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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 19:11

 

 

Le symbolisme du Serpent

 1

Le langage des formes

 

par Anne Osmont

 

 

 

 

A tous ceux qui s’occupent des recherches psychiques, une même question est toujours posée, tantôt sérieusement, tantôt d’un air narquois et que l’on veut rendre spirituel : « Ne croyez-vous point au Diable ? N’avez-vous pas peur du Diable ? Que pensez-vous donc faire de l’antique Serpent ? » La réponse de ceux qui savent est toujours la même : « Je crois au Diable ; je n’ai pas peur du Diable. Je compte dominer l’antique Serpent, afin de n’être pas dominé par lui ». Pour pénétrer complètement le sens de cette demande et de cette réponse, définissons d’abord ce qu’est ce Serpent que toutes les religions mettent au début de l’évolution humaine, comme « le plus subtil et le plus rusé des animaux ». Le Serpent, par sa souplesse, signifie une force fluide et adaptable, susceptible de revenir sur soi-même pour former le cercle ou toute autre figure fermée. C’est ce que signifie le mot par lequel la Genèse qualifie le Serpent : Nahash, qui est, ésotériquement, l’attrait de soi pour soi, l’égoïsme ou, mieux, l’égotisme, car l’égoïsme est exclusivement un défaut, tandis qu’il y a dans l’égotisme une nécessité de nous occuper de nous-mêmes, ne fût-ce que pour durer, entretenir notre vie physique et morale, nous alimenter : évoluer.


Lorsque Nahash se présente à Eve (lisez la partie sensitive et volitive de l’homme), ce qu’il lui propose c’est de renoncer à la paix heureuse du Paradis terrestre où l’Humanité vit sans crainte et sans responsabilité, d’y renoncer pour faire son salut par ses propres forces, à ses risques et périls. « Heureuse faute » dit saint Augustin et qui a conduit le Fils de Dieu, le Verbe à s’incarner, à prendre la figure humaine, pour lui rendre sa première dignité.


Naturellement, le Serpent frappe à la porte qui lui sera le plus facilement ouverte. Il ne va pas demander à la froide et sereine Raison de quitter un bien paisible et qui lui est connu pour courir les dangereuses aventures de l’évolution. C’est le Sentiment seul qui est susceptible d’une pareille équipée ; c’est cette partie de nous-mêmes que nous appelons subconscient, celle qui nous conduit, selon que nous la dirigeons ou que nous nous laissons diriger par elle, vers les plus hauts enthousiasmes ou vers les fautes les plus grossières. C’est pourquoi, lorsque l’âme de l’Egyptien est pesée post mortem, en présence des 42 juges, sous les yeux de l’Osiris noir, le malheureux implore non son esprit qui a pu rester impavide et pur, mais la partie sensible et sentimentale de son être : « son cœur, son vrai cœur, qui lui vient de sa mère ». C’est l’être instinctif et impulsif qu’il faut arracher constamment aux embûches du monde astral que les philosophes hindoues appellent si justement Kama Loka, le Lieu du désir. Seulement - et c’est là que nous nous différencions entièrement de ces philosophies - elles considèrent tout désir comme impur, tout sentiment comme dangereux, tandis qu’au contraire, nous estimons que tout sentiment élevé est la voie la plus sûre pour nous conduire aux plans supérieurs, et que tout bien vient de l’Amour et retourne à l’Amour, qui est aussi le Saint-Esprit. Ce Kama Loka, ce monde du désir, qui est aussi le monde des images et des mirages, est le monde du serpent, et ses énergies sont soumises à l’homme, justement quand il a soumis à une stricte direction ce « cœur qui lui vient de sa mère », ce cœur qui doit obéir à la raison, tout en lui ajoutant des ailes, ainsi qu’un bon cheval obéit à son cavalier, tout en paraissant l’emporter au gré de sa fantaisie. Nous nous trouverons donc en présence d’un monde fluide, mobile, instable, que notre volonté peut modeler dans une certaine mesure, mais seulement quand elle est complètement aguerrie contre la puissance enchanteresse de ses mirages.


C’est justement cette différence qui vient de nous-même, cette nécessité de vaincre ou d’être vaincu qui nous fait voir tant de figures, et si différentes entre elles, de l’antique serpent, symbole à la fois de la sorcellerie et de la médecine, de la faute et du rachat. Et, par cette mutabilité, cette versatilité constante, le serpent s’apparente à Mercure, le transformateur, l’être magnétique par excellence, le Dieu qui sait les paroles et peut les enseigner, guide parfois insidieux, mais toujours puissant, qu’il faut dominer avec souplesse, et dont l’emblème, comme lui double et comme lui salutaire à qui sait comprendre, est le caducée, le double serpent enroulé autour d’un bâton ailé. On se rappelle que le caducée fut trouvé presque fortuitement par Mercure, Un jour qu’il se promenait par les beaux chemins de l’Hellade, il vit deux serpents qui se combattaient ; il jeta sur eux, pour les séparer, la baguette qu’il avait en mains et les deux serpents s’enroulèrent autour de la baguette et formèrent le caducée que couronne une paire d’ailes.


Notez d’ailleurs que les ailes, dans toutes les manifestations de Mercure, ne font jamais partie intégrante de sa personne. Elles sont liées à son chapeau, à son caducée, à ses talonnières, mais non à ses épaules. C’est que, justement, ces ailes sont les forces que le désir ou la volonté ajoute à l’agent magnétique et magique, le faisant servir à nos intérêts, à nos passions (ailes inférieures) ou bien assouplissant, grâce à lui, dans les domaines supérieurs de l’astral, les forces qui peuvent être soumises à la lumière, à la science, au rythme : matière de l’œuvre d’art, de l’utile découverte, du magistère parfait. Dans ce cas, le Serpent devient l’agent de liaison entre Héreb le Corbeau et Ionah la Colombe, entre le Temps et l’Espace, il devient le Rythme, le Cercle ailé qui fait tourner les mondes dans son orbe mobile et dansant. Et c’est ce qu’a voulu symboliser le génie fleuri de la Grèce en faisant inventer la Lyre par Hermès, en lui faisant trouver le magique instrument qui mesure sans la déformer la parole humaine dans l’inerte carapace de la tortue ; car il n’est pas d’obstacles pour le rythme qui, loin de vouloir fuir la résistance, comme disent les actuelles écoles d’art, la recherche et la dompte ; car on ne s’appuie véritablement que sur ce qui résiste.


Si nous regardons attentivement la signification du mythe, nous constaterons que les deux serpents sont le reflet l’un de l’autre ; que le bâton du caducée est la haute raison de l’initié qui domine et équilibre les forces adverses pour les conduire à l’accomplissement de l’œuvre : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, dit Hermès, dans la Table d’Emeraude ; ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour l’accomplissement de la chose unique ». Et, si nous savons la comprendre, cette parole résume à elle seule tous les enseignements des Sages. Mais, ce monde astral qui sera le domaine du Serpent, pouvons-nous le considérer aveuglément comme notre propre domaine et pensons-nous que nous pourrons y courir selon notre fantaisie ? Non ; mille fois non. Avant que ses portes nous soient ouvertes, les antiques Initiations avaient sagement réglé des épreuves dures et difficiles dont le but était de donner au futur adepte la parfaite possession de son subconscient. Il ne fallait pas que le visiteur du monde astral, inconsidérément lancé sur cette terre inconnue, devînt la proie de ses fallacieuses incitations. Et les sages ne sont pas les seuls à avoir tracé des limites à notre curieuse recherche. Les dieux bienveillants des anciens, qui ne sont que l’ombre de Dieu, avaient placé au seuil du mystère un être redoutable que l’on a confondu avec Nahash : le Gardien du Seuil. Mais le Gardien du Seuil n’est point le serpent maître du monde des images ; il est seulement l’image réalisée de notre propre pensée, des sentiments qui nous animent, de notre terreur, de notre haine, de notre amour, de notre charité, selon que c’est l’un ou l’autre de ces sentiments qui nous entraîne sur cette terre mouvante. C’est pourquoi les descriptions diffèrent si profondément qui nous ont été faites de l’être ainsi nommé. La plupart des hommes voient en lui un sinistre épouvantail. Il suffit de lire Zanoni pour sentir quelles épouvantes il peut apporter au curieux. Mais pour le saint, pour l’inspiré, pour celui qui se sent mené par une force bonne, par l’amour et par la pitié, ce Gardien du Seuil est un ange de lumière, l’Ange Anael, le maître des Formes. Au seuil du mystère règne le gardien, afin qu’une chance soit encore offerte aux imprudents de reculer à temps avant de s’élancer à leur perte. Les méchants ne se sont pas arrêtés pour si peu. Ils n’ont su voir qu’une figure hideuse et terrible et, ne pouvant la vaincre, puisque, seuls, l’amour, la foi et le rythme la dominent, ils se sont prosternés devant cette image, ils l’ont adorée, ils en ont fait le diable, maître des enchantements et des philtres, ignorant ou voulant ignorer qu’il y a des enchantements de beauté et des philtres de saint amour. Ils n’ont pas voulu se rappeler qu’avant d’être « le Diable », celui qui a quitté la voie droite pour être « jeté à côté », l’Ange était le plus beau des anges, Lucifer le porte-lumière, qui a quitté le ciel par sa propre volonté, par son insurmontable orgueil, qui a renoncé à toute chose pour proférer le lamentable « non serviam », je n’obéirai pas, qui est la source de tout mal, puisque c’est la rupture de l’Ordre divin.


Et cependant, si nous savons le comprendre, le monde astral nous est ouvert et, si nous y pénétrons avec un cœur pur et des mains pures, oubliant notre propre volonté et notre bien personnel pour nous conformer à la Norme, cette possession est le moyen de rendre à l’Humanité sa primitive place, de lui rendre le jardin de l’Eden ; car, ce monde du Désir, c’est justement le Paradis terrestre que nous devons reconquérir par une volonté pure pour accéder, obéissant au rythme avec une pleine conscience, au monde supérieur que nous nous sommes fermé. Cette accession paisible, cette Assomption d’un esprit vierge porté sur les ailes des anges, est évidemment malaisé et nous sommes obligés, si nous souhaitons réellement y atteindre, de renoncer à bien des choses qui nous semblent fort agréables.


C’est pourquoi la plupart des civilisations ont considéré le serpent, image du monde astral, comme un dieu méchant et terrible, le maître des magies malfaisantes. Le regretté Edouard Schuré nous montre, dans son étude sur Krishna, le dieu solaire, incarnation de Vischnou, en lutte contre Nysoumba, reine des serpents, qui tient captif de ses prestiges le roi noir à qui le pays est soumis.
Quand le héros tue le serpent, la sorcière perd sa beauté et sa puissance. C’est la volupté destructrice chassée par le clair génie des sommets. C’est dans le même sentiment que la tradition hébraïque nous montre deux serpents fort inférieurs à Nahash, mais insidieux comme lui et plus fréquemment rencontrés. L’un est Lilith, la couleuvre tortueuse qui pervertit les cœurs et les âmes par la volupté et qui tarit dans les plaisirs impurs les énergies de l’être et de la race ; l’autre est Samael, le serpent insinuant, qui emplit de haine et de vengeance le cœur de l’humanité.


Tous deux sont des formes de l’astral, des forces mauvaises qui détournent de la droite voie le cœur de l’homme, qui remplissent de vibrations mauvaises pour le soumettre aux dissolvantes passions. C’est déjà la conception d’une race fort savante et civilisée, mais les primitifs ont aussi du serpent une crainte, une impression qui démontre que, dès les premiers temps, on a regardé comme fort mystérieux cet étrange animal. En effet, que dû penser le sauvage accoutumé à lutter contre les être formidables quand il connut le tout petit rampant qui faible, sans ressources, sans armes apparentes tue par la plus légère morsure ?


Chose plus singulière, cet être incompréhensible tombe dans de profonds sommeils pareils à la mort et, quand il se réveille, rejetant sa vieille peau devenue trop étroite, il apparaît, luisant et sifflant comme un glaive, fort d’une jeunesse nouvelle. On le voit rarement prendre sa nourriture, il semble ne jamais mourir. Aussi celui « qui prend sans mains et qui marche sans pieds » a-t-il l’air d’un animal fée. Sans chercher d’où vient sa puissance ni à quoi elle correspond, il est devenu le symbole de tout ce qui est secret, profond et redoutable. La lutte est ouverte entre la femme et le serpent et l’issue de cette lutte ne nous a pas été cachée. Le jour viendra où le sentiment guidé par la raison, Eve appuyée sur Adam, lui écrasera la tête. Ce fait d’écraser la tête du serpent est partout le symbole des œuvres de lumière. Hérakhlès, en qui se magnifie le labeur humain, écrase les têtes de l’hydre de Lerne. De même, Apollon brise la tête du serpent Python. Mais lui qui est un dieu, non soumis comme Hercule aux limites des forces humaines, ne tue point le serpent mais le soumet à son pouvoir, l’utilise dans ses propres forces, en fait l’inspirateur de la Pythonisse, de la voyante qui portera à tout le monde civilisé les ordres et les enseignements du dieu par l’oracle de Delphes, le lieu plus saint de la terre. Chose qui paraîtrait singulière si nous ne savions que toutes les Initiations étaient en rapport constant et s’interpénétraient harmonieusement, les livres mosaïques donnent aux esprits divinateurs le même nom que les grecs. C’est par « un esprit de Python » qu’est Inspirée la devineresse d’Endor ; ce sont les sorcières qui se servent dans leurs travaux de « l’esprit de Python » que frappent les lois de Moïse. Ces lois nous font comprendre ce qu’étaient les esprits à qui il était interdit de s’adresser.


Nous savons que la Pythie de Delphes s’asseyait sur un trépied exposé aux émanations d’une caverne qui s’ouvrait dans les profondeurs de la terre. Ce sont les esprits des morts, les esprits souterrains, qu’évoquaient les sorcières frappées de malédiction. Et il est impossible de ne pas rapprocher leur nom de l’ob de Reichenbach, l’astral passif, la lumière bleue, le monde des désincarnés. La sorcière s’appelle l’aoboth. Moïse dit de la manière la plus formelle : Vous ne laisserez pas vivre l’aoboth ; elle sera lapidée en dehors du camp. L’aoboth est tout simplement un médium à incorporations. Cela nous semble bien rigide, mais nous devons nous rappeler que Moïse, gardien de la race, de la tradition d’un dieu unique sortait en libérateur de la terre d’Egypte et qu’il avait à redouter le culte des morts, de l’Osiris souterrain, de toutes les puissances noires qu’il fallait fuir immédiatement. Et ses ordres, bien que souvent transgressés, ne furent jamais abolis. C’est d’après sa loi que Saùl défend de consulter les pythonisses, et qu’il va en consulter une, lui ordonner d’évoquer l’âme de Samuel et apprend par elle qu’il est maudit, que sa race est rejetée et qu’il mourra, vaincu, dès le lendemain.


En Afrique, les sorciers indigènes portent exactement le même nom. Le magicien noir est l’obi et la sorcière l’obbeyah ; tous deux portent sur eux la peau du serpent et se réclament de sa force. Lâcher l’obi contre quelqu’un, c’est déchaîner contre lui les esprits impurs, lancer contre lui ce qu’on appelle, en termes magiques, l’envoûtement à l’esprit volant. C’est-à-dire que l’on fait tourmenter la victime par l’esprit d’un désincarné judicieusement choisi parmi ceux qui sont encore fort bas sur l’échelle de leur évolution, .propres par conséquent à agir sur le plan physique et qui conservent encore assez de force pour servir nos passions et nos désirs. En outre, cette forme d’envoûtement a l’avantage de soustraire en partie le sorcier aux risque » du choc en retour. Transporté d’Afrique en Amérique par les malheureux esclaves noirs, l’obi n’a rien perdu de sa puissance ; il est devenu le « papaloi » du Vaudou. Le vaudou est le culte du serpent - culte effroyable, car il est une déformation des anciennes Initiations, il n’en a gardé que la haine - aussi légitime qu’une haine peut l’être - des blancs qui arrachent les noirs à leur patrie pour les faire servir aux œuvres de leur ambition et de leur cupidité. Dans une clairière des bois, de ces bois qui ont toujours été l’asile de l’outlaw, du persécuté, les noirs se rassemblent. Une cage d’osier solidement tressée contient un gros serpent, le serpent sacré, le seigneur diable. C’est lui, le dieu de cette secte. C’est à lui que l’on offre le sacrifice, le sacrifice du kid, qui signifie tout ensemble l’enfant et le chevreau - et ce n’est pas toujours le chevreau mais « le chevreau sans cornes » qui est égorgé. Ses entrailles sont dévorées par le serpent ; son sang mêlé avec du rhum forme la boisson par laquelle communieront les adeptes. Quant à son cœur, il sera enfoui, avec toutes les exécrations nécessaires, avec des objets ayant appartenu à ceux sur qui on veut « lâcher l’obi », le redoutable envoûtement. Des danses frénétiques, des prières étranges accompagnent le sacrifice ; mais c’est le sacrifice de l’enfant au serpent qui constitue le fond de la cérémonie, le sacrement diabolique des adeptes du Vaudou.


D’où viennent ces rites atroces ? Viennent-ils des Atlantes ? Il se peut ; les anciens Mexicains offraient
au dieu couleuvre Witziliputzli le cœur des jeunes hommes en haine du Soleil car le dieu couleuvre était un dieu noir, une divinité chtonienne. Viennent-ils d’Egypte et l’Egypte les a-t-elle empruntée à la race noire ? Il n’est pas impossible. Voici, en tout cas, une imprécation égyptienne qui accompagnait des rites d’envoûtement. Elle s’adresse à Typhon-Seth :
« 0 toi qui hais parce que tu as été chassé, je t’invoque souverain tout puissant des dieux destructeurs et dépopulateurs, toi qui ébranles tout ce qui n’est pas vaincu ! Je t’évoque, ô Typhon-Seth ! Vois : j’accomplis les rites prescrits par la magie. C’est par ton vrai nom que je t’appelle. Viens donc à moi franchement, car tu ne peux me refuser. Et moi aussi je hais telle maison qui est prospère, telle famille qui est heureuse. Sus contre elle, et renverse-là parce qu’elle m’a fait injure. »
Il n’est pas sans intérêt de rapprocher les termes de cette imprécation du salut des gnostiques Albigeois, des Cathares persécutés :
« Que celui à qui on a fait tort te salue ».


Est-elle d’origine atlantéenne, cette pratique du nagualisme dont s’étonnait à juste titre Brasseur de Bourbourg qui, le premier et avec une entière impartialité, étudia les mœurs des indigènes des Antilles et de l’Amérique centrale. Nagual veut dire génie ou démon - plutôt dans le sens grec de daimone, force naturelle, que dans le sens chrétien d’esprit impur. Les initiés du nagualisme confèrent à leurs adeptes, dès la naissance, une sorte de baptême qui l’assimilait à un génie, lequel génie animait une forme animale, le plus souvent un reptile. Une goutte de sang était tirée de la langue et de l’oreille du récipiendaire et offerte au génie, en signe de servage. De ce moment, ce qui était fait à l’homme se répercutait sur l’animal et inversement. Telle est la donnée, mais voici le phénomène dont fut témoin Brasseur de Bourbourg et dont on lui affirma qu’il n’était point un fait isolé, mais fréquent, au contraire, et quasi quotidien. Il y avait, dans le pays où se trouvait le voyageur, un jeune Indien qui se trouvait ainsi lié avec l’un des caïmans de la rivière. Un jour, l’un des prêtres qui évangélisaient ces popu­lations, le Père Diego, punit sévèrement cet Indien et cet Indien, jusque là fort paisible, estimant que le châtiment était dispro­portionné avec sa faute, en conçut un très vif ressentiment. Or, un soir que le religieux était parti à cheval pour aller porter les sacrements à un moribond, à un gué de la rivière, son cheval se trouva arrêté par un caïman qui faisait tous ses effort » pour entraîner dans un endroit profond la monture et le cava­lier. Mais le Père Diego n’était pas homme à se laisser aller à la crainte. D’un coup d’éperon, il stimula son cheval avec tant de force que tous trois : père, cheval et caïman se trouvèrent projetés hors de la rivière. Rendu à son véritable élément, le cheval étourdit son ennemi de quelques solides ruades et, avec son bâton ferré, le Père acheva de le mettre hors de combat. Au débotté, après avoir rempli ses devoirs religieux, le Père raconta l’aventure qui lui était arrivée. Or, comme il racontait ce fait, on vint lui annoncer que l’indien qui avait été puni par lui était à toute extrémité. On trouva le caïman expirant à l’en­droit où le Père l’avait laissé et près de lui l’Indien qui portait les mêmes blessures.


Peu de jours après Brasseur de Bourbourg questionnait un jeune homme sur des faits analogues, et ce jeune homme convint aussi qu’il avait un nagual. Comme on l’en réprimandait, ce jeune homme répondit :


« Que voulez-vous ? C’est avec ce sort que je suis né, je ne l’ai pas cherché ; Depuis mon enfance, je vois sans cesse cet animal auprès de moi ; j’ai coutume de manger ce qu’il mange, de sentir ce qu’il éprouve et jamais il ne me fait de mal ; ma vie est liée à la sienne et réciproquement ».


C’est le même Brasseur de Bourbourg qui a, le premier, traduit les livres saints et les traditions des indigènes du Mexique et de l’Amérique centrale. Or, chose singulière, ils se donnent pour initiateur
un roi-serpent qui porte le nom absolument Scandinave de Wotan. Lui et ses successeurs accomplissent de grands et périlleux voyages pour apporter à leurs peuples les secrets de toutes les civilisations du monde. On dit même que l’un de ces Votans assista à la construction du temple de Salomon et qu’il fournit au roi magicien les renseignements les plus curieux sur les animaux, les végétaux et surtout les minéraux de son pays que les Livres saints nomment Ophir (à rapprocher d’Ophis, serpent) et qui est le pays de l’or. C’est cet Ophir biblique que Christophe Colomb cherchait, croyant rejoindre l’Inde, quand il partit et trouva l’Amérique. Ces chefs portaient le nom de serpents et, chose qui peut sembler singulier à ceux qui ne comprennent pas ce que furent les origines de » civilisations européennes, les druides et autres chefs celtiques portaient aussi le nom de serpents et de dragons. On se rappelle que le dragon est un serpent qui a été nourri de serpents. Ceci a un sens mystique. En effet, le serpent est l’image des populations autochtones, le dragon sert donc l’autochtone dominateur de ses pairs. Aussi, le chef suprême des forces celtiques fut-il le pendragon, le grand dragon, le chef des chefs des serpents. Instruits profondément des traditions anciennes, les druides se disaient aussi serpents et fils de serpents et notre Karnak breton, de même que le Karnak d’Egypte, est la maison du serpent, le lieu où se résument et s’exaltent les forces de la terre, supérieures et inférieures, et l’esprit des morts. Nombreux sont aussi les Dracontium, les files de pierres levées ou de colonnes qui dessinent la promenade du serpent. A Ston-Henge, en Irlande, existe un de ces dracontia et, suivant les traditions locales, son érection remonte avant le déluge. Chose singulière, les mesures auxquelles ses proportions se réfèrent ne coïncident avec aucune mesure européenne, mais parfaitement au contraire avec la coudée sacrée d’Egypte et ses dérivés. Chose plus singulière encore, dans le pays brumeux où ses pierres sont rangées, lorsque les vapeurs du soir s’enroulent autour des pierres colossales qui dessinent « la promenade du serpent » il semble que les pierres elles-mêmes ondoient au souffle du soir et qu’elles dansent sur place une de ces danses mollement balancées où excellent ces filles d’Orient qui ont reçu directement par les oasis de l’Afrique septentrionale les enseignements de l’Atlantide. C’est ce qui a valu à ces files de pierres levées le nom si caractéristique de « Bal des géants ».

 

La suite...

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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