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  • : LE PORTEUR DE LUMIERE
  • LE PORTEUR DE LUMIERE
  • : Qu'est-ce que l'Hermétisme ? L'Occultisme ? Le Spiritisme ? Savez-vous qu'à la base il n'y avait qu'un seul Enseignement et que ce sont les hommes qui ont inventé les religions ?
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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 13:39

L'homme de désir

de Louis Claude de Saint-Martin

Si des éclairs brillants et passagers sillonnent

quelquefois dans nos ténèbres, ils ne font que

nous les rendre plus affreuses, ou nous avilir

davantage, en nous laissant apercevoir

ce que nous avons perdu.

 

1
Les merveilles


      Les merveilles du seigneur semblent jetées sans ordre et sans dessein dans le champ de l'immensité.
      Elles brillent éparses comme ces fleurs innombrables dont le printemps émaille nos prairies.
      Ne cherchons pas un plan plus régulier pour les décrire. Principes des êtres, tous tiennent à toi.
      C'est leur liaison secrète avec toi, qui fait leur valeur, quelle que soit la place et le rang qu'ils occupent.
      J'oserai élever mes regards jusqu'au trône de ta gloire. Mes pensées se vivifieront en considérant ton amour pour les hommes, et la sagesse qui règne dans tes ouvrages.
      Ta parole s'est subdivisée lors de l'origine, comme un torrent qui du haut des montagnes se précipite sur des roches aiguës.
      Je le vois rejaillir en nuages de vapeurs ; et chaque goutte d'eau qu'il envoie dans les airs, réfléchit  à mes yeux la lumière de l'astre du jour.
      Ainsi tous les rayons de ta parole font briller aux yeux du sage ta lumière vivante et sacrée ; il voit ton action produire et animer tout l'univers.
      Objets sublimes de mes cantiques, je serai souvent forcé de détourner ma vue de dessus vous.
      L'homme s'est cru mortel parce qu'il a trouvé quelque chose de mortel en lui ; et même celui qui donne la vie à tous les êtres, l'homme l'a regardé comme n'ayant ni la vie, ni l'existence.
      Et toi, Jérusalem, quels reproches n'ont pas à te faire les prophètes du seigneur !
      Tu as pris ce qui servait à te parer, dit le seigneur, et qui était fait de mon or et de mon argent, que je t'avais donnés ; tu en as formé des images d'hommes auxquelles tu t'es prostituée.
      Cris de la douleur, mêlez-vous à mes chants d'alégresse ; la joie pure n'est plus faite pour le triste séjour de l'homme.
      Des preuves irrésistibles sur les vérités premières, n'ont-elles pas déjà été manifestées aux nations ?
      S'il vous reste des doutes, allez vous purifier dans ces sources. Puis vous reviendrez unir votre voix à la mienne ; et nous célébrerons ensemble les joies de l'homme de désir, qui aura eu le bonheur de pleurer pour la vérité.

2
La Lumière


      Sois bénie, lumière brillante, splendeur visible de la lumière éternelle, d'où ma pensée a reçu l'existence.
      Si ma pensée n'était une de tes étincelles, je n'aurais pas le pouvoir de te contempler.
      Je ne pourrais être saisi d'admiration pour ta grandeur, si tu n'avais semé en moi quelques éléments de ta mesure.
      Hommes célebres, ne dites plus : la lumière d'un flambeau se communique à d'autres flambeaux sans décroître, et c'est ainsi que les esprits sont produits par Dieu.
      Ne déshonorez plus la lumière visible en ne nous parlant que de son mécanisme matériel.
      Le flambeau peint la vie d'entretien, et non pas la loi de génération.
      Ne faut-il pas une substance hors de ce flambeau pour qu'il lui communique la lumière visible ?
      Mais notre Dieu est lui-même la lumière ; il tire de son propre sein la substance lumineuse de l'esprit.
      Tout est complet sortant des mains du principe de tout. Il a voulu que la sensation de la lumière visible tînt à la vie de mon corps.
      Il a voulu que le soleil réveillât dans mes yeux cette sensation de la lumière visible.
      Mais il a voulu réveiller lui-même dans mon âme la sensation de la lumière invisible ; parce que lui-même a puisé dans cette lumière le germe sacré dont l'âme de l'homme est animée.
      Des rameaux ne sortent-ils pas du chandelier vivant, et leur sève n'est-elle pas l'huile sainte qui nourrit en moi la lumière ? N'est-elle pas cette huile qui se consume toujours et ne tarit jamais ?
      Que la vie s'unisse à la vie, et qu'elle régénère en moi la vie qu'elle y a produite.
      Que ma croissance immortelle et divine soit continue comme celle de mon éternelle source.
      C'est en pénétrant dans les êtres que Dieu leur fait sentir leur vie ; ils sont dans la mort dès qu'ils ne sont plus en communion avec lui.
      Vous tous, habitants de la terre, tressaillez de joie, vous pouvez contribuer à la communion universelle.
      Vous pouvez, comme autant de vestales, entretenir le feu sacré, et le faire briller dans toutes les parties de l'univers.
      Pourquoi les sages et les prudents chérissent-ils la lumière ? C'est qu'ils savent que la lumière et l'âme de l'homme sont deux flambeaux qui ne pourront jamais s'éteindre.
      Et toi, agent suprême, pourquoi ne peux-tu cesser de tout pénétrer, de tout voir et de porter partout ta clarté ?
      C'est que l'huile sainte puisée dans ta source est disséminée dans toutes les régions, et que ta lumière trouve partout un aliment qui lui est propre.


3
La nature


      J'ai promené mes regards sur la nature.
      Fleuves, où courez-vous avec tant d'impétuosité ?
      Nous allons aider à combler l'abyme, et ensevelir l'iniquité sous les eaux.
      Nous allons éteindre ces volcants, ces tisons fumants qui sont comme les restes du grand incendie.
      Quand nous aurons accompli cette œuvre, nos sources s'arrêteront.
      Le limon s'amassera dans les gouffres.
      Des plaines fertiles s'élèveront à la place des précipices.
      Les troupeaux paîtront en paix dans les lieux où nageaient les poissons voraces ; et les habitants paisibles vivront heureux au milieu de leurs champs fertiles, là où autrefois les vagues de la mer étaient agitées par des tempêtes.
      L'homme insouciant et inattentif traverse ce monde sans ouvrir les yeux de son esprit.
      Les différentes scènes de la nature se succèdent devant lui sans que son intérêt se réveille, et sans que sa pensée s'agrandisse.
      Il n'était venu dans ce monde que pour embrasser l'univers par son intelligence, et il laisse continuellement engloutir son intelligence par les moindres objets dont il est environné.
      Faut-il que les catastrophes de la nature se renouvellent pour te réveiller de ton assoupissement ? Si tu n'es pas exercé, elles t'effraieraient et elles ne t'instruiraient pas.
      La face de la terre présente les traces de trois lois qui ont dirigé ses révolutions.
      Tous les éléments agités, qui ont mis le globe en convulsion et ont produit les montagnes secondaires et les volcans : voilà le feu et le nombre.
      Les ondulations lentes et successives des vagues qui ont produit les monticules et les vallées : voilà l'eau et la mesure.
      Et la gravité paisible et tranquille qui a produit les plaines : voilà la terre et le poids.
      La vie s'efforce partout de se montrer ; tous les désordres étaient étrangers à la nature.
      L'âme de l'homme annonce partout de la fertilité ; elle annonce partout qu'elle est faite pour la vie.
      Elle a aussi en elles des traces des horribles convulsions qu'elle a souffertes.
      Mais elle peut, comme la flamme des volcans, s'élever au dessus de ces gouffres, et voguer dans les régions pures de l'atmosphère.


4
L'épée et l'amour


      Homme, voudrais-tu affliger ton ami ? Ne voudrais-tu pas renoncer à faire souffrir ton ami ?
      Il souffre cependant, tant que l'homme ne cherche pas à connaître ce que c'est que l'œuvre du seigneur.
      Qui pourrait donc concevoir ce que les prévaricateurs doivent faire souffrir à Dieu, quand ils portent leurs écarts jusqu'à agir contre lui ?
      Non homme, tu ne soutiendrais pas la vue d'un tableau si accablant. Quel autre que Dieu en aurait la force ?
      Aussi il n'y a que lui qui pardonne, et ce n'est que de lui que nous apprenons la charité.
    Fraie chaque jour les sentiers de cette école, si tu veux apprendre ce que c'est que l'œuvre du seigneur.
    Que le maître qui y donne des enseignements, trouve en toi le plus assidu de ses auditeurs. Tes pâtiments intérieurs causés par la charité, peux-tu les croire inutiles à ton ami ?
      Ce n'est pas trop de dire qu'ils te rapprochent de Dieu, qu'ils font plaisir à Dieu, en ce qu'ils t'associent avec lui, et qu'ils te rendent semblable à son amour.
      Voilà l'œuvre ; voilà le premier degré de l'œuvre. Que toutes les nations m'entendent.
      Qu'elles deviennent assez pures pour sentir les pâtiments intérieurs de la charité.
      Je vois deux mots écrits sur cet arbre de vie : épée et amour.
      Par l'épée de la parole je soumettrai tous les ennemis de mon Dieu, je les lierai, et je les empêcherai de faire de la peine à mon Dieu.
      Par l'amour je le supplierai avec zèle de verser en moi un rayon de sa charité ; et de faire que je le soulage en me chargeant de quelques-uns des pâtiments de son amour.
      Ne t'offense pas, ô mon Dieu, de la hauteur de cette idée, c'est toi qui l'as fait naître dans mon cœur ; et elle est si vive que j'y crois voir tracés les plus beaux titres de ma destination primitive.
      Ce sont nos liens terrestres qui voilent pour nous cette antique et divine destination.
      Elle ne peut manquer de se faire connaître naturellement à ceux dont l'âme a la force de soulever ses fers.


5
La mort et la vie


      Vous n'aviez produit aucun être ô sagesse profonde, sans lui donner une mesure de désir et de force pour se conserver.
      Vous aviez fondé tous les êtres sur cette base, parce qu'ils sont tous un reflet de votre puissance, et que vous aimez à vous produire dans toutes vos œuvres.
      Vous aviez donné à l'homme la plus abondante mesure de ce pouvoir.
      Eh ! D'où viendrait cet art de multiplier ses jouissances ; cette industrie  à repousser de lui les maux, et à les guérir ?
      Si ce n'est d'une mesure suprême de ce désir conservateur et de cet instinct que vous avez départi à tous les êtres !
      Et seul il joint à la mesure suprême de ce désir conservateur, la mesure suprême de la puissance opposée !
      Et seul il peut combattre et étouffer cet instinct vivace, plus impérieux en lui que dans aucun autre être !
      Et seul enfin il peut se tuer ! Seul il peut combiner et choisir les moyens de se donner la mort !...
      Doctrine de mensonge, applaudis-toi de ton triomphe, tu as complétement aveuglé l'homme.
      Tu ne lui as fait voir dans ces deux extrêmes, qu'un seul et même principe ; tu lui fais vouloir, que le seul et même agent se conserve et se détruise ; tu lui fais croire que la mort et la vie, la production et la destruction appartiennent au même germe.
      En vain tu cherches de quoi te justifier dans les exemples des animaux, tu n'y trouves rien qui diminue aux yeux de la pensée cette effroyable contradiction.


6
Dent pour dent


      S'il est dit : dent pour dent, œil pour œil, dans les rigueurs de l'ordre matériel ; pourquoi dans l'ordre bienfaisant de l'esprit, cette vérité n'aurait-elle pas un emploi qui fût à notre avantage ?
      Donne de ta vie, si tu veux recevoir de la vie.
    Donne de ta vie sans réserve, si tu veux que la vie se donne à toi dans la plénitude de son unité.
      Tant que tu as à languir dans tes désirs, ou même tant que tu t'arrêtes à contempler tes jouissances, la vie n'est pas encore en toi dans la plénitude de son unité.
      Quand ce terme sera arrivé pour toi, tu n'auras plus à calmer ton trouble par des sacrifices, ni à te précautionner contre tes saintes satisfactions.
      L'esprit de vérité te pressera ; il te tourmentera, il te poussera dans le désert ; et tu diras aux nations : rendez droites les voies du seigneur.
      Puissances célestes, puissances terrestres, puissances universelles, respectez l'âme humaine : le seigneur vient de renouveller son alliance avec elle, il l'a liée à lui par un nouveau traité de paix.
      Il lui a ouvert les archives divines ; elle y a admiré tous les trésors préparés pour l'homme de paix.
    Elle y a contemplé les flambeaux de l'intelligence, toujours allumés, et les sources vivantes de l'amour, qui n'interrompent jamais leur cours.
      Elle y a parcouru les livres de vie, où sont puisées les lois des nations.
      Elle y a lu l'histoire des peuples passés, présents et futurs.
      Elle y a respiré la douce vapeur des baumes employés journellement à guérir les plaies des mortels.
      Elle y a vu les armes terribles destinées à renverser les ennemis de la patrie.
      L'âme de l'homme peut aujourd'hui entrer à son gré dans ces divers dépôts, selon ses besoins et ceux de ses frères.
      Âme de l'homme, monte vers ton Dieu par l'humilité et la pénitence. Ce sont là les routes qui conduisent à l'amour et à la lumière.
      Tu redescendras ensuite remplie de tendresse pour tes frères, et tu viendras partager avec eux les trésors de ton Dieu.
      Vous ouvrez vos trésors pécuniaires au pauvre, mais songez-vous plus encore aux besoins de son esprit qu'à ceux de son enveloppe passagère ?
      Désirez-vous par ces secours, qu'il recouvre une partie de sa liberté et de son activité, qui lui sont otées par sa misère ?
      Désirez-vous qu'il recouvre par cette liberté le moyen de louer plus facilement et plus constamment son Dieu, et de s'enrichir par la prière ?

      Voilà le vrai but de l'aumône ; voilà comment l'aumône peut avancer l'œuvre de Dieu.
      Dieu est esprit ; il veut que tout ce que vous opérez soit spiritualisé.
      Si en faisant votre aumône vous vous contentez de dire au pauvre de prier pour vous, vous lui demandez plus que vous ne lui donnez ; vous songez plus à vous qu'à lui ; et cependant il est moins libre que vous pour se livrer à la prière.
      Spiritualisez vos œuvres si vous voulez qu'elles soient en tout point selon la justice.


7
Les doctes ignorants


      Interprètes de la mythologie, pourquoi dites-vous qu'elle ne voilait que la marche des astres, et les lois de la nature matérielle et corruptible ?
      Quelle proportion y aurait-il là, entre la figure et la chose figurée ? L'allégorie n'est-elle pas inutile quand elle est supérieure à son objet ?
      Ne cesse-t-elle pas d'être allégorie ? Oui, alors elle est puissance, et elle agit à force ouverte.
      Encore si vous vous étiez élevés jusqu'aux principes actifs de la nature, dont la connaissance et l'emploi doivent rester ignorés du vulgaire !
      Mais un nouvel obstacle s'élève : la mythologie et la physique seraient en litige.
      La mythologie, pour être admissible, devrait au moins se reposer sur les principes actifs de la nature ; et la physique ne veut point de ces principes ; et elle veut tout former par des agrégats.
      Tandis que s'il n'y a qu'une unité, avec quoi parviendrait-on à l'agréger ?
      Mythologie, physique, vous ne pourrez vous concilier qu'en abandonnant chacune votre système, et en vous élevant ensemble à un degré plus simple, où vous trouveriez chacune la clef de votre temple.
      Quand vous l'aurez trouvée, usez-en encore avec prudence. Toutes les altérations tiennent à la source putréfiée ; toutes les rectifications tiennent à la source pure. Sans le coup d'œil supérieur, comment appliquerez-vous donc vos principes ?
      Que faites-vous, doctes ignorants, quand vous nous peignez les lois de la formation du monde ?
      C'est avec la mort que vous composez la vie ; vous prenez toute votre physique dans les cimetières.
      De quoi vos cabinets de science sont-ils remplis ? De squelettes et de cadavres, dont vous avez soin de bien conserver la forme et les couleurs, mais dont le principe et la vie sont séparés.
      Votre pensée ne vous dit-elle pas, qu'il y a une physique meilleure que celle-là et que c'est celle où l'on ne s'occupe que des principes, et d'où les corps morts sont éloignés ?
      Mais non, vous avez porté ce coup d'œil mort et destructeur, sur tous les objets de vos spéculations.
      Vous l'avez porté sur la base du rectangle isocèle que vous avez cherché à connaître, parce que vous avez trouvé des rapports matériels entre ses résultats et les résultats de ses côtés ;

     Tandis que le nombre et le vrai rapport de cette base ne nous seront jamais confiés, attendu que si nous les connaissions, nous pourrions créer des esprits.
    Ne vous suffit-il pas de calculer la base à deux centres qui a osé tenter de l'imiter, et qui ouvre à la fois une source inépuisable à vos larmes, à votre intelligence et à votre admiration ?
      Vous l'avez porté, ce coup d'œil destructeur, sur un sujet bien plus près de vous, puisque vous l'avez porté jusques sur la parole.
      Faculté suprême et distinctive, tu n'es plus pour eux que le fruit de l'accumulation des signes sensibles.
      Les langues ne sont plus pour eux qu'un agrégat, au lieu d'être l'expression et le fruit de la vie même.
    Aussi n'en cherchent-ils pas l'origine ailleurs que dans nos rapports élémentaires ; tandis qu'on leur a enseigné hautement que la parole avoit été nécessaire pour l'institution de la parole.
      Tandis qu'ils voient par quelle voie les enfants apprennent les langues, et qu'il n'y a qu'une loi qui se prête et se mesure à tous les besoins et à tous les âges.
      Matière, matière, quel funeste voile tu as répandu sur la vérité !
      La parole n'est venue sur la terre que comme par renaissance ; elle avait d'abord été réduite pour nous.
      Elle ne pouvait renaître que par semence comme les végétations ; mais il fallait qu'elle eût fourni d'abord son propre germe, pour pouvoir ensuite produire ses fruits parmi l'espèce humaine.
      Ecroulez-vous, échafaudages des sciences abusives ; réduisez-vous en poussière : vous ne pouvez tenir contre le moindre principe lumineux.


8
Dieu le frère


      La vraie manière de demander le secours, n'est-elle pas d'aller courageusement le chercher où il est ? Et n'est-ce pas par l'action que la force se nourrit ?
      Aussi il n'y a de grand que celui qui sait combattre, parce que c'est le seul moyen de savoir jouir ; et que le premier secret pour être élevé au dessus de nos ténèbres et de nos fautes, c'est de nous y élever nous-mêmes.
      C'est pour les épreuves que Dieu nous envoie, que nous avons droit de le prier, et non pas pour les torts que nous nous faisons par notre lâcheté.
      Quand ton cœur est plein de Dieu, emploie la prière verbale, qui sera alors l'expression de l'esprit, comme elle devrait toujours l'être.
      Quand ton cœur sera sec et vide, emploie la prière muette et concentrée ; c'est elle qui donnera à ton cœur le temps et le moyen de se réchauffer et de se remplir.
      Tu apprendras bientôt à connaître par ces secrets simples, quels sont les droits de l'âme de l'homme, quand des mains vivantes l'ont comprimée pour en exprimer la corruption, et qu'elle reprend ensuite sa libre étendue par son élasticité naturelle.
      Tu apprendras bientôt à  connaître quelle est son autorité sur l'air, sur le son, sur la lumière et sur les ténèbres.
      Veille, veille tant que tu seras au milieu des fils de la violence. Ils te persuaderaient qu'ils peuvent quelque chose, et ils ne peuvent rien.
    Comment feraient-ils les amis de la vérité, tandis que les comparaisons qu'ils nous présentent sont toujours fausses?
      Dans les êtres apparents, il ne reste nulle impression de l'action des êtres vrais ; voilà pourquoi les ténèbres ne peuvent comprendre la lumière.
      Si tu veux la comprendre, cette lumière, ne la compare à rien de ce que tu connais.
      Purifie-toi, demande, reçois, agis : toute l'œuvre est dans ces quatre temps.
      Se purifier n'est-ce pas prier, puisque c'est combattre ?
      Et quel homme oserait marcher sans se purifier, puisqu'il ne peut faire un pas sans porter le pied sur les marches de l'autel ?
    Ce n'est point assez de ne pas douter de la puissance du seigneur, il faut encore ne pas douter de la tienne.
      Car il t'en a donné une, puisqu'il t'a donné un nom, et il ne demande pas mieux que tu t'en serves.
      Ne laisse donc point l'œuvre entière à la charge de ton Dieu, puisqu'il a voulu te laisser quelque chose à faire.
      Il est prêt sans cesse à verser dans toi tous les biens ; il ne te demande que de veiller sur les maux qui t'environnent, et de ne pas te laisser surprendre.
      Son amour a chassé pour toi ces maux hors du temple ; ton ingratitude irait-elle jusqu'à les y laisser rentrer ?
      Homme, homme, où trouver une destinée qui surpasse la tienne, puisque tu es appelé à fraterniser avec ton Dieu, et à travailler de concert avec lui !


9
Les prophètes


      Qui donnera à l'homme l'intelligence pour comprendre la marche de la parole ?
      Dieu a dit par la bouche de ses prophètes : voici à quoi vous connaîtrez si celui qui prophétise est véritable, ou s'il ne parle pas par un esprit de mensonge : quand ce qu'il aura dit arrivera, vous croirez alors la vérité du prophète.
      Mais n'a-t-il pas consommé toute la loi ? Et depuis le grand signe, tous les anciens signes ne sont-ils pas devenus fragiles ?
      Ne doit-il pas paraître des prophètes d'erreur et de mensonge, qui auront le pouvoir de séduire les élus mêmes ?
      Je les vois faire des œuvres merveilleuses ; je les vois annoncer des événements qui arriveront.
      Je les vois, comme Elie, faire tomber le feu du ciel.
      Malheur au temps futur, où le mensonge pourra si bien ressembler à la vérité !
      En tout temps précautionnez-vous contre les imitateurs. Depuis que l'homme a été vendu pour être assujetti au péché, le péché se sert de lui, aussi bien que la sagesse.
    Il faudra donc que l'homme creuse plus profondément en lui-même, pour y trouver de nouveaux signes.
      Le prophète est-il humble et doux ? Prêche-t-il pour le règne de Dieu, et non pour le sien ?
      Montre-t-il par ses larmes et ses sanglots les élans de la charité ? Est-il prêt à donner sa vie pour ses frères ? Joint-il à ces vertus une doctrine sûre et à l'épreuve ?
      Tournez-vous vers lui, suivez ses pas, attachez-vous à son esprit ; la charité du cœur et la sûreté dans la doctrine, sont des dons qui ne se peuvent pas feindre.
      Fussiez-vous au milieu de la confusion et des ténèbres, un cercle lumineux vous environnera, et vous en tiendra séparés.
      Plus le temps avance vers le complément de son désordre, plus l'homme devra s'avancer vers son terme de lumière.
      Comment s'y pourra-t-il avancer, si ce n'est en se laissant pénétrer de l'esprit de vie, et se portant avec ardeur vers lui, comme s'il y était poussé par une faim dévorante ?
      Non, il n'y a pas de joie qui soit comparable à celle de marcher dans les sentiers de la sagesse et de la vérité.


10
Le principe invisible


      Les œuvres de Dieu se manifestent paisiblement, et leur principe demeure invisible.
      Prends ce modèle dans ta sagesse, ne la fais connaître que par la douceur de ses fruits ; les voies douces sont les voies cachées.
      Si l'air était visible comme les substances qui composent les corps, tiendrait-il un rang si merveilleux dans la nature ?
      Quels rapports y a-t-il entre la vie de l'esprit, et la mort de cet univers extraligné ? L'homme promet plus qu'il ne donne, l'esprit donnera un jour plus qu'il ne promet.
      Le seigneur a conduit son peuple par une voie obscure, afin que ses desseins s'accomplissent. Il a parlé à son peuple en paraboles ; sans cela les juifs n'auraient pu méconnaitre le salut des nations, et alors ils n'auraient pu être excusables de l'avoir sacrifié, et s'ils ne l'avaient pas sacrifié, les nations n'auraient pas reçu l'héritage.
      Voiles des prophéties, favorisez l'ignorance de la fille de mon peuple, c'est par là que la porte de miséricorde lui reste ouverte.
      Dieu voulait suspendre les juifs, et non pas les réprouver.
      Eh ! Quel sang ont-ils demandé qui retombât sur eux et sur leurs enfants ? Ce sang était esprit et vie, pouvait-il jamais leur donner la mort ?
      L'industrieuse charité de mon Dieu, ne s'occupe que des moyens de pouvoir sauver ses enfants.
      L'ignorance des peuples, est la ressource qu'il se ménage sans cesse pour leur pardonner.
      Quel abîme que la sagesse, la puissance et l'amour de notre Dieu !
      Hommes, vous condamnez vos semblables à des supplices, quand ils sont coupables selon vos lois : ne le sommes-nous pas bien davantage selon les lois du seigneur ?
      Et cependant nous pouvons satisfaire à la justice avec une prière. Nous le pouvons avec un élan secret, opéré dans la profondeur de notre être ; et plus cet élan sera concentré, plus il aura d'efficacité et de puissance ; parce qu'il tiendra davantage du caractère de l'unité, de l'invincible et irrésistible unité.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans HERMETISME
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