purificatoires : le sacerdote se chargeait des péchés du peuple et devenait ainsi victime; puis il transportait sa qualité de victime sur l'animal, et ce dernier, tué, puis brûlé, emportait en même temps dans les ondes de sa vie physique dématérialisée et dans les remous de son âme libérée, les larves obscures engendrées par les péchés du peuple. Car les prêtres d'Osiris et, à leur suite, les Kabbalistes, croyaient à l'existence d'une âme corporelle, attachée aux os et à la chair, et d'une âme spirituelle, la vitalité proprement dite, attachée au sang.

Lorsque certaines parties du corps de la victime étaient mises à part,
pour la nourriture des prêtres, la graisse et les os étant seuls brûlés, le sacrifice était d'une valeur beaucoup moindre.

Les Israélites pauvres pouvaient offrir un pigeon mâle à la place d'un quadrupède. Parmi les oiseaux, le pigeon était marqué de l'élément feu, donc en correspondance avec l'énergie créatrice universelle.

Sur l'autel des holocaustes, un feu perpétuel devait être entretenu, car, par delà le plus haut des empyrées, fulgure perpétuellement le feu de Jéhovah.

La victime doit brûler toute la nuit. En effet, les courants de forces qui forment la vitalité magnétique de la terre changent de polarisation quatre fois par vingt quatre heures. Il importe que l'émission sacrificielle continue de monter vers le Seigneur par chacune des quatre portes que laissent quelques instants ouvertes les quatre changements de sens quotidiens du magnétisme terrestre.

Quant au sacrifice non sanglant, il se compose de fleur de farine, d'huile et d'encens. Le blé et l'olivier étaient tenus comme les plus purs des végétaux; l'encens servait à écarter certains êtres invisibles trop près de la matière corrompue. On pouvait pétrir et cuire la farine avec l'huile en une sorte de gâteau, à condition de ne pas y ajouter de levain, ni de miel.
Les substances fermentées étaient interdites pour les usages religieux parce que leur assimilation détruit la régularité des courants magnétiques dans le corps humain. Autrefois, en effet, l'homme, pour s'élever vers la divinité, devait partir de l'extérieur et de l'inférieur, pour rentrer dans l'interne et monter vers le supérieur; il devait pour cela purifier jusqu'à la limite ses divers corps : son corps physique d'abord, par une alimentation saine, stricte, et qui ne prenne que le minimum de forces; son corps fluidique, ensuite, par divers procédés : la respiration rythmique dans l'Inde, les purifications rituelles dans les autres contrées; son corps animique, par l'observance morale et ainsi de suite.

Or, dans ces entraînements isolés que sont les cérémonies du culte, la pureté corporelle et la pureté fluidique étaient à obtenir, puisque, pour l'homme du commun, le sacrifice n'était que le moyen de recouvrer sa pureté morale. Voilà pourquoi
le prêtre, qui tient devant Jéhovah la place du pécheur, accomplit un rituel si minutieux.


Revenons à nos gâteaux. S'ils ne devaient être ni levés, ni sucrés, il était prescrit de les saler. Le sel, en effet, représente la fleur de la matière; il arrête effectivement les fermentations organiques, il régularise les échanges et entraîne les impuretés. Ses cristaux symbolisent la sagesse ou, mieux, la sapience, cette quintessence du savoir; c'est pour cela que le Lévitique voit en lui le sceau de l'alliance avec Dieu. Toute
une initiation était bâtie, en Egypte, sur la cristallographie; le Christ nous la rappelle d'ailleurs, Lui qui fut la pierre rejetée et qui, hélas ! l'est encore pour nous.

On pouvait offrir aussi des grains concassés et grillés, un peu d'huile et d'encens; le prêtre en faisait brûler une poignée sur l'autel, et le surplus lui revenait.

Ce sacrifice est, comme l'holocauste, sacro-saint.
Il représente l'offrande au Créateur de ce que le règne végétal produit de plus pur, de même que la victime du sacrifice sanglant pour le règne animal. Celui-ci est le sacrifice du pasteur, celui-là le sacrifice de l'agriculteur. Car les Hébreux furent d'abord un peuple de paysans; ce n'est qu'après leur installation dans la terre promise qu'ils s'adonnèrent réellement au commerce et à l'industrie, comme ce n'est qu'après leur exil qu'ils se mirent à trafiquer, non plus sur les choses elles mêmes, mais sur les signes représentatifs de leur valeur : or, argent et papiers fiduciaires.

Un autre sacrifice sanglant est le sacrifice de communion. On pouvait y présenter des femelles. On le célébrait soit comme sacrifice de louanges, soit comme sacrifice votif, soit comme sacrifice volontaire. Le sacrifice de louanges comportait l'offrande de gâteaux de diverses sortes. Les entrailles, les reins, le foie, la queue, ou plutôt la graisse de ces différentes régions du corps de la victime, étaient brûlées, et les prêtres avec le fidèle se partageaient la chair ainsi que les gâteaux.

Si la chair de la victime touchait quelque chose d'impur, elle ne pouvait être mangée; on la brûlait. La graisse de la poitrine était spécialement offerte à Jéhovah, puis brûlée;
la chair de la poitrine revenait aux prêtres; et le prêtre qui avait offert le sang et la graisse recevait la cuisse droite de l'animal. Au surplus, il y avait défense absolue de manger la graisse ou le sang d'un animal quelconque, sacrifié ou non.

Pour découvrir un sens aux rites du sacrifice de communion, il faut se remémorer quelques-unes
des théories cosmologiques qui avaient cours dans le sacerdoce juif. Et d'abord que l'homme est un petit univers, l'univers un homme immense, et l'Éternel en relations constantes avec son oeuvre par le moyen de hiérarchies angéliques créées par Lui à cet effet. L'Éternel agit, et son acte passe par quatre phases descendantes : l'émanation, la création, la formation et la faction, dont la dernière est cette nature physique. De plus, à travers ces quatre périodes originelles, mais incessamment recommençantes, circulent des états d'existence nommés Séphiroth et qui sont des aspects du rayonnement divin. Ce rayonnement lui-même comporte cinq modalités principes, de la même façon que le Dieu des chrétiens se montre en trois personnes. L'insaisissable Jéhovah se révèle dans l'extase sous soixante-douze visages : les noms divins. Enfin, d'autres hiérarchies d'idées, d'anges, de démons, de gloires et de ténèbres peuplent, au dire des Kabbalistes, l'espace universel; tous ces mondes agissant les uns sur les autres, tous ces êtres se mêlant pour la concorde ou pour la bataille, dans un acheminement immense vers un état d'équilibre où la miséricorde et la justice de l'Éternel, enfin satisfaites, s'arrête-ront, l'une de punir, l'autre d'implorer.

La vie universelle apparaissait donc à l'Israélite pieux comme un innombrable sacrifice, comme une innombrable communion. Le moindre caillou enfoui dans les entrailles de la montagne, le brin d'herbe, l'oiseau ou le léviathan, le plus petit des vaisseaux du corps humain étaient les points d'aboutissement de toute une file immense d'esprits, de génies, d'anges ailés, de roues étincelantes pleines d'yeux et toutes sonnantes d'harmonies ineffables. Le sentiment de cette énorme complexité, maintenu dans de justes proportions par l'intelligence lucide de Moïse, engendra plus tard les minuties décourageantes du Talmud. Et, pour rester dans notre sujet, plus !'objet du sacrifice devient particulier, plus le rite se complique.


La suite et fin

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE JUDAÏSME
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