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  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
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  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 02:41

Très intéressant passage où il est bien expliqué que les humains qui vivent les plus vieux sont bien plus punis que ceux qui meurent plus jeunes. L'Âme prisonnière du corps ne rêve que de revenir dans son  monde.  

 

 

 L'Evangile selon le spiritisme

 

 

par ALLAN KARDEC 

 

6ème partie

5ème partie

 

4ème partie 

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

CHAPITRE V (suite)

 

BIENHEUREUX LES AFFLIGES

 

 

 

 

Pertes de personnes aimées. Morts prématurées.


21. Quand la mort vient faucher dans vos familles, emportant sans mesure les jeunes gens avant les vieillards, vous dites souvent : Dieu n'est pas juste, puisqu'il sacrifie ce qui est fort et plein d'avenir, pour conserver ceux qui ont vécu de longues années pleines de déceptions ; puisqu'il enlève ceux qui sont utiles, et laisse ceux qui ne servent plus à rien ; puisqu'il brise le coeur d'une mère en la privant de l'innocente créature qui faisait toute sa joie.


Humains, c'est là que vous avez besoin de vous élever au-dessus du terre à terre de la vie pour comprendre que le bien est souvent là où vous croyez voir le mal, la sage prévoyance là où vous croyez voir l'aveugle fatalité du destin. Pourquoi mesurer la justice divine à la valeur de la vôtre ? Pouvez-vous penser que le maître des mondes veuille, par un simple caprice, vous infliger des peines cruelles ? Rien ne se fait sans un but intelligent, et, quoi que ce soit qui arrive, chaque chose a sa raison d'être. Si vous scrutiez mieux toutes les douleurs qui vous atteignent, vous y trouveriez toujours la raison divine, raison régénératrice, et vos misérables intérêts seraient une considération secondaire que vous rejetteriez au dernier plan.


Croyez-moi, la mort est préférable, pour l'incarnation de vingt ans, à ces dérèglements honteux qui désolent les familles honorables, brisent le coeur d'une mère, et font, avant le temps, blanchir les cheveux des parents. La mort prématurée est souvent un grand bienfait que Dieu accorde à celui qui s'en va, et qui se trouve ainsi préservé des misères de la vie, ou des séductions qui auraient pu l'entraîner à sa perte. Celui qui meurt à la fleur de l'âge n'est point victime de la fatalité, mais Dieu juge qu'il lui est utile de ne pas rester plus longtemps sur la terre.


C'est un affreux malheur, dites-vous, qu'une vie si pleine d'espérances soit sitôt brisée ! De quelles espérances voulez-vous parler ? de celles de la terre où celui qui s'en va aurait pu briller, faire son chemin et sa fortune ? Toujours cette vue étroite qui ne peut s'élever au-dessus de la matière. Savez-vous quel aurait été le sort de cette vie si pleine d'espérances selon vous ? Qui vous dit qu'elle n'eût pas été abreuvée d'amertumes ? Vous comptez donc pour rien les espérances de la vie future, que vous leur préférez celles de la vie éphémère que vous traînez sur la terre ? Vous pensez donc qu'il vaut mieux avoir un rang parmi les hommes que parmi les Esprits bienheureux ?


Réjouissez-vous au lieu de vous plaindre quand il plaît à Dieu de retirer un de ses enfants de cette vallée de misères. N'y a-t-il pas de l'égoïsme à souhaiter qu'il y restât pour souffrir avec vous ? Ah ! cette douleur se conçoit chez celui qui n'a pas la foi, et qui voit dans la mort une séparation éternelle ; mais vous, spirites, vous savez que l'âme vit mieux débarrassée de son enveloppe corporelle ; mères, vous savez que vos enfants bien-aimés sont près de vous ; oui, ils sont tout près ; leurs corps fluidiques vous entourent, leurs pensées vous protègent, votre souvenir les enivre de joie ; mais aussi vos douleurs déraisonnables les affligent, parce qu'elles dénotent un manque de foi, et qu'elles sont une révolte contre la volonté de Dieu.


Vous qui comprenez la vie spirituelle, écoutez les pulsations de votre coeur en appelant ces chers bien-aimés, et si vous priez Dieu pour le bénir, vous sentirez en vous de ces consolations puissantes qui sèchent les larmes, de ces aspirations prestigieuses qui vous montreront l'avenir promis par le souverain Maître. (SANSON, anc. membre de la Société spirite de Paris, 1863.)


Si c'était un homme de bien, il se serait tué.


22. - Vous dites souvent en parlant d'un mauvais homme qui échappe à un danger : Si c'était un homme de bien, il se serait tué. Eh bien, en disant cela vous êtes dans le vrai, car effectivement il arrive bien souvent que Dieu donne à un Esprit, jeune encore dans les voies du progrès, une plus longue épreuve qu'à un bon, qui recevra, en récompense de son mérite, la faveur que son épreuve soit aussi courte que possible. Ainsi donc, quand vous vous servez de cet axiome, vous ne vous doutez pas que vous commettez un blasphème.


S'il meurt un homme de bien, et qu'à côté de sa maison soit celle d'un méchant, vous vous hâtez de dire : Il vaudrait bien mieux que ce fût celui-ci. Vous êtes grandement dans l'erreur, car celui qui part a fini sa tâche, et celui qui reste ne l'a peut-être pas commencée. Pourquoi voudriez-vous donc que le méchant n'eût pas le temps de l'achever, et que l'autre restât attaché à la glèbe terrestre ? Que diriez-vous d'un prisonnier qui aurait fini son temps, et qu'on retiendrait en prison tandis qu'on donnerait la liberté à celui qui n'y a pas droit ? Sachez donc que la vraie liberté est dans l'affranchissement des liens du corps, et que tant que vous êtes sur la terre, vous êtes en captivité.


Habituez-vous à ne pas blâmer ce que vous ne pouvez pas comprendre, et croyez que Dieu est juste en toutes choses ; souvent ce qui vous paraît un mal est un bien ; mais vos facultés sont si bornées, que l'ensemble du grand tout échappe à vos sens obtus. Efforcez-vous de sortir, par la pensée, de votre étroite sphère, et à mesure que vous vous élèverez, l'importance de la vie matérielle diminuera à vos yeux, car elle ne vous apparaîtra que comme un incident dans la durée infinie de votre existence spirituelle, la seule véritable existence. (FENELON, Sens, 1861.)


Les tourments volontaires.


23. L'homme est incessamment à la poursuite du bonheur qui lui échappe sans cesse, parce que le bonheur sans mélange n'existe pas sur la terre. Cependant, malgré les vicissitudes qui forment le cortège inévitable de cette vie, il pourrait tout au moins jouir d'un bonheur relatif, mais il le cherche dans les choses périssables et sujettes aux mêmes vicissitudes, c'est-à-dire dans les jouissances matérielles, au lieu de le chercher dans les jouissances de l'âme qui sont un avant-goût des jouissances célestes impérissables ; au lieu de chercher la paix du coeur, seul bonheur réel ici-bas, il est avide de tout ce qui peut l'agiter et le troubler ; et, chose singulière, il semble se créer à dessein des tourments qu'il ne tiendrait qu'à lui d'éviter.


En est-il de plus grands que ceux que causent l'envie et la jalousie ? Pour l'envieux et le jaloux il n'est point de repos : ils ont perpétuellement la fièvre ; ce qu'ils n'ont pas et ce que d'autres possèdent leur cause des insomnies ; les succès de leurs rivaux leur donnent le vertige ; leur émulation ne s'exerce qu'à éclipser leurs voisins, toute leur joie est d'exciter dans les insensés comme eux la rage de jalousie dont ils sont possédés. Pauvres insensés, en effet, qui ne songent pas que demain peut-être il leur faudra quitter tous ces hochets dont la convoitise empoisonne leur vie ! Ce n'est pas à eux que s'applique cette parole : «Bienheureux les affligés, parce qu'ils seront consolés,» car leurs soucis ne sont pas de ceux qui ont leur compensation dans le ciel.

 
Que de tourments, au contraire, s'épargne celui qui sait se contenter de ce qu'il a, qui voit sans envie ce qu'il n'a pas, qui ne cherche pas à paraître plus qu'il n'est. Il est toujours riche, car s'il regarde au-dessous de lui, au lieu de regarder au-dessus, il verra toujours des gens qui ont encore moins ; il est calme, parce qu'il ne se crée pas des besoins chimériques, et le calme au milieu des orages de la vie n'est-il pas du bonheur ? (FENELON, Lyon, 1860.)

 

Le malheur réel.

 


24. Tout le monde parle du malheur, tout le monde l'a ressenti et croit connaître son caractère multiple. Moi, je viens vous dire que presque tout le monde se trompe, et que le malheur réel n'est point du tout ce que les hommes, c'est-à-dire les malheureux, le supposent. Ils le voient dans la misère, dans la cheminée sans feu, dans le créancier menaçant, dans le berceau vide de l'ange qui souriait, dans les larmes, dans le cercueil qu'on suit le front découvert et le coeur brisé, dans l'angoisse de la trahison, dans le dénuement de l'orgueil qui voudrait se draper dans la pourpre, et qui cache à peine sa nudité sous les haillons de la vanité ; tout cela, et bien d'autres choses encore, s'appelle le malheur dans le langage humain. Oui, c'est le malheur pour ceux qui ne voient que le présent ; mais le vrai malheur est dans les conséquences d'une chose plus que dans la chose elle-même. Dites-moi si l'événement le plus heureux pour le moment, mais qui a des suites funestes, n'est pas en réalité plus malheureux que celui qui cause d'abord une vive contrariété, et finit par produire du bien. Dites-moi si l'orage qui brise vos arbres, mais assainit l'air en dissipant les miasmes insalubres qui eussent causé la mort, n'est pas plutôt un bonheur qu'un malheur.


Pour juger une chose, il faut donc en voir la suite ; c'est ainsi que pour apprécier ce qui est réellement heureux ou malheureux pour l'homme, il faut se transporter au-delà de cette vie, parce que c'est là que les conséquences s'en font sentir ; or, tout ce qu'il appelle malheur selon sa courte vue, cesse avec la vie, et trouve sa compensation dans la vie future.


Je vais vous révéler le malheur sous une nouvelle forme, sous la forme belle et fleurie que vous accueillez et désirez par toutes les forces de vos âmes trompées. Le malheur, c'est la joie, c'est le plaisir, c'est le bruit, c'est la vaine agitation, c'est la folle satisfaction de la vanité qui font taire la conscience, qui compriment l'action de la pensée, qui étourdissent l'homme sur son avenir ; le malheur, c'est l'opium de l'oubli que vous appelez de tous vos voeux.


Espérez, vous qui pleurez ! tremblez, vous qui riez, parce que votre corps est satisfait ! On ne trompe pas Dieu ; on n'esquive pas la destinée ; et les épreuves, créancières plus impitoyables que la meute déchaînée par la misère, guettent votre repos trompeur pour vous plonger tout à coup dans l'agonie du vrai malheur, de celui qui surprend l'âme amollie par l'indifférence et l'égoïsme.

Que le spiritisme vous éclaire donc et replace dans leur vrai jour la vérité et l'erreur, si étrangement défigurées par votre aveuglement ! Alors vous agirez comme de braves soldats qui, loin de fuir le danger, préfèrent les luttes des combats hasardeux, à la paix qui ne peut leur donner ni gloire ni avancement. Qu'importe au soldat de perdre dans la bagarre ses armes, ses bagages et ses vêtements, pourvu qu'il en sorte vainqueur et avec gloire ! Qu'importe à celui qui a foi en l'avenir de laisser sur le champ de bataille de la vie sa fortune et son manteau de chair, pourvu que son âme entre radieuse dans le céleste royaume ? (DELPHINE DE GIRARDIN, Paris, 1861.)


La mélancolie.


25. Savez-vous pourquoi une vague tristesse s'empare parfois de vos coeurs et vous fait trouver la vie si amère ? C'est votre Esprit qui aspire au bonheur et à la liberté, et qui, rivé au corps qui lui sert de prison, s'épuise en vains efforts pour en sortir. Mais, en voyant qu'ils sont inutiles, il tombe dans le découragement, et le corps subissant son influence, la langueur, l'abattement et une sorte d'apathie s'emparent de vous, et vous vous trouvez malheureux.


Croyez-moi, résistez avec énergie à ces impressions qui affaiblissent en vous la volonté. Ces aspirations vers une vie meilleure sont innées dans l'esprit de tous les hommes, mais ne les cherchez pas ici-bas ; et à présent que Dieu vous envoie ses Esprits pour vous instruire du bonheur qu'il vous réserve, attendez patiemment l'ange de la délivrance qui doit vous aider à rompre les liens qui tiennent votre Esprit captif. Songez que vous avez à remplir pendant votre épreuve sur la terre une mission dont vous ne vous doutez pas, soit en vous dévouant à votre famille, soit en remplissant les divers devoirs que Dieu vous a confiés. Et si, dans le cours de cette épreuve, et en vous acquittant de votre tâche, vous voyez les soucis, les inquiétudes, les chagrins fondre sur vous, soyez forts et courageux pour les supporter. Bravez-les franchement ; ils sont de courte durée et doivent vous conduire près des amis que vous pleurez, qui se réjouissent de votre arrivée parmi eux, et vous tendront les bras pour vous conduire dans un lieu où n'ont point accès les chagrins de la terre. (FRANÇOIS DE GENEVE. Bordeaux.)


Epreuves volontaires. Le vrai cilice.


26. Vous demandez s'il est permis d'adoucir ses propres épreuves ; cette question revient à celle-ci : Est-il permis à celui qui se noie de chercher à se sauver ? à celui qui s'est enfoncé une épine de la retirer ? à celui qui est malade d'appeler le médecin ? Les épreuves ont pour but d'exercer l'intelligence aussi bien que la patience et la résignation ; un homme peut naître dans une position pénible et embarrassée, précisément pour l'obliger à chercher les moyens de vaincre les difficultés. Le mérite consiste à supporter sans murmure les conséquences des maux qu'on ne peut éviter, à persévérer dans la lutte, à ne se point désespérer si l'on ne réussit pas, mais non dans un laisser-aller qui serait de la paresse plus que de la vertu.


Cette question en amène naturellement une autre. Puisque Jésus a dit : «Bienheureux les affligés,» y a-t-il du mérite à chercher les afflictions en aggravant ses épreuves par des souffrances volontaires ? A cela je répondrai très nettement : Oui, il y a un grand mérite quand les souffrances et les privations ont pour but le bien du prochain, car c'est de la charité par le sacrifice ; non, quand elles n'ont pour but que soi-même, car c'est de l'égoïsme par fanatisme.


Il y a ici une grande distinction à faire ; pour vous, personnellement, contentez-vous des épreuves que Dieu vous envoie, et n'en augmentez pas la charge déjà si lourde parfois ; acceptez-les sans murmure et avec foi, c'est tout ce qu'il vous demande. N'affaiblissez point votre corps par des privations inutiles et des macérations sans but, car vous avez besoin de toutes vos forces pour accomplir votre mission de travail sur la terre. Torturer volontairement et martyriser votre corps, c'est contrevenir à la loi de Dieu, qui vous donne le moyen de le soutenir et de le fortifier ; l'affaiblir sans nécessité, est un véritable suicide. Usez, mais n'abusez pas : telle est la loi ; l'abus des meilleures choses porte sa punition par ses conséquences inévitables.


Il en est autrement des souffrances que l'on s'impose pour le soulagement de son prochain. Si vous endurez le froid et la faim pour réchauffer et nourrir celui qui en a besoin, et si votre corps en pâtit, voilà le sacrifice qui est béni de Dieu. Vous qui quittez vos boudoirs parfumés pour aller dans la mansarde infecte porter la consolation ; vous qui salissez vos mains délicates en soignant les plaies ; vous qui vous privez de sommeil pour veiller au chevet d'un malade qui n'est que votre frère en Dieu ; vous enfin qui usez votre santé dans la pratique des bonnes oeuvres, voilà votre cilice, vrai cilice de bénédiction, car les joies du monde n'ont point desséché votre coeur ; vous ne vous êtes point endormis au sein des voluptés énervantes de la fortune, mais vous vous êtes faits les anges consolateurs des pauvres déshérités.

Mais vous qui vous retirez du monde pour éviter ses séductions et vivre dans l'isolement, de quelle utilité êtes-vous sur la terre ? où est votre courage dans les épreuves, puisque vous fuyez la lutte et désertez le combat ? Si vous voulez un cilice, appliquez-le sur votre âme et non sur votre corps ; mortifiez votre Esprit et non votre chair ; fustigez votre orgueil ; recevez les humiliations sans vous plaindre ; meurtrissez votre amour-propre ; raidissez-vous contre la douleur de l'injure et de la calomnie plus poignante que la douleur corporelle. Voilà le vrai cilice dont les blessures vous seront comptées, parce qu'elles attesteront votre courage et votre soumission à la volonté de Dieu. (UN ANGE GARDIEN, Paris, 1863.)


27.
Doit-on mettre un terme aux épreuves de son prochain quand on le peut, ou faut-il, par respect pour les desseins de Dieu, les laisser suivre leur cours ?


Nous vous avons dit et répété bien souvent que vous êtes sur cette terre d'expiation pour achever vos épreuves, et que tout ce qui vous arrive est une conséquence de vos existences antérieures, l'intérêt de la dette que vous avez à payer. Mais cette pensée provoque chez certaines personnes des réflexions qu'il est nécessaire d'arrêter, car elles pourraient avoir de funestes conséquences.


Quelques-uns pensent que du moment qu'on est sur la terre pour expier, il faut que les épreuves aient leur cours. Il en est même qui vont jusqu'à croire, que non seulement il ne faut rien faire pour les atténuer, mais qu'il faut, au contraire, contribuer à les rendre plus profitables en les rendant plus vives. C'est une grande erreur. Oui, vos épreuves doivent suivre le cours que Dieu leur a tracé, mais connaissez-vous ce cours ? Savez-vous jusqu'à quel point elles doivent aller, et si votre Père miséricordieux n'a pas dit à la souffrance de tel ou tel de vos frères : «Tu n'iras pas plus loin ?» Savez-vous si sa providence ne vous a pas choisi, non comme un instrument de supplice pour aggraver les souffrances du coupable, mais comme le baume de consolation qui doit cicatriser les plaies que sa justice avait ouvertes ? Ne dites donc pas, quand vous voyez un de vos frères frappé : C'est la justice de Dieu, il faut qu'elle ait son cours ; mais dites-vous, au contraire : Voyons quels moyens notre Père miséricordieux a mis en mon pouvoir pour adoucir la souffrance de mon frère. Voyons si mes consolations morales, mon appui matériel, mes conseils, ne pourront pas l'aider à franchir cette épreuve avec plus de force, de patience et de résignation. Voyons même si Dieu n'a pas mis en mes mains le moyen de faire cesser cette souffrance ; s'il ne m'a pas été donné, à moi comme épreuve aussi, comme expiation peut-être, d'arrêter le mal et de le remplacer par la paix.


Aidez-vous donc toujours dans vos épreuves respectives, et ne vous regardez jamais comme des instruments de torture ; cette pensée doit révolter tout homme de coeur, tout spirite surtout ; car le spirite, mieux que tout autre, doit comprendre l'étendue infinie de la bonté de Dieu. Le spirite doit penser que sa vie entière doit être un acte d'amour et de dévouement ; que quoi qu'il fasse pour contrecarrer les décisions du Seigneur, sa justice aura son cours. Il peut donc, sans crainte, faire tous ses efforts pour adoucir l'amertume de l'expiation, mais c'est Dieu seul qui peut l'arrêter ou la prolonger selon qu'il le juge à propos.


N'y aurait-il pas un bien grand orgueil de la part de l'homme, de se croire le droit de retourner, pour ainsi dire, l'arme dans la plaie ? d'augmenter la dose de poison dans la poitrine de celui qui souffre, sous prétexte que telle est son expiation ? Oh ! regardez-vous toujours comme un instrument choisi pour la faire cesser. Résumons-nous ici : vous êtes tous sur la terre pour expier ; mais tous, sans exception, devez faire tous vos efforts pour adoucir l'expiation de vos frères, selon la loi d'amour et de charité. (BERNARDIN, Esprit protecteur. Bordeaux, 1863.)


28. Un homme est à l'agonie, en proie à de cruelles souffrances ; on sait que son état est sans espoir ; est-il permis de lui épargner quelques instants d'angoisse en hâtant sa fin ?
Qui donc vous donnerait le droit de préjuger les desseins de Dieu ? Ne peut-il conduire un homme au bord de la fosse pour l'en retirer, afin de lui faire faire un retour sur lui-même et de l'amener à d'autres pensées ? A quelque extrémité que soit un moribond, nul ne peut dire avec certitude que sa dernière heure est venue. La science ne s'est-elle jamais trompée dans ses prévisions ?


Je sais bien qu'il est des cas que l'on peut regarder avec raison comme désespérés ; mais s'il n'y a aucun espoir fondé d'un retour définitif à la vie et à la santé, n'a-t-on pas d'innombrables exemples qu'au moment de rendre le dernier soupir, le malade se ranime, et recouvre ses facultés pour quelques instants ! Eh bien ! cette heure de grâce qui lui est accordée peut être pour lui de la plus grande importance ; car vous ignorez les réflexions qu'a pu faire son Esprit dans les convulsions de l'agonie, et quels tourments peut lui épargner un éclair de repentir.


Le matérialiste qui ne voit que le corps, et ne tient nul compte de l'âme, ne peut comprendre ces choses-là ; mais le spirite, qui sait ce qui se passe au-delà de la tombe, connaît le prix de la dernière pensée. Adoucissez les dernières souffrances autant qu'il est en vous ; mais gardez-vous d'abréger la vie, ne fût-ce que d'une minute, car cette minute peut épargner bien des larmes dans l'avenir. (SAINT LOUIS. Paris, 1860.)


29.
Celui qui est dégoûté de la vie, mais ne veut pas se l'ôter, est-il coupable de chercher la mort sur un champ de bataille, avec la pensée de rendre sa mort utile ?


Que l'homme se donne la mort ou qu'il se la fasse donner, le but est toujours d'abréger sa vie, et par conséquent il y a suicide d'intention sinon de fait. La pensée que sa mort servira à quelque chose est illusoire ; ce n'est qu'un prétexte pour colorer son action et l'excuser à ses propres yeux ; s'il avait sérieusement le désir de servir son pays, il chercherait à vivre, tout en le défendant, et non à mourir, car une fois mort il ne lui sert plus à rien. Le vrai dévouement consiste à ne pas craindre la mort quand il s'agit d'être utile, à braver le péril, à faire d'avance et sans regret le sacrifice de sa vie si cela est nécessaire ; mais l'intention préméditée de chercher la mort en s'exposant à un danger, même pour rendre service, annule le mérite de l'action. (SAINT LOUIS. Paris, 1860.)


30.
Un homme s'expose à un danger imminent pour sauver la vie à un de ses semblables, sachant d'avance que lui-même succombera ; cela peut-il être regardé comme un suicide ?


Du moment que l'intention de chercher la mort n'y est pas, il n'y a pas suicide, mais dévouement et abnégation, eût-on la certitude de périr. Mais qui peut avoir cette certitude ? Qui dit que la Providence ne réserve pas un moyen inespéré de salut dans le moment le plus critique ? Ne peut-elle sauver celui même qui serait à la bouche d'un canon ? Souvent elle peut vouloir pousser l'épreuve de la résignation jusqu'à sa dernière limite, alors une circonstance inattendue détourne le coup fatal. (Id.)


31.
Ceux qui acceptent leurs souffrances avec résignation par soumission à la volonté de Dieu et en vue de leur bonheur futur, ne travaillent-ils que pour eux-mêmes, et peuvent-ils rendre leurs souffrances profitables à d'autres ?


Ces souffrances peuvent être profitables à autrui matériellement et moralement. Matériellement, si, par le travail, les privations et les sacrifices qu'ils s'imposent, ils contribuent au bien-être matériel de leurs proches ; moralement, par l'exemple qu'ils donnent de leur soumission à la volonté de Dieu. Cet exemple de la puissance de la foi spirite peut exciter des malheureux à la résignation, les sauver du désespoir et de ses funestes conséquences pour l'avenir. (SAINT LOUIS. Paris, 1860.)

 

CHAPITRE VI

LE CHRIST CONSOLATEUR.

 


Le joug léger. - Consolateur promis. - Instructions des Esprits : Avènement de l'Esprit de Vérité.


Le joug léger.


1. Venez à moi, vous tous qui êtes affligés et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. - Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes ; car mon joug est doux et mon fardeau est léger. (Saint Matthieu, ch. XI, v. 28, 29, 30.)


2. Toutes les souffrances : misères, déceptions, douleurs physiques, pertes d'êtres chéris, trouvent leur consolation dans la foi en l'avenir, dans la confiance en la justice de Dieu, que le Christ est venu enseigner aux hommes. Sur celui, au contraire, qui n'attend rien après cette vie, ou qui doute simplement, les afflictions pèsent de tout leur poids, et nulle espérance ne vient en adoucir l'amertume. Voilà ce qui fait dire à Jésus : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, et je vous soulagerai.


Cependant Jésus met une condition à son assistance, et à la félicité qu'il promet aux affligés ; cette condition est dans la loi qu'il enseigne ; son joug est l'observation de cette loi ; mais ce joug est léger et cette loi est douce, puisqu'ils imposent pour devoir l'amour et la charité.


Consolateur promis.


3. Si vous m'aimez, gardez mes commandements ; - et je prierai mon Père, et il vous enverra un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous : -L'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point, et qu'il ne le connaît point. Mais pour vous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera avec vous et qu'il sera en vous. - Mais le consolateur, qui est le Saint-Esprit, que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. (Saint Jean, ch. XIV, v. 15, 16, 17, 26.)


4. Jésus promet un autre consolateur : c'est l'Esprit de Vérité, que le monde ne connaît point encore, parce qu'il n'est pas mûr pour le comprendre, que le Père enverra pour enseigner toutes choses, et pour faire souvenir de ce que Christ a dit. Si donc l'Esprit de Vérité doit venir plus tard enseigner toutes choses, c'est que Christ n'a pas tout dit ; s'il vient faire souvenir de ce que Christ a dit, c'est qu'on l'aura oublié ou mal compris.

Le spiritisme vient au temps marqué accomplir la promesse du Christ : l'Esprit de Vérité préside à son établissement ; il rappelle les hommes à l'observance de la loi ; il enseigne toutes choses en faisant comprendre ce que le Christ n'a dit qu'en paraboles. Le Christ a dit : «Que ceux-là entendent qui ont des oreilles pour entendre ;» le spiritisme vient ouvrir les yeux et les oreilles, car il parle sans figures et sans allégories ; il lève le voile laissé à dessein sur certains mystères ; il vient enfin apporter une suprême consolation aux déshérités de la terre et à tous ceux qui souffrent, en donnant une cause juste et un but utile à toutes les douleurs.


Le Christ a dit : «Bienheureux les affligés, parce qu'ils seront consolés ;» mais comment se trouver heureux de souffrir, si l'on ne sait pourquoi on souffre ? Le spiritisme en montre la cause dans les existences antérieures et dans la destination de la terre où l'homme expie son passé ; il en montre le but en ce que les souffrances sont comme les crises salutaires qui amènent la guérison, et qu'elles sont l'épuration qui assure le bonheur dans les existences futures. L'homme comprend qu'il a mérité de souffrir, et il trouve la souffrance juste ; il sait que cette souffrance aide à son avancement, et il l'accepte sans murmure, comme l'ouvrier accepte le travail qui doit lui valoir son salaire. Le spiritisme lui donne une foi inébranlable dans l'avenir, et le doute poignant n'a plus de prise sur son âme ; en lui faisant voir les choses d'en haut, l'importance des vicissitudes terrestres se perd dans le vaste et splendide horizon qu'il embrasse, et la perspective du bonheur qui l'attend lui donne la patience, la résignation et le courage d'aller jusqu'au bout du chemin.


Ainsi le spiritisme réalise ce que Jésus a dit du consolateur promis : connaissance des choses qui fait que l'homme sait d'où il vient, où il va, et pourquoi il est sur la terre ; rappel aux vrais principes de la loi de Dieu, et consolation par la foi et l'espérance.


INSTRUCTIONS DES ESPRITS.


Avènement de l'Esprit de Vérité.


5. Je viens, comme autrefois, parmi les fils égarés d'Israël, apporter la vérité et dissiper les ténèbres. Ecoutez-moi. Le spiritisme, comme autrefois ma parole, doit rappeler aux incrédules qu'au-dessus d'eux règne l'immuable vérité : le Dieu bon, le Dieu grand qui fait germer la plante et soulève les flots. J'ai révélé la doctrine divine ; j'ai, comme un moissonneur, lié en gerbes le bien épars dans l'humanité, et j'ai dit : Venez à moi, vous tous qui souffrez !


Mais les hommes ingrats se sont détournés de la voie droite et large qui conduit au royaume de mon Père, et ils se sont égarés dans les âpres sentiers de l'impiété. Mon Père ne veut pas anéantir la race humaine ; il veut que, vous aidant les uns les autres, morts et vivants, c'est-à-dire morts selon la chair, car la mort n'existe pas, vous vous secouriez, et que, non plus la voix des prophètes et des apôtres, mais la voix de ceux qui ne sont plus se fasse entendre pour vous crier : Priez et croyez ! car la mort, c'est la résurrection, et la vie, c'est l'épreuve choisie pendant laquelle vos vertus cultivées doivent grandir et se développer comme le cèdre.


Hommes faibles, qui comprenez les ténèbres de vos intelligences, n'éloignez pas le flambeau que la clémence divine place entre vos mains pour éclairer votre route et vous ramener, enfants perdus, dans le giron de votre Père.


Je suis trop touché de compassion pour vos misères, pour votre immense faiblesse, pour ne pas tendre une main secourable aux malheureux égarés qui, voyant le ciel, tombent dans l'abîme de l'erreur. Croyez, aimez, méditez les choses qui vous sont révélées ; ne mêlez pas l'ivraie au bon grain, les utopies aux vérités.


Spirites ! aimez-vous, voilà le premier enseignement ; instruisez-vous, voilà le second. Toutes vérités se trouvent dans le Christianisme ; les erreurs qui y ont pris racine sont d'origine humaine ; et voilà qu'au-delà du tombeau que vous croyiez le néant, des voix vous crient : Frères ! rien ne périt ; Jésus-Christ est le vainqueur du mal, soyez les vainqueurs de l'impiété. (L'ESPRIT DE VERITE. Paris, 1860.)


6. Je viens enseigner et consoler les pauvres déshérités ; je viens leur dire qu'ils élèvent leur résignation au niveau de leurs épreuves ; qu'ils pleurent, car la douleur a été sacrée au jardin des Oliviers ; mais qu'ils espèrent, car les anges consolateurs viendront aussi essuyer leurs larmes.


Ouvriers, tracez votre sillon ; recommencez le lendemain la rude journée de la veille ; le labeur de vos mains fournit le pain terrestre à vos corps, mais vos âmes ne sont pas oubliées ; et moi, le divin jardinier, je les cultive dans le silence de vos pensées ; lorsque l'heure du repos aura sonné, lorsque la trame s'échappera de vos mains, et que vos yeux se fermeront à la lumière, vous sentirez sourdre et germer en vous ma précieuse semence. Rien n'est perdu dans le royaume de notre Père, et vos sueurs, vos misères forment le trésor qui doit vous rendre riches dans les sphères supérieures, où la lumière remplace les ténèbres, et où le plus dénué de vous tous sera peut-être le plus resplendissant.


Je vous le dis en vérité, ceux qui portent leurs fardeaux et qui assistent leurs frères sont mes bien-aimés ; instruisez-vous dans la précieuse doctrine qui dissipe l'erreur des révoltes, et qui vous enseigne le but sublime de l'épreuve humaine. Comme le vent balaye la poussière, que le souffle des Esprits dissipe vos jalousies contre les riches du monde qui sont souvent très misérables, car leurs épreuves sont plus périlleuses que les vôtres. Je suis avec vous, et mon apôtre vous enseigne. Buvez à la source vive de l'amour, et préparez-vous, captifs de la vie, à vous élancer un jour libres et joyeux dans le sein de Celui qui vous a créés faibles pour vous rendre perfectibles, et qui veut que vous façonniez vous-mêmes votre molle argile, afin d'être les artisans de votre immortalité. (L'ESPRIT DE VERITE, Paris, 1861.)


7. Je suis le grand médecin des âmes, et je viens vous apporter le remède qui doit les guérir ; les faibles, les souffrants et les infirmes sont mes enfants de prédilection, et je viens les sauver. Venez donc à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes chargés, et vous serez soulagés et consolés ; ne cherchez pas ailleurs la force et la consolation, car le monde est impuissant à les donner. Dieu fait à vos coeurs un appel suprême par le spiritisme ; écoutez-le. Que l'impiété, le mensonge, l'erreur, l'incrédulité soient extirpés de vos âmes endolories ; ce sont des monstres qui s'abreuvent de votre sang le plus pur, et qui vous font des plaies presque toujours mortelles. Qu'à l'avenir, humbles et soumis au Créateur, vous pratiquiez sa loi divine. Aimez et priez ; soyez dociles aux Esprits du Seigneur ; invoquez-le du fond du coeur; alors il vous enverra son Fils bien-aimé pour vous instruire et vous dire ces bonnes paroles : Me voilà ; je viens à vous, parce que vous m'avez appelé. (L'ESPRIT DE VERITE. Bordeaux, 1861.)


8. Dieu console les humbles et donne la force aux affligés qui la lui demandent. Sa puissance couvre la terre, et partout à côté d'une larme il a placé un baume qui console. Le dévouement et l'abnégation sont une prière continuelle, et renferment un enseignement profond ; la sagesse humaine réside en ces deux mots. Puissent tous les Esprits souffrants comprendre cette vérité, au lieu de se récrier contre les douleurs, les souffrances morales qui sont ici-bas votre lot. Prenez donc pour devise ces deux mots : dévouement et abnégation, et vous serez forts, parce qu'ils résument tous les devoirs que vous imposent la charité et l'humilité. Le sentiment du devoir accompli vous donnera le repos de l'esprit et la résignation. Le coeur bat mieux, l'âme se calme et le corps n'a plus de défaillance, car le corps souffre d'autant plus que l'esprit est plus profondément atteint. (L'ESPRIT DE VERITE. Le Havre, 1863.)

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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