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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 01:50

Voilà un entretien d'Emile Gillabert, le gnostique, dont j'ai publié deux extraits de son livre "Jésus et la Gnose" sur la réhabilitation de Judas... Emile est mort en 1995.

Entretien avec Emile Gillabert

Émile Gillabert a vécu une série d'expériences de transformation entre les âges de 8 et 10 ans. Ces expériences de "lumière intérieure" ont rempli son être pendant toute sa jeunesse et aussi à un âge plus avancé, alors qu'il était éditeur à Paris. À 55 ans, un ami lui fit connaître l'Évangile selon Thomas. Ceci fût, selon ses propres mots, "une révélation sans précédent". Émile continue: "J'y ai trouvé la claire confirmation de cette présence qui illumine et unit toutes choses. À partir de ce moment, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour approfondir ma compréhension de ce nouvel Évangile."

Émile a participé de près à l'une des traductions française de l'Évangile selon Thomas, et en 1975, il a créé l'Association Métanoïa pour aider à approfondir et investiguer le sens des logia de l'Évangile selon Thomas. Le mot métanoïa veut dire littéralement "changement de mentalité".

Dans ses discussions, Émile utilise les termes Gnose et gnostique avec le sens suivant: Gnose réfère à la Vérité ou Connaissance universelle et intemporelle. Un gnostique est quelqu'un qui comprend la pensée non-duelle et qui dédie sa vie à vivre la Gnose. Émile dit: "Les gnostiques sont rares."

Émile Gillabert fait beaucoup de similitudes entre l'Évangile selon Thomas et la spiritualité orientale. Il dit: "Alors que la Christianité émergeait du Judaïsme et se bâtissait à l'intérieur du contexte apocalytique, la Gnose, fondamentalement autonome, rejetait toute fuite vers un espace-temps "ailleurs". L'Ouest a ignoré la notion de "présent libérateur" qui est un thème essentiel des principaux enseignements orientaux, tel les Védas, le Bouddhisme, le Taoisme, le Tch'an, et le Soufisme. De plus, un autre fait très révélateur est que l'Évangile selon Thomas ressemble aux enseignements orientaux en ce sens qu'il met l'accent sur le "ici-maintenant". Chercher à l'extérieur, c'est se condamner à ne pas trouver. "Mais le Royaume du Père s'étend sur la terre et les hommes ne le voient pas." Logion 113.

"La Gnose transcende l'espace et le temps, ce qui est contraire à la conviction typiquement chrétienne du devenir dans le temps ainsi qu'à l'idéalisme grec qui prône la fuite. Cette notion, que l'Occident a ignoré, constitue un des thèmes fondamentaux des principaux textes orientaux. Et ce qui est très révélateur, c'est que cette même notion (transcendance de l'espace et du temps) se trouve être l'essence des paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas. Il faut beaucoup de temps et de travail afin d'aiguiser la capacité de discernement qui nous rend apte à reconnaître les importantes altérations successives qu'ont subi les Évangiles Canoniques tout au long des années. Dans l'Évangile selon Thomas, Jésus ne se place pas dans la perspective apocalyptique. Il s'ensuit que tout ce qui est écrit dans les Évangiles Canoniques, et dans cette perspective apocalyptique, vient des altérations faites par les différents rédacteurs successifs.

Inner Direction Journal: Pourriez-vous nous introduire à l'Évangile selon Thomas? Qu'elle en est la source et comment se compare-t-il aux autres évangiles?

Émile Gillabert: L'Évangile selon Thomas fait partie de manuscrits coptes découverts à Nag Hammadi (en Haute Égypte) en 1945. Il s'est fait connaître en France en 1959 suite à sa publication par Jean Doresse et Henri-Charles Puech. Plusieurs commentateurs comparent les logia de Thomas avec les paroles de Jésus telles que rapportées par les évangiles canoniques. Cette comparaison se fait parce que la moitié des 114 logia se retrouvent dans les Canoniques, quoiqu'avec certaines variantes. De là, la grande question: Est-ce que ce nouvel Évangile est plus vieux, ou contemporain, ou plus récent que les Évangiles Canoniques?

C'est par l'examen de cet Évangile d'un point de vue gnostique que nous sommes à même d'apprécier pleinement sa profondeur et son originalité lorsque comparé aux Évangiles Canoniques. De plus, beaucoup de choses doivent être révisés sur ce sujet car la Gnose a connu une mauvaise réputation parmi les Chrétiens durant les premiers siècles de la Chrétienté. Les Gnostiques étaient accusés d'être hérétiques par les hérésiologues (adversaires des Gnostiques dès le second et le troisième siècle), tel Épiphane, Hippolyte et St-Irénée. Ce dernier, qui était Évêque de Lyon, nous a laissé un important ouvrage intitulé Adversus Haereses (Contre les hérésies) dans lequel il réfute les croyances gnostiques et montre leur dualisme.

Avant la découverte de l'Évangile selon Thomas, le seul moyen par lequel il était possible de connaître les oeuvres des Gnostiques c'était par ceux-là mêmes qui les dénoncaient. La découverte de Nag Hammadi change radicalement l'image que les gens se font des Gnostiques et de la Gnose. La Gnose est davantage qu'une simple branche hérétique du Christianisme. C'est un arbre indépendant duquel le Christianisme est une branche.

Les premiers critiques qui ont parlé de l'Évangile selon Thomas l'ont accusé d'être gnostique, donnant à ce terme le sens dualiste utilisé par les hérésiologues pour décrire les écrits hérétiques. Ainsi, plus tard, nous parlons de connotation gnostique, parce que le nouvel Évangile accorde beaucoup d'importance au corps comme outil nécessaire de réalisation intemporelle; mais finalement la qualification de dualiste est impropre. En fait, c'est tout à fait le contraire. C'est à cette tâche que j'ai décidé de me dévouer dans toutes mes activités.

IGJ: Comment peut-on vivre l'enseignement de Jésus à partir de l'Évangile selon Thomas dans notre vie de tous les jours, à la maison, au travail, et plus spécialement dans la société actuelle?

EG: Pour moi ce qui caractérise le mieux les paroles de Jésus dans l'Évangile selon Thomas, c'est leur sens d'imminence et de transcendance. En d'autres mots, ils établissent un lien intime entre le divin et l'humain. Dans le nouvel Évangile, le corps occupe une place très prévilégiée qu'il n'a pas dans d'autres textes, ni orientaux ni occidentaux. C'est seulement quand le corps est dé-lié du mental que l'Esprit ou le Soi peut se reconnaître lui-même. Aussi longtemps que l'on se croît différent de l'Esprit, on empêche cette révélation; aussi longtemps que l'on vit comme une entité séparée, on se prive soi-même de la vision.

Dans son invitation à prendre le "faible" en exemple, Jésus nous montre la simplicité requise pour la découverte de notre vraie nature. C'est une sorte d'innocence qui est à l'abri des concepts. La présence de cette simplicité et de cette innocence annulle, invalide, la fuite dans le temps, et elle est plus facilement saisie par les gens simples, qui vivent une vie quotidienne ordinaire, que par les intellectuels, plus doués à jouer avec les concepts.

IDJ: Pensez-vous qu'il y ait d'autres maîtres qui enseignent la vision non-duelle de la Gnose? Pourriez-vous nous dire quelques mots à leur sujet?

EG: En même temps qu'ils enseignent la simplicité de la vision non-duelle, les grands maîtres, comme Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj et H.W.L. Poonja parlent de la rareté des êtres vraiment éveillés. Ils mettent bien en évidence le caractère illusoire de l'individu. Aussi longtemps qu'une différence existe entre l'individu et le Soi ou l'Esprit, l'éveil ne peut prendre place. Un être réalisé bénéficie de la vision unitaire.

Selon Ramana Maharshi, la clé de la Gnose consiste à se poser la question "Qui suis-je?". La réponse vient lorsque l'on découvre notre unité intérieure: "Je suis le Soi". Nisargadatta met l'emphase sur l'affirmation de notre vrai nature: "Nous devons développer la conviction: 'Je suis l'Absolu'; ceci est très important." Poonja ne se fatigue jamais de dire: "Je suis Cela, Je suis Cela" et il décrit ainsi l'attitude qui permet à la connaissance spontanée de se révéler elle-même à elle-même: "Être sans passé et sans devenir". En d'autres mots, être libre".

IDJ: Est-ce que l'enseignement de l'Évangile selon Thomas est non-duel ? Et si oui, de quelle manière?

EG: Ce que ces Maîtres disent peut être trouvé dans l'Évangile selon Thomas. L'invitation de Jésus à faire le deux Un est tout à fait dans la tradition de la non-dualité orientale: "Quand vous ferez le deux Un, vous serez Fils de l'homme, et si vous dites: montagne éloigne-toi, elle s'éloignera." Log.106. Il va sans dire que l'image de la montagne représente le mental que l'Esprit, notre vraie nature, peut déplacer. Ce qui est particulièrement mis en lumière c'est le processus d'éveil dans un contexte de non-dualité. En d'autres mots, l'Esprit se reconnaît lui-même, n'appellant nul autre que lui-même. Si quelqu'un comme Nisargadatta Maharaj dit et re-dit: "Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental," il ne dit pas clairement comment cette prise de conscience s'est faite. Et comme lui, les Maîtres bouddhistes et hindous ne clarifient pas ce "mystère". Les Upanishads disent seulement: "Le non-né donne naissance au non-né." Et les maîtres Tch'an disent simplement: "Depuis le commencement aucune chose n'est".

Sur ce même sujet, l'Évangile selon Thomas est de manière surprenante très concis et ce qui est d'autant plus remarquable c'est que ce soit contraire à l'idéalisme grec et au judéo-christianisme.

IDJ: Pourriez-vouz commenter: "Le Gnostique est au monde sans être du monde." Que signifie cette phrase?

EG: On peut même spécifier que le Gnostique est le seul à être vraiment "au monde" parce que pour lui la réalisation ne peut pas survenir dans un "ailleurs", ni dans le futur. Situer la réalisation au moment de la résurrection du corps, c'est se condamner à ne jamais la trouver. On ne peut être au monde si on se tourne vers la passé ou le futur. C'est cette même fuite du monde qui nous empêche d'être dedans.

Le Gnostique n'est pas "du monde" parce que sa vraie nature n'est pas cette personne à laquelle il s'était illusoirement identifié. En fait, il est l'Être originel, le créateur de la manifestation. " Je suis l'Être de toutes choses, rien n'est mon être," dit Abd El Kader. Le principe ne peut pas être un élément du tout.

EDJ: Avez-vous vu Dieu?

EG: Si voir Dieu c'est avoir la révélation de sa propre présence, en d'autres mots, être conscient de notre vraie nature, alors je peux répondre dans l'affirmative. Mais, si Dieu est un être tout puissant, différent de moi, alors je suis étranger à cette vision. Seule la vision unitaire supprime la perception dualiste. Si l'individu est effacé, seul Dieu demeure.

(Émile Gillabert est décédé, le 6 juin 1995, quelques temps avant la publication de cet entretien.)

Sources : Les passants

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans GNOSE
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commentaires

Marianne 04/06/2006 18:27

j'apprécie beaucoup ton blog,je tenais à te le dire en toute simplicité