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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 21:12

Les oraisons du Serpent

2ème partie

1ère partie

par Spartakus Freemann

Dans le Jardin d'Éden, le Serpent ne s'adresse nullement à Ève mais à Isha, la femme créée d'Adam, mais non d'une côte mais de son côté : “ WaYiqah ‘Achat Mitsale'otayw ” Et donc, hvhy se saisit d'un côté d'Adam, le côté féminin, l'Épouse de l'Androgyne car ylo (Tsela') est le côté, ce côté qui va donc être révélé à Adam. Cette théorie avait été reprise et développée en son temps par François Lenormant dans son ouvrage inachevé, Les origines de l'histoire d'après la Bible et les traditions des peuples orientaux. Selon Lenormant, la traduction des Septante et de la Vulgate du verset 21 du chapitre II de la Genèse est fausse et il faut lire côté au lieu de côte et ainsi, le premier représentant de l'humanité aurait été créée avec une nature double, mâle et femelle, et la naissance d'Ève lors du sommeil d'Adam signifierait le dédoublement par section de l'Androgyne primitif (38).

L'Épouse Isha [hsa] est aussi le Feu, Esh [sa] et donc LA Feu !!! D'où le baptême du Feu Secret donné aux ophiens et dont nous reparlerons plus tard.

L'Adam est créé mâle et femelle et ceci nous est bien révélé par les noms Ish [sya], l'homme, et Isha [hsa], la femme. L'homme possédant le Yod divin, lettre du Tétragrammaton, lettre masculine par essence alors que la femme possède le h (He) Divin, lettre faisant également partie du nom divin, mais lettre d'essence féminine. Il nous faut toutefois préciser selon les termes de Paul Evdokimov ("La femme et le salut du monde", Paris, 1958) : "Ces deux mots, masculin et féminin, ne se limitent donc point à l'expression de la sexualité. Ils symbolisent deux aspects complémentaires ou parfaitement unifiés, de l'être, de l'homme, de Dieu".

Isha est assimilée à Bina (39), l'Intelligence, la Mère Divine, Ama. Alors qu'Adam est assimilé à ‘Hochmah (40), la Sagesse, le Père Divin, Abba. Mais, ils sont aussi les deux luminaires de la Création, le Soleil et la Lune.

Nous touchons ici à un point essentiel de la doctrine ophienne, doctrine qui relie le culte de la Femme comme vecteur de l'Éveil à la Connaissance.

Isha est l'Épouse qui doit s'unir à Ish son Époux afin de réaliser la hiérogamie divine. Mais avant cela, Isha doit réunir ses deux faces que sont Ève et Lilith alors qu'Ish doit réunir ses deux visages que sont l'Adam d'en bas et Samaël. De cette hiérogamie doit naître la Couronne, Kether (41). L'Adam Primitif, Androgyne primordial que nous sommes tous en puissance. "Au moment où elle se débarrasse de ses vêtements elle s'unit à son époux dans une proximité de la chair, comme il est dit “ Os de mes os et chair de ma chair, celle-ci sera appelée Isha car de l'homme Ish elle a été prise, c'est ainsi que l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils seront une chair une" (Gen. II, 23).

"Quitter" [‘Azob, bzi] c'est s'arracher une peau ! Car "peau" se dit ‘Or [rvi]. Nous retrouvons à nouveau le personnage du serpent avec cette symbolique de la peau que l'on doit quitter afin de devenir éveillé. Car ‘Or prononcé Our, éveillé, est le symbole d'un champ de conscience dont la lumière n'est que ténèbres par rapport à celle d'un champ nouveau qui nous appelle. Cet acte de quitter signifie donc abandonner nos critères de jugement, renoncer aux idées reçues, "ce que l'on croyait sage nous semble fou; ce que l'on croyait vrai devient relatif, voire faux", A. de Souzenelle.

Quitter le père et la mère et donc la conscience et l'inconscient auxquels nous sommes identifiés afin de prendre notre propre chemin.

Ish et Isha unit deviennent alors UN, Adam Supérieur en contact avec les Æons Supérieurs.

Nous voyons une intimité très profonde entre hvhy, Ish, Isha et sxn :

hvhy = 26

ISHA = 306

ISH = 311

sxn = 358

Et donc, 26 + 306 + 311 + 358 = 1001 !!! 1 est la valeur pour a (Aleph) et 1000 est la valeur de l'Aleph final, D'Aleph à l'Aleph nous sommes en présence du Point Initial et Unité Ultime et Primordiale. Ceci nous enseigne que le Serpent, IHVH, l'homme et la femme participent à l'unité en nous ramenant à l'UN, Achad, la Divinité. L'Aleph qui symbolise encore Kether, l‘Ultime Sephira de l'Arbre de Vie. Ils forment donc le stauros sacré avec ses quatre branches tournant autour d'un point central présent mais inconnaissable, croix tournant sur elle-même signifiant les cycles cosmiques de la création. Et comme l'a si bien écrit A. de Souzenelle : "BARA [arb], créer, contient le commencement et la fin. En créant, Dieu pose déjà la couronne [a] sur la tête [r] de la Création [b]. Créant sa fille, son royaume, dieu l'épouse."

L'Union de l'homme et de la femme donne aussi 306 + 311 = 617 = 14 = 5 par réduction arithmosophique. Le 5 est la valeur du Pentagramme et donc du microcosme. Alors que le Serpent et hvhy unis donnent 26 + 358 = 384 = 15 = 6, et le 6 est la valeur de l'hexagramme et donc du macrocosme. La divinité ne pourrait donc être complète sans l'homme et comme Marcile Ficin, ce Kabbaliste du XVe siècle, l'a écrit : "l'homme n'est qu'une syllabe du nom de dieu". De là, la certitude que le monde d'en haut n'est pas totalement séparé du monde d'en bas, tel ce fameux principe de la Table d'Emeraude : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas" ou encore selon le principe kabbalistique "Malkhut est en Kether et Kether est en Malkhut".

Après l'épisode de la Tentation, Isha devient donc Ève, ‘Hawah [hvx], la "Mère de toute vie", ce qui est signifié par le lien entre ‘Hawah et ‘Hayah [hyx], vivant, vie. Toutefois, Isha n'est dès lors plus entière et ne peut plus remplir le rôle de l'Isha Primordiale. Adam est également séparé d'une part de lui-même. Car, ils ont évolués, l'un vers la création de la vie par le h (He) en un cycle où Adam participe de son y (Yod). Cependant, l'homme étant co-naturel de la divinité, comment pourrait-il, par sa propre "faute", échapper à la nature divine dont il est partie intégrante ? Car, nous devons nous souvenir que l'homme est un "Demuth", une ressemblance de dieu [tvmd] de racine DAM [,d], le sang comme il est écrit : "Faisons (42) l'homme à notre image et comme notre ressemblance" (Gen. I, 26). De là, le nom d'Adam prend sa valeur ,da (Aleph Daleth Mem), et donc il est bien la matrice [signifiée par le m] de la vapeur [AED, da], ressemblance de dieu qui lorsqu'il est accompli est "kelohim" [myhlak], "comme Elohim", de valeur 666 !!!

Il faut à présent essayer de comprendre pourquoi Sophia Achamoth au travers du Serpent a   utilisé la femme et non l'homme dans le but de passer à ce nouveau stade de la création. Car, après tout, n'est-ce pas la femme, sous la forme d'Isha-Mère de tous les vivants, qui, pour la première fois a envisagé de devenir l'égale de la divinité en touchant à l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ? Toutefois, cet acte serait resté stérile sans l'homme, l'Epoux. Concernant le but recherché par le serpent, nous reportons le lecteur à notre article "La lettre Teth et le Serpent". Toutefois, soulignons que ce "défaut" dans la création a toute son importance dans la transmutation d'Adam qui doit acquérir la divinité par un travail personnel car, que vaudrait une divinité offerte sans la compréhension et la sagesse que l'on acquiert en la recherchant ? Ainsi, toute l'aventure humaine sera de "réparer" ce défaut du plérôme (43) afin de transmuter dieu et de se transmuter lui-même. Nous retrouvons chez les kabbalistes ce concept dans la théorie du TSIMTSOUM d'Isaac Louria44 et plus particulièrement dans le TIKKUN (réparation) dans laquelle l'homme et dieu cherchent à parfaire la création. 

Mais quel serait ce moyen de se réparer si ce n'est la hiérogamie de l'homme, Époux, et de la femme, Épouse. Cette hiérogamie doit être union des corps autant qu'union des esprits. "Adam connut Ève, sa femme, elle conçut et enfanta Caïn." (Gen. IV, 1)

Nous arrivons donc au moyen que l'homme et le femme peuvent utiliser afin de se parfaire et d'évoluer tout en remontant vers leur nature divine.

Selon les kabbalistes naasènes, il ne s'agit pas simplement, lors de l'acte sexuel, de connaître sa femme mais également d'en connaître sa part de divinité. Se connaître lors de la relation sexuelle reviendrait à "reconnaître" mutuellement l'étincelle divine sertie en chacun de nous.

Il existe donc un secret des relations de l'homme et de la femme qui serait le fondement de la vérité intelligible et constituante de la relation spéciale entre l'humanité et la divinité. La "Lettre sur la Sainteté (45)" explique ainsi la relation de Connaissance entre l'homme et la femme : "Sache que la conjonction de l'homme et de la femme comprend deux modes. Le premier mode : cette relation est quelque chose de sain et de propre lorsque la chose se passe comme il convient, aux temps convenables et avec une intention juste. Que nul ne pense qu'une relation convenable comporte quoique ce soit de vil ou de laid... car la relation convenable est appelée Connaissance".

L'acte sexuel permet de connaître dieu et de lui ressembler. "La relation sexuelle comprendrait donc le secret de la vie divine, non seulement de la vie comme structurant l'existence divine, mais comme la spécificité même du dieu vivant" (Gérard Israël, Volupté et crainte du ciel, Payot).

La relation sexuelle est spirituellement indispensable à l'établissement et à la conservation du lien intime qui rapproche les deux pôles de la création. De même, la "Lettre" dit : "La conjonction selon les formes requises, de l'homme et de la femme est comparable à la création du ciel et de la terre." Et le Talmud de poursuivre : "Quand l'homme se joint à sa femme dans la sainteté, la Chekhina est entre eux selon le secret de Ish et Isha." (Traité Sota 17A). "Toute âme mâle est déjà unie à une femelle, de sorte que le mariage d'ici-bas ne fera que confirmer cette union céleste." (Zohar, I 85 G)

Ainsi, l'acte sexuel est Connaissance et donne la Connaissance qui mène à la divinité.

"Comme grain de semence de la connaissance, l'Amour" Rig Veda, 10, 129.

Et la "Lettre" de continuer : "Quant au secret de la Connaissance que je t'indique, il s'agit du secret de l'homme en tant qu'il est composé du secret de la Sagesse de l'intelligence et de la Connaissance; car l'homme est le secret de la sagesse (‘Hochmah); la femme le secret de l'Intelligence (Bina) et de la relation sexuelle pure, le secret de la Connaissance. Tel est le secret de l'homme et de la femme, selon le secret des chemins de la tradition intérieure." La tradition intérieure étant cet état suprême recherché par les kabbalistes.

Nous voyons ainsi, sans entrer dans les considérations moralisatrices des rabbis, que l'union du serpent et de la femme participe à une initiation à la Connaissance et que cette Connaissance est le secret révélé par la relation sexuelle de l'homme et de la femme. Dans ce cadre, le Serpent n'est que le véhicule de la Sagesse Suprême, la Sophia Achamoth que l'on peut assimiler à la Source Ayin (i)...

Et en hébreu, Ayin, la source, est également l'œil et a pour valeur 70, shivaïte. Et shiv'aim nous ramène à la racine shive'a. Et de là, nous sommes devant Shiva qui de son "oeil" détruit tout ce qui ne ressort pas de l'éternité. Shive'a se traduit aussi par le nombre 7 traduisant l'abondance. Nous sommes donc devant ce feu de l'amour divin, LA Saint-Esprit, qui détruit ce qui a été fait afin d'aller plus loin...

Les Ophiens, ou Naasènes n'adorent donc pas le Serpent pour lui-même mais pour sa fonction et en tant que véhicule de la Sophia. Ils adorent donc la Femme Supernelle au travers de toutes les femmes et ils disposent l'image de Celle-ci à l'Est avec le He et le Shin, place de Bina et de l'Intelligence.

Le rôle de la Femme dans ce système est donc central et comme il est dit dans l'Évangile de Thomas : "Simon Pierre leur dit : que Marie [Madeleine] sorte de parmi nous car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! Jésus dit : voici, moi aussi je l'attirerai pour que je la rende homme afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant, pareil à vous les hommes ! Car toute femme qui se fera homme entrera dans le Royaume des Cieux" (Logion 118). La femme est ainsi liée à Isha par sa nature et à l'image divine scellée dans sa chair elle est donc pneumophore. "Son sacerdoce lui est intrinsèque" nous dit A. de Souzenelle (Le Féminin de l'Être).

Les Portes mystiques ne peuvent donc s'ouvrir que par la pure union sexuelle de l'âme afin de lui permettre à nouveau d'atteindre, par le cœur fidèle de la femme, le "Véritable Homme Parfait". Au travers de l'homme, la femme ; au travers de la femme, le monde ; au travers des deux, les espaces de la vie céleste ; au travers de ceux-ci la Divinité elle-même.

Dieu étant à l'image de l'homme et donc mâle et femelle, on ne peut dissocier Bina de ‘Hochmah, ‘Hochmah qui est la Gloire de Dieu, "Bénie soit la Gloire de IHVH en son lieu" (Ez. XIII, 12) Et le Bahir 132 de conclure : "Et que signifie "en son lieu" ? Cela se compare à la fille d'un roi venue de loin. L'on ne savait d'où jusqu'à ce que l'on vit qu'elle était une femme forte, belle et opportune dans tout ce qu'elle faisait. On disait alors : Elle vient sûrement du côté de la lumière puisque par ses actes le monde devient lumière. On lui demanda : D'où viens-tu ? Elle répondit : De mon lieu..."

Donc, la Sagesse est masculine, la gauche, et l'Intelligence féminine, la droite. Dans le récit biblique, Salomon est synonyme de Sagesse alors que la Reine de Saba vient de la droite et incarne l'Intelligence qui vient tester la Sagesse.

La Sagesse dit encore : "Moi, la Sagesse j'habite la ruse et je découvre la Connaissance des projets." (Prov. 25, 2)

Et Salomon, la Sagesse, de s'exclamer devant la Sulamite, Bina, l'Intelligence : "C'est elle, l'UNIQUE, ma colombe, ma parfaite [...] elle apparaît comme l'aurore, belle comme la lune, immaculée comme le soleil, terrible comme les étendards [...]" (Cant. des Cant. XI, 12).

"Il n'a pas vécu ici-bas celui qui a vécu sans ivresse et celui-là n'a pas de raison qui n'est pas mort de son ivresse" (Al Faridh, "Al-Kamziya"), ivresse source du Chant des Chants, symbole de la jouissance et du Jardin de jouissance, l'Éden, ‘eden, jouissance, mot qui retourné donne le verbe "connaître", et donc, la connaissance est impliquée dans la jouissance et la jouissance dans la connaissance. La jouissance est par conséquent créatrice. Et la Connaissance totalement acquise sera ivresse au-delà de l'ivresse telle que chantée et dansée par les soufis !

Et écoutons pour finir Annick de Souzenelle (Le Féminin de l'Être) : "Interdire la relation érotique et l'identifier au mal, de la part des “ autorités ” religieuses - car tel est le mode relationnel de l'Église occidentale -, était confondre la spiritualité avec la religiosité et identifier la mystique au mal. Limiter les relations dites amoureuses aux besoins de la procréation et en éradiquer la jouissance était couper l'être de son orient, donc de lui-même, et lui interdire l'Éden, voire le réduire à une fonction animale pour mieux l'asservir. [...] Il existe une technique des jeux de l'amour comme il y a une technique de la prière, et je n'associe pas fortuitement les deux. [...] elle implique que l'homme sache reconnaître l'UNIQUE au milieu de la multitude, sa femme-sœur qui, devenant épouse, sera une; elle implique la réciprocité de la femme et, sans faiblesse, sa miséricorde."

"Je suis Toi et Tu es Moi

Là où Tu es, Je suis.

Et d'où que Tu le désires

Tu Me rassembles

Mais en Me rassemblant

Tu Te rassembles Toi-même".

L'Évangile d'Ève

 

La Fraternité du Serpent aujourd'hui.

Le texte qui suit est un manifeste naasène moderne dans lequel nous pouvons lire les fondements de la vision du monde et du champ initiatique qu'ils développent

aujourd'hui.

"Nous travaillons avec le Serpent car il est l'Unique, celui dont parle la Bible, Nun 'Heth Shin, Na'hash, d'où parfois naaséniens est le nom donné à ses adeptes.

Ce groupe travaille principalement, mais pas exclusivement, à partir du matériel de la Kabbale extatique, sa doctrine est basée sur l'idée que NHS est l'agent de libération, libération par la Connaissance. Donc Gnose. Comme l'a dit très justement un jour notre Ami B.N. : "On nomme ainsi la Fraternité gnostique de l'Egypte et du Proche-Orient, connue aujourd'hui comme alors sous divers noms, et possédant des mystères et des rites secrets particuliers. Un serpent vivant, représentant le principe du Christ (et non pas une vulgaire incarnation matérielle) était, et est toujours utilisé lors des mystères et vénéré comme symbole de la Sagesse, ou Sophia. Le Christ des Ophites n'est en rien le dieu fait homme mais plutôt l'Éternel Initié, le Pèlerin signifié par des centaines de symboles ophidiens au cours des milliers d'années ayant précédé l'ère vulgaire".

Selon nous, il n'y a aucun antagonisme entre dieu et diable en tant qu'énergies participant à l'univers. D'ailleurs, dieu en tant que créateur y est présenté comme perfectible, l'homme et la création étant libres en raison de l'acte de rébellion consentie par dieu lui-même afin de permettre à l'homme et à la création de poursuivre le chemin libre et propre qu'il se choisira. Le but restant une amélioration de l'homme - non au point moral - mais disons sous forme de réintégration de sa propre divinité.

Nous rejetons tous les dogmes religieux, le péché originel, le péché tout court, car comme nous le dit si bien l'Évangile selon Marie : "Il n'y a pas de péché. C'est vous qui faites exister le péché...". Nous rejetons le diabolisme comme contre culture, l'angélisme comme sous forme du déisme, nous n'acceptons aucun intermédiaire entre nous et NHS, nous ne cherchons pas à convaincre, ni à convertir, nous sommes. Nous n'acceptons pas plus les théories gnostiques prônant une vision maléfique de la matière ou une dichotomie esprit-matiere. Nous n'adorons aucune idole, aucun livre, aucun saint ou contre saint, aucun ange ou démon. Nous nous assimilons à NHS.

Nous n'avons aucun grade, aucun chef, aucun lieu de réunion, car nous sommes par nous mêmes, libérés des causalités de la religion et du grégarisme sociétal. Nous sommes enfin les fils du serpent au même titre que tous les humains. Nous ne sommes ni supérieurs ni inférieurs ni autres. Notre seule particularité est d'avoir cherché le contact et l'union avec NHS.

Nous ne pratiquons aucune magie collective autre que celle pratiquée par l'initié et l'initiateur. Nous ne pratiquons pas la Magie Sexuelle même si le Serpent connut Ève et que ce fut le premier mode d'initiation. Nous pratiquons les trois oeuvres de la nature, noire, blanche et rouge avant que d'être homme-vert en une quatrième phase. Nous cheminons sur l'Arbre de Vie à la recherche de l'Arbre d'Éternité, non pour être immortels toutefois.

Nous voulons des êtres libres de leurs propres fantasmes mais aussi des êtres autonomes et conscients de leurs conditions.

Au sens de la recherche de la gnose et de l'union avec NHS, au sens où nous cherchons la voie mystique et extatique avec la magie et la méditation, nous sommes des illuminés mais ni de Bavière ni d'Avignon...

Nous sommes ceux qui rampent et mangent la poussière, ceux qui se dressent pour frapper, ceux qui se lovent pour méditer, ceux qui s'enfouissent sous terre pour éviter les rayons de la curiosité.

Nous sommes sans maîtres, sans dieux, sans religions, nous sommes sans liens entre nous car tout groupe est vampirique par essence et l'homme est seul de sa naissance à sa mort, seul il sera dans la tombe comme il l'était dans le ventre de sa mère. Il n'y a pas de sauveur, il n'y a pas de corrupteur, il n'y a pas de racheteur ni d'intercesseur, il n'y a que l'homme.

Nous lisons et méditons tous les livres sacrés car ils sont l'essence de l'Un qui n'est pas définissable en bien ou mal. Nous n'acceptons aucune morale imposée, nul jugement des dieux ou des gueux. Notre venin enfin nous protège contre les fous et les adorateurs, les scientistes et les folles de dieu-diable. Voilà ce que nous sommes... Nous sommes brûlants et nous sommes les Beni Na'hash ou Aroumim."

 

3- LE BIEN ET LE MAL SELON LA VISION NAASENE

 

[le texte qui suit provient d'une discussion avec un naasène moderne, nous le plaçons ici afin de faire comprendre leur vision du bien et du mal par rapport à notre culture judéochrétienne]:

"Ce qui est fou c'est ce besoin de séparer le bon et le mauvais. Comme si dieu se foutait d'être bon ou mauvais. Quand je dis dieu, je ne parle pas des représentations humaines mais de ce qui est à la source de tout. Dieu est et se contente d'être. Pourquoi se soucierait-il de nos petits malheurs ou bonheurs de fourmis ? Le plan est bien plus global que nos humeurs et désirs d'anthropomorphisation de lui. Mais l'homme veut se retrouver dans ses dieux, c'est pourquoi ils sont tous aussi imparfaits en nature ou en essence. Ils sont bons ou mauvais ou crétins... Pâles reflets ou sublimations de nous... Toujours... Satan ? Un réservoir humain de natures mortes, une antithèse pitoyable de dieu car toujours humaine. Les égrégores "dieu" et "diable" sont les inconscients de l'homme. Cet inconscient peut faire l'équilibré ou le désaxé... Selon...

Diabolein et Sumbolein : Ils ne sont pas opposes mais représentent deux reflets d'une même réalité. Je ne reviendrai pas ici sur la sémantique des deux termes : diable et symbole ce qui n'avancerait à rien. Mais un sumbolon est au départ un morceau de pièce d'argile qui permettait une fois réuni à son COMPLEMENTAIRE d'obtenir la pièce en son ENTIER. Ce n'est pas une réunion des contraires mais des complémentaires qui aurait pour objet de découvrir une réalité inconnaissable par la détention des deux morceaux pris isolement. L'acte symbolique serait alors de reconstruire ce qui a été séparé. On pourrait dire que faire un puzzle serait sumbolon.

Un Diabolein est une séparation d'un TOUT en morceaux séparés avec l'intention de ne point les réunir. Ici, on pourrait dire que le Diabolein c'est détruire un vase de chine avec cette seule idée. Diabolein dans ce contexte serait alors le mal ? A voir... Acte de séparation au lieu de réunion.

Diabolein et Sumbolein sont donc deux forces opposées ET complémentaires, un peu comme les forces centrifuges et centripètes qui font que la terre tourne autour du soleil.

Ainsi, le "diable" serait celui qui empêche l'homme de revenir à dieu... Ainsi, avant de découvrir son HGA46 (Sumbolein de l'homme intégral), l'homme doit d'abord passer par la création, la connaissance et conversation avec son Satan (Diabolein)... Avant le blanc, le noir..., puis le rouge et le vert... Disons que l'image du diable donnée par le judéo-christianisme n'est que le résultat de la fusion de différentes figures antiques. Regardons Diane, par exemple, que l'on a récupérée dans le courant sorcier mais en oubliant que son visage éternel et véritable n'est pas la Diane des sorciers qui résulte d'un abâtardissement d'anciens cultes divins, de légendes etc... La Grande Diane est bien plus que ce qui est invoqué par les wiccans. Lilith est plus qu'un démon... Le Grand Cornu et le Petit Cornu sont bien, bien plus... L'oublier c'est périr... Les rites de Dionysos par exemple pourraient bien être les ancêtres des sabbats sorciers...

Ce que nous voulons dire, c'est que le diable ou Satan sont une invention de la culture judéo-chrétienne qui voulait fixer les limites entre SON bien et SON mal... Nous pensons que les dieux doivent bien en rire... Ou en pleurer.

Le "Mal" est-il une déficience du "Bien" ? Non, le "Mal" n'est pas une déficience du bien dans l'absolu. Le Mal est une des manifestations de l'univers. L'entropie est nécessaire pour qu'un ancien monde se meure et qu'un nouveau naisse. Sans ce balancement de forces, pas d'évolution. C'est pourquoi il ne pouvait pas ne pas y avoir ce que les cagots appellent la "chute" car sans elle, pas d'histoire, pas d'évolution, pas d'Œuvre humaine... Un troupeau d'anges et deux humains au milieu d'un verger passant leur temps à contempler Sa Face... Pas très dynamique comme espoir en la Création.

Tout est outil dans l'absolu. Ainsi, il est certain que l'énergie "négative" produit des égrégores dits "malins" mais cela n'a rien à voir avec le Cosmos... C'est un outil perverti ou utile - cela dépend - que les HOMMES ont créé... Créé à partir d'une énergie positive ou négative, positive et négative, qui est neutre moralement. C'est nous qui confondons moyens et buts... Pas Lui ou Eux ou Elle...

Les guerres, la maladie etc... Sont-ce des émanations du "Mal" ou des symptômes d'une perfectibilité de l'homme et de la nature ? Le lion qui tue pour manger, bienou mal ? Ni l'un ni l'autre. Sans mort, il ne peut y avoir de renouveau... La douleur ne vient pas uniquement de notre esprit. Et si notre esprit est d'essence supérieure alors cela signifie que nous souffrons de ne pouvoir mieux équilibrer les forces en présence ou d'en comprendre encore la finalité. De l'insensibilité à la sensibilité, première évolution de l'homme. De la sensibilité à la compréhension, deuxième évolution à prévoir.

Selon nombre de gnostiques, le monde est méchant. Nous ne sommes pas d'accord avec cette vision car c'est un jugement purement humain et subjectif qui démontre une incompréhension de la vie elle-même. Il y a la germination, la vie, la mort, la putréfaction et la renaissance. Ceci depuis des Æons et pour encore bien des Æons. En tant qu'humain, nous sommes le produit de l'Amour, d'une fusion de deux êtres, après la maturation interne, nous naissons et ensuite nous vivons pour une période plus ou moins longue. La mort est une conséquence de la vie, un passage nécessaire, plus ou moins douloureux mais nécessaire. De notre corps en putréfaction surgiront de nouvelles vies, microscopiques ou plus évoluées, de la dissolution de tout cela nous participons alors au Grand Tout. Penser que le monde est méchant parce que le lion mange la gazelle est un postulat tout aussi irrecevable. Nous participons tous, des microbes aux dieux, à la ronde de l'existence. La Vie est Énergie, ni bonne ni mauvaise, c'est nous qui collons l'étiquette "mal" sur ce qui ne nous convient pas...

Écoutons donc ces paroles pleines de sagesse de Celse (47) : "Il ne saurait y avoir ni plus ni moins de mal dans le monde, autrefois, aujourd'hui, à l'avenir : car la nature de l'univers est UNE et la même, et l'origine du mal est toujours la même [...] Il ne peut y avoir plus ou moins de mal dans les êtres mortels."

Maladies, injustices, guerres, meurtres, il est trop facile de chercher un coupable...

En ce sens, NHS est le révélateur de la Lumière et de la Ténèbre [LA Ténèbre car elle est une et non multiple et néfaste comme le sont LES ténèbres] qui ne sont que des émanations de l'un. La Connaissance est connaissance des oeuvres, des origines, des buts et surtout l'outil de la libération. La Connaissance a offert la liberté de choisir entre le bien et le mal et donc d'évoluer sur l'Arbre de Vie. Bien et mal ne se concevant que comme des vibrations différentes d'une même mélodie cosmique. Le mal est ce qui t'enchaîne et te fait involuer et le bien serait ce qui te libère et te fait évoluer.

Passer l'interdit du Maître [que représente dieu] c'est la première porte de l'adepte. Sans une remise en cause de cela tu ne peux évoluer. Ainsi, dieu ayant créé NHS lui-même, NHS n'étant qu'un ange et donc sans libre arbitre comme l'homme, il ne pouvait que participer à un schéma inclus dans l'œuvre de la Création elle-même. NHS libère l'homme de la tutelle de dieu parce que dieu l'a ainsi voulu. NHS est à ce moment un déclencheur. Et dieu peut alors dormir sur ses deux oreilles car nous sommes à même de comprendre nos actes et d'évoluer ou d'involuer selon notre propre liberté. Un dieu tutélaire serait intolérable...

Lumière - Ténèbres : nous disons LES ténèbres pour signifier la division du mal, la multitude et de la multitude naît le désaccord etc... Alors que LA Lumière est une car issue de dieu. Seulement il y a aussi LA Ténèbre qui est elle aussi émanée de dieu. On utilise LA Ténèbre par opposition aux ténèbres pour marquer l'unicité de la démarche. Rien à voir avec les fantasmes démonomaniaques. La Ténèbre est belle et aimante mais est-elle absence de lumière ou concentration de lumière en son sein ? Ou bien comme lorsque l'on regarde le soleil en face, un trop plein de lumière ? La Ténèbre existait avant la Lumière, la Ténèbre n'est pas mauvaise, elle est celle qui couve la lumière, l'écrin de la lumière. En To Pan...

La morale est-elle divine ? Nous n'en savons rien et des milliers de philosophes avant nous n'ont pu mieux répondre. En fait, la question n'a pas de sens. Comme de savoir si dieu ou diable est bon ou méchant... Car en fait, la Vie est avec sa sœur Mort. Et citons alors l'Évangile des Égyptiens : "Marie demanda au Seigneur : Maître, quand finira le règne de la Mort ? Et Jésus répondit : Lorsque vous autres femmes ne ferez plus d'enfants... Lorsque vous aurez déposé le vêtement de honte et d'ignominie, lorsque les deux deviendront un, que le mâle et la femelle seront unis, qu'il n'y aura plus ni homme ni femme, alors finira le règne de la Mort..."

C'est un peu la théorie des qlipoth. En fait la Création n'était pas parfaite dès le départ car, si elle l'avait été, il n'y aurait pas eu brisure des vases [chevirah] et donc possibilité de réparation [tiqqoun]. Ce qui laisse penser que notre état ici et maintenant est de retrouver le chemin de la perfection par la voie kabbalistique et alchimique. Pour le Créateur quel aurait été l'intérêt d'une Création parfaite et immuable, d'un homme soumis tels les anges ? Cela n'a rien de cruel mais au contraire c'est une éducation qui doit nous faire atteindre à l'état de dieu.

Mais la Création est nécessaire comme Voie de Purification. Dieu est peut-être imparfait et sa Création venant de lui ne pouvait donc qu'être imparfaite... Et si l'on avait été créé afin de nous perfectionner et aider le créateur à se perfectionner avec nous ? Ou alors, si rien n'est bien ou mal, parfait ou imparfait, la Création ne serait-elle pas acte d'Amour absolu ?

Cela ne pouvait être un plan d'action valable et donc, la Création, ou son processus, contenait une part de hasard qui ne pouvait que causer une imperfection. Et que cette imperfection soit un cadeau devant permettre à la Création de trouver SON PROPRE chemin en toute liberté et donc de permettre à l'homme de choisir son destin ? Construction merveilleuse ou fin pitoyable... Selon le chemin que l'homme se sera choisi...

"Tu partiras de chez ton père et ta mère...", tu quitteras donc les pas tracés par le créateur afin d'arpenter ton chemin... "Dieu" peut aider ou faire chuter mais c'est à l'homme, libre et pouvant choisir, qu'il appartiendra de retrouver l'Arbre d'Éternite... Encore une fois, imaginons dieu nous poussant comme des enfants et donnant les réponses à notre place... Pas très illuminant, si ? Et imaginons un être dont le but serait de chuter et de faire chuter... Afin de disparaître dans l'entropie de son propre combat ?

Le mal est une dysharmonie mais il y a-t-il une harmonique sans disharmonique ?

Le mal est donc une conception humaine qui n'a pas vraiment sa place ici. Il y a ce qui nous fait évoluer et ce qui nous fait involuer. L'involution pouvant s'approcher de notre conception du mal... Par rapport aux animaux, notre intellect [ou esprit ou âme ou les trois] nous permet de concevoir ce qui fait du bien et ce qui fait du mal. La douleur est associée au mal mais est-ce un mal ?

D'où la nécessite de revenir à l'Unité qui est la source, oui c'est pourquoi il faut se sortir du moule pour être soi et peut-être alors être dieu véritable sur terre. Il ne faut pas de morale ou de contre-morale il faut être a-moral, et peut-être est-ce le sens donné par Nietzsche à son surhomme. A-moral, n'accepter que ce qui est nous et non ce qui est extérieur et mort. Nous sommes tous, enchaînés aux bords de la rivière, nous sommes des Morts qui croient être vivants... Seuls ceux qui nagent dans le courant, dans cette eau fraîche de la Vie, savent ce qu'est être vivant et libre.

Corps, âme, esprit, tout est Un. Si notre corps meurt, notre esprit meurt. Si notre esprit meurt, notre corps meurt, si notre âme nous quitte, tout est perdu. Refouler son corps est aussi faux que de refouler son esprit. La matière n'est pas mauvaise per se, mais un outil. Idem avec le corps, c'est un outil et un ami. Et pour citer nos frères soufis : "Le paradis du connaissant fidèle, c'est son corps même, et l'enfer de l'homme sans foi ni connaissance, c'est également son corps même".

Le dualisme corps-esprit ou matière-idée est une erreur. Il faut réunir le tout. La matière est-elle un résidu de l'imperfection inhérente à la Création ? Oui, mais elle est tout aussi d'essence divine. D'où la nécessite de transmuter l'âme, l'esprit mais aussi le corps. Ainsi nous transmutons dieu [âme], l'humanité [esprit] et la "Création" [corps]... Pas d'avancement sans cette triple oeuvre en trois étapes...

La Sophia, Sagesse, est en tout et en tous... Parfois un peu plus engluée ou endormie... La Sophia est cette part de "dieu" que nous devons transmuter en nous et dans le monde. Attention ici, lorsque nous parlons de reconstruction, de réintégration etc. nous ne parlons nullement de morale. C'est un processus quasi physique ou mysticophysique. Nous aimons bien la gnose dans le sens où c'est une forme de récit "hérétique" qui nous parle de la réalité du monde. Mais il faut s'en détacher au niveau de la morale et des narrations mythologiques absconses.

L'immortalité existe-t-elle ? Non, pas vraiment selon nous. Car si notre esprit meurt notre corps est éternel en ses milliards de transformations, nourriture pour les  insectes, ferment, enfin, engrais qui permet à la fleur de pousser... Et l'initié de dire alors "JE SERAI TOUT CELA ALORS ET DEPUIS TOUJOURS". Chaque partie de notre corps est le fruit d'une offrande faites par d'autres parties et d'autres êtres... Nous serons offrande à notre tour...

Notre esprit survivra-t-il si nous échouons à découvrir la divinité intérieure ? Mais l'esprit survit-il dans tous les cas ? L'âme sans doute, âme au sens de "ligne de force de destinée", une forme de codage...

Il y a chez nos Frères les Druses une doctrine qui est très proche de la nôtre. En voici une synthèse aussi fidèle que notre mémoire le peut.

Le Père envoya des serpents venimeux afin qu'ils mordent et tuent ses enfants. Et pourtant Il nous demande Il nous commande de pardonner ceux qui nous font du mal. Et cette loi n'est pas un mandat de Sa Volonté mais une expression de Sa Nature.

Un autre Serpent, le Saraph, sur Terre, est le Ministre de la Mort. L'image d'un autre, le Nehushtan, hissé sur un signe de pouvoir, est le contraire de la mort.

Les premiers Sages qui cherchèrent la Cause des Causes virent le Bien et le Mal en ce monde : ils observèrent les Ténèbres et la Lumière; ils comparèrent l'Hiver et le Printemps, les Anciens Âges avec les Nouveaux, la Vie avec la Mort, et ils dirent, "la Première Cause est Bienveillante et Cruelle car Elle donne la vie et la détruit."

"Existe-t-il par conséquent deux Principes contraires, un Bon et un Mauvais ?" crient les disciples de Manès.

Non, les deux Principes de l'Équilibre Universel ne sont pas contraires l'un par rapport à l'autre, même s'ils sont en opposition apparente. C'est en vérité une Unique Sagesse qui les oppose l'un à l'autre.

Le Bien se tient sur la Droite, le Mal se tient sur la Gauche, mais le Bien Suprême se tient au-dessus d'Eux et il fait servir le Mal au Triomphe du Bien, et le Bien à la réparation du Mal.

L'équilibre humain requiert deux pieds, les mondes évoluent au moyen de deux forces, la naissance nécessite deux sexes. Ainsi est la signification de l'Arcane de Salomon figurée par les deux colonnes du Temple.

L'équilibre est la résultante de deux Forces. Si les deux forces sont absolument et toujours égales, l'équilibre sera l'immobilité et la conséquence, la non-vie. Le Mouvement est le résultat d'une prépondérance en alternance. L'impulsion donnée à un fléau de la balance détermine le mouvement de l'autre. Les contraires agissent donc sur les contraires par connexion analogique et par correspondance.

La Vie consiste en l'inhalation et en l'expiration du Souffle. La Création est un sous-positionnement de la Ténèbre qui sert de limite à la Lumière; du vide qui sert de réceptacle à la plénitude de l'Être; d'un Principe passif afin de soutenir et de manifester dans la réalité la puissance inhérente du Principe actif générateur.

La Nature en son entier est des deux sexes et le mouvement qui produit l'apparence de la vie et de la mort est une génération perpétuelle.

Les Lois Occultes sont souvent diamétralement opposées aux idées ordinaires. Ainsi, par exemple, le vulgaire croit en la sympathie de ceux qui se ressemblent et en l'antagonisme des dissemblables alors que le contraire est la Véritable Loi.

Il est habituel de dire "la Nature a horreur du vide" alors que l'on devrait dire "la Nature est amoureuse du vide", si le vide n'était, en physique, une absurdité totale. Dieu aime le Vide qu'Il a créé afin de le remplir; la Connaissance aime l'Ignorance qu'Elle illumine; la force aime la Faiblesse qu'Elle soutient; le Bien aime le Mal Apparent qui Le rend Glorieux; le Jour aime la Nuit et la poursuit sans cesse autour du monde. L'Amour est une soif extrême et un trop plein qui cherche à s'écouler. Ce qui donne le mouvement, le reçoit et ce qui le reçoit le donne. C'est un échange perpétuel. Qui peut expliquer ce grand mystère ?

Dans la nature existent quatre mouvements produits par deux forces qui se soutiennent les unes les autres par leurs tendances opposées. Et la loi qui régit les corps est à la fois analogue et proportionnée à celle qui gouverne les Esprits. Et la loi qui gouverne les Esprits est la manifestation de la Divinité Occultée, c'est à dire le mystère de la Création.

Connaître cette Loi c'est être en possession du premier des Principes du Grand Secret qui constitue la Véritable Divinité Humaine. C'est à vous de découvrir cette Loi et ce Secret qui sont en vous-même. L'Initié apprend par réflexion et non comme les enfants par accumulations de mots et de connaissances.

La Divinité, Une en Essence, possède deux conditions essentielles comme fondements de son Être, la Nécessité et la Liberté. La Loi de la Raison Suprême nécessite, en Dieu, et la régule aussi, la Liberté qui est nécessairement raisonnable et sage. Afin de rendre visible la Lumière, et pour cela seulement, Dieu a fait la Ténèbre. Afin de manifester la Vérité, Il a rendu le Doute possible. La Ténèbre est le repoussoir de la Lumière et la possibilité de l'Erreur est une nécessité car Elle démontre la Vérité.

Par conséquent, comme nous l'avons dit plus haut, l'Univers est équilibré par deux Forces qui maintiennent l'équilibre entre la force qui attire et la force qui repousse. C'est l'Équilibre de la Montagne d'Or que les Dieux d'un côté et les Démons de l'autre maintiennent avec le Serpent Symbolique de l'Inde. Et ceci nous est démontré par le phénomène de la Polarité et par la loi universelle des Sympathies et des Antipathies.

Deux affirmations rendent possible ou nécessaire deux négations correspondantes. "L'Existence est" est une inversion de "la non-existence ou rien n'est pas". L'affirmation, comme le Verbe, produit l'affirmation comme Réalisation ou Incarnation du Verbe et à chacune de ces affirmations correspondent les négations de leurs contraires.

4- LE BAPHOMET

 

Nous arrivons à présent au cœur d'une figure mythique liant les rites secrets des Templiers à ceux des Ophiens, nous voulons parler du Baphomet, ce "dieu" ou symbole des Templiers. Nous insistons ici pour que le lecteur comprenne bien que nous ne voulions pas lier la Baphomet en tant que fantasme au courant Naasène. Nous voulons prendre distance avec ces rêveurs, chasseurs de gueuses considérations, qui, s'imaginant fils de Baphomet, pensent être les dieux de leurs frères humains. Nous voulons simplement montrer que le fluide coule depuis toujours, sub terraneus ou publicitaire, ayant traversé les fleuves du temps et de l'espace, afin de nous effleurer de ses vertes volutes. Les Chercheurs de Lumière ne ressentent que peu de plaisir dans les jeux généalogiques...

Le terme de Baphomet remonte au procès des Templiers, ce serait la fameuse "tête magique", prétendue idole des pauvres chevaliers du Christ. Cet objet du culte templier était tantôt une idole ayant une seule tête barbue et tantôt une idole possédant trois têtes, mais il n'est jamais fait mention - à notre connaissance - de son corps. Une de ces têtes sera d'ailleurs retrouvée avec l'inscription "CAPUT LVIII". Dans les comptes rendus du procès, ces têtes étaient censées donner la richesse, le pouvoir et la santé aux chevaliers. Selon Hugh Schonfield, dans son "The Essene Odyssey", on ne peut qu'admettre, en considérant les implications de ces têtes et du décodage du Baphomet comme étant la Sagesse qu'"il ne peut y avoir que peu de doutes sur le fait que l'idole des Templiers représentait la Sophia en son aspect féminin et isiaque et qu'elle était liée à Marie Madeleine dans son aspect chrétien".

Baphomet n'en reste pas moins le champ psychique généré par l'ensemble des êtres vivants sur cette planète. Depuis l'Ère Shamanique, on l'a souvent représenté comme Pan (48), Pangenitor, Pamphage, le Destructeur, Shiva-Kali - le phallus créateur et l'abominable et destructrice mère - comme Abrasax (49) comme le Démon du sexe et de la mort à tête d'animal, comme l'Archonte démoniaque qui dirige ce monde, comme Ishtar ou Astarté - déesse de l'amour et de la guerre - comme l'Anima Mundi ou Monde des Âmes ou simplement comme la "Déesse". D'autres représentations comprennent l'Aigle, ou le Baron Samedi, ou Thanateros, ou Cernunnos.

Aucune image ne peut représenter la totalité de ce que cette force est, mais on la montre conventionnellement comme un dieu hermaphrodite, divinité sous la forme d'un homme qui comprend diverses caractéristiques mammaires ou reptiliennes. L'image contient souvent des éléments floraux et minéraux ainsi que des éléments ramenant au concept de la mort car cette force comprend aussi la mort. Vie et Mort ne sont que de simples phénomènes au travers desquels la force vitale se réincarne continuellement. Nier la mort c'est nier la vie. Les aspects de la divinité mâle et femme qu'est Baphomet sont toujours soulignés car c'est par le sexe que la vie est créée et la sexualité mesure la force vitale ou la vitalité, quelle que soit la manière dont elle est exprimée.

Presque toutes les mythologies gardent en mémoire des légendes relatives aux énergies reptiliennes qui précédèrent les dieux eux-mêmes. Ainsi, dans de nombreuses cosmologies, nous avons des serpents-Leviathans entourant l'univers, ou des Tiamatdragons d'où émergent toutes les existences. Les dieux sont souvent décrits comme ayant emprisonné ces forces reptiliennes, ou cherchant à les détruire.

Il existe un ensemble de documents templiers sur lesquels on peut examiner des symboles et des personnages dont l'essence remonterait aux cultes de Priape ou du Serpent.

Sur l'un de ces documents, l'on peut examiner une figure nue portant une coiffure à la Cybèle (50) qui tient une chaîne de ses deux mains et qui est entourée de symboles divers, le soleil et la lune au-dessus d'elle, en dessous, le Pentagramme et l'Hexagramme et sous ses pieds un crâne humain. Cette chaîne est le symbole des anneaux du serpent et donc de la fraternité des ophiens.

On trouve aussi un texte en langue arabe que l'on ne peut traduire directement, mais, toutefois, si l'on applique une grille de décodage, le sens est : "Que Meté soit loué ! Il fait germer et fleurir toutes choses ! Il est notre principe qui est un et sept ! Abjure ta foi et abandonne-toi à tous les plaisirs".

Sur un autre document, on peut examiner deux personnages androgynes :

- le premier est plutôt féminin mais pourvu d'un sexe masculin. Il tient une chaîne dans chaque main.

- le second est de type masculin portant une barbe et ayant un sexe féminin. Il porte également une chaîne dans chaque main. Sur les côtés sont disposées 12 étoiles, à gauche en bas, il y a un Pentagramme et à droite un Hexagramme. Sous ses pieds, il y a un crâne humain.

 

Lisons à présent un extrait de "Les demeures philosophales" (51) de Fulcanelli :

"Dans l'expression hermétique pure, correspondant au travail de l'Œuvre, Baphomet vient des racines grecques Bapheus, teinturier, et mès, mis pour mètè, la lune, à moins qu'on ne veuille s'adresser à mèter, génitif mètros, mère ou matrice, ce qui revient au même sens lunaire, puisque la lune est véritablement la mère ou la matrice mercurielle qui reçoit la teinture ou semence du soufre, représentant le mâle, le teinturier, - Bapheus - dans la génération métallique. Baphè a le sens d'immersion et de teinture. Et l'on peut dire, sans trop divulguer, que le soufre, père et teinturier de la pierre, féconde la lune mercurielle par immersion, ce qui nous ramène au baptême symbolique de Mété exprimé encore par le mot baphomet. Celui-ci apparaît donc bien comme l'hiéroglyphe complet de la science, figurée ailleurs dans la personnalité du dieu Pan, image mythique de la nature en pleine activité.

Le mot latin Bapheus, teinturier, et le verbe meto, cueillir, recueillir, moissonner, signalent également cette vertu spéciale que possède le mercure ou lune des sages, de capter, au fur et à mesure de son émission, et cela pendant l'immersion ou le bain du roi, la teinture qu'il abandonne et que la mère conservera dans son sein durant le temps requis. C'est là le Graal, qui contient le vin eucharistique, liqueur de feu spirituel, liqueur végétative, vivante et vivifiante introduite dans les choses matérielles.

Quant à l'origine de l'Ordre, à sa filiation, aux connaissances et aux croyances des Templiers, nous ne pouvons mieux faire que citer textuellement un fragment de l'étude que Pierre Dujols, l'érudit et savant philosophe, consacre aux frères chevaliers dans sa "Bibliographie générale des Sciences occultes".

"Les frères du Temple, dit l'auteur, - on ne saurait plus soutenir la négative, - furent vraiment affiliés au Manichéisme. Du reste, la thèse du baron de Hammer est conforme à cette opinion. Pour lui, les sectateurs de Mardeck, les Ismaéliens, les Albigeois, les Templiers, les Francs-maçons, les Illuminés, etc., sont tributaires d'une même tradition secrète émanée de cette Maison de la Sagesse (Dar-el-hickmet), fondée au Caire vers le XIe siècle, par Hakem. L'académicien allemand Nicolai conclut dans un sens analogue et ajoute que le fameux baphomet, qu'il fait venir du grec Baphomètos, était un symbole pythagoricien. Nous ne nous attarderons point aux opinions divergentes de Anton, Herder, Munter, etc., mais nous nous arrêterons un instant à l'étymologie du mot baphomet. L'idée de Nicolai est recevable si l'on admet, avec Hammer, cette légère variante: Baphè Mètèios, qu'on pourrait traduire par baptême de Mété. On a constaté, justement, un rite de ce nom chez les Ophites. En effet, Mété était une divinité androgyne figurant la Nature naturante. Proclus dit textuellement que Métis, nommé encore Epikarpaios, ou Natura germinans, était le dieu hermaphrodite des adorateurs du Serpent. On sait aussi que les Hellènes désignaient, par le mot Métis, la Prudence vénérée comme épouse de Jupiter. En somme, cette discussion philologique avère de manière incontestable que le Baphomet était l'expression païenne de Pan. Or, comme les Templiers, les Ophites avaient deux baptêmes: l'un, celui de l'eau, ou exotérique; l'autre, ésotérique, celui de l'esprit ou du feu. Ce dernier s'appelait le baptême de Mété. Saint Justin et saint Irénée le nomment l'illumination. C'est le baptême de la Lumière des Francs-maçons".

5- NAHASH

On traduit ordinairement le mot Na'hash par serpent, alors que son sens en hébreu est plus large et peut désigner aussi toute espèce de reptiles et même des animaux tels que le dragon. Ce terme de dragon a de plus l'avantage d'être suggéré par saint Jean (Ap. 12, 20) lorsqu'il parle du grand dragon, de l'antique Serpent. Pour l'auteur de la Genèse l'animal merveilleux qui parle à Ève et la trompe est tout d'abord pourvu de pattes comme les animaux supérieurs, sans doute à la manière du dragon qui réunit les perfections de plusieurs espèces, possédant pattes et parfois ailes.

La nature sexuelle du serpent Na'hash reste tout aussi imprécise et ceci nous est dévoilé par ce passage du Zohar du Cantique des Cantiques : "La Femme de Prostitution descendit ainsi que celui qui la chevauche et la domine", où la femme de prostitution est assimilée au Serpent primordial et celui qui la chevauche à l'ange Samaël.

Le mot Serpent défini en hébreu nous offre les éléments suivants :

- Nachash - naw-khawsh'; un serpent.

- Nachuwsh - naw-khoosh'; (dans le sens de sonner - comme sonner une cloche

ou aussi couleur rouge de la gorge d'un serpent quand il se prépare à frapper); cuivre.

- Nechuwshah - nekh-oo-shaw'; féminin; cuivre.

- Nechash - nekh-awsh'; cuivre, airain.

- Nachash - nakh'-ash; une incantation ou augure : - enchantement.

- Nachash - naw-khash'; jeter un sort magique; faire des pronostications, enchanteur, apprendre par expérience.

A suivre...

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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commentaires

annie 19/06/2006 19:13

Votre blog est tres interessant je serais vous je le mettrais sur www.blogotop.com car il merite a etre plus connu