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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 14:58

Voila donc la première partie d'une très très belle analyse du Symbolisme du Serpent depuis les temps les plus anciens...

Les oraisons du Serpent

par Spartakus Freeman

1ère partie

"Vous soyez attentifs comme le Serpent et simples comme la Colombe"

Évangile de Thomas, Log. 39.

"Car il est nécessaire de bien comprendre pour croire véritablement, même s'il est encore

plus nécessaire de croire pour bien comprendre."

 

Saint Augustin, sermon 43.

PROLEGOMENES

Nous allons tenter, au travers des pages qui vont suivre, de brosser un tableau, non de croyances simples, mais, d'un courant infra-historique, voire d'une légende vivante qui se meut "reptilignement" depuis des millénaires dans l'ombre, décrié et maudit tel le génésique Serpent, pourchassé et nié mais toujours renaissant comme le dieu Priape (1). Toutefois, malgré le titre, nous ne composerons pas non plus une symbolique nouvelle ou surannée du serpent. L'on comprendra également que nous ne voulions pas parler au travers de ce travail des antiques naasènes mais bien des actuels et modernes... Malgré les termes utilisés ici, nous rejetons toute volonté déiste dans nos propos et nous exposons des idées et une vision du monde qui se veulent libres du dogme habituel du dieu mièvre, aimant, de colère ou encore de ses adversaires ténébreux.

Que le lecteur ne se méprenne donc point, nous n'annonçons aucune Nouvelle Parole, aucune cosmogonie figée, mais bien plutôt une histoire qui peut, tel est notre unique vœu, donner une piste de réflexion à "ceux qui cherchent afin d'être étonnés." Ce texte se veut donc une sorte de rébus mystique ou un morceau de psychothérapie taillé par l'auteur pour lui-même, selon...

1 - Son symbole

"Pourquoi t'es-tu attiré

Dans le paradis du vieux serpent ?

Pourquoi t'es-tu glissé

Dans toi-même, dans toi-même ?"

 

Nietzsche, Ecce Homo, p. 269.

Le symbolisme du serpent est très ancien et a toujours été associé à l'idée de la Mort et de la Vie mais également à la notion d'Éternité - car il peut changer de peau régulièrement retrouvant ainsi l'apparence de la jeunesse. Pour les Anciens, cette mue représente le principe de l'éternel retour, du passage permanent de la vie à la mort et vice-versa. Ainsi, de la mort sort la vie comme la désagrégation d'une graine dans le sol annonce la venue d'une vie nouvelle.

Au niveau individuel, l'homme se doit de réaliser le renouveau du monde et de vaincre la mort et il personnifiera alors "la force créatrice de l'univers qui, se couvant elle-même dans l'introversion, serpent enlaçant son propre oeuf, menace la vie de sa morsure empoisonnée pour la conduire à la mort et se réenfanter elle-même de cette nuit, en se surmontant" (2).

Déjà Philon nous dit du serpent qu'il est, de tous les animaux, le plus spirituel, sa nature étant du feu, sa vie longue et qu'en même temps de sa peau, il se dépouille de sa vieillesse.

Son venin provoque le passage de la vie à la mort, mais, utilisé à de faibles doses, il avait aussi la réputation d'être un remède (3) . Le serpent était également souvent associé aux forces secrètes de la terre d'où il surgissait et aux énergies sexuelles car, "le Serpent est phallique par sa forme. Caché, lové dans les anfractuosités de la terre, on le voit s'élancer soudain. Il est mythiquement le fils de la Terre, le dynamisme mâle engendré par la Grande Femelle" (4).

Lisons à présent ce qu'en dit le Dictionnaire des Symboles (5) : " Il joue des sexes comme de tous les contraires; il est femelle et mâle aussi, jumeau en lui-même, comme tant de grands dieux créateurs qui sont toujours, dans leurs représentations premières des serpents cosmiques... Le serpent visible n'apparaît donc que comme la brève incarnation d'un Grand Serpent Invisible, causal et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces de la nature. C'est un vieux dieu premier que nous retrouvons au départ de toutes les cosmogénèses, avant que les religions de l'esprit ne le détrônent. ".

A la fois mortel et guérisseur, symbole du bon et du mauvais démon (Agatho-daïmon et Kokadaïmon), de Satan et du Christ, les Gnostiques faisaient de lui le symbole du bulbe cérébral et de la colonne vertébrale, lui conférant ainsi une identité certaine avec la psyché et l'inconscient.

Le principal symbole attaché au serpent reste le caducée, et son explication réside dans l'association serpent-bâton. En tant que symbole d'Esculape (6), le serpent y représenterait le remède, la médecine tandis que le bâton symboliserait l'Arbre de Vie, vie que le praticien essaye de maintenir grâce à ce remède.

En Grèce, une légende relate qu'Hermès découvrit le premier la puissance de son bâton magique quand il l'utilisa pour séparer deux serpents engagés dans un combat mortel. Les reptiles cessèrent immédiatement le combat, s'enlacèrent autour du bâton et s'embrassèrent. Il faut voir dans l'enlacement des serpents qui se font face, l'équilibre des forces antagonistes utilisé par l'hermétisme et sa discipline-fille, l'alchimie, pour décrire la notion d'unité dans l'opposition. On rejoint ici la figure de l'AMPHISBENE qui comporte deux serpents enlacés dont l'un a une tête blanche qui symbolise l'initié qui a dégagé le volatil du fixe et a ainsi vaincu sa nature inférieure symbolisée par la tête noire de l'autre serpent.

Les correspondances entre le serpent, les forgerons et l'alchimie - et il suffit de lire l'ouvrage magistral "Forgerons et alchimistes" de Mircea Eliade pour s'en convaincre - sont soulignées par cette sentence du peuple Dogon : "Tout forgeron lorsqu'il travaille est comme assis sur la tête du serpent". Et l'on nous indique alors l'existence de rites magiques funéraires qui ont pour fonction de transmettre aux vivants les pouvoirs et connaissances issues du monde des morts. Selon René Alleau (7), "Le nom de "serpent" a été donné, à toutes les époques et en des aires culturelles diverses, aux initiés eux-mêmes, qui recevaient le double pouvoir de "faire monter ou descendre" la force magique universelle. C'est pourquoi, dans les sociétés traditionnelles anciennes, le roi divinisé, qui avait reçu son pouvoir sacré par une transmission directe du démiurge ou de l'ancêtre, appartenait, comme l'attestent des textes abyssins archaïques donnant la liste des pharaons, à la "progéniture" du serpent".

A propos du caducée encore, Chevalier et Gheerbrandt, dans leur Dictionnaire des Symboles, écrivent : "le serpent possède ce double aspect symbolique : l'un bénéfique l'autre maléfique, dont le caducée présente, si l'on veut, l'antagonisme et l'équilibre; cet équilibre et cette polarité sont surtout ceux des courants cosmiques, figurés d'une façon plus générale par la double spirale; Dans l'ésotérisme bouddhique, par exemple, le bâton du caducée correspond à l'axe du monde et les serpents à la Kundalini, cette énergie cosmique qui se trouve à l'intérieur de chacun". Enfin, la Tradition conserve un certain nombre de techniques afin d'éveiller le serpent ou le dragon endormi en dirigeant les forces vitales vers le sommet du crâne. Ainsi, dans l'ésotérisme oriental, l'acte de libérer la puissance du serpent est appelé la Montée de la Kundalini (8). Conscients des dangers de cette technique, l'oriental insiste toutefois sur le fait que la Kundalini ne doit pas être gardée prisonnière de l'épine dorsale mais qu'elle doit se voir ouvrir les Portes des sphères supérieures afin de permettre au pratiquant d'Éveiller sa conscience au monde supérieur. Dans cette tradition, l'association symbolique entre le phallus, le serpent et la langue (verbe) sont très présente et elle est significative du lien qui existe entre énergie vitale, sexe et connaissance, comme nous le verrons plus loin.

Selon Bayard, les deux serpents enroulés du caducée, le yin et le yang du T'ai Chi et le swastika ou croix gammée des Hindous, symbolisent tous une force cosmique, avec ses deux sens de rotation inversés. Dans ce caducée, les deux serpents reposent leur tête sur ‘Hesed (9) et Gebourah (10) et, ce sont justement ces deux Sephiroth que relie la Voie de Teth (11), la Voie du Serpent (confer "La Lettre Teth et le Serpent" 12). Au sein du caducée, les ondulations des deux serpents forment la lettre Aleph, symbole de l'Air, par laquelle dieu insuffla la vie dans les narines d'Adam. Leurs queues forment le Mem, lettre symbolisant l'Eau, et les ailes au sommet du caducée forment la lettre Shin, symbole du Feu de la Vie.

Enfin, le Serpent symbolise également le NUMEN de l'Acte de Métamorphose en même temps que la substance métamorphosée elle-même. Et on le retrouve ainsi dans la légende de GABRICUS et de BEYA, couple royal frère-sœur. Lors du hiérogamos, le frère pénètre entièrement dans le corps de sa sœur où il disparaît complètement, il se métamorphose alors en son sein en SERPENS MERCURIALIS (13).

2- LES OPHITES OU NAASENES

"De Toi, un Père, et au travers de Toi une Mère, les Deux Noms Immortels, géniteurs des Æons. O Toi citoyen des Cieux, Homme de grand nom".

Le terme d'Ophite (14) dérive du mot grec pour serpent tout comme Naasène dérive du mot hébreu désignant le serpent, na'hash (15). Le terme de naasène fut tout d'abord donné aux prêtres du culte des adorateurs du serpent. Ce mot pourrait avoir également comme origine l'image du cobra égyptien qui était de couleur bronze, avec la gorge rouge que l'on pouvait voir lorsqu'il se préparait à cracher son venin.

"Il est impossible d'ignorer les fortes affinités qui existent entre les doctrines ophites et celles des sectes païennes qui nous sont connues par les littératures hermétiques. Ces sectes furent probablement pré-chrétiennes et, sans doute, antérieures à l'émergence de la Gnose historique... En dépit de détails occasionnels qui suggèrent l'influence de grandes écoles gnostiques, nous ne trouvons qu'une faible trace au sein de l'Ophisme de développements plus caractéristiques - par exemple, l'aeonologie, la chute de la Sophia. Si les mythes ophites sont nés d'une recombinaison de systèmes plus vastes, des traces en auraient été certainement trouvées dans un endroit ou l'autre.

Sur ces considérations, on peut conclure que l'Ophisme, bien qu'il ait pu être modifié ultérieurement par l'influence d'autres écoles gnostiques, représente la phase primitive du mouvement gnostique. Il prend ses racines dans ces sectes théosophiques qui naquirent en Egypte et dans le Proche-Orient durant l'époque du syncrétisme, et il marque le début de l'alliance de ces sectes étrangères au Christianisme. Et c'est ici que consiste l'importance historique de l'Ophisme. Il reflète le mouvement gnostique à ses débuts et nous aide à déterminer les sources et le caractère intrinsèque de ses croyances. Nous pouvons donc assumer que la Gnose, bien qu'elle ait revêtu une forme d'hérésie chrétienne, était en substance non chrétienne, et que ses spéculations étaient pour l'essentiel mythologiques et syncrétiques" (16).

Pour les Ophites ou les naasènes le Serpent était le messager d'un dieu inconnu (souvent appelé Bythos ou encore Sagesse ou Sophia-Achamoth dans son émanation la plus matérielle) plus ancien que IHVH (17), qui aurait eu pour mission de transmettre secrètement le Savoir à l'homme. IHVH commençant à devenir orgueilleux au point de s'affirmer unique, le dieu inconnu a décidé de le contrecarrer en donnant aux hommes la possibilité de voir la Vérité. À ce titre, ils considèrent le Serpent comme un des principaux véhicules du divin, mais non comme un dieu à part entière. Il est révéré car il a fait don de la Connaissance - Gnosis - que le démiurge voulait garder pour lui afin d'asservir ses créatures. Au IVe siècle e.v., Julien l'Apostat (selon l'Église catholique officielle bien sûr), l'empereur romain qui avait essayé de rétablir les anciens cultes face aux chrétiens, nous donne un commentaire sur le récit de la Genèse qui est fortement teinté de pensée valentinienne et qui semble influencé par les enseignements ophiens et gnostiques de cette époque : "Ils adoraient le serpent qui, en incitant Ève à manger du fruit défendu de l'arbre de la science (Gnose), avait permis aux hommes d'accéder à la connaissance".

"Dieu défend aux hommes formés par lui la GNOSE qui distingue le bien et le mal. N'est-ce pas excessivement étrange ? Car qu'y aurait-il de plus stupide que l'incapacité de discerner le bien et le mal ? Il est évident, en effet, qu'on n'arrivera pas à éviter l'un, je veux dire le mal, ni à suivre l'autre, je veux dire le bien. En somme, Dieu a défendu à l'homme de goûter de la sagesse, alors que rien ne pourrait être plus précieux pour l'homme. Car la GNOSE qui distingue le bien et le mal est l'œuvre propre à la Sagesse. Voilà ce qui est évident, je crois, même pour les insensés ! Par conséquent, le serpent est plutôt un bienfaiteur, et non un fléau pour la race humaine" (18). On voit tout de suite ici la différence entre la pensée gnostique et ophienne et les canons et dogmes de l'église catholique et romaine. Point de péché, point de faute, mais une action se déroulant dans les plans divins du développement de l'humanité.

Et Julien de continuer : "En outre, on raconte que Dieu est jaloux. Car ayant vu que l'homme avait eu part à la Sagesse, et pour qu'il ne goûte pas, dit-il, de l'arbre de vie, il le jeta hors du Paradis, en disant expressément : "Voici qu'Adam est devenu comme un d'entre nous, connaissant le bien et le mal. Et maintenant, qu'il ne tende jamais la main pour prendre de l'arbre de vie, pour manger et vivre éternellement (Gen. III, 22). Et bien ! Si chacune de ces choses n'est qu'un mythe contenant un enseignement secret, ce dont je suis pour ma part convaincu, alors ces paroles sont chargées de beaucoup de blasphèmes à l'égard de Dieu. Car ignorer que celle qui est créée comme aide sera responsable de la chute, et interdire la GNOSE du bien et du mal, la seule chose qui semble contenir l'intellect humain, et en outre être jaloux et empêcher l'homme mortel de devenir immortel par la participation à l'arbre de vie, tout cela appartient à un être extrêmement jaloux et envieux" (19). Nous retrouvons ici les éléments de base de la pensés gnostique mais surtout ophite, pensée qui s'est transmise au travers des enseignements polymorphes jusqu'aux naasènes actuels.

Voyons maintenant ce que nous en disent les auteurs chrétiens, qui sont, malheureusement, les rares sources disponibles, sur le courant historique du moins. Saint Thomas d'Aquin, dans son ouvrage "Sur les Articles de la Foi" opuscule V, nous relate les choses suivantes à leur propos : "La cinquième [hérésie] est celle des Ophidiens ou Ophites qui, pensant que le Christ est un serpent, ont un serpent accoutumé à lécher le pain avec sa langue, et le leur sanctifie comme l'eucharistie". On peut comparer ces rituels, où les ophiens embrassaient également les serpents, à ceux des mystères de Démeter joués lors des Mystères d'Éleusis. On retrouve encore ces rites dans les cultes d'Asclepios, dans les orgies Dionysiaques ou dans les mystères de Sabazios dans lesquels, selon Arnobius (20), on faisait usage de l'image du serpent. Ou ces rites seraient-ils des restes des antiques cultes voués à la constellation d'Ophiuchus lors desquels les adeptes tenaient des serpents sur leurs poitrines et les caressaient comme étant les symboles vivants de l'image célestielle qu'ils adoraient ?

Origène lui nous dit : "Il y a une certaine secte qui n'admet pas un nouveau membre avant qu'il n'ait prononcé un anathème contre Jésus; et cette secte est digne du  nom qu'elle s'est choisie; car c'est la secte des Ophites, qui blasphème dans ses prières au serpent" (21).

Selon les auteurs chrétiens Clément (22), Tertullien (23) et Irénée (24), on les nomme Ophites car ils magnifient le serpent à un tel degré qu'ils le préfèrent au Christ lui-même car c'est lui qui est à la source de la Connaissance du bien et du mal. Moïse en ayant perçu la puissance fit le serpent d'airain. Selon eux, de l'Æon (25 )originel émanèrent plusieurs Æons inférieurs. A tous ceux-ci toutefois ils opposent un Æon dont le nom est Ialdabaoth (26), le Démiurge (27). Il provient du mélange d'un Æon second avec des Æons inférieurs et après avoir essayé de s'élever dans les régions célestes supérieures il fut dégradé par le mélange de la matière avec lui-même. Ialdabaoth descendu plus bas encore se fit sept fils (28) et il leur cacha la vision des régions supérieures du ciel afin qu'ils ne sachent pas ce qui se trouvait au-dessus d'eux. Ces Vertus et Anges inférieurs firent alors l'homme. Mais l'Æon dont était issu Ialdabaoth descendit sur terre avec envie et injecta en l'homme une étincelle qui le fit plus sage et le rendit capable de comprendre certaines des choses d'en haut. Alors, l'Æon supérieur émit de lui-même la Vertu- Serpent qui conféra à l'homme au travers d'Ève la Connaissance du Bien et du Mal. Le sauvant ainsi de l'état d'indigence morale et spirituelle qui devait être sien du fait de sa création matérielle par Ialdabaoth.

L'"Hypostase des Archontes", un écrit gnostique, nous fait le récit de la Création sous des termes semblables : "[12] Alors, le Principe féminin pneumatique s'introduisit dans le Serpent, l'Instructeur, qui se mit à les enseigner, disant "Que vous a-t-on dit ? Etait-ce : de tous les arbres du jardin vous en mangerez mais de l'Arbre de la Connaissance du Mal et du Bien, n'en mangerez pas ?" Mais le Principe instructeur féminin se retira du Serpent et le quitta, ne laissant derrière lui qu'un être de terre."

Et la Pistis Sophia, un autre ouvrage gnostique, de continuer "Il la jetèrent (l'Âme) dans le Chaos dont la moitié est de flammes et l'autre moitié de ténèbres, là où se trouve l'Archonte à face de lion dont je vous ai parlé bien des fois. Et celui-ci est Ialdabaoth...".

Un autre texte gnostique nous raconte une version quelque peu différente, mais qui garde toute sa valeur dans notre compréhension du système ophite : "Le Père Elohim, voyant qu'Edem était pleine de concupiscence, fut pris de désir pour Elle. Edem et Elohim s'unirent en une commune passion en une couche nuptiale d'Amour. Et de cette union le Père généra à partir d'Edem et de Lui-même 12 Anges paternels et douze Anges maternels qui sont : Babel [ou Babalon], Achamoth [Sophia-Zoé], Naas, Bel, Bélias, Satan, Sael, Adonaeus, Leviathan, Pharao, Carcamenos et Lathen.

Ces Anges et une multitude d'autres résident ensembles au Paradis et étaient le Paradis. Et selon les écritures Dieu planta un Jardin en Eden vers l'Est (Gen II, 8), c'est à dire vers la Face d'Edem afin qu'Elle puisse regarder pour l'éternité ses Anges. Allégoriquement, les Anges sont les Arbres de ce Jardin et Naas est ainsi l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Naas connut Ève mais il connut aussi Adam, et il eut des rapports contre nature avec lui."

Selon les Pères de l'Église, Bythos était la Première Emanation du système ophite. Bythos, qui signifie abîme, est une émanation féminine et représente le Vide intérieur qui est cerné par la Ténèbre. On peut y reconnaître le Voile de la Shekhinah (29) pour l'En-Sof (30) dans le système kabbalistique. De cette région Abyssale sort un cercle formé de spirales qui est le symbole du serpent, de l'Androgyne et d'Agathodaïmon, l'Ombre de la Lumière. Le but des Ophites semble d'avoir été une tentative de produire un système unifié qui devait réconcilier les traditions immémoriales du Proche-Orient avec les cultes des dieux hellénisés de l'Asie Mineure, et les enseignements chrétiens (31). Pour ce faire, ils décidèrent de revenir à l'antique croyance selon laquelle avant tous les autres dieux, existait Dieu, mais Dieu conçu comme un océan infini de divinités, trop grand et trop éloigné pour être appréhendé par l'intelligence humaine vulgaire. De cette Puissance inconnaissable et inaccessible, les Ophites disent qu'Elle est par trop ineffable et donc impossible à nommer, et ils s'y réfèrent seulement sous le vocable général de Bythos.

Hymne à Bythos :

"Toi le Mâle, Toi la Femelle,

Toi la Voix, Toi le Silence,

Nature engendrée de la Nature.

Toi, Roi, Æon des Æons,

Comment est-il permis de t'appeler ?

Père de tous les Pères,

Père de Toi-méme,

Propator qui n'a aucun père,

O Fils de Toi-même.

Mais l'Esprit initié

Dit ceci et cela,

Célébrant par des danses

L'Ineffable Bythos."

 

Pour résumer la théo-cosmogonie selon les ophites, nous pouvons dresser le schéma suivant :

Unité en la Trinité.

IAO -- le Nom Ineffable de la Divinité Inconnue -- Abraxas, et le "Soleil Spirituel Éternel". Bythos, le principe féminin -- le cercle sans limites, au sein duquel reposent toutes les Formes Idéales. De cette Unité est émanée la

Seconde Trinité.

1. Ennoia -- l'Esprit.

2. Ophis, l'Agathodaïmon.

3. Sophia Androgyne -- la Sagesse qui, à

son tour, fécondée par la Lumière Divine,

produit :

Christos et Sophia-Achamoth

De Sophia-Achamoth émane Ialda-

Baoth -- le Démiurge, qui produit

la création matérielle et sans

âme. C'est le lieu de l'"Œuvre sans

Foi" (ou Grâce).

Les Ophites accordent donc au Serpent un rôle de rédempteur au travers de la figure de l'OPHIS-CHRISTOS (32). Le Serpent a voulu éclairer l'homme sur sa nature et son pouvoir divin en lui révélant l'immortalité de l'Union. D'ailleurs, on peut rapprocher les pratiques ophites du tantrisme par l'idée que le salut peut être obtenu par l'accouplement sensuel et l'échange de l'Élixir de Vie. Ainsi, le Serpent Na'hash est assimilé au Christ au travers de la figure de l'Agathodaïmon ou du Kokadaïmon ainsi que par le symbole du Serpent cloué sur la Croix (33), le Serpent est alors le Rédempteur. Il est à noter d'ailleurs que la Première Cause s'est toujours révélée Elle-même par la Croix; la Croix par Un tracée à partir de deux, et chacun des deux étant divisé afin que deux constituent quatre; la Croix, qui est la clé des mystères de l'Inde et de l'Égypte, le TAU des Patriarches, le symbole divin d'Osiris, le Stauros des Gnostiques, la Pierre Angulaire du Temple, le symbole de la Sagesse divine, du Verbe divin, la Puissance divine rayonnante à partir du centre, manifestée dans l'Univers; la Croix, ce point central de la jonction des angles droits de quatre Triangles.

Les Ophites sont censés avoir dit : "Nous vénérons le Serpent car Dieu en a fait la source de la Connaissance pour l'humanité. Ialdabaoth ne voulait pas que les hommes puissent retourner à la Mère ou au Père. C'est le serpent qui, ayant tenté l'homme, apporta la Connaissance, enseigna à l'homme et à la femme la connaissance totale des mystères des Cieux. C'est pourquoi leur père Ialdabaoth rendu fou de fureur les exila du Paradis" (34).

Jean III, 12 : "Et comme Moïse éleva le Serpent d'airain dans le désert, il faut de même que le Fils de l'Homme soit élevé". Ceci explique la représentation naasène du Serpent-Christ cloué sur la croix et à quoi fait écho ce qui nous est rapporté par Saint Hippolyte : "... personne ne peut être sauvé et relevé sans le Fils, qui est le Serpent. Car c'est Lui qui apporta les sources du Père et c'est Lui qui emporte jusqu'aux Cieux ceux qui ont été éveillés de leur sommeil et ont revêtu les attributs du Père" (35).

Le Serpent dans la figure du Sauveur est également représenté enroulé autour du Tau Sacré. Comme symbole d'Unité, Ennoia et Ophis sont le Logos; lorsqu'ils sont séparés, l'un est l'Arbre de la Vie (Spirituelle) et l'autre l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Par conséquent, nous trouvons Ophis poussant le premier couple humain - la production matérielle de Ialdabaoth contenant toutefois le principe spirituel de Sophia- Achamoth - à manger le fruit défendu.

Et selon un ancien manuscrit : "Apprends à manger à l'Arbre de la Science et savoure le fruit de l'Arbre de Vie. Cherche les dieux en toi-même et si tu les reconnais et découvres le lieu de leur demeure, tu as gravi la marche supérieure de l'échelle des douze degrés.

Ainsi sera éveillé l'amour "divin" qui ne demeure pas dans les hallucinations de l'homme mais dans son "cœur"; et cet amour divin donne naissance à la force libératrice qui nous permettra la contemplation de la lumière éternelle et qui détruira toutes les erreurs."

 

Selon les Naasènes, l'Âme est la cause de toute chose, toute chose qui est nourrie et qui se développe demande une âme. Même les pierres sont animées selon les naasènes car elles possèdent une âme et ainsi, selon eux, toutes les choses terrestres, célestes et infernales désirent une âme. Il faut comprendre ici âme dans le sens de Souffle divin et non point d'une quelconque qualité morale ou supra-terrestre.

Les Naasènes pensaient que le moyen pour reproduire l'hermaphrodite originel résidait dans la pratique sensuelle dont les rites basés sur la musique et le vin avaient pour but de réunir l'homme à la femme en une hiérogamie divine. Cette hiérogamie se manifestait enfin par l'absorption de l'amrita (36) qui est l'Élixir de Vie et source de Toute Vie. Lors de ces rituels, l'homme est le Serpent initiateur de la femme avant que d'être lui-même l'homme initié par la femme. Ce rituel reproduit également l'initiation conférée par Jésus à Myriam, qui sera l'initiatrice de Jean. Selon les paroles du Christ même : "Si vous ne buvez mon sang et ne mangez ma chair, vous ne connaîtrez le royaume des cieux." Et encore : "celui qui ne boira pas à la même coupe que moi, là où j'irai, celui-là n'entrera pas" [Jean VI. 53 ; Marc X. 38.].

Les Naasènes participaient donc aux mystères de Zoé, la Grande-Mère, cérémonies musicales durant lesquelles était adoré NAAS qui n'est autre que Na'hash, le Serpent. Les Temples (Naos ou Nous, Noun Vav Samek, refuge) sont dits situés "Sous les Etoiles" - car ainsi, ils n'étaient jamais à découvert et n'avaient pas d'existence véritable - et en leur sein se déroulaient les cérémonies d'initiation et les mystères de la Grande- Mère. Un rituel nous est d'ailleurs rapporté par Épiphane (37), qui le déforme sans en comprendre la portée : "Ils ont un véritable serpent et ils le gardent dans un panier. Lorsque le temps est venu de pratiquer leurs mystères, ils sortent ce panier et posent du pain sur la table en appelant le serpent; lorsque le panier s'ouvre, le serpent sort. Et ensuite le serpent rampe sur la table et sur le pain". Le rituel se poursuit ensuite avec des "hymnes au Père". Ceci, toujours selon notre auteur, serait l'eucharistie suprême des ophiens avec les "baisers au serpent".

Les Naasènes possédaient, et possèdent encore, des serments qui peuvent être adaptés aux époques et aux lieux où ils doivent être prêtés. Ils sont aussi parfois absents afin de laisser les adeptes face à leur liberté et à leur conscience. En voici un particulier, ancien mais toujours d'actualité :

"Je jure par le Dieu Bon qui est au-dessus de tout, de garder ces mystères et de ne les divulguer à quiconque, et de ne point être relaps au Dieu Bon de toutes les créatures".

Et lorsqu'il a donné ce serment, l'adepte se rend devant l'image du Dieu Bon et regarde alors "tout ce que les yeux n'ont pas vu et ce que les oreilles n'ont pas entendu, et qui ne sont pas entrées dans le cœur de l'homme" (1 Cor. II 9) et il boit alors l'eau de la Fontaine de Vie qui est le Baptême de l'Eau qui donne la Vie. Car, il y a eu une séparation faite entre l'eau et l'eau, et il y a l'eau qui est sous le firmament, l'eau avec laquelle les hommes terrestres sont lavés, et les eaux au-dessus du firmament, l'Eau qui donne la Vie, l'Eau qui est Feu, l'Eau du Dieu Bon, en laquelle les hommes spirituels vivants sont lavés et dans laquelle Elohim lui-même s'est lavé au début des temps. Ce baptême est le Baptême du Feu.

Hymne Sacré Naasène :

"La Loi de la création de l'Univers fut l'Esprit Primordial,

Ensuite, vint le Premier-Né, le Chaos;

En troisième lieu, l'Âme reçut la Loi de l'Esprit :

Entourée d'une forme aqueuse.

La Mort la prend.

Ses yeux regardent la Lumière

A présent elle éructe sa Peine, elle éructe sa Joie,

A présent elle entend Son Tonnerre,

A présent elle entend Son Tonnerre, et elle meurt,

A présent elle nous quitte sans pouvoir jamais revenir.

Mais Na'hash-Christos dit : Père, regardez,

Une Âme se meut à la surface de la Terre,

Cherchant à monter le long de Votre Poitrine,

Mais le Chaos cherche à l'arrêter,

Et Elle ne sait comment passer.

Père, envoyez-moi;

Portant les Sceaux, je descendrai;

À travers les Âges je me mouvrai,

Je révélerai tous les mystères,

Et je montrerai toutes les formes de Dieu,

Et l'expliquerai les secrets du chemin saint,

Dont le Nom est Gnosis."

Nous retrouvons dans le "Contre Celse" d'Origène les traces d'une cérémonie individuelle qui devait permettre à l'initié ophite de passer les différentes Portes du Mal afin d'entrer en contact avec la Sophia. Nous en donnons ici une version légèrement différente.

L'initié est dans son oratoire ou dans le temple, après les purifications d'usage, il visualise le Premier Archonte, le plus bas, sous la Forme d'un Bouc et dit :

"Je Te salue Horaeus, ô Toi qui as passé le Mur du Feu et qui possède le Pouvoir sur la Première Porte. Laisse-moi passer, je porte le Symbole de Ton Pouvoir vaincu par l'Image de l'Arbre de Vie, je suis Homme sans Péché. Que la grâce soit avec moi, Mère !"

L'initié visualise alors le Second Archonte sous la Forme d'un Taureau et dit :

"O Toi, Ailoaeus, Archonte de la Seconde Porte, laisse-moi passer car je t'apporte le symbole de Ta Mère, une Grâce cachée en ce monde par les Principautés. Que la grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise alors le Troisième Archonte sous la Forme d'un Amphibien et dit:

"O Toi, Astaphaeus, Surveillant de la Source Originelle des Eaux, regarde l'initié présent devant Toi et laisse-le passer, lui qui a été lavé par l'Esprit de la Vierge et a vu l'Essence du Monde. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

 

Ensuite, l'initié visualise le Quatrième Archonte sous la Forme d'un Aigle et dit :

"O Toi, Thartapharoth, Archonte des Airs, regarde l'initié qui se présente en Ton Royaume et laisse-le passer, lui qui s'est élevé au-dessus de l'Éther purifié par le Souffle de la Vierge. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise alors le Cinquième Archonte sous la Forme d'un Ours et dit :

"O Toi, Puissant Sabaoth, Archonte de la Cinquième Principauté, par La Puissance qui est plus élevée encore, regarde l'initié devant Toi et admets-le, lui qui est sans reproche et protégé par le Symbole de la Pentade, à passer la Porte que Tu gardes. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

 

L'initié visualise ensuite le Sixième Archonte qui a un visage de Chien et dit :

"O Toi, IAO, Seigneur de la Mort, Archonte des Mystères cachés du Père et du Fils, Toi qui luit dans la nuit, je porte ma propre barde comme Ton symbole, et je suis prêt à passer au-delà de Ton Pouvoir, car par le Verbe Vivant j'ai vaincu celui qui est né de Toi. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié visualise le Premier Archonte sous la Forme d'un Vieillard Aveugle et dit:

"O Toi, Ialdabaoth, Premier et Dernier, né pour la Puissance et la Gloire, Gouverneur du Monde du Père et du Fils, je porte un symbole de Vie et, ayant ouvert au Monde les Portes que Tu as fermé en Ton éternité, je passe par mon seul Pouvoir, à nouveau libre. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère !"

L'initié ayant vaincu les Sept Archontes peut alors s'écrier devant la Figure Sainte:

"O Toi Reine Sainte, O Sagesse, je Te salue, Puissance Suprême de l'Esprit, je suis envoyé à Toi en état de pureté et faisant partie de la Lumière du Fils et du Père. Que la Grâce soit avec moi, ô Mère ! Oui que Ta Grâce soit avec moi, ô Mère !"

"Le Seigneur est posé sur ma tête comme une Couronne ! Et la Couronne est Vérité et vit sur ma tête. Ses fruits sont parfaits."

"Je suis parti pour Te rejoindre et l'amoureux a trouvé son Aimée. Celui qui rejoint l'Immortelle devient immortel à son tour. Mes yeux sont ouverts, j'ai bu l'Eau de Vie. Une Coupe de Vin fut offerte et je l'ai bue, une Coupe de Lait fut offerte et je l'ai bue. La Coupe est le Fils et le Lait est le Père."

"L'Esprit a ouvert la Matrice de la Vierge et Elle a reçu le Lait."

"O Mère, Tu es mon Soleil et Tes rayons m'ont élevé jusqu'à Toi. J'ai acquis la Connaissance, je suis libéré du Monde et de moi-même !"

 

1 Dieu toujours en érection symbolisant les forces de la nature. Priape et le serpent sont parfois représentés ensemble, comme nous pouvons l'admirer sur la statue du dieu "Priape au serpent" exposée au Musée d'archéologie de Vérone. Les termes demandant plus de développements sont expliqués à la fin du présent texte dans les "Liminaires Considérations".

2 C.G. Jung, "Métamorphoses de l'âme et ses symboles", Georg éditeurs, 1953, traduction d'Yves Le Lay.

3 Il existait ainsi une tribu, les Ophiogènes, qui se croyait apparentée aux serpents et descendant d'un héroserpent. Dans cette tribu, nous raconte Strabon, les mâles passaient pour pouvoir guérir les morsures de serpents par l'imposition des mains. Les Psylles, un autre peuple, exposaient leurs enfants nouveau-nés au contact des serpents pour s'assurer de leur légitimité

4 Suares cité dans "La Déesse Sauvage" de J. de Gravelaine

5 Dictionnaire des Symboles - Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Editions Robert Laffont 2002.

6 En grec, Asclépios, fils d'Apollon et de la nymphe Coronis, était le dieu guérisseur d'Epidaure.

7 in "Les Sociétés Secrètes", Livre de Poche, Paris, 1969.

8 Pour une description plus détaillée de la Kundalini, nous renvoyons le lecteur aux "Liminaires considérations" à la fin de cet ouvrage.

9 'Hesed, la Grâce, quatrième sephira de l'Arbre de Vie.

10 Gebourah, la Sévérité est la cinquième sephira de l'Arbre de Vie.

11 Teth, neuvième lettre de l'alephbeth hébreu, cette Voie correspond à la Justice et à l'Intelligence de l'activité spirituelle.

12 Voir paragraphe 7 ci-après.

13 Serpent de Mercure.

14 Tout au long de cet article nous utiliserons indifféremment les termes ophites, naasènes ou ophiens afin de parler des "adorateurs du serpent".

15 Pour une définition plus détaillée, le lecteur se référera au chapitre "Na'hash" où il pourra lire les différentes significations du mot.

16 E. F. Scott. in Hastings, "Encyclopaedia of Religion and Ethics" [Ophitism, Volume IX, pp. 501a].

17 Nous écrirons IHVH, Yod He Vav He, afin de parler du dieu de la Bible que les chrétiens appellent Jehova.

18 Julien en son "Contre les Galiléens" - 89a-94a

19 Julien en son "Contre les Galiléens" - 89a-94a

20 Adversus nationes, V.21

21 Origène, Catena, fragment 47.

22 In Stromata VII, 17, par, 108.

23 In "Contre toutes les Hérésies".

24 In "Contre les Hérésies", I, 31, par. 2.

25 Les diverses écoles gnostiques désignent ainsi les Emanations sorties de l'Essence de la Divinité inconnaissable. Le terme dérive du grec aion, temps, durée, éternité.

26 Ialdabaoth, "yalda bahut", le "fils du chaos". Ialdabaoth est associé à la planète Saturne et est identifié par les ophites au dieu mauvais, donc saturnien par nature.

27 Du grec demiourgos, artisan. "Nom sous lequel on désigne, dans la philosophie platonicienne, l'artisan qui a organisé l'Univers matériel, selon le plan idéal décidé par le Dieu Suprême." (R. Ambelain "La notion gnostique du Démiurge")

28 Dont six des noms nous sont parvenus : Iao, Sabaoth, Adoneus, Eloeus, Oreus et Astaphaeus, qui sont les manifestations du dieu de l'Ancien Testament.

29 Nous reportons le lecteur aux Liminaires Considérations qui suivent ce texte.

30 Mot hébreu très usité dans la Kabbale, ce terme désigne l'Infini, le Dieu caché.

31 Francis Legge, in "Forerunners and Rivals of Christianity" (Volume II, Chapitre 8, pages 28 - 37).

32 Le Serpent-Christ, le Serpent Oint.

33 Nous renvoyons le lecteur à la reproduction en tête de cet ouvrage.

34 Épiphane, Adversus Haereses.

35 Hippolyte, Elenchos V. 17

36 Dans l'hindouisme, l'amrita est le breuvage de vie qui provient du barattage de la mer de lait. Dans son sens

ésotérique, il signifie le chemin initiatique et enfin l'immortalité.

37 Épiphane, Panarion, 37, 5-7.

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Published by Adriana Evangelizt - dans LE SYMBOLISME DU SERPENT
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