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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 12:00

Les oraisons du Serpent

par Spartakus FreeMann

3ème partie

2ème partie

1ère partie

6- LE SERPENT D'AIRAIN

 

Nombres XXI 6-9 : "Alors l'Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants; ils mordirent le peuple et il mourut beaucoup de gens d'Israël.

L'Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu et le regarda, conservera la vie.

Moïse fit un serpent d'airain et la plaça sur une perche".

Comme les mots hébreux pour serpent et airain sont les même lorsque l'on enlève les points massorètiques (N H Sh), certains y ont vu une interprétation que ces serpents étaient les Séraphins dont Isaïe a dit qu'ils avaient 6 ailes.

"Avec la tête d'un faucon, [le serpent] est de nature divine et un symbole du Soleil. C'est pourquoi une secte gnostique [les ophites] l'a choisi comme leur divinité tutélaire et c'est pourquoi le serpent d'airain fut élevé par Moïse dans le désert afin que les Israélites le regardent et vivent" (Pike, M&D, p. 278, "Lecture du 18ème degré").

On peut rapprocher la nature des Séraphins, qui se tiennent le plus près de Dieu, de na'hash seraph, na'hash ne'hoshet, serpent brûlant. SARAPH, Shin Resh Phe, est la racine du verbe brûler. Le séraphin reçoit le feu divin et le transmet aux hiérarchies angéliques inférieures qui elles-mêmes le distribuent à l'Homme. Seuls les serpents pervertis apportent la mort, tandis que le serpent d'airain apporte la Vie éternelle, posé comme il l'est sur le bâton, tel le Christ sur la croix. Ceci est renforcé par le fait que l'airain est une transmutation du bois (selon Isaïe 60, 17) et qu'ainsi le Christ identifie-til le bois de la croix et lui-même au na'hash ne'hoshet pour que "tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle..."

Tout comme le Serpent est lié à la Connaissance, à la sagesse et à la magie, le cuivre ou l'airain est-il connecté depuis des temps immémoriaux par toutes les écoles mystiques à la planète Vénus qui contrôle et dirige le manas humain supérieur - le manas étant tout autant le sauveur que le tentateur de l'humanité, car c'est en l'esprit qu'ils naissent. Avec Vénus, nous revenons aux rituels naasènes de la hiérogamie sacrée de l'homme et de la femme. Il est d'ailleurs intéressant de noter ici que les rituels naasènes actuels se déroulent toujours avec la présence d'objets sacrés en airain marquant par là l'attachement de leur courant à la Femme symbolisée par Vénus, Déesse de l'Amour.

Pour finir, nous retrouvons encore le symbole du Serpent d'Airain dans la Franc- Maçonnerie au sein des Degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. En effet, le 25ème degré est celui dit du "Chevalier du Serpent d'Airain". Ce degré est dit avoir pour origine un Ordre hospitalier fondé lors des Croisades par un certain John Raph (52). Or, voici le mot de passe du grade est INRI et mot du grade est IOHAN RAPH (53). Or, Raph en hébreu signifie soigner, guérir et le référant au serpent d'airain est alors ici très clair. Avec IOHAN nous touchons aux mythes et symboles Johannites. Lors des cérémonies de ce grade, l'effigie du Serpent crucifié sur le Tau est placée à l'Est du Temple. Pour finir, notons que le bijou du grade est un Tau surmonté par un cercle - la Croix Ansée - sur lequel un serpent est accroché. Sur la croix elle-même sont gravés les mots ytlx (KhaLaTI) (Il a souffert), et sur la partie supérieure de la croix, le mot ]tsxn (NeKhuShTaN) (Serpent d'Airain).

 

7- LE LEVIATHAN

 

Le Léviathan est le serpent des mers des hébreux. Son nom signifie "enroulé". Cette figure proviendrait du mythe de Lotan et du Tiamat Mésopotamien et apparaît dans le Livre d'Hénoch et dans le Livre de Job, où l'on y décrit ainsi sa puissance : "Pour lui, le fer n'est que paille et l'airain du bois pourri... Il fait bouillonner le gouffre comme une chaudière. Il laisse après lui un sentier lumineux; l'Abîme prend la chevelure d'un vieillard. Sur la terre nul n'est son maître; il a été créé pour ne rien craindre. Il regarde avec dédain ce qui est élevé. Il est le roi des plus fiers animaux" (Job XLI).

"Son cœur est coulé comme la pierre, fondu comme l'enfantement sacré des profondeurs" (Job XLI, 16).

"Un immense mystère entoure ce dernier monstre. Monstre de ce côté-ci de l'abîme, n'est-il pas le Séraphin, "celui qui brûle", et qui avec les Chérubins et les Trônes, forme la dernière triade des neuf hiérarchies angéliques (54)".

La Bible ne donne aucune indication quant au moment où le Leviathan fut créé, est-il même antérieur à l'homme ? La seule chose qui soit sûre c'est que sa chair nourrira les justes dans le monde à venir.

Cependant, le Leviathan est le gardien des profondeurs et il est ainsi à rapprocher de la lettre Teth, qui est le Bouclier ou le Serpent (cfr. "La Lettre Teth...").

Le Leviathan est à rapprocher du Téli, ou dragon céleste dont il est dit dans le Bahir, 106 : "Que signifie téli ? C'est une Demuth (ressemblance), qui se trouve devant le Saint, béni soit-Il, comme il est écrit (Cant. des Cant. 5, 11) Ses cheveux sont des taltalim [boucles]".

Le Téli est une figure céleste et zodiacale centrale, qui est assimilée à un grand serpent circulaire qui entoure l'espace. On le considérait comme étant la constellation du dragon (55).

Ce dragon n'est-il pas le gardien des trésors, au corps doté d'écailles et d'anneaux, tel le serpent, d'ailes fantastiques, à la tête éclatante comme le métal, la gueule armée d'une triple rangée de dents ? Le dragon n'est-il pas l'ultime gardien de la terre, du ciel et des enfers ? Le Dragon blanc, sous la forme de l'Aigle n'est-il pas le Gardien de la Porte des Dieux ? (Nous renvoyons le lecteur au texte "La Lettre Teth et le Serpent" pour l'explication de la place de l'Aigle dans le système naasène).

"Si l'homme se rencontre lui-même dans sa profondeur du plus bas, du plus méchant, et, se trouvant face à face au Dragon qu'il est au fond de lui-même, s'il est capable d'embrasser ce Dragon, de s'unir à lui, c'est alors qu'éclate le divin, et c'est la Résurrection !", Père Grégoire.

8- LA LETTRE THET ET LE SERPENT.

La lettre Teth forme le mot THYT : tyu, "Serpent" et sa valeur arithmosophique est de 419.

Le Teth est un idéogramme très ancien qui désigne un Serpent qui se mord la queue ou encore, un bouclier.

"La neuvième lettre de l'alephbeth, en même temps qu'elle exprime la perfection de la Création, la réintégration quasi totale des énergies au divin, symbolise aussi la protection - nouvelle barrière - devant le divin", A. de Souzenelle.

"Que le bouclier soit confondu avec le serpent est là le profond mystère du serpent... Cet animal symbolise la montée de l'énergie. Il rampe d'abord, puis est appelé à se redresser (avec la croix rédemptrice) et à monter le long de la colonne vertébrale, pour arriver à la tête où ayant achevé son cycle, le langage symbolique dit du serpent qu'il se mord la queue".

Ici, nous rejoignons le symbole de la Kundalini. Telle une ligne à haute tension, la Kundalini canalise l'énergie provenant de l'union de deux principes conjoints : Shiva, le principe masculin et Shakti, le principe féminin. La Kundalini est souvent représentée sous la forme d'une serpente lovée au bas de la colonne vertébrale, elle se déroule à l'intérieur du corps. L'élévation de la Kundalini permet d'atteindre à la Conscience Supérieure et donc à un état de plus grande perfection.

Si donc, le Thet est le symbole d'une perfection atteinte, il introduit aussi inexorablement la nécessité d'une destruction pour atteindre à une plus grande perfection encore.

Le dessin du serpent dont la tête rejoint la queue n'est donc jamais fermé car, si la perfection absolue était atteinte, ce serait aussi la mort absolue. Car, la perfection absolue n'est qu'en dieu.

En raison de sa place dans l'alephbeth cette lettre rappelle la 'Ho'khmah, l'intelligence conceptuelle et contemplative. 'Ho'khmah est la neuvième sephira à partir de Malkuth (la terre) et à partir de Kether c'est Yesod (la lune). Et c'est en Yesod que se condensent toutes les valeurs des autres Sephiroth avant de descendre vers Malkuth.

Cette lettre symbolise la Bonté - car elle est l'initiale de TOV - et aussi la pauvreté. Ce double caractère se retrouve dans les mots TOUME'AH, impureté, et de TAHARAH, pureté.

"Yesod est la contrepartie spirituelle de Malkuth, tout comme la Lune est la contrepartie spirituelle de la Terre... L'influence du cycle de la lune sur la terre et ses habitants ayant déjà été maintes fois prouvées, il est inutile de s'étendre plus sur la relation qu'il existe entre les deux planètes.

En observant la Lune, il est aisé de se rendre compte qu'elle n'émet pas de lumière propre. Comme tout le monde le sait, elle reflète l'éclat du Soleil (Tiphereth placée juste au-dessus de Yesod dans le schéma classique de l'Arbre) durant les heures sombres de la nuit. Le Serpent pourrait donc être une réflexion du Messie [d'ailleurs, la valeur de Messie et de Na'hash est de 358, identité jusqu'en la réalité arithmétique]. Celui-ci brille en plein jour, mais c'est par l'intermédiaire de Yesod / du Serpent qu'il brille dans l'obscurité" Khryssaeus.

Selon la Genèse III, 15 : "une inimitié je placerai entre toi et Isha, dit Dieu au serpent, entre ta semence et sa semence. Celle-ci te blessera en tant que toi-tête, et toi tu blesseras Isha en tant que elle-talon". Nous devrions comprendre ceci comme une malédiction lancée par Dieu sur le Serpent à cause de son intervention dans le plan divin concernant la soumission de l'homme au sein du jardin de l'Eden. Mais regardons l'image donnée par Isha et le Serpent : la femme le blesse à la tête, ailleurs dans la Bible il est écrit qu'elle l'écrasera, tandis que le Serpent lui mordra les pieds. La tête du serpent est aux pieds tandis que les pieds d'Isha sont sur la tête du serpent. Belle représentation du symbole de l'Ouroboros, ce Serpent qui se mord la queue ou parfois représenté sous la forme de deux serpents se mordant mutuellement la queue. Nous voulons voir ici le lien qui unit la femme au serpent dans le cycle cosmique de vie-mort. Mais nous retrouvons aussi le symbole de la lettre Thet, ce serpent se mordant la queue, et qui symbolise donc les énergies accomplies. Sa valeur est 9, symbole de perfection et préside comme nous l'avons vu au mot Tov, bon. L'union de la femme et du serpent serait donc un signe du bon et de la perfection. Mais nous retrouvons aussi une loi universelle de l'incarnation qui est d'épouser la terre pour être épousé au ciel...

Le serpent serait un ange jaloux de l'amour de Dieu pour l'Homme. Si nous acceptons le postulat que les anges ne peuvent être doué du libre-arbitre, nous ne pouvons que nous interroger sur l'acte "libre" de cet ange. Selon un certain courant occulte, le serpent serait non un ange rebelle, car la rébellion signifierait aussi possession du libre-arbitre, mais un agent de Dieu dont la mission aurait été de libérer l'Homme, de lui montrer le chemin sur l'Arbre de la Vie. Le Serpent connu Ève, selon cette source cette connaissance fut sexuelle, et il lui posa la question de savoir où était l'interdit de manger des fruits de l'Arbre : "vraiment, est-ce qu'Elohim t'a dit de ne pas manger de tout arbre du jardin ?" Le questionnement introduit la réflexion qui fait naître un monde de possibles. De cette union de la femme et du serpent, qui devrait selon le principe d'omniscience de Dieu être connue de Dieu et donc arrêté, il s'ensuit une prise de conscience de la femme qui décide d'initier son époux. Le résultat du passage de l'interdit et de la prise de liberté de l'Homme a pour conséquence la Mort. Mais cette mort est également le début du cycle de transformation de l'humanité-enfant au sein du Paradis vers l'Humanité- adulte, réalisée par elle-même. Ainsi, la pseudo-chute d'Adam du fait d'Ève participe à un plan connu et prévisible de transmutation de la Création, de l'Homme et de Dieu lui-même. Cette transmutation qui aurait été impossible sous tutelle et sans liberté. La mort ainsi acquise par la transgression devient un élément de la mise en marche du cycle cosmique vie-mort et donc de la possibilité de changement.

Le serpent Na'hash devient également pourvoyeur de la vie lorsqu'il est sous sa forme de Na'hash Ne'hosheth, ou serpent d'airain qui, dressé au sommet d'un bâton, guérit et donne la vie. Na'hash, sxn, est accompli avec l'adjonction de la lettre t (Tav) dans le mot Ne'hosheth, Airain. Sous cette forme, le Serpent est identifié au Messie sur la croix "pour que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle". Ainsi, encore l'on signifie qu'en la mort apparente, au travers du cycle, la vie est donnée. Et Thet se lit alors comme le Bouclier, Thet, qui protège le Yod menant à la fin, la contraction signifiée par le Tav. Ici, nous arrivons à la symbolique du Tsimtsoum, que nous ne développerons pas dans le cadre de cet article, mais qui y prend toute sa valeur. Le Thet est ainsi le cycle par lequel l'Homme achèvera son évolution. Nous arrivons ainsi à l'essence du Serpent qui est double, féminin et masculin, terre et eau, lune et soleil, vie et mort, bien et mal... Sauf que ces contradictions apparentes se voient sublimées en Yesod... Tout en Un.

La Lame XIII du Tarot de Crowley représente la Mort : "L'Univers est Changement; tout Changement est l'effet d'un Acte d'Amour; tout acte d'Amour contient de la Joie Pure. Meurs chaque jour. La Mort est le sommet d'une courbe du Serpent “ Vie ”; regarde tous les opposés comme compléments nécessaires et réjouis-t'en". Cette Lame symbolise la transformation, le changement, le développement volontaire ou involontaire de conditions existantes. Sur cette lame, apparaît le Serpent accompagné du poisson et du scorpion ainsi que de l'aigle. L'Aigle étant dans cette optique le Gardien de la Porte des Dieux...

Quant au fruit, il nous est décrit comme "bon à manger, désirable pour les yeux et réconfortant" (Gen, III, 6). Ainsi, il rappelle : 1- que l'Homme est appelé à jouir de la Connaissance 2- que l'Homme est appelé à acquérir la Connaissance 3- qu'il est appelé à la toute-puissance sur la Création que lui confère la Connaissance. Mais jouir de la Connaissance n'est pas avoir la Connaissance, et avoir la Connaissance ce n'est pas être Connaissant. Le véritable travail pour l'Homme commence donc avec le serpent qui offre la jouissance de la Connaissance à Ève. Ainsi, l'Homme doit passer d'un état passif, jouir de la Connaissance à un état actif, Connaître en passant par la prise de possession de la Connaissance.

Nous retrouvons ici aussi cette poussée vers le changement, dur labeur qui exige de se changer soi-même. Le but serait d'atteindre à la divinité de l'Homme, qui ayant cueilli les fruits de l'Arbre de la Connaissance doit en transmuter la substance afin de s'en approprier les principes avant que d'accéder à l'Immortalité que conférera l'état de Connaissant.

Pour conclure sur le Serpent, il est, en l'homme, "le plus sage des hayyat hassadeh" (vivants des champs). Ainsi, le serpent est la plus sage barrière du champ de conscience de l'homme car, dans la profondeur, le serpent se fait aussi barrière divine car son nom, Na'hash est construit autour de la lettre x, barrière [x est aussi la huitième lettre de l'alephbeth, et ce 8 couché représente le Grand Serpent Originel ∞, l'Ouroboros, ou couché, le caducée d'Hermès, symbole de son rôle de messager divin !]. Le Serpent dans cette question posée qui débute l'Œuvre, devient aussi celui qui ne permet à l'Homme de continuer son chemin vers la perfection que s'il est capable de partir à l'assaut d'Issah, et de réaliser ici-bas les Épousailles Célestielles futures. Na'hash est donc aussi le gardien de la toute-puissance qui devra être alors livrée à l'Homme. Na'hash, wsxn, est celui qui "conduit (hxn) au s" qui l'oblige à conquérir son noyau. Sous le nom de Satan, ]us, le serpent symbolise, par le u qui remplace le y du s, la dernière barrière pour vérifier l'Homme avant sa reconquête du y, de valeur numérique 10, où le 1 symbolise l'Homme et le 0 la Femme. La reconquête du y est donc la Hiérogamie divine.

Il y a aussi identité numérique, 358 [qui est une suite de Fibonacci et donc nous donne le Nombre d'Or, Clé Universelle du beau et du bon, Tov], et donc principielle entre Na'hash et Masiah (Messie), xysm. Le Serpent conduit au s, comme nous venons de le voir; il constitue aussi une barrière, x, et travaille avec hvhy sur l'homme qui se fait poisson, n. Lorsqu'il est redressé, le serpent devient "aigle", neser rsn, gardien de la dernière porte, lumière, ner rn, du s. Avec l'aigle, nous dépassons toutes les contradictions apparentes du monde, nous sommes au-dessus de toute dualité qui se caractérise dans les luttes des frères ennemis. Ces frères - frère en hébreu se dit 'ah, xa - ennemis ne sont autres que l'Homme et Dieu, le Serpent et Dieu, l'Homme et l'Homme. Et la dualité dépassée nous revenons à l'Unité, echad, dxa, lorsque le frère, 'ah, aura passé la porte, d.

 

9- SERPENTESQUES DEDICACES

 

“ Toutes les Bibles, ou codes sacrés, ont été cause des erreurs suivantes :

1- Que l'homme a deux réels principes existants, à savoir un corps et une âme.

2- Que l'Énergie, appelée le Mal, ne procède que du corps, et que la Raison appelée Bien ne procède que de l'Âme.

3- Que Dieu torturera l'homme durant l'Éternité pour avoir suivi ses énergies.

Mais, contraires à celles-ci, les choses suivantes sont vraies :

1- L'homme n'a pas un corps distinct de son âme, car ce que l'on appelle corps est une partie de l'Âme perçue par les cinq sens, principales entrées de l'Âme dans cette période de vie.

2- l'Énergie est seule Vie; Elle procède du corps, et la Raison est la borne de l'encerclement de l'Énergie.

3- Énergie est Éternel Délice. ” W. Blake - Le Mariage du Ciel et de l'Enfer.

 

“... on verra par là que je ne considère ni le Juste ni l'Impie comme étant dans un État Suprême, mais comme étant des États du Sommeil dans lesquels l'Âme peut tomber en ses rêves mortels du Bien et du Mal lorsqu'elle quitte le Paradis. ” W. Blake, Notebook pages 91-92.

 

"... Et Eth [Aleph Tav] : remise en ordre du masculin et du féminin et tout est UN. Eth haShamaim, c'est ce qu'il ne faut pas disjoindre : le masculin et le féminin sont réunifiés" (Zohar, folio 15b). - "Eth haArets : union du masculin et du féminin gravée dans l'empreinte des lettres" (Zohar, folio 29b).

Arrivé au terme de notre développement, voici le message que nous voudrions laisser : "Homme détruits tes idoles, toutes, celles de pierre et celles de papier, les idoles fantasmatiques de nos esprits conditionnés. Ces idoles qu'elles soient diaboliques ou saintes doivent disparaître afin que l'homme se retrouve enfin face à sa propre divinité... Aum Ha" [Spartakus FreeMann]

Maintenant, il y a bien des autels à briser dans une vie et dans un cheminement. "Briser ses idoles est un premier devoir : tu ne te feras pas des dieux à partir des hommes, des idées et des écrits... Ne te forge pas les chaînes de ta propre prison. Ne t'attaches jamais à ces fantasmes au risque de t'enfermer dans des labyrinthes sans issues" [Spartakus FreeMann].

Il n'y a de dieu que l'homme. L'homme est dieu et Dieu est l'Homme.

Et, le Naasène terminant son Œuvre dit alors : "Je le dis, Vous êtes des dieux et tous enfants du Très Haut" [Ps. LXXXII, 6; Luc VI, 35; 1 Jean X, 34].

 

QUELQUES LIMINAIRES CONSIDERATIONS

 

"Celui qui n'ajoute pas à ses connaissances les diminue, celui qui ne cherche pas à s'instruire n'est pas digne de vivre" Mishna Avot, I, 13.

Nous pensons qu'il peut être bon de donner au lecteur quelques conceptions quant à certains termes qui n'auraient pas été explicités au cours de ce texte. Loin d'être des définitions ce sont plutôt des idées lancées un peu follement sur le papier.

Sophia : Forme suprême de Bina ou de ‘Hochmah (la Sagesse divine) et est considérée comme divinité féminine. Elle fonctionne comme un créateur et un sauveur sur les plans supérieurs en tant que Pensée Divine. A un niveau plus bas, elle fonctionne comme la Mère du démiurge ignorant et illuminatrice et sauveur de l'image divine capturée par le démiurge dans la forme humaine. Sophia est la Mère du Logos et prend donc place entre Dieu le Père et le Logos, le Fils. Pour les naasènes, Elle est la Source divine et Son message est : "Je donne naissance au père. C'est moi qui suis la tête. Je naquis des Eaux Primordiales" (Rig Veda).

L'existence d'une Sophia supérieure et d'une Sophia inférieure avec un Logos supérieur et un Logos inférieur et de l'Archonte nous donne une idée de la cosmogonie et de l'anthropogonie selon les gnostiques. L'homme et la femme doivent prendre possession de l'Esprit ou du Souffle supérieur afin de réintégrer leur qualité divine.

Sophia est parfois aussi nommée "Père-Mère" et Elle crie en ce monde :

"Je suis une étincelle de la Grande Vie. Qui donc m'a jetée dans la misère des Anges ?" (Ginzâ : CDLXIII, 27-28)

Dans la Triade, Sophia est Sagesse, hvhy est le Père et Adam le Logos.

Nous la retrouvons dans la figure de la Femme des Fidele d'Amore (56) et chez Dante :

"Je vois une Porte, et, au-dessus, trois marches pour y monter, de diverses couleurs, et aussi un portier, qui gardait le silence, et, à mesure que j'ouvrais plus les yeux, je vis qu'il se tenait sur la plus haute marche mais je ne puis souffrir l'éclat de son visage : il avait à la main une épée nue qui reflétait si fort les rayons vers nous que plusieurs fois en vain j'y portai mes regards, "Répondez d'où vous êtes : que voulez-vous ?" commença-t-il à dire, "où est l'escorte ? Prenez garde : car monter peut vous nuire."

"Une Dame du Ciel qui connaît ces choses" lui répondit mon maître, "tout à l'heure nous a dit : allez par là : là est la Porte" - Dante, La Divine Comédie, Purgatoire, Chant IX.

O Beata Béatrix, nous T'aimons et T'invoquons !

Myriam : Marie Madeleine, Myriam de Magdala, Marie, Notre Dame... Nombreux sont ses noms, d'Elle, il est dit : "Trois marchaient toujours avec le Seigneur. Marie sa mère, et la sœur de celle-ci, et Myriam de Magdala, que l'on nomme sa compagne, car Myriam est sa sœur, sa mère et sa compagne." (Évangile de Philippe 59. 6-11). Nous pouvons relier Myriam aux Vierges Noires et selon Pierre Plantard de Saint-Clair : "La Vierge Noire est Isis et son Nom est Notre Dame de Lumière". Elle est disciple et compagne ["l'Enseigneur l'a aimée" Jean 11,5] de Jésus et aurait reçu les enseignements secrets de Celui qui Enseigne; elle sera d'ailleurs le premier témoin de la résurrection de celui-ci [Jean 20, 18]. Elle est, selon l'Évangile de Philippe, Koinonos, compagne, du Christ.

Dans ce même Évangile, il est dit que le Christ l'aimait plus que ses autres disciples et qu'il l'embrassait souvent sur la bouche. Par là, nous voyons la place spéciale de Myriam dans le cénacle car le baiser sur la bouche est symbole de l'échange du Souffle et il n'est pas besoin de s'étendre sur la profonde signification de cette communication du Souffle.

Ici aussi, Myriam est l'Amante chantée par le Cantique des Cantiques, "Qu'il me baise des baisers de sa bouche..." (Cant. des Cant. I, 2). Yeshoua avait donc une "connaissance" charnelle certes mais aussi affective, intellectuelle, spirituelle et initiatique avec Myriam.

"Myriam, nous encore dit J-Y Leloup, c'est la femme de Désir (57), de tous les désirs, ceux de la chair sans doute, mais aussi ceux de l'âme et de l'esprit (le nous), et aussi de l'Esprit (Pneuma), car elle est comme l'Épouse qui se joint à Lui pour dire : "Viens !"" (Évangile selon Marie, J-Y Leloup).

Adam : [,da] C'est l'Homme Primordial, celui créé à l'image de la divinité, mâle et femelle. "Elohim dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine... Elohim créa l’homme à son image, à l’image d’Elohim" (Gen. 1, 26-27). Selon le Zohar du Cantique des Cantiques, Adam est constitué de tous les côtés - le Monde d'En haut et le Monde d'En bas- et son secret est en eux tous. C'est pourquoi le mot image est répété afin de signifier l'attachement aux deux Mondes mais aussi afin de montrer qu'"il y a deux Elohim, l'un mâle, l'autre femelle."

L'Homme transcendant, Adam ilaah ou Adam Qadmon, est la divinité dans Son Essence; l'Homme immanent, Metraton, est Sa Manifestation spirituelle ; et l'Homme primordial, Adam ha-Rischon, est Sa Manifestation sous la forme Esprit, Âme et Corps.

"Il y a deux genres d'hommes : l'homme terrestre et l'homme céleste. L'homme céleste, en tant que né à l'image de Dieu, n'a pas de part à une substance corruptible et en général terrestre. L'homme terrestre est issu d'une matière éparse, qu'il a appelée une motte. Aussi, dit-il que l'homme céleste a été non pas façonné, mais formé à l'Image de Dieu, et que l'homme terrestre est un homme façonné, et non pas engendré par l'Artiste. Mais il faut réfléchir que l'homme de la terre, c'est l'intelligence au moment où elle s'introduit dans le corps. "C'est celle qui est née de la terre et amie du corps, et que Dieu a jugée digne d'un souffle divin", et non pas "l'Intelligence née à sa Ressemblance et à son Image" (Philon, Commentaire allégorique des Saintes Lois, à propos de la Genèse II, 7)."

Origène, en son Entretien avec Héraclide, nous avoue d'Adam : "l'Ecriture dit que l'homme est deux hommes". Et Dom Rousseau de conclure en son "Origène : Homélie sur le Cantique des Cantiques" : "Origène s'étend longuement sur cette idée. Sur ces deux hommes, il établira comme deux structures, deux vies, l'une charnelle, l'autre spirituelle, deux intelligences : pûké et noùs, deux amours : éros et agapé."

"Le Saint Unique, béni soit-Il, a un Fils, dont la Gloire éclaire l'Univers d'une extrémité à l'autre ; c'est un grand Arbre puissant, dont le sommet touche au Ciel et dont les racines plongent dans la Terre Sanctifiée" (Mischpatim 105a). L'Adam personnifie donc l'Arbre sephirothique et c'est pourquoi le Zohar dit que le "divin Nom ADaM embrasse ce qui est en haut et en bas, grâce à ses trois lettres Aleph, Dalet et Mem."

"Ayons du repentir, et devenons l'Être humain [Anthropos] dans son entièreté ; laissons-Le prendre racine en nous et croître comme Il l'a demandé." (Évangile de Marie, 15-20)

Repentir et donc retour, techouva vers le Pneuma, LA Saint-Esprit, le Souffle, la Roua'h en dépassant l'intelligence et la pensée ordinaire, en allant au-delà du nous [métanoïa]. Laissons de côté le vieil homme afin de devenir l'homme nouveau, le théanthropos, Homme et Dieu, Fils de Dieu et de l'Homme...

Adam est l'État de réintégration accessible que cherchent les ophiens. Adam est androgyne... Et théanthrope.

L'Androgyne : Adam conçu à l'image de la divinité est androgyne, il est l'Homme et le Fils de l'Homme. De la dissociation naquirent Ish et Isha, l'homme de la terre en quelque sorte. Ceux-ci furent illuminés par la Connaissance grâce à l'intervention de la Sophia et de son agent Na'hash. L'homme de la terre doit chercher à réintégrer son état androgynal et ainsi se rapprocher de la Sagesse ultime. Les adeptes naasènes sont tous Fils de l'Homme en puissance. Devenir mâle et femelle ou ni mâle ni femelle décrivent la métanoia, ou conversion, le renversement total des valeurs. Les états mâle et femelle ne sont que deux aspects d'une multiplicité d'opposés appelés à s'unir et à s'interpénétrer.

Par ailleurs, dans certains courants tantriques, c'est le couple humain qui s'efforce de réaliser les noces divines, de manière à parvenir à une reconstitution de l'unité originelle, de l'androgynat divin.

Et nous conclurons sur l'Androgyne en citant ces passages du "Visage Vert" de Gustav Meyrink : "Si un homme réussit à franchir le pont de vie, il fait le bonheur du monde. C'est presque plus que si un libérateur lui était envoyé. Mais une chose est nécessaire : un seul ne peut atteindre ce but; il a besoin pour cela d'une "compagne de route". Par l'union d'une force masculine et d'une force féminine, seulement cela est possible. Là se trouve le secret du mariage que l'humanité a perdu depuis des milliers d'années".

Le Tantrisme - La Rose et la Kundalini : Loin de nous l'idée d'oser même brosser un tableau succinct du tantrisme. Nous manquons et de place et, surtout de connaissance. Toutefois, que l'on sache que nous ne développerons ici que le courant s'attachant à l'union des corps et des âmes

"Celui qui cherche l'amour dans l'espoir d'une jouissance est la victime du désir. Le sage accepte les plaisirs sensuels quand ils viennent, mais avec un cœur détaché. Il n'est pas victime du désir" (Gopala-Uttara-Tapini Upanishad).

La Kundalini est l'énergie subtile, identifiée parfois à l'énergie sexuelle, de caractère cosmique, latente et assoupie au bas de la colonne vertébrale et que certaines pratiques tantriques cherchent à éveiller. Dans le Yoga, sont mentionnés les nadis (canaux) - selon les yogins, il en existerait 72 - et les   (centres d'énergie) au travers desquels, du bas de la colonne vertébrale jusqu'au sommet du crâne, une énergie, appelée Kundalini, s'élèverait tout du long grâce à la pratique de certaines formes du Yoga. C'est au travers du nadi médian, le susumna, que monte la Kundalini, la Serpente...

Serge Hutin58 nous la décrit ainsi : "La Déesse-Serpent Kundalini, par laquelle les initiés tantriques symbolisent la force endormie tout en bas du corps humain, méthodiquement cultivée, procure l'illumination tout d'abord, mais bel et bien ensuite, la régénération corporelle, le rajeunissement et l'immortalité physique... Le Tantrisme suppose, sous sa forme ascétique radicalement solitaire, la totale "reconversion" de l'énergie sexuelle vers des buts supérieurs. Il s'agirait sans doute de faire servir le prodigieux capital énergétique individuel qu'est la sexualité à dominer totalement les mécanismes corporels jusqu'à pouvoir remodeler le corps de l'adepte".

La rose que Rome connaissait comme Fleur de Vénus était le signe de leurs prostituées sacrées. Les choses révélées sub rosa faisaient partie des mystères sexuels de Vénus qui ne devaient pas être révélés aux profanes.

On retrouvera plus tard le symbole de la Rose dans les cathédrales dédiées à Notre-Dame, la Rose Mystique... Sophia.

"L'image de Dieu est la Vierge masculine, et non la femme ou l'homme", Jacob Boehme.

Selon l'ancienne théologie de la Grèce, conservée dans les fragments orphiques, Éros, ou principe primordial d'amour, a été produit par le Temps et la Nécessité, agissant sur la matière inerte. On le représentait comme engendrant éternellement et il est, en termes latins, le Lucide parce qu'il se manifeste avec Éclat. On le dit aussi de nature double : mâle et femelle, active et passive. La lumière est son attribut primordial et on le nomme le Père de la Nuit car il attire à lui toute la lumière et en étant la fontaine qui la distribue au monde, il produit la nuit (59).

Dans le Banquet de Platon, l'Amour est dit être le plus ancien des dieux, sans père ni mère, "de tous les dieux, l'Amour fut le premier qu'enfanta la Prudence". "Ainsi donc, je le déclare, l'Amour est entre les dieux celui qui a le plus d'ancienneté, le plus de dignité, le plus d'autorité pour conduire les hommes à la possession de la vertu et du bonheur, aussi bien dans leur vie qu'après leur mort" (60).

En occident, les troubadours seraient les tantrika de la chrétienté.

Pour les initiés aux mystères, le Féminin était un concept à la fois corporel, mystique et religieux. Son énergie et sa puissance proviennent de sa sexualité et sa sagesse - la Sainte Sagesse - provient de la Connaissance de la Rose... d'Éros donc. Des auteurs modernes comme Margo Anaud et son "Art de l'Extase Sexuelle" ou A.T. Mann en sa "Sexualité Sacrée" célèbrent à nouveau le sexe comme moyen d'illumination spirituelle et de transformation.

La Rose des troubadours, symbole de l'Éros et de l'Amour, nous la retrouvons chez les Fidèles d'Amour, dont nous avons déjà parlé auparavant. A l'origine des Fidèles d'Amour est l'expérience amoureuse qui sera le début du développement spirituel qui transformera l'amour en amour de passion. Cet Amour doit ensuite être vécu de toutes les fibres de son corps, de l'esprit et de l'âme afin d'atteindre à l'état décrit par Dante comme étant le "cœur purifié", qui est l'illumination du cœur qui est vide de tout ce qui concerne les choses de l'extérieur et par là même de recevoir l'illumination intérieure et de donner son assentiment total à l'Amour. Ceci étant la condition absolue selon laquelle l'initié peut devenir un Fidèle d'Amour et recevoir alors les visions merveilleuses. Mais ce "choc initiatique" est lié à l'amour inspiré par la Beauté cachée de l'être aimé selon ce que Ruzbehan Baqli nous signifie en disant : "Tu es pour moi l'apparition de la beauté, ô mon Amie". Et l'on peut dire que la beauté même de l'être aimé suffit à conférer l'initiation à l'Ordre Invisible des Fidèles d'Amour. Cette beauté est une beauté cachée que découvre le Fidèle parce que l'Amour a ouvert en lui les yeux de l'âme. Cette expérience de la beauté de l'aimée est retrouvée chez la plupart des Fidèles d'Amour "connus", tels Dante, Roumi ou Ibn Arabi, ou même chez les plus modernes tels Raphaël, Nergal ou Novalis.

L'Amour, cette puissance absolue, maîtresse du monde et des destinées, indomptable et pourtant Lumière de l'Humanité, "car tu possèdes une grande puissance, ô Amour, toi seul as le pouvoir de faire descendre Dieu du ciel sur la terre. O combien puissant est ton lien, puisqu'il a pu enchaîner même Dieu... Tu l'as fait venir enchaîné par ton lien, blessé par tes flèches... Tu as blessé l'être qui ne peut souffrir, tu as enchaîné celui qu'on ne peut dompter, tu as attiré l'immuable, tu as rendu mortel l'être éternel... O Amour, combien grande est Ta victoire ! (61)"

Zagreus : Il est le serpent à corne de la mythologie grecque. Selon Nonnus, Zeus transformé en Dragon viole sa fille Perséphone. De cette union est produit un œuf cosmique d'où naît Zagreus, nommé le "petit cornu". Ces cornes font de lui un souverain, un roi à l'égal de Zeus et Héra, l'épouse de Zeus, jalouse, excite alors contre Zagreus les Titans qui se jettent sur lui pour le dévorer. Zagreus essaye de leur échapper en se métamorphosant en divers animaux, mais en vain. Les Titans le mettent en pièce alors qu'il s'est métamorphosé en taureau, ils font bouillir les morceaux de viande et le mangent, ne laissant intact que le cœur. Zeus avale alors ce cœur, et Zagreus renaît sous la forme d'un chevreau, et est connu alors sous le nom de Dionysos. Le culte de Dionysos- Zagreus aurait été introduit dans les Mystères d'Eleusis (62).

On peut rapprocher Zagreus-Dionysos d'Orphée par sa mise à mort par les Ménades et son nom en phénicien est Sabazios, le dieu de la végétation (qui était la primordiale fonction de Dionysos). Dans les mystères de Sabazios, le serpent jouait un grand rôle sous le nom de "dieu à travers le sein", ce qui nous est signalé par Clément qui en parle comme "le dieu à travers le sein, mais c'est un serpent et celui-ci est tiré à travers le sein du myste (63)". De plus, les cultes de Dionysos et d'Orphée sont réunis dans de nombreuses régions hellènes de l'Antiquité et selon Apollodore, c'est Orphée lui-même qui institua le culte de Dionysos.

Zagreus est le symbole de l'immortalité et reproduit les drames osiriens de la mort - par démembrement - et de la résurrection, drames qui perdureront jusqu'à aujourd'hui sous leurs formes christiques. Nous retrouvons aussi, dans une variation de ce mythe, l'homme comme étant le détenteur de l'énergie divine. Lorsque les Titans dévorèrent Zagreus, Zeus les foudroya et de la cendre des Titans naquirent les hommes. Chaque homme possède ainsi en lui une parcelle de Dionysos et quand l'univers prendra fin et que tous les hommes auront rejoint le royaume de l'au-delà, ces milliards de parcelles seront enfin réunis et Dionysos ressuscitera alors en son entier. C'est pourquoi les hommes aspirent à l'élévation des cieux car elles aspirent à se rassembler afin de retrouver leur demeure d'origine au sein du Dieu.

Le Nous : "Ton apparition, est-ce par la psyché [âme] qu'il voit ? Ou par le Pneuma [Esprit, Souffle] ?" "Ni par la psyché ni par le Pneuma ; mais le nous entre les deux, c'est lui qui voit..." (Évangile de Marie, 17-25). Donc, il existe un mode de perception qui n'est d'ordre ni spirituel ni psychique et donc ni naturel ni surnaturel. Il existe ainsi un troisième terme qui est intuition, imagination, vision , connaissance et amour, le nous... Ce troisième terme ne peut prendre sa place que dans l'Anthropos quaternel constitué du Pneuma [l'Esprit], de l'esprit [nous], de la Psyché [âme] et du Soma [Corps]. C'est par le nous que l'homme est ouvert à une dimension non spatiotemporelle pneumatique. En comprenant bien que le Pneuma ne soit pas véritablement une composante de l'homme mais la Réalité ultime qui en vivifie et anime l'ensemble. Avec la spiritualité il ne s'agit donc pas sortir de sa réalité corporelle et de ses corollaires émotionnels mais bien de recevoir une information donnée au corps, à l'âme et à l'esprit [nous] par la présence de l'Esprit [Pneuma] en vue d'une transmutation du corps et de l'âme et d'un éclaircissement de l'esprit-nous.

Le Pneuma ou Roua'h donne en fait le Souffle de vie qui offre la cohésion de l'Anthropos et lui donne par là la Vie. Le "bonheur" est par conséquent un état où l'homme tourne son esprit vers le Pneuma et en entend véritablement le souffle qu'il lui communique. L'esprit éclaire alors la Psyché qui transmet la lumière vivifiante au Soma. La nature du nous est de l'ordre de l'expérience mystique qu'Ibn Arabi nomme "l'imagination créatrice", l'Imaginal...

Cette connaissance "présentielle" où le perçu est l'image elle-même, là où les idées ne sont plus des états du moi mais des entités immatérielles distinctes de l'âme, et non une simple manière d'être de notre moi.

Le Baptême : Il existe en réalité deux baptêmes dans ce courant particulier. Le Baptême de l'Eau est celui de la mort et de la résurrection de l'adepte et celui de l'Eau de Vie ou Eau de Feu est le baptême secret révélé lors de l'Illumination finale de l'adepte. Que le lecteur se souvienne de ce que nous avons dit de l'amrita...

Ce texte est lu lors du baptême naasène :

"L'Esprit et l'Épouse disent : "Viens !"

Que celui qui entend dise "Viens !",

Et que l'humain assoiffé s'approche,

Que l'homme de désir reçoive

L'Eau de Vie, gratuitement"

(Ap. 22, 17)

Lilith : Nous reportons le lecteur à notre texte "Lilith au sein du mysticisme juif" pour une description plus large de cette forme "lumineusement sombre" de la féminité. Démon femelle, vampire et succube nocturne, rebelle à dieu et à l'homme inférieur, n'est-elle pas l'essence de la Femme libre, de cette Femme qui cherche l'Exil plutôt que le joug ? N'est-Elle pas Rose Noire au milieu des ronces, imaginale et introuvable comme la Lune Noire, et pourtant si présente en nos Inconsciences... Dans ses formes altérées Elle devient l'animatrice des pulsions sexuelles animales primaires, la parèdre de Pan dans les excès du sexe. Mais dans sa forme première, Elle est la "championne du matriarcat, de la féminité et du féminisme (64)".

Faisons ici référence - et non révérence ! - à Steiner qui, dans "Les mystères de la Genèse", nous donne un indice supplémentaire sur la Noire : "Nous devons donc considérer la collaboration des forces solaires de la lumière et des forces saturniennes des ténèbres comme une nécessité de l'existence. Lorsque les Elohim eurent mis à leur place les Esprits de la personnalité comme leurs subordonnés, ils durent leur adjoindre pour ce travail que la lumière allait accomplir sur les hommes et tous les êtres vivants de la terre, les entités saturniennes demeurées en arrière. Le travail de l'univers s'accomplit par l'action commune des Archés normalement évolués et de ceux qui étaient restés en arrière et agissaient dans les ténèbres. C'est ce que la Genèse décrit avec un réalisme étonnant lorsqu'elle dit : "Et Elohim nomma YOM (le jour) les esprits qui exerçaient leur action dans la lumière; quant à ce qui s'exprimait dans les ténèbres, il le nomma LILITH"... Ce sont eux qui agissent encore aujourd'hui pendant notre sommeil, la nuit, en exerçant sur nos corps physiques et éthériques une action régénératrice".

"Qu'il me baise des baisers de sa bouche..." (Cant. des Cant. I, 2) et Rashi d'expliquer le baiser par "Bouche de la Shekhina" et aussi "la Shekhina qui s'identifie à Lilith" dit "Je suis Noire" et le Saint lui répond "Tu es la plus belle des Femmes" (Zohar, II 97). Elle est noire du côté de l'Obscurité d'en haut, de la sephira Gueboura lorsqu'elle se renforce et Elle est belle du côté de la Première Lumière, c'est à dire la sephira Hessed. Et Elle s'écrie "Je suis Noire" du côté du Prépuce, "et belle" du côté de ce fil de grâce célestielle qui s'épanche sur Moi.

Voici ce que dit d'Elle ce texte gnostique, "Le Tonnerre"65 :

“ Je suis une étrangère,

et je suis de la cité.

Je suis l'être

et celle qui n'a pas d'être...

Ceux qui sont près de moi ne m'ont pas connue,

et ceux qui sont loin de moi, eux m'ont connue.

Quand je suis près de vous je suis loin,

et quand je suis loin je suis près de vous... ”

Et dont le destin peut être résumé par ce passage du poème de Francis Guibert

(in "Je Te Salue Lilith Pleine de Vide") : "Elle aura quinze ans à la fin du monde. Elle

se branle avec la main empaillée du cadavre de Dieu".

La Shekhina : La Shekhina possède une nature double, l'une divine avec la Divinité et l'autre terrestre et ténébreuse avec le monde d'en bas. Il existe ainsi selon le Zohar, deux Shekhina. Celle d'en haut représentée par le premier He du nom divin et celle d'en bas représentée par le second He du nom divin. Par le premier He, la Shekhina est la Mère Supernelle, la Déesse Inconnaissable. Par le He d'en bas, la Shekhina est l'Épouse de Samaël en exil. "Ces deux He en Dieu sont les deux Shekhina qui se retrouvent à l'origine dans la création de l'homme fait à son image en tant que Ève-Lilith" (Michel Desimon - in Lilith La Lune Noire).

Elohim : "Dieu, renfermant toutes les forces, tous les attributs, dieux, juges, anges, avec le sens de divin, excellent" (Dictionnaire Rabbinique hébreu-français, Sanders, Paris 1859). Tous les écrits traditionnels, qu'il s'agisse du corpus zoharique, des textes de Maïmonide, des écrits plus récents des mystiques et penseurs d'Europe Centrale, donnent comme signification première au Nom divin Elohim : "Maître de toutes les forces" (Roland Bermann, " Voie des Lettres, voie de Sagesse", Dervy).

Dans le second chapitre de la Genèse, son nom est hvhy-Elohim, celui dont les gnostiques disent : "... Le Démiurge voulut imiter la Nature Infinie, Éternelle, étrangère à toute limite et à tout temps. Aussi créa-t-il des temps, des moments, d'innombrables séries d'années, etc." (Hippolyte de Rome, Philosophumena, VI, 55).

"Pourtant, éveillons-les, comme des gens qui viennent de rêver de Dieu dans le plus beau des songes... Et exerçons-les à monter plus haut, pour avoir de la DIVINITE PURE une vision réelle, et contempler, enfin, Son Essence..." (Plutarque).

Templiers : Groupe de V.R.P., fondé par Hugues de Payns et institutionnalisé par Bernard de Clairvaux, qui s'implanta un peu partout dans la chrétienté dès le XIIème siècle avant que le roi de France, Philippe le Bel, ne lance une OPA agressive et qu'il n'en purge les effectifs trop peu flexibles au marché féodal. Leur philosophie eut une certaine influence qui perdure aujourd'hui encore dans les techniques de vente de Rien... On leur prête à tort ou à raison le culte du Baphomet et bien d'autres choses, dont le croisement des sabres... On en rencontre encore parfois entre midi et minuit.

Sources : Morgane World

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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