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16 mai 2005 1 16 /05 /mai /2005 00:00

LA CAUSE DES PAUVRES

 

" - Annoncer l'Evangile aux pauvres - est une expression qui vient au terme d'une énumération d'actions concrètes accomplies à leur égard. Mais elle ne désigne pas une activité qui s'ajouterait simplement aux autres : elle récapitule et résume en elle tous ces actes sauveurs. L'annonce de l'Evangile ne s'ajoute donc pas à la liste comme une simple activité supplémentaire, d'ordre verbal cette fois : c'est une conclusion qui reprend et résume tout ce qui précède". (p.55).
 

"Dans la situation actuelle de l'Eglise en France, nous pouvons dire que les croyants ne sont pas organisés en communauté ecclésiale pour faire que l'Evangile soit une bonne nouvelle pour les pauvres. Ceux-ci ne sont pas leurs interlocuteurs privilégiés. L'Eglise qui est en France est globalement destinée, par ses structures, ses modes de pensée, sa pastorale, sa liturgie, à ceux qui ne sont pas affrontés à la pauvreté réelle. Or, que veut dire une telle situation sinon que nous sommes dans une société au sein de laquelle manque cruellement le signe de la présence de Dieu ? Et si l'on en croit l'Evangile, le signe de la présence de Dieu n'est pas extérieur au signifié, c'est-à-dire à Dieu lui-même. La rareté du signe, c'est la rareté de la présence de Dieu. Ce que nous pouvons diagnostiquer dans notre situation, c'est une absence réelle de Dieu lui-même. Telle est la gravité avec laquelle la question du pauvre nous atteint au coeur même de notre foi..." (p.56).

 

"La portée décisive du rapport aux pauvres est liée au fait suivant : le secours donné à celui qui est dans le besoin est donné au Christ. Le Fils de l'homme affirme être personnellement destinataire de ces actes : - C'est à moi que vous l'avez fait. Le but d'une telle affirmation n'est pas d'ordre cognitif mais comportemental : il s'agit de nous inciter à changer de toute urgence notre comportement à l'égard du pauvre en suggérant l'ampleur inouïe que revêtent nos actes de par la présence d'un destinataire insoupçonné." (p.61).

 

"Dieu se donne à connaître du sein même de la relation aux pauvres opprimés. Cette relation est absolument inséparable de son visage, à tel point que son visage a pour traits ceux que dessine cette relation. Dieu est nommé par l'action qu'il opère en faveur des opprimés." (p.71).

Alain DURAND

 

L'AMOUR LA SOLITUDE

 

Etre seul, c'est être soi, rien d'autre. Comment serait-on autre chose ? Personne ne peut vivre à notre place ni mourir à notre place, ni souffrir à notre place, et c'est ce qu'on appelle la solitude : ce n'est qu'un autre nom pour l'effort d'exister. Personne ne viendra porter votre fardeau, personne. Si l'on peut parfois s'entraider (et bien sûr qu'on le peut ! ), cela suppose l'effort solitaire de chacun, et ne saurait - sauf illusions - en tenir lieu. La solitude n'est donc pas refus de l'autre, au contraire : accepter l'autre, c'est l'accepter comme autre (et non comme un appendice, un instrument ou un objet de soi !), et c'est en quoi l'amour, dans sa vérité, est solitude. Rilke a trouvé les mots qu'il fallait, pour dire cet amour dont nous avons besoin et dont nous ne sommes que si rarement capables : "Deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre". . .

 L'amour n'est pas le contraire de la solitude : c'est la solitude partagée, habitée, illuminée - et assombrie parfois - par la solitude de l'autre. L'amour est solitude, toujours, non que toute solitude soit aimante, tant s'en faut, mais parce que tout amour est solitaire. Personne ne peut aimer à notre place, ni en nous, ni comme nous. Ce désert, autour de soi ou de l'objet aimé, c'est l'amour même.

André COMTE-SPONVILLE

 

PLONGE DANS LES TENEBRES

 

Cette foule qui, quelques mois plus tôt, nous acclamait, avait fait volte-face. Elle nous en voulait à mort. Je n'étais pas en état de le comprendre. Pour comprendre, il faut encore habiter en soi, réfléchir et non pas ressentir. Je ressentais l'absence. Tout m'était devenu indifférent. J'avais tout quitté, et les autres, et moi, et Dieu. J'étais sans attache. Perdu. Oui, je m'étais perdu.

Et voilà qu'une voix m'a retrouvé. Comme Pierre Marie Beaude le fait dire à Marie de Magdala : "Il est venu quand je ne l'attendais plus. Il était paraît-il de grande puissance et renom ... Je ne l'attendais pas. Je ne le désirais pas. Je dérivais trop loin dans mes eaux noires." Et c'est une voix qui m'a retrouvé. J'ai eu cette grâce, en plein milieu de ce vacarme d'épouvante, d'entendre, prononcée d'une voix forte et pourtant tout intérieure, cette phrase quasiment identique à celle du symbole des Apôtres, mais dite en première personne, une phrase à laquelle jusque-là je n'avais jamais prêté la moindre attention : "Je suis descendu aux enfers". Une voix distincte et ferme. Irrésistible. Sans appel. Une phrase prononcée comme une évidence. Je pense aujourd'hui à ces quelques lignes de Simone Weil : "Tous les mouvements de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. Il faut toujours s'attendre à ce que les choses se passent conformément à la pesanteur, sauf intervention du surnaturel". C'est alors la "Pesanteur de la grâce", et elle fait le poids. J'ai immédiatement éprouvé une paix profonde. Rien n'avait pourtant changé dans la rue, le vacarme y était toujours aussi intense, mais il n'avait plus pour moi aucune importance. Tous les cris et les bruits de toutes sortes étaient comme anéantis sans cesser d'exister. La puissance était ailleurs, dans cette voix si mystérieuse. Je venais d'apprendre que Dieu habite aussi les enfers de l'inhumain et que, plus jamais, je n'y serai seul. Ni moi, ni personne d'autre. Je n'avais pas prié. Je n'avais rien demandé. Je ne m'étais pas disposé à accueillir. J'étais simplement vide de toutes choses.

Bernard MERCIER

 

LE PERIPLE DE BALDASSARE

 

Dialogue entre un juif et un chrétien

Lorsque je dis, au cours de l'échange, qu'à mon avis l'un des plus beaux préceptes du christianisme était "Aime ton prochain comme toi-même", je remarquai chez Maïmoun un rictus d'hésitation. Comme je l'encourageais, au nom de notre amitié, et aussi au nom de nos doutes communs, à me dire le fond de sa pensée, il m'avoua :
"Cette recommandation paraît, à première vue, irréprochable, et d'ailleurs, avant même d'avoir été reprise par Jésus, elle se trouvait déjà, en des termes similaires, au chapitre dix-neuf du Lévitique, verset dix-huit. Néanmoins, elle suscite chez moi certaines réticences ..."
"Que lui reproches-tu ?"
"A voir ce que la plupart des gens font de leur vie, à voir ce qu'ils font de leur intelligence, je n'ai pas envie qu'ils m'aiment comme eux-mêmes."
Je voulais lui répondre, mais il leva la main.
"Attends, il y a autre chose de plus inquiétant, à mon sens. On ne pourra jamais empêcher certaines personnes d'interpréter ce précepte avec plus d'arrogance que de générosité : ce qui est bon pour toi est bon pour les autres ; si tu détiens la vérité, tu dois ramener dans le droit chemin les brebis égarées, et par tous les moyens ... D'où les baptêmes forcés que mes ancêtres ont dû subir à Tolède, jadis. Cette phrase, vois-tu, je l'ai plus souvent entendue de la bouche des loups que de celle des brebis, alors je m'en méfie, pardonne-moi..."
"Tes propos me surprennent... Je ne sais pas encore si je dois te donner raison ou tort, il faut que je réfléchisse... J'ai toujours pensé que cette parole était la plus belle..."
"Si tu cherches la plus belle de toutes les religions, la plus belle parole qui soit jamais sortie de la bouche d'un homme, ce n'est pas celle-là. C'est une autre, mais c'est également Jésus qui l'a prononcée. Il ne l'a pas reprise des Ecritures, il a juste écouté son coeur."
Laquelle ? J'attendais. Maïmoun arrêta un moment sa monture pour donner à la citation une solennité :
"Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre !"

Amin MAALOUF

 

DU DETACHEMENT

 

Beaucoup de maîtres prônent l'amour comme ce qui est le plus haut, tel saint Paul quand il dit : "Quelque tâche que j'entreprenne, si je n'ai pas l'amour je ne suis rien." Mais je mets le détachement encore au-dessus de l'amour. D'abord pour cette raison : le meilleur dans l'amour est qu'il m'oblige à aimer Dieu. Or c'est quelque chose de beaucoup plus important d'obliger Dieu à venir à moi que de m'obliger à aller à Dieu, et cela parce que ma béatitude éternelle repose sur ce que Dieu et moi devenions un. Car Dieu peut entrer en moi d'une façon plus intime et s'unir à moi mieux que je ne peux m'unir à lui. Or, que le détachement oblige Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : tout être se tient volontiers dans le lieu naturel qui lui est propre. Le lieu naturel de Dieu qui lui est propre par excellence est l'unité et la pureté, or celles-ci reposent sur le détachement. C'est pourquoi Dieu ne peut pas s'empêcher de se donner lui-même à un coeur détaché.
La seconde raison pour laquelle je mets le détachement au-dessus de l'amour est celle-ci : si l'amour m'amène au point de tout endurer pour Dieu, le détachement m'amène au point de n'être plus réceptif que pour Dieu. Or c'est ce qui est le plus haut. Car dans la souffrance l'homme a toujours encore un regard sur la créature par laquelle il souffre; par le détachement au contraire il se tient libre et vide de toutes les créatures.

Maintenant tu demanderas : qu'est donc le détachement pour qu'il cache en lui une pareille puissance ? Le vrai détachement signifie que l'esprit se tient impassible dans tout ce qui lui arrive, que ce soit agréable ou douloureux, un honneur ou une honte, comme une large montagne se tient impassible sous un vent léger. Rien ne rend l'homme plus semblable à Dieu que ce détachement impassible. Car que Dieu est Dieu, cela repose sur son détachement impassible : de là découle sa pureté, sa simplicité et son immutabilité.

Dans ce détachement impassible Dieu s'est tenu, et se tient encore, éternellement. Même quand il créa le ciel et la terre et toutes les créatures cela ne touchait pas plus son détachement que s'il eût jamais rien créé. Oui, je l'affirme : toutes les prières et toutes les bonnes oeuvres que l'homme peut accomplir ici dans le temps, le détachement de Dieu en est aussi peu touché que s'il n'y avait absolument rien de tout cela, et Dieu n'en est en rien plus clément ou mieux disposé envers l'homme que s'il n'avait jamais fait ces prières ou accompli ces bonnes oeuvres. Oui, même quand au sein de la divinité le Fils voulut devenir homme et le devint et souffrit le martyre, cela ne toucha pas l'impassible détachement de Dieu, pas plus que s'il n'était jamais devenu homme.

Tiens-toi à l'écart de tous les hommes, ne te laisse troubler par aucune impression reçue, rends-toi libre de tout ce qui pourrait donner à ton être une participation étrangère, te lier au terrestre et t'apporter des soucis, et dirige toujours ton esprit vers une contemplation salutaire : dans laquelle tu portes Dieu dans ton coeur, comme l'objet devant lequel ton regard ne vacillera jamais !

Maître ECKHART

 

FOI

 

Le commencement de la contemplation est la foi. Si, dans votre conception de la foi, se glisse quelqu'erreur essentielle, vous ne serez jamais un contemplatif.

Voici quelques unes des idées erronées touchant la foi.

Tout d'abord, elle n'est ni une sensation ni un sentiment. Elle n'est pas un élan aveugle et subconscient vers quelque chose de vaguement surnaturel. Elle n'est pas simplement un besoin élémentaire de l'esprit humain. Elle n'est pas une impression que Dieu existe. Elle n'est pas une conviction que l'on est, en quelque sorte, sauvé ou "justifié" pour la seule raison que l'on pense ainsi. Ce n'est pas quelque chose d'entièrement intérieur et subjectif sans aucun rapport avec un motif extérieur. Ce n'est pas quelque chose qui bouillonne et déborde des replis de votre âme et vous remplit d'une indéfinissable "intuition" que tout est pour le mieux. Ce n'est pas une chose qui vous soit si essentiellement propre que la satisfaction qu'elle vous procure soit incommunicable. Ce n'est pas quelque mythe personnel impossible à partager avec un autre et dont la valeur objective n'importe ni à vous, ni à Dieu ni à personne.

Mais ce n'est pas davantage une opinion. Ce n'est pas une conviction fondée sur l'analyse rationnelle. Ce n'est pas le résultat d'une évidence scientifique. Vous ne pouvez croire que ce qui ne vous est pas évident. Dès que vous en êtes certain, vous ne le croyez plus, tout au moins pas de la même façon, puisque vous en êtes certain.

La foi est tout d'abord un acquiescement intellectuel. Elle est un perfectionnement non une ruine de l'esprit. Elle met l'intelligence en possession de la Vérité que la raison ne peut saisir par elle-même. Elle nous donne une certitude au sujet de Dieu tel qu'Il est en Lui-Même: la foi est un moyen de prendre un contact vital avec un Dieu Qui est vivant. Elle n'est pas la conception d'un Premier Principe abstrait, tirée à grand renfort de syllogismes de l'évidence de la création.

Mais l'acquiescement de la foi n'est pas fondé sur l'évidence intrinsèque d'un objet visible. L'acte de croyance unit deux membres d'une proposition qui, selon notre expérience naturelle, n'ont aucun rapport entre eux. Pourtant il n'existe rien dans les limites de la raison prouvant qu'il n'y ait entre eux aucun rapport. Les affirmations qu'exige l'acquiescement de la foi sont simplement neutres à l'égard de la raison. Aucune évidence naturelle ne peut nous dire pourquoi elles seraient vraies ou pourquoi elles seraient fausses. C'est à cause de quelque chose autre qu'une évidence intrinsèque que nous adhérons à ces affirmations. Nous acceptons leur vérité en tant que révélée et le motif de notre adhésion est l'autorité de Dieu Qui nous les révèle.

On n'attend pas de la foi qu'elle donne à l'intelligence complète satisfaction. Elle la laisse suspendue dans l'obscurité, privée de la lumière qui lui est familière. Pourtant elle ne déçoit, ne renie ni ne tue l'intelligence. Elle l'apaise par une conviction qu'elle sait pouvoir accepter en toute raison sous la direction de l'amour. Car l'acte de foi est un acte dans lequel l'intelligence se contente de connaître Dieu en L'aimant et en acceptant dans Ses propres termes ce qu'Il dit de Lui-Même. Et cet acquiescement est parfaitement rationnel parce qu'il est fondé sur la nette évidence que notre raison ne peut rien nous apprendre de Dieu tel qu'Il est réellement en Lui-Même. Il est fondé aussi sur Dieu Lui-Même infinie réalité, et, par conséquent, infinie Vérité, infinie Volonté, infinie Puissance, infinie Providence, qui peut Se révéler avec une absolue certitude de quelque façon qu'Il Lui plaise, et peut certifier par des signes extérieurs Sa révélation de Lui-Même.

Enfin la foi est la seule clef de l'univers. La signification finale de l'existence humaine et les réponses aux questions d'où dépend notre bonheur ne peuvent être trouvées d'aucune autre façon.

Le Dieu vivant, le Dieu Qui est Dieu et non une abstraction philosophique, dépasse infiniment la portée de tout ce que nos yeux peuvent voir et notre intelligence comprendre. Quelle que soit la perfection que vous lui attribuez, il vous faut ajouter que votre conception n'est qu'une pâle analogie de la perfection qui est en Dieu et qu'Il n'est pas à la lettre ce que vous concevez par ce terme.

Lui Qui est infinie lumière est si prodigieux dans Son évidence que notre esprit ne peut Le voir que comme ténèbres. Lux in tenebris lucet et tenebrae eam non comprehenderunt. Si rien de ce que l'on peut voir ne peut être Dieu ni nous Le représenter tel qu'Il est, alors, pour trouver Dieu, il nous faut aller plus loin que tout ce qui peut être vu et pénétrer dans les ténèbres. Puisque rien de ce qu'on peut entendre n'est Dieu, pour le trouver il faut entrer dans le silence.

Puisque Dieu ne peut être imaginé, tout ce que notre imagination nous dit de Lui est, en fin de compte, un mensonge, et c'est pourquoi nous ne pouvons Le connaître tel qu'Il est à moins d'aller au delà de tout ce qui peut être imaginé et d'entrer dans une obscurité sans images, et sans ressemblance avec quelque créature que ce soit.

Et, puisque Dieu ne peut être ni vu ni imaginé, les visions de Dieu dont nous lisons le récit dans la vie des saints ne sont pas des visions de Lui, mais des visions à propos de Lui; car voir quelque chose n'est pas Le voir.

Dieu ne peut être compris que par Lui-Même. Si nous devons Le comprendre, nous ne pouvons y arriver qu'en nous transformant, pour ainsi dire, en Lui, de sorte que nous Le connaissions comme Il Se connaît Lui-Même. Et Il ne Se connaît Lui-Même par aucune représentation de Lui-Même. C'est Son Etre infini qui est la connaissance de Lui-Même, et nous ne Le connaîtrons comme Il Se connaît que quand nous serons unis à ce qu'Il est.

La foi est le premier pas dans cette transformation, puisqu'elle est une connaissance sans images ni représentations grâce à une identification d'amour avec Dieu dans les ténèbres.

Ce n'est pas par l'intermédiaire des sens mais dans une lumière directement répandue par Dieu que la foi atteint l'entendement. Puisque cette lumière ne passe pas par l'oeil, I'imagination ou la raison, sa certitude devient nôtre sans aucune ressemblance qui puisse être visualisée ou décrite. Il est vrai que dans sa forme expressive, I'article auquel nous adhérons représente des choses qui peuvent être imaginées, mais, dans la mesure où nous les imaginons, nous nous faisons d'elles une fausse idée et nous avons tendance à nous égarer. En un mot, nous ne pouvons imaginer la relation qui existe entre les deux termes de la proposition suivante: "En Dieu, il y a Trois Personnes et Une seule nature." Et tenter de le faire serait une grave erreur.

Si vous croyez, si vous faites un simple acte de soumission à l'autorité de Dieu proposant quelque article de foi, extérieurement, par l'intermédiaire de Son Eglise, vous recevez le don d'une lumière intérieure tellement simple qu'elle échappe à toute description, et si pure qu'il serait indécent de l'appeler une impression. Mais c'est une lumière véritable conférant à l'entendement humain une perfection qui laisse la science bien loin derrière elle.

L'obscurité même de la foi est une preuve de sa perfection. Elle n'est obscurité pour notre esprit que parce qu'elle dépasse de beaucoup sa faiblesse. Plus la foi devient parfaite, plus obscure elle se fait. Plus nous nous approchons de Dieu, moins notre foi se dilue dans la demi lumière des images et des concepts créés. Notre certitude s'accroît avec cette obscurité; mais non sans angoisse et non sans doute réel, parce que nous ne trouvons pas aisé de vivre dans un vide où nos facultés naturelles ne peuvent se reposer sur rien. Et c'est dans les plus profondes ténèbres que nous possédons Dieu le plus pleinement sur terre, parce que c'est alors que notre intelligence est le plus véritablement libérée des faibles lumières des créatures qui ne sont qu'obscurité en comparaison de Lui; c'est alors que nous sommes remplis de Son infinie Lumière, qui est pour nous pure obscurité.

C'est dans cette plus grande perfection de foi que le Dieu infini Lui-Même devient la Lumière de l'âme plongée dans les ténèbres, et la possède entièrement de Sa Vérité. Et, à ce moment inexplicable, la nuit la plus profonde devient le jour, et la foi se transforme en intelligence.

Thomas MERTON

 

LE MAHABHARATA

 

Qu'est-ce qui est plus rapide que le vent ?

- La pensée.

Qu'est-ce qui peut couvrir la terre toute entière ?

- L'obscurité.

Qui sont les plus nombreux, les vivants ou les morts ?

- Les vivants, puisque les morts n'existent plus.

Donne-moi un exemple d'espace ?

- Mes deux mains jointes.

Un exemple de chagrin ?

- L'ignorance.

De poison ?

- Le désir.

Un exemple de défaite ?

- La victoire.

Qui est apparu le premier, le jour ou la nuit ?

- Le jour, mais il n'a précédé la nuit que d'un jour.

Quelle est la cause du monde ?

- L'amour.

Quel est ton contraire ?

- Moi-même.

Qu'est-ce que la folie ?

- Un chemin oublié.

Et la révolte ? Pourquoi les hommes se révoltent ?

- Pour trouver la beauté. Soit dans la vie, ou l'au-delà.

Et qu'est-ce qui est, pour chacun de nous inévitable ?

- Le bonheur.

Quelle est la plus grande merveille ?

- La mort nous assaille chaque jour et on vit comme si on était immortel. C'est cela, la plus grande merveille.

Jean-Claude CARRIERE

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Published by EVANGELIZT - dans DIEU
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