Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Texte libre

Archives

25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 11:43

L'Eglise et le Temple

par Jean Amadou

 

L'Eglise catholique romaine, aujourd'hui et partout, interdit à ses fidèles, tant laïcs que clercs, d'adhérer à la franc-maçonnerie ; aux francs-maçons, elle refuse la communion eucharistique. D'avance, le Saint-Siège a récusé la compétence des autorités ecclésiastiques locales à abroger ou suspendre ces dispositions canoniques. Tel est le droit et c'est un fait ; et c'est l'annulation, depuis 1983, des compromis atteints à partir de 1974, après de longues années de discussions et de rapprochements. C'est un autre fait que les motifs exposés ne sont pas d'ordre contingent, mais nécessaire : le jugement négatif de l'Eglise contre les associations maçonniques, quelles qu'elles soient, demeure inchangé, après un bref intermède, parce que leurs principes ont toujours été et sont toujours considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Eglise. Des interprètes autorisés expliquent que le franc-maçon et le chrétien seraient astreints respectivement à vivre deux modes incompatibles de rapport à Dieu.

L'Eglise d'Orient, l'Eglise dite orthodoxe n'a pas exprimé d'opinion ni légiféré en l'espèce, quoique l'Eglise d'Hellade ait condamné la franc-maçonnerie comme une religion païenne, en 1933, et réitéré cette condamnation.

L'Eglise d'Angleterre a adopté, en 1986, un rapport bête et méchant, qui venge assez mesquinement la défaite, pourtant catastrophique, des anti-féministes ; mais elle s'est abstenue avec intelligence et charité d'en suivre les conclusions tendant à condamner et l'institution maçonnique et les anglicans qui y appartiennent.

Plusieurs organismes protestants, en diverses confessions et à divers niveaux, ont dénoncé dans la franc-maçonnerie un anti-christianisme, ou un a-christianisme, sans altérer ni la liberté des croyants de ces confessions, ni l'harmonie que beaucoup d'entre eux trouvent dans leur état de chrétien franc-maçon.

Les critiques avancées par certains représentants d'Eglises chrétiennes autres que l'Eglise catholique romaine vont, de même que l'actuelle position de celle-ci, désormais au coeur du problème ; et les condamnations locales, les réflexions individuelles confirment le caractère fondamental, déclaré par Rome, du problème que l'histoire illustre en des événements nombreux et sporadiques.

La Kirk presbytérienne d'Ecosse vient, à son tour, de passer un jugement très sévère, quoiqu'il ne contraigne pas en droit ses fidèles, contre la franc-maçonnerie. Ce jugement, lui aussi, va au fond. Mais quand la Kirk du XVIIe siècle, stricte et officielle, tolérait paradoxalement des rites maçonniques occultisants dont on croirait que sa théologie les eût assimilés au paganisme, ne dépassait-elle pas la prudence du moindre mal (rites maçonniques plutôt que superstitions catholiques romaines !), pour convenir en fait que la franc-maçonnerie bien entendue n'empiète en aucun sens sur l'Eglise la plus sourcilleuse, et n'encourageait-elle pas d'avance à résoudre le problème qu'elle soulève plus de trois siècles plus tard

RELIGION - SCIENCE - LUMIERE
COSMOS ET HISTOIRE - LE GRAND HOMME.

RELIGION

1- Franc-maçonnerie et religion : ce sont les termes d'un problème. Quelle est la position de l'institution maçonnique à l'endroit de la religion ?  Quelle est la position des institutions religieuses en face de la franc-maçonnerie ? C'est un problème de fond, outre les accidents de l'histoire ; outre aussi les cas de figure où, pour des raisons spécifiques, le problème est soit gazé, soit nié.

2- Par des raisons historiques et géographiques, ce problème à double face se manifeste principalement au cas du christianisme et particulièrement en Occident chrétien. Les non-chrétiens peuvent légitimement s'en soucier aussi, s'agissant tant de leurs propres religions que du christianisme, dont les dogmes et les Eglises les touchent de façon variée ; le christianisme oriental, quelles que puissent être les inquiétudes, souvent occidentalisantes, de certaines autorités ecclésiastiques d'Orient, précise le problème et montre la voie d'une solution, en même temps qu'il explique l'origine et la gravité de l'affaire, du problème par la signification historique, y compris dans l'histoire des dogmes et des institutions, de la franc-maçonnerie et de l'Eglise romaine.

3- Déblayons le terrain. La franc-maçonnerie n'est pas athée : ses statuts le lui interdisent ; la cohérence du système aussi. La franc-maçonnerie n'est pas déiste : ses prières rituelles, quelles qu'en soient les formes ou la matière, le démontrent ; la croyance en la volonté révélée du Grand Architecte de l'Univers aussi. La franc-maçonnerie n'est pas indifférentiste : sinon, comment pourrait-elle inviter le candidat à choisir un volume de la Loi sacrée, entre tous, c'est-à-dire un Livre saint parmi tous ceux qui fondent une religion particulière

4- Déblayons encore. Le serment est de droit naturel ; les châtiments dont la menace l'accompagne sont évidemment symboliques et liés, à ce titre, aux signes d'ordre ; en outre, la Grande Loge Unie d'Angleterre en a aboli la mention en 1985, pour éviter toute équivoque, et de nombreuses obédiences suivent l'exemple. Le secret, au demeurant, n'est plus que discrétion. "Jahbulon" est un mot composé de fantaisie, attesté tout à la fin du XVIIIe siècle, entériné en 1835 ; afin d'en évacuer l'éventuelle intention d'un syncrétisme vague et naïf, les meilleurs interprètes de la maçonnerie le comprennent, quitte à modifier l'orthographe, dans le sens d'un monothéisme biblique. Les prières sont d'intercession et non point d'adoration, et point de pélagianisme à craindre, car, si, sur le plan du salut et par les sacrements, le Saint vient à l'homme, celui-ci peut prendre l'initiative dans la démarche mystérique, ou païenne - osons le mot - et c'est sur ce plan-là exclusivement qu'oeuvre la franc-maçonnerie. Allons outre.

5- Religions fondées sur l'histoire, religions fondées sur la nature : le christianisme est fondé sur l'histoire, mais il récapitule les cultes de nature en récapitulant la nature comme les cultes. Telle est la doctrine et telle est la pratique imposée : point de lumière incréée qui ne soit visible par l'homme qu'elle a transfiguré, et c'est la mystique ; mais aussi - et c'est le mystère (à informer par la mystique) - point de cosmologie qui ne soit cosmosophie, point de nature que la Sagesse ne rattache à Dieu, présente comme une âme du monde, ou sa suzeraine, certes créée ainsi que la lumière correspondante, dont la perception, du coup, tient elle-même au mystérique. Tout homme, naturellement logique, en est capable. Mais aussi l'âme du monde est une manifestation des énergies divines qu'irradie la Sainte-Trinité, quoique la Sophia éternelle s'identifie particulièrement soit avec le Logos, soit avec le Saint-Esprit. Point de lumière créée qui ne dépende, sans confusion, de la lumière incréée.

6- La transfiguration de l'homme, et du monde par l'homme est chose d'Eglise ; des formes sacrées de contemplation et d'action sont accessibles à l'homme hors l'Eglise visible et au chrétien hormis son activité liturgique expresse. Mais c'est toujours par le Christ que tout bien s'opère et toute activité du chrétien participe à la liturgie. Autrement dit, toute activité de l'homme est, elle doit être liturgique, explicitement ou implicitement, régulière ou sauvage, et chrétienne avec ou sans la lettre. Le chrétien, de par son état, réintègre, de même que sa doctrine récapitule, toute activité d'apparence extra-liturgique et non chrétienne dans l'Eglise inévitable, spirituellement ; il fortifie, en démasquant, par l'articulation.

7- Le temple est le lieu particulier de Dieu, un point crucial de sa présence : l'homme, esprit, âme et corps, et mon esprit, mon âme et mon corps, par excellence méthodique ; le cosmos ; la société à toute échelle ; les édifices construits ou à construire de main d'homme et selon les règles de l'architecture naturelle, par quoi - poids, nombre et mesure - la Sagesse divine régit tous temples de tous ordres. Et tous temples, de tous ordres, sont à construire ; aussi, par conséquent, la personne et la communauté, et encore le cosmos lui-même : les rites partout et toujours aident au monde. Les rites sacramentels selon leur mode éminent et leur efficacité unique.

8- Quand Coustos, à son procès d'Inquisition, au Portugal, rapporte ces propos par lui entendus en 1728 : "Le maître dit à l'initié que la religion qu'il professe désormais est beaucoup plus noble que l'ordre de la Toison d'or, du Saint-Esprit, du Christ et de tous les autres au monde, car elle est plus noble et plus ancienne que tous ceux-ci...", gare au contexte ! gare à saisir que "religion" signifie ici ordre ou confrérie. Ce qui n'exclut pas que la religion du maçon en sa qualité ne soit aussi la plus ancienne, au point d'être la seule.

9- La religion de la maçonnerie, ou du maçon en sa qualité, est spécifique, mais elle n'est pas spécifiquement maçonnique, quoiqu'elle ne se trouve nulle part ailleurs - et peut-être pas même là - à l'état pur. C'est le noachisme, la religion de Noé dont les deux caractères sont l'antiquité (elle est même primitive, depuis la chute évidemment, et disions-nous, la seule) et l'universalité (elle est la vieille et seule religion catholique). Religion de nature et non point de la nature (comme on dit, ou l'on doit dire, non pas philosophie de la nature, mais philosophie de nature, pour en désigner le reflet spéculatif). Les noachides exploitent la nature dans l'alliance. Les trois grands articles théistes de Noé empêchent que l'homme ne se dissolve dans la nature, et même que l'effort de connaissance et d'amour de l'homme que Dieu a installé dans la nature ne tende à quelque romantique fusion, à la Novalis par exemple.

10- L'alliance de Noé subsiste dans les religions archaïques, mais, dans les mystères à ordonner, ce n'est plus le cosmos qui est médiateur du mystère, c'est la personne : celle du Dieu fait homme et de l'homme qui, dans l'Esprit, devient Dieu. L'homme, roi de l'existence universelle, en est aussi - aussi - le prêtre, capable de déceler, pour l'emplir de Dieu et l'offrir à Dieu, l'être des choses. Le premier pas demeure la révélation naturelle, mais s'il est sans second, c'est le savant moderne ou le sorcier diabolique, qui se prendra pour le prêtre de la nature.

11- Il y a une vérité des religions fondées sur la nature, qui correspondent à l'alliance première de Noé : Dieu se révèle dans la régularité des rythmes naturels et dans le sens métaphysique de toutes choses, d'aucunes semblant plus porteuses à cet égard et plus généralement contemplées. Mais "les hommes ont changé la majesté du Dieu incorruptible en images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des poissons". (Romains, I, 2, 3). L'artifice de l'homme déchu concourt à accroître l'obscurité que sa déchéance fit tomber sur le monde. L'erreur, pourtant, n'est pas fatale.

12- En Abraham et en Moïse, l'alliance n'est pas anéantie, elle est d'un autre ordre et Dieu se révèle dans la singularité des événements historiques. En Christ l'alliance n'est pas anéantie, elle s'accomplit. Le christianisme nous arrache à l'horizontalité, n'importe sa profondeur, du cosmos. Le Christ, dit Eusèbe de Césarée, n'apporte pas un message nouveau, mais rétablit dans sa pureté la religion de l'humanité primitive provisoirement remplacée par le christianisme. (Dem. ev. I, 6)

13- Il existe une révélation naturelle de Dieu dans sa créature, dans la nature et dans l'esprit humain ; elle est propre à la dialectique du processus mystérique et, si l'on veut, du paganisme, de la religion païenne. Pourtant, la révélation naturelle que l'homme trouve en lui dans le monde, dans la Sophia créée (selon l'expression téméraire mais suggestive de Boulgakov, et sous réserve qu'elle ne soit pas déchue, de fait, en sagesse terrestre, sensuelle, diabolique (Jacques, III, 15)), dans l'image de Dieu, est entachée d'erreurs et d'illusions. La révélation divine, dont ne se soucie la franc-maçonnerie, mais que le franc-maçon et, en particulier, le franc-maçon chrétien ou le chrétien franc-maçon n'oubliera pas, est, symétriquement, une descente de Dieu en l'homme.

14- Premièrement, contemplation de Dieu, communion directe avec Dieu, vision de la lumière incréée. Mais, secondement (selon la hiérarchie et premièrement selon certaine pédagogie), contemplation de la nature, connaissance des êtres, c'est-à-dire des "secrets de la gloire de Dieu cachés dans les êtres" (Isaac le Syrien). Cette seconde espèce est la première révélation, la première alliance avec le Logos en qui sont créées toutes choses. Le Pèlerin russe apprend le langage de la création : il sublime une activité païenne en la sanctifiant : du cosmos liturgique à la liturgie cosmique. A l'intuition directe de la lumière et de l'action de Dieu dans les natures visibles est conjointe, dans la doctrine et peut-être dans la pratique, la connaissance rationnelle où l'âme se voit elle-même : réflexion philosophique ou contemplation du noûs appelé à descendre dans le coeur apprêté.

15- Les sacrements de l'Eglise ne souffrent des rites exercés dans la loge maçonnique, à l'ombre idéale du Temple, et dans sa mouvance, nulle rivalité. Les sacrements sont d'institution divine directe (par Jésus-Christ ou par son Eglise qui est son corps mystique), les rites sont d'origine naturelle, comme la révélation primitive, et donc immédiatement divine. Les rites initiatiques promettent et signifient le salut, les sacrements y donnent accès. Nature, rites, monde sont à connaître et à servir en vue de leur transfiguration. Il est bon que tout homme les connaisse et les serve, il est nécessaire que tout chrétien recueille cette connaissance et ce service, pour autant qu'il y est requis, dans le processus de transfiguration où il engage dès lors qu'il est engagé. Il est utile que le chrétien, dont c'est la vocation, connaisse et serve ce que tout homme a pour tâche de transfigurer entre autres, avec tout. Du bon usage de la science ; encore faut-il que ce soit de bonne science.

Sources : Centre International de Recherches et d'Etudes Martinistes

Posté par Adriana Evangelizt

Partager cet article

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans FRANC MACONNERIE
commenter cet article

commentaires