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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 23:20

 

 L'évangile selon le spiritisme

 

CONTENANT
L’EXPLICATION DES MAXIMES MORALES DU CHRIST
LEUR CONCORDANCE AVEC LE SPIRITISME

ET LEUR APPLICATION AUX DIVERSES POSITIONS DE LA VIE

par ALLAN KARDEC


Auteur du Livre des Esprits.

 

 

PREFACE


Les Esprits du Seigneur, qui sont les vertus des cieux, comme une immense armée qui s'ébranle dès qu'elle en a reçu le commandement, se répandent sur toute la surface de la terre ; semblables à des étoiles qui tombent du ciel, ils viennent éclairer la route et ouvrir les yeux des aveugles.


Je vous le dis en vérité, les temps sont arrivés où toutes choses doivent être rétablies dans leur sens véritable pour dissiper les ténèbres, confondre les orgueilleux et glorifier les justes.


Les grandes voix du ciel retentissent comme le son de la trompette, et les choeurs des anges s'assemblent. Hommes, nous vous convions au divin concert ; que vos mains saisissent la lyre ; que vos voix s'unissent, et qu'en un hymne sacré elles s'étendent et vibrent d'un bout de l'univers à l'autre.


Hommes, frères que nous aimons, nous sommes près de vous ; aimez-vous aussi les uns les autres, et dites du fond de votre coeur, en faisant les volontés du Père qui est au ciel : «Seigneur ! Seigneur !» et vous pourrez entrer dans le royaume des cieux.


L'ESPRIT DE VERITE.

 

NOTA. L'instruction ci-dessus, transmise par voie médianimique, résume à la fois le véritable caractère du Spiritisme et le but de cet ouvrage ; c'est pourquoi elle est placée ici comme préface.

 

 NOTICES HISTORIQUES.


Pour bien comprendre certains passages des Evangiles, il est nécessaire de connaître la valeur de plusieurs mots qui y sont fréquemment employés, et qui caractérisent l'état des moeurs et de la société juive à cette époque. Ces mots n'ayant plus pour nous le même sens ont été souvent mal interprétés, et par cela même ont laissé une sorte d'incertitude. L'intelligence de leur signification explique en outre le sens véritable de certaines maximes qui semblent étranges au premier abord. 


SAMARITAINS. Après le schisme des dix tribus, Samarie devint la capitale du royaume dissident d'Israël. Détruite et rebâtie à plusieurs reprises, elle fut, sous les Romains, le chef-lieu de la Samarie, l'une des quatre divisions de la Palestine. Hérode, dit le Grand, l'embellit de somptueux monuments, et, pour flatter Auguste, lui donna le nom d'Augusta, en grec Sébaste.


Les Samaritains furent presque toujours en guerre avec les rois de Juda ; une aversion profonde, datant de la séparation, se perpétua constamment entre les deux peuples, qui fuyaient toutes relations réciproques. Les Samaritains, pour rendre la scission plus profonde et n'avoir point à venir à Jérusalem pour la célébration des fêtes religieuses, se construisirent un temple particulier, et adoptèrent certaines réformes ; ils n'admettaient que le Pentateuque contenant la loi de Moïse, et rejetaient tous les livres qui y furent annexés depuis. Leurs livres sacrés étaient écrits en caractères hébreux de la plus haute antiquité. Aux yeux des Juifs orthodoxes ils étaient hérétiques, et, par cela même, méprisés, anathématisés et persécutés. L'antagonisme des deux nations avait donc pour unique principe la divergence des opinions religieuses, quoique leurs croyances eussent la même origine ; c'étaient les Protestants de ce temps-là.


On trouve encore aujourd'hui des Samaritains dans quelques contrées du Levant, particulièrement à Naplouse et à Jaffa. Ils observent la loi de Moïse avec plus de rigueur que les autres Juifs, et ne contractent d'alliance qu'entre eux.

NAZAREENS, nom donné, dans l'ancienne loi, aux Juifs qui faisaient voeu, soit pour la vie, soit pour un temps, de conserver une pureté parfaite ; ils s'engageaient à la chasteté, à l'abstinence des liqueurs et à la conservation de leur chevelure. Samson, Samuel et Jean-Baptiste étaient Nazaréens.
Plus tard les Juifs donnèrent ce nom aux premiers chrétiens, par allusion à Jésus de Nazareth.
Ce fut aussi le nom d'une secte hérétique des premiers siècles de l'ère chrétienne, qui, de même que les Ebionites, dont elle adoptait certains principes, mêlait les pratiques du Mosaïsme aux dogmes chrétiens. Cette secte disparut au quatrième siècle.


PUBLICAINS. On appelait ainsi, dans l'ancienne Rome, les chevaliers fermiers des taxes publiques, chargés du recouvrement des impôts et des revenus de toute nature, soit à Rome même, soit dans les autres parties de l'empire. Ils étaient l'analogue des fermiers généraux et traitants de l'ancien régime en France, et tels qu'ils existent encore dans certaines contrées. Les risques qu'ils couraient faisaient fermer les yeux sur les richesses qu'ils acquéraient souvent, et qui, chez beaucoup, étaient le produit d'exactions et de bénéfices scandaleux. Le nom de publicain s'étendit plus tard à tous ceux qui avaient le maniement des deniers publics et aux agents subalternes. Aujourd'hui ce mot se prend en mauvaise part pour désigner les financiers et agents d'affaires peu scrupuleux ; on dit quelquefois : «Avide comme un publicain ; riche comme un publicain,» pour une fortune de mauvais aloi.


De la domination romaine, l'impôt fut ce que les Juifs acceptèrent le plus difficilement, et ce qui causa parmi eux le plus d'irritation ; il s'ensuivit plusieurs révoltes, et l'on en fit une question religieuse, parce qu'on le regardait comme contraire à la loi. Il se forma même un parti puissant à la tête duquel était un certain Juda, dit le Gaulonite, qui avait pour principe le refus de l'impôt. Les Juifs avaient donc en horreur l'impôt, et, par suite, tous ceux qui étaient chargés de le percevoir ; de là leur aversion pour les publicains de tous rangs, parmi lesquels pouvaient se trouver des gens très estimables, mais qui, en raison de leurs fonctions, étaient méprisés, ainsi que ceux qui les fréquentaient, et qui étaient confondus dans la même réprobation. Les Juifs de distinction auraient cru se compromettre en ayant avec eux des rapports d'intimité.


Les
PEAGERS étaient les percepteurs de bas étage, chargés principalement du recouvrement des droits à l'entrée des villes. Leurs fonctions correspondaient à peu près à celles des douaniers et des receveurs d'octroi ; ils partageaient la réprobation des publicains en général. C'est pour cette raison que, dans l'Evangile, on trouve fréquemment le nom de publicain accolé à celui de gens de mauvaise vie ; cette qualification n'impliquait point celle de débauchés et de gens sans aveu ; c'était un terme de mépris synonyme de gens de mauvaise compagnie, indignes de fréquenter les gens comme il faut.


PHARISIENS (de l'Hébreu Parasch division, séparation). La tradition formait une partie importante de la théologie juive ; elle consistait dans le recueil des interprétations successives données sur le sens des Ecritures, et qui étaient devenues des articles de dogme. C'était, parmi les docteurs, le sujet d'interminables discussions, le plus souvent sur de simples questions de mots ou de formes, dans le genre des disputes théologiques et des subtilités de la scolastique du moyen âge ; de là naquirent différentes sectes qui prétendaient avoir chacune le monopole de la vérité, et, comme cela arrive presque toujours, se détestaient cordialement les unes les autres.


Parmi ces sectes la plus influente était celle des Pharisiens, qui eut pour chef Hillel, docteur juif né à Babylone, fondateur d'une école célèbre où l'on enseignait que la foi n'était due qu'aux Ecritures. Son origine remonte à l'an 180 ou 200 avant J.-C. Les Pharisiens furent persécutés à diverses époques, notamment sous Hyrcan, souverain pontife et roi des Juifs, Aristobule et Alexandre, roi de Syrie ; cependant, ce dernier leur ayant rendu leurs honneurs et leurs biens, ils ressaisirent leur puissance qu'ils conservèrent jusqu'à la ruine de Jérusalem, l'an 70 de l'ère chrétienne, époque à laquelle leur nom disparut à la suite de la dispersion des Juifs.


Les Pharisiens prenaient une part active dans les controverses religieuses. Serviles observateurs des pratiques extérieures du culte et des cérémonies, pleins d'un zèle ardent de prosélytisme, ennemis des novateurs, ils affectaient une grande sévérité de principes ; mais, sous les apparences d'une dévotion méticuleuse, ils cachaient des moeurs dissolues, beaucoup d'orgueil, et par-dessus tout un amour excessif de domination. La religion était pour eux plutôt un moyen d'arriver que l'objet d'une foi sincère. Ils n'avaient que les dehors et l'ostentation de la vertu ; mais par là ils exerçaient une grande influence sur le peuple, aux yeux duquel ils passaient pour de saints personnages ; c'est pourquoi ils étaient très puissants à Jérusalem.

 
Ils croyaient, ou du moins faisaient profession de croire à la Providence, à l'immortalité de l'âme, à l'éternité des peines et à la résurrection des morts. (Ch. IV, nº 4.) Jésus, qui prisait avant tout la simplicité et les qualités du coeur, qui préférait dans la loi l'esprit qui vivifie à la lettre qui tue, s'attacha, durant toute sa mission, à démasquer leur hypocrisie, et s'en fit par conséquent des ennemis acharnés ; c'est pourquoi ils se liguèrent avec les princes des prêtres pour ameuter le peuple contre lui et le faire périr.


SCRIBES, nom donné dans le principe aux secrétaires des rois de Juda, et à certains intendants des armées juives ; plus tard cette désignation fut appliquée spécialement aux docteurs qui enseignaient la loi de Moïse et l'interprétaient au peuple. Ils faisaient cause commune avec les Pharisiens, dont ils partageaient les principes et l'antipathie contre les novateurs ; c'est pourquoi Jésus les confond dans la même réprobation.


SYNAGOGUE (du grec Sunagoguê, assemblée, congrégation). Il n'y avait en Judée qu'un seul temple, celui de Salomon, à Jérusalem, où se célébraient les grandes cérémonies du culte. Les Juifs s'y rendaient tous les ans en pèlerinage pour les principales fêtes, telles que celles de la Pâque, de la Dédicace et des Tabernacles. C'est dans ces occasions que Jésus y fit plusieurs voyages. Les autres villes n'avaient point de temples, mais des synagogues, édifices où les Juifs se rassemblaient aux jours de sabbat pour faire des prières publiques, sous la direction des Anciens, des scribes ou docteurs de la loi ; on y faisait aussi des lectures tirées des livres sacrés que l'on expliquait et commentait ; chacun pouvait y prendre part ; c'est pourquoi Jésus, sans être prêtre, enseignait dans les synagogues les jours de sabbat.
Depuis la ruine de Jérusalem et la dispersion des Juifs, les synagogues, dans les villes qu'ils habitent, leur servent de temples pour la célébration du culte.


SADUCEENS, secte juive qui se forma vers l'an 248 avant Jésus-Christ ; ainsi nommée de Sadoc, son fondateur. Les Saducéens ne croyaient ni à l'immortalité de l'âme, ni à la résurrection, ni aux bons et mauvais anges. Cependant ils croyaient à Dieu, mais n'attendant rien après la mort, ils ne le servaient qu'en vue de récompenses temporelles, ce à quoi, selon eux, se bornait sa providence ; aussi la satisfaction des sens était-elle à leurs yeux le but essentiel de la vie. Quant aux Ecritures, ils s'en tenaient au texte de la loi ancienne, n'admettant ni la tradition, ni aucune interprétation ; ils plaçaient les bonnes oeuvres et l'exécution pure et simple de la loi au-dessus des pratiques extérieures du culte. C'étaient, comme on le voit, les matérialistes, les déistes et les sensualistes de l'époque. Cette secte était peu nombreuse, mais elle comptait des personnages importants, et devint un parti politique constamment opposé aux Pharisiens.


ESSENlENS ou ESSEENS, secte juive fondée vers l'an 450 avant Jésus-Christ, au temps des Machabées, et dont les membres, qui habitaient des espèces de monastères, formaient entre eux une sorte d'association morale et religieuse. Ils se distinguaient par des moeurs douces et des vertus austères, enseignaient l'amour de Dieu et du prochain, l'immortalité de l'âme, et croyaient à la résurrection. Ils vivaient dans le célibat, condamnaient la servitude et la guerre, mettaient leurs biens en commun, et se livraient à l'agriculture. Opposés aux Saducéens sensuels qui niaient l'immortalité, aux Pharisiens rigides pour les pratiques extérieures, et chez lesquels la vertu n'était qu'apparente, ils ne prirent aucune part aux querelles qui divisèrent ces deux sectes. Leur genre de vie se rapprochait de celui des premiers chrétiens, et les principes de morale qu'ils professaient ont fait penser à quelques personnes que Jésus fit partie de cette secte avant le commencement de sa mission publique. Ce qui est certain, c'est qu'il a dû la connaître, mais rien ne prouve qu'il y fût affilié, et tout ce qu'on a écrit à ce sujet est hypothétique2.


THERAPEUTES (du grec thérapeutaï, fait de thérapeueïn, servir, soigner ; c'est-à-dire serviteurs de Dieu ou guérisseurs) ; sectaires juifs contemporains du Christ, établis principalement à Alexandrie en Egypte. Ils avaient un grand rapport avec les Esséniens, dont ils professaient les principes ; comme ces derniers ils s'adonnaient à la pratique de toutes les vertus. Leur nourriture était d'une extrême frugalité ; voués au célibat, à la contemplation et à la vie solitaire, ils formaient un véritable ordre religieux. Philon, philosophe juif platonicien d'Alexandrie, est le premier qui ait parlé des Thérapeutes ; il en fait une secte du judaïsme. Eusèbe, saint Jérôme et d'autres Pères pensent qu'ils étaient chrétiens. Qu'ils fussent juifs ou chrétiens, il est évident que, de même que les Esséniens, ils forment le trait d'union entre le judaïsme et le christianisme.

 

 IV. SOCRATE ET PLATON PRECURSEURS DE L'IDEE CHRETIENNE ET DU SPIRITISME.


De ce que Jésus a dû connaître la secte des Esséniens, on aurait tort d'en conclure qu'il y a puisé sa doctrine, et que, s'il eût vécu dans un autre milieu, il eût professé d'autres principes. Les grandes idées n'éclatent jamais subitement ; celles qui ont pour base la vérité ont toujours des précurseurs qui en préparent partiellement les voies ; puis, quand le temps est venu, Dieu envoie un homme avec mission de résumer, coordonner et compléter ces éléments épars, et d'en former un corps ; de cette façon l'idée, n'arrivant pas brusquement, trouve, à son apparition, des esprits tout disposés à l'accepter. Ainsi en a-t-il été de l'idée chrétienne, qui a été pressentie plusieurs siècles avant Jésus et les Esséniens, et dont Socrate et Platon ont été les principaux précurseurs.


Socrate, de même que Christ, n'a rien écrit, ou du moins n'a laissé aucun écrit ; comme lui, il est mort de la mort des criminels, victime du fanatisme, pour avoir attaqué les croyances reçues, et mis la vertu réelle au-dessus de l'hypocrisie et du simulacre des formes, en un mot pour avoir combattu les préjugés religieux. Comme Jésus fut accusé par les Pharisiens de corrompre le peuple par ses enseignements, lui aussi fut accusé par les Pharisiens de son temps, car il y en a eu à toutes les époques, de corrompre la jeunesse, en proclamant le dogme de l'unité de Dieu, de l'immortalité de l'âme et de la vie future. De même encore que nous ne connaissons la doctrine de Jésus que par les écrits de ses disciples, nous ne connaissons celle de Socrate que par les écrits de son disciple Platon. Nous croyons utile d'en résumer ici les points les plus saillants pour en montrer la concordance avec les principes du christianisme.


A ceux qui regarderaient ce parallèle comme une profanation, et prétendraient qu'il ne peut y avoir de parité entre la doctrine d'un païen et celle du Christ, nous répondrons que la doctrine de Socrate n'était pas païenne, puisqu'elle avait pour but de combattre le paganisme ; que la doctrine de Jésus, plus complète et plus épurée que celle de Socrate, n'a rien à perdre à la comparaison ; que la grandeur de la mission divine du Christ n'en saurait être amoindrie ; que d'ailleurs c'est de l'histoire qui ne peut être étouffée. L'homme est arrivé à un point où la lumière sort d'elle-même de dessous le boisseau ; il est mûr pour la regarder en face ; tant pis pour ceux qui n'osent ouvrir les yeux. Le temps est venu d'envisager les choses largement et d'en haut, et non plus au point de vue mesquin et rétréci des intérêts de sectes et de castes.

Ces citations prouveront en outre que, si Socrate et Platon ont pressenti l'idée chrétienne, on trouve également dans leur doctrine les principes fondamentaux du Spiritisme.


Résumé de la doctrine de Socrate et de Platon.


I. L'homme est une âme incarnée. Avant son incarnation, elle existait unie aux types primordiaux, aux idées du vrai, du bien et du beau ; elle s'en sépare en s'incarnant, et, se rappelant son passé, elle est plus ou moins tourmentée par le désir d'y revenir.
On ne peut énoncer plus clairement la distinction et l'indépendance du principe intelligent et du principe matériel ; c'est en outre la doctrine de la préexistence de l'âme ; de la vague intuition qu'elle conserve d'un autre monde auquel elle aspire, de sa survivance au corps, de sa sortie du monde spirituel pour s'incarner, et de sa rentrée dans ce même monde après la mort ; c'est enfin le germe de la doctrine des Anges déchus.


II. L'âme s'égare et se trouble quand elle se sert du corps pour considérer quelque objet ; elle a des vertiges comme si elle était ivre, parce qu'elle s'attache à des choses qui sont, de leur nature, sujettes à des changements ; au lieu que, lorsqu'elle contemple sa propre essence, elle se porte vers ce qui est pur, éternel, immortel, et, étant de même nature, elle y demeure attachée aussi longtemps qu'elle le peut ; alors ses égarements cessent, car elle est unie à ce qui est immuable, et cet état de l'âme est ce qu'on appelle sagesse.
Ainsi l'homme qui considère les choses d'en bas, terre à terre, au point de vue matériel, se fait illusion ; pour les apprécier avec justesse, il faut les voir d'en haut, c'est-à-dire du point de vue spirituel. Le vrai sage doit donc en quelque sorte isoler l'âme du corps, pour voir avec les yeux de l'esprit. C'est ce qu'enseigne le Spiritisme. (Ch. II, nº 5.)


III. Tant que nous aurons notre corps et que l'âme se trouvera plongée dans cette corruption, jamais nous ne posséderons l'objet de nos désirs : la vérité. En effet, le corps nous suscite mille obstacles par la nécessité où nous sommes d'en prendre soin ; de plus, il nous remplit de désirs, d'appétits, de craintes, de mille chimères et de mille sottises, de manière qu'avec lui il est impossible d'être sage un instant. Mais, s'il est possible de rien connaître purement pendant que l'âme est unie au corps, il faut de deux choses l'une, ou que l'on ne connaisse jamais la vérité, ou qu'on la connaisse après la mort. Affranchis de la folie du corps, nous converserons alors, il y a lieu de l'espérer, avec des hommes également libres, et nous connaîtrons par nous-mêmes l'essence des choses. C'est pourquoi les véritables philosophes s'exercent à mourir, et la mort ne leur parait nullement redoutable. (Ciel et Enfer, 1° partie, ch. II ; 2° partie, ch. I.) C'est là le principe des facultés de l'âme obscurcies par l'intermédiaire des organes corporels, et de l'expansion de ces facultés après la mort.

Mais il ne s'agit ici que des âmes d'élite, déjà épurées ; il n'en est pas de même des âmes impures.


IV. L'âme impure, en cet état, est appesantie et entraînée de nouveau vers le monde visible par l'horreur de ce qui est invisible et immatériel ; elle erre alors, dit-on, autour des monuments et des tombeaux, auprès desquels on a vu parfois des fantômes ténébreux, comme doivent être les images des âmes qui ont quitté le corps sans être entièrement pures, et qui retiennent quelque chose de la forme matérielle, ce qui fait que l'oeil peut les apercevoir. Ce ne sont pas les âmes des bons, mais des méchants, qui sont forcées d'errer dans ces lieux, où elles portent la peine de leur première vie, et où elles continuent d'errer jusqu'à ce que les appétits inhérents à la forme matérielle qu'elles se sont donnée les ramènent dans un corps ; et alors elles reprennent sans doute les mêmes moeurs qui, pendant leur première vie, étaient l'objet de leurs prédilections.

 
Non-seulement le principe de la réincarnation est ici clairement exprimé, mais l'état des âmes qui sont encore sous l'empire de la matière, est décrit tel que le Spiritisme le montre dans les évocations. Il y a plus, c'est qu'il est dit que la réincarnation dans un corps matériel est une conséquence de l'impureté de l'âme, tandis que les âmes purifiées en sont affranchies. Le Spiritisme ne dit pas autre chose ; seulement il ajoute que l'âme qui a pris de bonnes résolutions dans l'erraticité, et qui a des connaissances acquises, apporte en renaissant moins de défauts, plus de vertus, et plus d'idées intuitives qu'elle n'en avait dans sa précédente existence ; et qu'ainsi chaque existence marque pour elle un progrès intellectuel et moral. (Ciel et Enfer, 2°, partie : Exemples.)


V. Après notre mort, le génie (daïmon, démon) qui nous avait été assigné pendant notre vie nous mène dans un lieu où se réunissent tous ceux qui doivent être conduits dans le Hadès pour y être jugés. Les âmes, après avoir séjourné dans le Hadès le temps nécessaire, sont ramenées à cette vie dans de nombreuses et longues périodes.
C'est la doctrine des Anges gardiens ou Esprits protecteurs, et des réincarnations successives après des intervalles plus ou moins longs d'erraticité.


VI. Les démons remplissent l'intervalle qui sépare le ciel de la terre ; ils sont le lien qui unit le Grand Tout avec lui-même. La divinité n'entrant jamais en communication directe avec l'homme, c'est par l'intermédiaire des démons que les dieux commercent et s'entretiennent avec lui, soit pendant la veille, soit pendant le sommeil.


Le mot daïmon, dont on a fait démon, n'était pas pris en mauvaise part dans l'antiquité comme chez les modernes ; il ne se disait point exclusivement des êtres malfaisants, mais de tous les Esprits en général, parmi lesquels on distinguait les Esprits supérieurs appelés les dieux, et les Esprits moins élevés, ou démons proprement dits, qui communiquaient directement avec les hommes. Le Spiritisme dit aussi que les Esprits peuplent l'espace ; que Dieu ne se communique aux hommes que par l'intermédiaire des purs Esprits chargés de transmettre ses volontés ; que les Esprits se communiquent à eux pendant la veille et pendant le sommeil. Au mot démon substituez le mot Esprit, et vous aurez la doctrine spirite ; mettez le mot ange, et vous aurez la doctrine chrétienne.

VII. La préoccupation constante du philosophe (tel que le comprenaient Socrate et Platon) est de prendre le plus grand soin de l'âme, moins pour cette vie, qui n'est qu'un instant, qu'en vue de l'éternité. Si l'âme est immortelle, n'est-il pas sage de vivre en vue de l'éternité ?


Le christianisme et le Spiritisme enseignent la même chose.


VIII. Si l'âme est immatérielle, elle doit se rendre, après cette vie, dans un monde également invisible et immatériel, de même que le corps, en se décomposant, retourne à la matière. Seulement il importe de bien distinguer l'âme pure, vraiment immatérielle, qui se nourrit, comme Dieu, de science et de pensées, de l'âme plus ou moins entachée d'impuretés matérielles qui l'empêchent de s'élever vers le divin, et la retiennent dans les lieux de son séjour terrestre.

 
Socrate et Platon, comme on le voit, comprenaient parfaitement les différents degrés de dématérialisation de l'âme ; ils insistent sur la différence de situation qui résulte pour elles de leur plus ou moins de pureté. Ce qu'ils disaient par intuition, le Spiritisme le prouve par les nombreux exemples qu'il met sous nos yeux. (Ciel et Enfer, 2° partie.)

IX. Si la mort était la dissolution de l'homme tout entier, ce serait un grand gain pour les méchants, après leur mort, d'être délivrés en même temps de leur corps, de leur âme et de leurs vices. Celui qui a orné son âme, non d'une parure étrangère, mais de celle qui lui est propre, celui-là seul pourra attendre tranquillement l'heure de son départ pour l'autre monde.


En d'autres termes, c'est dire que le matérialisme, qui proclame le néant après la mort, serait l'annulation de toute responsabilité morale ultérieure, et par conséquent un excitant au mal ; que le méchant a tout à gagner au néant ; que l'homme qui s'est dépouillé de ses vices et s'est enrichi de vertus peut seul attendre tranquillement le réveil dans l'autre vie. Le spiritisme nous montre, par les exemples qu'il met journellement sous nos yeux, combien est pénible pour le méchant le passage d'une vie à l'autre, et l'entrée dans la vie future (Ciel et Enfer, 2° partie, ch. I.)

X. Le corps conserve les vestiges bien marqués des soins qu'on a pris de lui ou des accidents qu'il a éprouvés ; il en est de même de l'âme ; quand elle est dépouillée du corps, elle porte les traces évidentes de son caractère, de ses affections et les empreintes que chacun des actes de sa vie y a laissées. Ainsi le plus grand malheur qui puisse arriver à l'homme, c'est d'aller dans l'autre monde avec une âme chargée de crimes. Tu vois, Calliclès, que ni toi, ni Polus, ni Gorgias, vous ne sauriez prouver qu'on doive mener une autre vie qui nous sera utile quand nous serons là-bas. De tant d'opinions diverses, la seule qui demeure inébranlable, c'est qu'il vaut mieux recevoir que commettre une injustice, et qu'avant toutes choses on doit s'appliquer, non à paraître homme de bien, mais à l'être. (Entretiens de Socrate avec ses disciples dans sa prison.)
Ici on retrouve cet autre point capital, confirmé aujourd'hui par l'expérience, que l'âme non épurée conserve les idées, les tendances, le caractère et les passions qu'elle avait sur la terre. Cette maxime : Il vaut mieux recevoir que commettre une injustice, n'est-elle pas toute chrétienne ? C'est la même pensée que Jésus exprime par cette figure : «Si quelqu'un vous frappe sur une joue, tendez-lui encore l'autre.» (Ch. XII, n° 7, 8.)


XI. De deux choses l'une : ou la mort est une destruction absolue, ou elle est le passage d'une âme dans un autre lieu. Si tout doit s'éteindre, la mort sera comme une de ces rares nuits que nous passons sans rêve et sans aucune conscience de nous-mêmes. Mais si la mort n'est qu'un changement de séjour, le passage dans un lieu où les morts doivent se réunir, quel bonheur d'y rencontrer ceux qu'on a connus ! Mon plus grand plaisir serait d'examiner de près les habitants de ce séjour et d'y distinguer, comme ici, ceux qui sont sages de ceux qui croient l'être et ne le sont pas. Mais il est temps de nous quitter, moi pour mourir, vous pour vivre. (Socrate à ses juges.)


Selon Socrate, les hommes qui ont vécu sur la terre se retrouvent après la mort, et se reconnaissent. Le Spiritisme nous les montre continuant les rapports qu'ils ont eus, de telle sorte que la mort n'est ni une interruption, ni une cessation de la vie, mais une transformation, sans solution de continuité.


Socrate et Platon auraient connu les enseignements que le Christ donna cinq cents ans plus tard, et ceux que donnent maintenant les Esprits, qu'ils n'auraient pas parlé autrement. En cela il n'est rien qui doive surprendre, si l'on considère que les grandes vérités sont éternelles, et que les Esprits avancés ont dû les connaître avant de venir sur la terre, où ils les ont apportées ; que Socrate, Platon et les grands philosophes de leur temps ont pu être, plus tard, du nombre de ceux qui ont secondé Christ dans sa divine mission, et qu'ils ont été choisis précisément parce qu'ils étaient plus que d'autres à même de comprendre ses sublimes enseignements ; qu'ils peuvent enfin faire aujourd'hui partie de la pléiade des Esprits chargés de venir enseigner aux hommes les mêmes vérités.


XII. Il ne faut jamais rendre injustice pour injustice, ni faire de mal à personne, quelque tort qu'on nous ait fait. Peu de personnes, cependant, admettront ce principe, et les gens qui sont divisés là-dessus ne doivent que se mépriser les uns les autres.
N'est-ce pas là le principe de la charité qui nous enseigne de ne point rendre le mal pour le mal, et de pardonner à nos ennemis ?


XIII. C'est aux fruits qu'on reconnaît l'arbre. Il faut qualifier chaque action selon ce qu'elle produit : l'appeler mauvaise quand il en provient du mal, bonne quand il en naît du bien.


Cette maxime : «C'est aux fruits qu'on reconnaît l'arbre,» se trouve textuellement répétée plusieurs fois dans l'Evangile.


XIV. La richesse est un grand danger. Tout homme qui aime la richesse n'aime ni lui ni ce qui est à lui, mais une chose qui lui est encore plus étrangère que ce qui est à lui. (Ch. XVI.)


XV. Les plus belles prières et les plus beaux sacrifices plaisent moins à la Divinité qu'une âme vertueuse qui s'efforce de lui ressembler. Ce serait une chose grave que les dieux eussent plus d'égards à nos offrandes qu'à notre âme ; par ce moyen, les plus coupables pourraient se les rendre propices. Mais non, il n'y a de vraiment justes et sages que ceux qui, par leurs paroles et par leurs actes, s'acquittent de ce qu'ils doivent aux dieux et aux hommes. (Ch. X, n° 7, 8.)


XVI. J'appelle homme vicieux cet amant vulgaire qui aime le corps plutôt que l'âme. L'amour est partout dans la nature qui nous invite à exercer notre intelligence ; on le retrouve jusque dans le mouvement des astres. C'est l'amour qui orne la nature de ses riches tapis ; il se pare et fixe sa demeure là où il trouve des fleurs et des parfums. C'est encore l'amour qui donne la paix aux hommes, le calme à la mer, le silence aux vents et le sommeil à la douleur.

L'amour, qui doit unir les hommes par un lien fraternel, est une conséquence de cette théorie de Platon sur l'amour universel comme loi de nature. Socrate ayant dit que «l'amour n'est ni un dieu ni un mortel, mais un grand démon,» c'est-à-dire un grand Esprit présidant à l'amour universel, cette parole lui fut surtout imputée à crime.


XVII. La vertu ne peut pas s'enseigner ; elle vient par un don de Dieu à ceux qui la possèdent.


C'est à peu près la doctrine chrétienne sur la grâce ; mais si la vertu est un don de Dieu, c'est une faveur, et l'on peut demander pourquoi elle n'est pas accordée à tout le monde ; d'un autre côté, si c'est un don, elle est sans mérite pour celui qui la possède. Le Spiritisme est plus explicite ; il dit que celui qui possède la vertu l'a acquise par ses efforts dans ses existences successives en se dépouillant peu à peu de ses imperfections. La grâce est la force dont Dieu favorise tout homme de bonne volonté pour se dépouiller du mal et pour faire le bien.


XVIII. Il est une disposition naturelle à chacun de nous, c'est de s'apercevoir bien moins de nos défauts que de ceux d'autrui.
L'Evangile dit : «Vous voyez la paille dans l'oeil de votre voisin, et vous ne voyez pas la poutre qui est dans le vôtre.» (Ch. X, n° 9, 10.)


XIX. Si les médecins échouent dans la plupart des maladies, c'est qu'ils traitent le corps sans l'âme, et que, le tout n'étant pas en bon état, il est impossible que la partie se porte bien.


Le Spiritisme donne la clef des rapports qui existent entre l'âme et le corps, et prouve qu'il y a réaction incessante de l'un sur l'autre. Il ouvre ainsi une nouvelle voie à la science ; en lui montrant la véritable cause de certaines affections, il lui donne les moyens de les combattre. Quand elle tiendra compte de l'action de l'élément spirituel dans l'économie, elle échouera moins souvent.


XX. Tous les hommes, à commencer depuis l'enfance, font beaucoup plus de mal que de bien.


Cette parole de Socrate touche à la grave question de la prédominance du mal sur la terre, question insoluble sans la connaissance de la pluralité des mondes et de la destination de la terre, où n'habite qu'une très petite fraction de l'humanité. Le Spiritisme seul en donne la solution, qui est développée ci-après dans les chapitres II, III et V.


XXI. Il y a de la sagesse à ne pas croire savoir ce que tu ne sais pas.


Ceci va à l'adresse des gens qui Platon complète cette pensée de Socrate en disant : «Essayons de les rendre d'abord, si c'est possible, plus honnêtes en paroles ; sinon, ne nous soucions pas d'eux, et . Tâchons de , mais ne nous injurions pas.» C'est ainsi que doivent agir les spirites à l'égard de leurs contradicteurs de bonne ou de mauvaise foi. Platon revivrait aujourd'hui, qu'il trouverait les choses à peu près comme de son temps, et pourrait tenir le même langage ; Socrate aussi trouverait des gens pour se moquer de sa croyance aux Esprits, et le traiter de fou, ainsi que son disciple Platon.
C'est pour avoir professé ces principes que Socrate fut d'abord tourné en ridicule, puis accusé d'impiété, et condamné à boire de ciguë ; tant il est vrai que les grandes vérités nouvelles, soulevant contre elles les intérêts et les préjugés qu'elles froissent, ne peuvent s'établir sans lutte et sans faire des martyrs.

 

Suite dans la Deuxième Partie 

2 La Mort de Jésus, soi-disant écrite par un frère essénien, est un livre complètement apocryphe, écrit en vue de servir une opinion, et qui renferme en lui-même la preuve de son origine moderne.

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE GALILEEN
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