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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 15:15

 

Les tentations du Christ

 

par Sédir

 

2ème partie

 

1ère partie



« JÉSUS FUT EMMENÉ PAR L'ESPRIT DANS LE DÉSERT
POUR Y ETRE TENTÉ PAR LE DIABLE ». (MATTHIEU IV, I.)

 


La première des trois tentations s'applique au corps; la seconde, au goût de posséder; la dernière, à l'orgueil spirituel. Les trois centres psychiques sont ainsi éprouvés. « Fais que ces pierres deviennent du pain », dit l'Insidieux; et, si on l'écoute, on commence à douter du Père et tout l'échafaudage de la maison intérieure s'écroule. Le Christ répond : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Remarquez la tournure singulière de la phrase. Elle signifie à première vue que l'observance de la Loi assure notre subsistance matérielle. Parce que quiconque obéit à Dieu est enfant de Dieu, et Dieu S'occupe spécialement de lui; parce que quiconque obéit à Dieu recouvre sa splendeur d'homme, et qu'alors les invisibles le reconnaissent et le servent. Mais, de plus, cette parole laisse entendre que le pain lui-même est une parole, et qu'il ne possède sa qualité nutritive que parce qu'il est une parole de Dieu, vivante et active au sein d'un agrégat physico-chimique.

Reconnaissons ici la valeur des formes matérielles de la Vie. Elles sont là pour entretenir notre existence, oui d'abord; mais également pour que nous respections la Vie, pour que nous la développions, pour que nous lui infusions la Lumière éternelle qui brille en nous. Ceci est une des grandes formes
de la charité, cette charité dont on parle tant et que l'on connaît si peu. Si les hommes savaient, s'ils cherchaient le réel visage ardent de la charité, s'ils ouvraient leurs yeux à son fort regard, comme ils l'aimeraient, comme ils se précipiteraient sur ses pas, comme ils se feraient partout ses auxiliaires infatigables !

En refusant de transmuer les pierres en pain, chose facile à Lui, Seigneur de la Terre, Jésus nous donne la leçon la plus précieuse : ne pas abuser de notre force, laisser à toute chose son cours normal, ne pas compter sur nous-mêmes, mais sur la seule bonté du Père. Quand le curé d'Ars tire d'une petite soupière une soixantaine d'écuellées pour ses orphelines, c'est une multiplication fort semblable aux multiplications des pains que relatent les Évangiles. Moi-même, j'ai vu, de mes yeux vu, une carafe d'eau limpide se matérialiser soudain sur la table, parce qu'un soldat du Ciel avait soif. J'ai vu des pièces de monnaie remplir une bourse que son possesseur venait de vider entre les mains de quelques malheureux. Le disciple vit dans une atmosphère de miracle; n'ayez donc
jamais peur du dénûment matériel; c'est la moins pénible de toutes les sortes de pauvretés.

Ensuite Satan transporte Jésus sur une montagne, Lui montre tous les royaumes, et les Lui offre, s'Il consent à l'adorer. Tout ce qui s'est accompli de surhumain s'est accompli sur une montagne; le Mérou, le Potala, le Sinaï, le Nebo, le Thabor, le Calvaire sont les phares de l'humanité. Le symbole s'en dévoile visiblement; c'est la loi même du progrès; les créatures s'élèvent à leur zénith, alors le Ciel descend à leur rencontre. D'ailleurs certaines oeuvres ne peuvent s'accomplir que dans l'isolement des cimes, sur les os nus de notre mère commune, là où les fluides circulent selon d'autres axes, où le corps de l'extatique est libéré de certaines pressions. La grande voix du silence ne parle que dans la solitude. Et c'est par les cimes, paratonnerres naturels, que certains courants ignés descendent et pénètrent le sol sans le bouleverser.

Prosternés sur le roc accueillant, ou réfugiés sur la montagne mystique de notre esprit, n'oublions jamais qu'alors c'est à Dieu seul que doivent aller nos adorations et nos supplications. Voyez comme
les idoles habitent les bas lieux : l'argent, la gloire, la passion, le meurtre, la science externe, où, tout cela, sinon dans la ville, dans la plaine ? Il y a des correspondances révélatrices entre les deux faces de l'univers; et le grand livre de la Nature se laisse déchiffrer facilement aux regards des simples. Souvenez-vous : tout désir est une adoration qui commence. Gardez ces forces précieuses, les désirs, pour Celui-là seul qui les a mis en nous et qui, seul, peut les combler, d'une mesure trop pleine et débordante.

Satan reporte Jésus sur le sommet du Temple :
« Si tu es le Fils de Dieu, dit-il, jette-toi en bas, car il est écrit : Les anges te porteront ». En effet, voilà cet inconnu, sur l'identité duquel l'Adversaire hésite et qui vient de refuser les satisfactions du corps et celles du moi; Il peut se croire légitimement le favori de Dieu. Regardons-nous. A qui n'est-il pas arrivé, après un sacrifice pénible et courageux, de se dire : « Eh bien ! maintenant, j'ai été sage; le bon Dieu me doit bien quelque chose ». On oublie qu'on n'est qu'un serviteur inutile; cela, c'est l'infiltration de l'orgueil spirituel : cela, c'est tenter Dieu.



* * *


Jésus triomphe du doute, de la cupidité, de l'orgueil; du doute le plus fort : l'inquiétude matérielle; de la cupidité la plus belle et la plus enivrante : la gloire; de l'orgueil le plus subtil : se croire saint. Quelle fresque ! En quelques traits, tous les rouages de la psychologie, toutes les luttes morales, toutes les grandeurs, toutes les humilités. Chaque phrase de l'Évangile est un monde. Et encore me suis-je confiné dans le seul point de vue moral. En quelques veilles, vos méditations vous montreront dans cet épisode toute une sociologie, toute une physiologie, toute une cosmologie, et tant d'autres mystères si vous en êtes curieux.

Dans la version de Marc, ce récit tient en trois phrases : « Il fut quarante jours dans le désert, tenté par Satan; Il était parmi les bêtes sauvages; et les anges Le servaient ». Arrêtons nos regards sur ce spectacle. Un pathétique sublime s'en élève. L'enfer, le Ciel, des animaux; au centre, un homme, l'Homme, le Verbe. Le scribe au lion n'a mis que l'indispensable; mais la scène apparaît en pleine clarté. Elle déborde son cadre; sa simplicité délie les ailes de l'enthousiasme et amplifie jusqu'au firmament l'envergure de nos méditations. Voyez ce paysage de pierres blanches et jaunes, que bornent les nobles lignes violettes des montagnes arabiques; la tache sombre de la mer Morte souligne l'ondulation d'une colline; çà et là des buissons secs, des cactus. Sur un roc, un homme; ses larges vêtements sont de la couleur des sables. On distingue un visage hâlé, un visage aux traits immobiles et qui bouge cependant, comme si des lueurs changeantes l'éclairaient par dedans. Visage de mystère où éclate l'énergie la plus magnifique; visage taciturne où chaque ligne est éloquente, où chaque trait rayonne une émotion profonde; visage de tendresse, aux lèvres plissées, dont l'Amour colore le teint et incline le regard. Cet homme marche comme on imagine que les séraphins volent; il se tient haussé vers le soleil, comme si son corps athlétique ne tenait pas à la terre. Pourtant, quelques années plus tard,
il s'effondrera sous le fardeau devenu physique des péchés du monde.

Tout le jour, Il est seul, sauf le dernier soir où, dans les rayons déclinants qui diaprent les vapeurs lointaines, des formes translucides descendent, qui déposent à Ses pieds de l'eau - une certaine eau - , du pain - une certaine manne. Le soleil disparaît;
les fauves sortent; ils s'approchent à pas précautionneux et les farouches prunelles, les cauteleuses comme les fières, celles des chacals et celles des lions, se lèvent vers le calme regard insondable qui leur parle sans paroles. Puis l'atmosphère s'alourdit; les ténèbres devenues palpables roulent des formes imprécises; les animaux se cachent; et un être apparaît soudain, un homme plus beau que le rêve. Il est nu, parce que toute créature se présente devant le Verbe dans sa nudité essentielle; ses membres souples, son visage ambigu, le feu de ses yeux secs, secouent tout alentour comme un manteau d'effroi, et ils se tiennent face à face, l'Esclave volontaire et le Révolté, la victime et le futur bourreau.

Quelques voyants ont aperçu des démons; mais o
n ne peut saisir que le degré de bien ou de mal qui se trouve à notre niveau. La plupart des visionnaires disent que les diables sont laids; pas toujours. Leur prince est beau; tellement beau que personne ne saurait résister à l'enivrement de son charme, si l'on n'était d'abord incapable de subir sans une terreur mortelle l'émanation délétère de sa présence.

J'ai connu un homme qui avait dit à un soldat du Ciel : « Moi, je ne crois pas au diable; il n'existe pas, c'est un symbole ». « Eh bien ! répondit le soldat, regarde donc à la fenêtre de cette maison ». Et le visage que l'incrédule aperçut était tel qu'il prit sa course dans une agonie d'effroi et qu'on ne le revit que le lendemain, suppliant d'être débarrassé du souvenir de cette figure.

Messieurs, arrêtons nos regards sur la scène du désert; Jésus, vainqueur de l'enfer, servi par le Ciel, familier avec les animaux
, mais seul parmi les hommes. Et, en effet, depuis deux mille ans, comme l'humanité oublie son Sauveur ! Depuis notre naissance, comme nous délaissons notre Ami !



* * *


Les pharisiens tentèrent souvent Jésus, par la suite, c'est-à-dire qu'ils voulurent prendre en défaut Sa doctrine. Ces épreuves furent les moins pénibles; elles ne s'attaquaient qu'à la théorie. Les pharisiens étaient les intellectuels de l'époque; et aux intellectuels tout est incompréhensible, sauf la métaphysique et la casuistique. Si Jésus revenait aujourd'hui et renouvelait Ses miracles, Il rencontrerait certaine- ment les mêmes méfiances.

J'ai hâte d'en arriver aux dernières tentations, aux martyres spirituels, à ces tortures indicibles que nul dieu n'aurait pu subir sans mourir.

C'est d'abord
la nuit du Jardin des Oliviers.

Il y a, dans les campagnes provençales, des morceaux de collines qui ressemblent à ce qu'était alors ce jardin. Imaginez une pente en terrasses, comme celles des olivaies; dans la montagneuse Judée, les paysans construisaient déjà des murs de pierres sèches pour retenir les terres meubles. Un sentier serpente sous les vieux arbres et un ruisseau le coupe : c'est le Cédron. Au loin la rumeur de Jérusalem s'est éteinte avec les lumières; la lune fait briller les feuillages d'argent. Çà et là, sur le gazon haut, tout chargé de fleurs sauvages, des hommes se sont couchés. Mais l'un d'eux, le plus grand, remonte la pente, jusqu'à l'endroit où un rocher ménage comme un abri et, faisant signe à trois de ses compagnons : « Priez, leur dit-il, afin que vous n'entriez pas en tentation; mon âme est triste jusqu'à la mort; demeurez ici et veillez avec moi ». Puis, cet homme, celui-là même que nous avons vu tout à l'heure commander à Satan, se prosterne sur le sol. Et voici : la lueur nocturne s'obscurcit; les étoiles rougeoient; les parfums agrestes s'abolissent;
les ténèbres spirituelles renforcent les ténèbres physiques; l'effroi, la terreur, l'accablement descendent sur ces hommes. Au-dessus de la grande forme blanche étendue se déploient les ignominies imminentes de la Passion : reniements, abandons, supplices, et la terrible solitude intérieure. Et Jésus dit : « Mon Père, si tu voulais éloigner cette coupe. Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ». Quelque surhumaine que fut Sa résistance nerveuse, Son coeur s'arrêta de battre, et Il commença de mourir. Mais un ange vint
- Gabriel, dit la tradition - et Lui donna à boire. Alors
Son âme rentra dans Son corps exténué.

L'effroyable tableau était toujours là, mais par-dessous s'en déroule un autre plus terrible
: la haine de l'enfer, et les hordes démoniaques, instigatrices des bourreaux. Jésus souffre alors, non plus les verges, les épines et les clous, mais, intérieurement, les tortures que les démons auraient voulu Lui infliger, s'ils en avaient trouvé le moyen matériel. Alors Jésus S'attache plus étroitement au Père, Se jette plus profondément dans la volonté du Père, Se plonge de tout Son élan dans l'Amour et le pardon. Son effort est tel que, le coeur battant à coups désordonnés, sous la pression du sang, les vaisseaux capillaires se rompent et une sueur rouge Le baigne tout entier. Quelles misérables choses sont nos larmes en face de ceci !

Jésus revient vers les trois disciples préférés,
et Il les trouve endormis. « Vous n'avez donc pas pu veiller une heure avec moi ? » Voilà tout le reproche de Son immense Amour. Puis Il retourne sous la pierre d'agonie et reprend la prière et la lutte.

C'est maintenant
tout le mal futur qui tombe sur Lui; tout ce que les hommes feront contre le Père, contre leurs frères, contre eux-mêmes, et contre la vie. Jésus aperçoit les meurtres, les cruautés, les bassesses sans nombre, avec cette rapidité vertigineuse et cette netteté que connaissent ceux qui ont approché les portes de la mort. Mais Il accepte tout. Les nuages se lèvent; la ténèbre se fait moins obscure; c'est la tentation qui s'éloigne; c'est l'espoir quand même que Jésus conçoit : le Père ne laissera personne se perdre et quelques fidèles L'aideront, au prix même de leur sang. Il le voit, Il en est certain. Il Se relève donc, épuisé mais calme; et à peine a-t-IL réveillé les apôtres pour la troisième fois, qu'arrive le traître avec sa troupe de mercenaires.

Ici la vie intérieure du Christ apparaît visiblement. Sachant tout, pouvant tout, Son coeur n'éprouvait personnellement ni désirs, ni inquiétudes; Sa volonté n'avait pas, pour elle-même, de lutte à entreprendre. Mais, comme je vous l'ai dit en commençant, pour aider les hommes, pour sauver les autres créatures, pour modifier la marche inexorable du Destin, pour améliorer l'évolution, Jésus ouvrit Son coeur à tous ces êtres, leur offrant Ses propres forces, présentant Sa douceur aux démons, Sa patience aux destins, Sa tendresse aux désespoirs, afin que tous prennent en Lui une nourriture pure, et par là se purifient. Cela, aucun autre que le Verbe ne pouvait le réaliser.

Tout ce que le Christ a fait, ce fut par compassion. Par compassion, Il a pris un corps, Il a guéri, Il a parlé. S'Il précipita les porcs dans la mer et sécha le figuier, ce fut afin que
les massacreurs d'animaux et les destructeurs de forêts soient jugés moins sévèrement. Par compassion, Jésus subit la tristesse afin que nous, qui sommes souvent tristes parce que nous oublions le Ciel, ne recevions pas la visite du doute que nos mélancolies appellent. Par compassion, à la minute dernière de Son martyre très précieux, Il a proféré une plainte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » afin que nous tous, qui croyons toujours souffrir injustement, nos désespoirs puérils aient une excuse.

Est-ce donc pas légitime de dire et de redire que Jésus nous aime, comme jamais une mère n'aima son fils, ni un époux son épouse ? Ah ! dès que le rayon le plus ténu de cet Amour percera les triples cuirasses de nos coeurs, que les métaphysiques nous sembleront vides, et les sciences vaines, et
les joies terrestres écoeurantes !

Que ferons-nous ? Et s'il se trouve dans cet auditoire un seul coeur qui saisisse, à travers mes paroles incolores, l'immense ardeur de l'Amour éternel, c'est à lui que je demande : quoi faire pour que tous ces soins ne nous aient pas été prodigués en vain ? Dussé-je interroger des foules et pendant des années, je me tiendrai pour satisfait si, parvenu au seuil de l'Au-delà, j'ai enfin reçu une seule réponse, j'ai enfin rencontré une seule âme prête à réaliser par des actes cette réponse.



* * *


Dans ce domaine du positif et du pratique, le disciple doit d'abord comprendre que la tentation est une grâce, les postes de danger sont des postes d'honneur pour des soldats, le commun des hommes a bien assez de se vaincre soi-même. N'ayons pas l'hallucination du diable; le mal qui est en nous, les perversités du corps, de l'intelligence et du coeur, suffisent à nous faire tomber. Il n'y a que les disciples aguerris que les Ténèbres attaquent; et ils sont très peu; le Diable est trop fort pour nous; il n'y aurait même pas un simulacre de combat.

La tentation à laquelle on résiste est le meilleur travail,
pourvu qu'on ne s'y soit
pas exposé par bravade ou pour son avantage spirituel. En la combattant dans ces dispositions, on tomberait dans l'orgueil. Toutes les tentations peuvent se vaincre par l'humilité, le calme et la prière.

En voici succinctement le mécanisme. Le démon du vol, par exemple, entre en mon esprit. Aussitôt s'émeuvent en moi les molécules de tout ordre qui ont pu, antérieurement, participer à des larcins;
sur elles le tentateur a prise. Si je résiste, il s'en va, affaibli, inquiété même par mon calme; si je succombe, il prend possession de toutes les cellules, même physiques, qui ont participé au vol. Quand les esprits de ces cellules, par le jeu de leur évolution, parviendront au rang de cellules cérébrales, où elles dirigent tout, je serai presque incapable alors de résister au penchant du vol; je succomberai fatalement.

Voilà pourquoi il faut engager la lutte tout de suite, pas demain, pas ce soir, à l'instant même. A cause du jeûne de Jésus
, celui qui résiste à un vice pendant quarante jours, s'il reste humble, il le vaincra dans la suite.

On dit souvent à la fin du Pater : « Ne nous induisez pas en tentation »; c'est une demande craintive. Le soldat du Ciel, que n'effraient pas les coups, dit : « Ne nous laissez pas succomber à la tentation ». Il ne la recherche pas; il accepte le combat, avec l'aide du Ciel. Ce courage naît d'une constante possession de soi. Comme vous l'avez certainement compris, le mysticisme ne consiste pas dans les seules oraisons dévotionnelles; il est un état permanent d'enthousiasme, mais aussi une sérénité plénière. Le Christ dit plusieurs fois : « Veillez et priez ». D'abord veiller,
être éveillé; pas de rêveries, pas d'aspirations vagues, pas de sentimentalités diffuses; se rendre compte de ce qui se passe en soi et autour de soi; surveiller les frémissements du désir; ne pas s'exalter pour des idéals qui ne sont beaux qu'en apparence.

Car ce n'est pas seulement d
ans les extases des moniales que Satan se transfigure en ange de lumière; il ment de la sorte dans les événements, dans les relations, dans les doctrines, dans les personnalités éminentes. Souvenez-vous des récits évangéliques. Jésus a dit : « Soyez simples comme les colombes », mais Il ajoute aussitôt : « Soyez prudents comme les serpents ». Ceux à qui on élève des statues sont parfois des malfaiteurs publics. Ne vous jetez pas à la suite de n'importe qui; examinez votre élan.
Tel thaumaturge, dont les guérisons se comptent aujourd'hui par milliers,
tient cependant ses pouvoirs d'ennemis implacables du Christ. Tel système d'ésotérisme, admirablement construit, ne mènera cependant ses adeptes qu'aux royaumes glacés de la Mort essentielle. Plus les années coulent, plus beaux seront les fruits que l'antique Tentateur va nous offrir, plus séduisantes leurs couleurs, plus délicieuse leur première saveur. Cela s'appellera tolérance, altruisme, paix universelle, unité des religions, pouvoirs psychiques.

Veillez ! Développez en vous un sens exquis de la vérité; luttez d'abord
contre l'erreur dans votre propre personnalité; luttez ensuite contre l'erreur que l'Ennemi des hommes tentera de vous inoculer. Alors descendra la bénédiction que je vous souhaite, la joie immuable, la joie parfaite : la présence réelle de la Divinité.

Sources Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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