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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 04:21

Voilà un livre qui se lit avec plaisir. Il faut dire qu'Etienne Cabet rêvait de construire la Société Idéale pour les hommes dont il prit souvent la défense. Voir sa biographie sur Wikipedia et lire son roman Voyage en Icarie qui eut un franc-succès et trace ce paradis utopique. Il faut aussi signaler qu'il eut quelques adeptes qui décidèrent de créer cet Eden au find fond du Texas où il les rejoignit et que ce fut un fiasco complet.

Les cinq premières parties relatent la condition humaine à ses débuts notamment chez les Egyptiens. Le Peuple faisait partie de la caste des parias... quelques mots sur les Hébreux et sur Moïse... selon Cabet qui invective les puissants de son époque quand ça lui chante... un vrai régal !




Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 1

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

 

PRÉFACE

 

"Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés."
(Parole de Jésus-Christ - Jean XIII - 34)


Jésus-Christ est-il un Dieu créateur et maître du Ciel et de la Terre, pouvant punir ou récompenser éternellement? Alors, les Rois et les Prêtres, les Nations et les Peuples, les riches comme les pauvres, ne sont que des atomes en sa présence ; nous n'avons plus qu'à nous prosterner et obéir, quelle que puisse être sa volonté !

N'est-il au contraire qu'un homme ? Dans ce cas même il faut avouer qu'il est le plus grand des hommes, un homme tellement grand que la Terre entière l'adore comme un Dieu !  Et alors ce n'est qu'avec un profond respect qu'il faut examiner ses opinions et ses préceptes !

Si le christianisme avait été interprété et appliqué dans l'esprit de Jésus-Christ ; s'il était bien connu et fidèlement pratiqué par la nombreuse portion des Chrétiens qui sont animés d'une piété sincère, et qui n'ont besoin que de bien connaître la vérité pour la suivre ; ce Christianisme, sa morale, sa philosophie, ses préceptes, auraient suffi et suffiraient encore pour établir une Organisation sociale et politique parfaite, pour délivrer l'humanité du mal qui l'accable et pour assurer le bonheur du Genre humain sur la terre : il n'y aurait personne qui pût refuser de se dire chrétien !

Vous allez en être convaincus tous, en examinant rapidement avec nous la doctrine, la morale, et surtout la conduite de Jésus-Christ, telles que nous les trouvant dans l'Evangile.

Aucune étude n'est assurément ploulons imaginer ; c'est le vrai Christianisme que nous voulons exposer.

Nous diviserons notre travail en deux parties. Dans la première, nous allons établir les principes essentiels et incontestables du Christianisme, tels qu'ils sont dans l'Evangile, et en transcrivant ou citant toujours dans le texte. Nous admettrons, sans discussion, la divinité de Jésus ; et nous constaterons la doctrine, le système, les préceptes et les actions de cet Homme-Dieu. Dans une seconde partie, qui sera publiée séparément, nous discuterons, expliquerons, interpréterons ce qui est susceptible de plusieurs sens et a besoin d'interprétation.

Nous y discuterons particulièrement la question de la divinité de Jésus, et nous comparerons le Catholicisme au Christianisme pour constater si le premier est contraire ou conforme au second.

 

III

 

Le Christianisme (ou la Religion de Christ) étant la REFORME du Mosaïsme (ou Religion de Moïse), nous commençons par exposer, le plus rapidement possible, la Religion précédente et Réformée ; ce sera notre Introduction.

Et comme le Mosaïsme, lui-même, sort de l'Egypte, nous dirons d'abord deux mots de la Religion et de l'Organisation sociale des Egyptiens et des  premiers Peuples.

IV

Cet ouvrage est le fruit de longues études commencées depuis plus de douze ans.

De nombreuses conférences avec un ami, CHARLES, profondément instruit dans l'Evangile, nous ont encore aidé dans notre travail et fortifié dans nos opinions.

Introduction

Chapitre 1er

PREMIERES IDEES RELIGIEUSES

 

Aujourd'hui, naissant et vivant au milieu de notre civilisation, de nos villes, de nos maisons, de nos arts et de notre luxe, avec notre éducation, avec notre expérience ou plutôt celle de l'Humanité, avec nos préjugés et nos habitudes, nos idées sont bien différentes de celles de nos pères, comme celles d'un Peuple civilisé sont bien différentes de celles des Peuples encore actuellement sauvages.

Mais reportons-nous, par la pensée, à l'enfance du Genre humain.

A la naissance de l'Humanité, l'homme était complètement nu, complètement ignorant, sans autre arme que son instinct et son intelligence, sa sociabilité et sa perfectibilité.

Aucune des innombrables inventions faites depuis pour la nourriture, le vêtement, le logement, l'ameublement, etc., etc., n'existait alors.

Point de villes ni de villages, point de châteaux ni de chaumières, point de routes ni de canaux, point de jardins ni de cultures.

La Terre était généralement couverte d'arbres, de plantes, de ronces, d'épines et d'herbes ; -d'animaux féroces, de serpents, de reptiles et d'oiseaux de proie ; -de volcans et de précipices ; -de torrents, de lacs, de marais et de marécages-.

Tout le genre humain fut d'abord chasseur, puis pasteur, puis agriculteur.

Toujours en pleine campagne et en plein air, toujours aux prises avec toutes les forces de la Nature, toujours exposé à toutes les intempéries des saisons et à d'innombrables dangers, toujours témoin de tous les phénomènes et de toutes les merveilles de la création, ne voyant partout que des effets sans en connaître les causes, nous pouvons nous imaginer son étonnement, son admiration, son inquiétude et son effroi... !

Tout lui paraît animé, le soleil, la lune, le vent, la tempête, l'éclair, la foudre, la pluie, la grêle, le feu...

Tout lui paraît une Puissance supérieure à lui, un être inconnu (qu'il appelle Dieu), une Divinité utile ou nuisible, bonne ou méchante, amie ou ennemie.

Il adore comme des Dieux  les astres, les éléments, les plantes, les animaux ; les uns pour obtenir leurs bienfaits, les autres pour détourner leur courroux.

De là, des milliers de superstitions et de folies, d'erreurs et de vices, qu'on trouve partout chez les premiers Peuples, sur la Religion et le culte, sur l'organisation sociale et politique.

Et nous ne pouvons nous en étonner ; car aujourd'hui, après une longue expérience, après d'innombrables progrès en tout, que d'ignorance encore, que de crédulité, que d'extravagance sur la question de la Divinité, que d'imperfections dans l'Organisation sociale et politique !

Les EGYPTIENS représentant tous les premiers Peuples, jetons sur eux un coup d'oeil.

Chapitre II

 

ANCIENS EGYPTIENS

 

C'est 1491 ans avant Jésus-Christ, suivant les uns, et 1900 suivant d'autres, que Moïse sortit d'Egypte avec les Hébreux, il y a trois à quatre mille ans.

A cette époque, les Egyptiens étaient divisés en trois castes, celle des Prêtres, celle des Guerriers, et celle du Peuple... Chacune de ces castes se subdivisait en beaucoup d'autres, qui toute avait leur rang de supériorité et d'infériorité.

La dernière classe du Peuple était, comme celle des Parias dans l'Inde, une classe maudite et proscrite.

La caste des prêtres comprenait tous les savants, les astronomes, les physiciens, les chimistes, les médecins, les littérateurs, les juristes, les magistrats, les fonctionnaires publics et les législateurs : c'était une Aristocratie sacerdotale et scientifique. La caste des Guerriers formait une Aristocratie militaire. Le Roi appartenait à une de ces deux castes.

Le Gouvernement était un mélange de théocratie, d'aristocratie et de monarchie.

Le Peuple comprenait les laboureurs et les artisans, dépouillés de tout droits et de toute instruction.

La Science était un mystère sacré interdit au vulgaire. Toutes les opérations scientifiques étaient appelées des miracles et considérées comme des oeuvres surnaturelles ou divines.

Le territoire était partagé en trois parts, l'une pour la caste des Prêtres, l'autre pour les Guerriers, la troisième pour le Roi et les dépenses du Gouvernement. Toutes les terres étaient cultivées par la classe des laboureurs, qui n'étaient que locataires ou fermiers.

Les Prêtres formaient une espèce de Communauté, possédaient la terre en commun, vivaient en commun. C'est chez eux que Minos, Lycurgue, Pythagore, les Esséniens, prirent l'idée de la Communauté pour la porter en Crête, en Grèce, en Italie, en Judée.

Les Prêtres étaient très instruits, mais le Peuple était très ignorant, comme un Peuple de nègres ou d'esclaves.

La langue des Prêtres, composée d'hiéroglyphes, de dessins, de figures, d'images, d'emblêmes, de symboles, d'énigmes, était un mystère pour le Peuple.

Les Prêtres avaient une Religion plus ou moins raisonnable et épurée : mais, pour enchaîner le Peuple, ils lui avaient donné une religion particulière et vulgaire, qui n'était qu'un amas de superstitions grossières, lui affirmant les fables les plus absurdes, les métamorphoses les plus bizarres, lui présentant des milliers de Dieux, lui faisant adorer comme des divinités, non seulement tous les hommes extraordinaires et les Rois, mais les astres, les animaux utiles ou nuisibles, les plantes, etc., élevant des autels et des statues au veau, au taureau, à la vache, à l'agneau, au crocodile, au rat, etc., etc.

Le Peuple était donc excessivement supersticieux et crédule.

Et pour perpétuer cette organisation sociale, les Prêtres la disaient imposée par les Dieux eux-mêmes et la présentaient comme la juste récompense des mérites des classes privilégiées, et comme la juste punition des fautes des ancêtres des classes déshéritées ; le Peuple était divisé en Provinces, dont chacune avait une langue et des Dieux différents ; personne ne pouvait se marier que dans sa classe, ni exercer une autre profession que celle de son père ; toute communication était interdite avec l'Etranger, signalé comme un barbare et un ennemi.

Et cette Organisation sociale était alors celle de l'Humanité presque toute entière.

Les nombreuses Colonies qui sortirent d'Egypte pour aller s'établir tout autour de la Méditerranée, et qui se composaient de l'Opposition d'alors, des hommes les plus indépendants et les plus avancés, portèrent partout cette organisation sociale en la perfectionnant.

Mais, malgré tous les progrès, depuis trois à quatre mille ans, on en trouve encore partout d'innombrables vestiges.

 

Chapitre III

 

HEBREUX

 

Les Hébreux, ainsi nommés d'Héber, un de leurs anciens chefs, établis en Egypte, comme pasteurs, depuis environ 400 ans, s'y trouvaient dans un état de servitude ou d'esclavage.

Pour les empêcher de devenir trop nombreux et trop redoutables, le Roi d'Egypte les employait à de gigantesques travaux qui les faisaient périr par milliers, ou qui ne leur laissaient pas le temps de penser à la révolte. Et quand un ministre français d'aujourd'hui (M. Guizot) dit que la Société n'a pas d'autres garanties de stabilité que le TRAVAIL INCESSANT des  prolétaires, il ne fait que répéter une maxime d'un antique ministre Egyptien, en assimilant nos Travailleurs aux esclaves d'Egypte.

Quand ceux-ci s'ameutaient ou murmuraient, on les tuait comme des mouches.

Le Roi d'Egypte fit même tuer leurs enfants nouveaux-nés.

Ces Hébreux étaient donc esclaves, opprimés, abrutis, ignorants, superstitieux, crédules. Et cependant, ils avaient le cou roide, dit Moïse ; ils aimaient l'indépendance, la liberté, l'égalité, et ne supportaient qu'impatiemment le joug de la servitude quand Moïse entreprit de les délivrer.

Chapitre IV

MOÏSE

Nous n'en dirons qu'un mot.

Hébreu de naissance ; adopté par la fille du Roi d'Egypte ; élevé par les Prêtres Egyptiens ; initiés dans tous leurs mystères ; connaissant leur science, leur philosophie, toutes leurs idées religieuses et leurs lois ; pouvant faire des miracles comme eux ; devenu populaire et puissant après une victoire remportée par lui comme Général égyptien contre une invasion étrangère ; devenu suspect comme Hébreu ; poursuivi et forcé de s'expatrier pour avoir tué un agent égyptien qui maltraitait un de ses compatriotes ; Moïse conçoit, dans l'exil, le projet de se dévouer au salut de ses frères, de délivrer les Hébreux, de les faire sortir d'Egypte, de les constituer en nation, de les établir dans un autre pays dont il ferait la conquête, de leur donner une constitution et des lois, une religion et un culte, une organisation sociale et politique.

C'est un des plus grands spectacles que présente l'histoire de l'Humanité !

Et Moïse va se donner pour un Messie, c'est-à-dire pour un envoyé de Dieu, en communication avec lui, organe et exécuteur de ses commandements, agent de sa sagesse et de sa puissance.

Et les Hébreux, les Juifs, tout le monde chrétien l'admettront comme tel.

Nous examinerons plus tard (dans notre 2e partie) si Moïse est autre chose qu'un homme de génie ; mais aujourd'hui nous voulons aussi l'admettre comme un Messie : voyons maintenant ce qu'il fait au nom de Dieu !

Nous dirons tout à l'heure ce qu'il entend par Dieu : mais remarquons d'abord quatre actions de Moïse.

La première, il prend la défense d'un esclave hébreu maltraité par un agent égyptien et tue celui-ci dans la lutte ;

La seconde : dans l'exil, apercevant plusieurs pasteurs qui veulent empêcher des jeunes filles de s'approcher d'un puits pour y puiser de l'eau, il brave tout pour les protéger ;

La troisième : il dit à Dieu : "Prends ma vie, pourvu que ce peuple soit sauvé !"

La quatrième : quoique Dieu lui ait déclaré qu'il mourrait sans avoir la jouissance d'entrer dans la Terre Promise, il n'en travaille pas moins à préparer la conquête de son Peuple.

Voilà l'exemple de l'amour de la justice, de la haine de l'oppression, du dévouement à l'Humanité !

Chapitre V

DELIVRANCE DES HEBREUX

Rentré secrètement en Egypte, à l'âge de 60 ou 80 ans, après un long exil et de longs voyages en Arabie, il commence à réunir son frère Aaron et les Anciens, ou les plus influents, et leur affirme :

        Que le Dieu de leurs pères, Abraham, Isaac, Jacob, a jadis fait alliance avec eux, les a choisis pour son Peuple et leur a promis l'Empire du monde ; que ce Dieu habite le ciel ; que dans leur servitude, leurs cris sont montés jusqu'à lui ; qu'il les a regardés et a connu leur servitude ; qu'il s'est souvenu de son alliance avec leurs ancêtres ; qu'il est descendu pour faire une nouvelle alliance avec eux, pour les délivrer et les établir dans le pays de Chanaan (appelé depuis la Terre Promise) où coulaient le lait et le miel ; qu'il lui est apparu, à lui Moïse, sur le mont Horeb dans le pays de Madian, sous la forme d'une flamme de feu arrêtée sur un buisson ; que Dieu lui a parlé et lui a dit : "Va délivrer mon Peuple ; dis-lui que c'est moi qui t'envoie et qui lui ordonne de sortir d'Egypte." (Exode, chap. III)

Nous n'examinons pas les moyens qu'emploie Moïse pour faire croire à sa mission divine : on y croit.

Tous les Hébreux l'acceptent pour Juge ou Prince, pour Prophète ou Messie, pour libérateur et législateur.

Nous n'examinons non plus les fléaux qui affligent alors l'Egypte et que Moïse dit envoyés par Dieu pour punir les oppresseurs des Hébreux : ces fléaux prouveraient combien Dieu hait l'oppression et les oppresseurs.

Voilà Moïse qui part, pendant la nuit, avec 600 000 Hébreux, leurs femmes, leurs enfants, leurs bestiaux et beaucoup d'objets enlevés à leurs oppresseurs pour indemnité d'une longue oppression ; le voilà qui traverse heureusement la mer Rouge, tandis que les Egyptiens qui les poursuivent s'y noient presque tous ; et le voilà qui chante un Te Deum, affirmant que les Hébreux doivent leur salut à la protection divine : ce serait une nouvelle preuve de l'amour de Dieu pour les esclaves et les opprimés, de sa haine contre les oppresseurs et les persécuteurs !

Arrivés dans le désert, les Hébreux y trouvent la manne, espèce de gomme qui se forme tous les matins comme la rosée et qui leur sert de pain pour se nourrir. Moïse leur affirme que c'est Dieu qui leur envoie ce pain quotidien. Mais remarquons bien un fait important.

Il ordonne que la récolte de la manne soit faite en commun, et que le partage s'en fasse fraternellement et également, suivant les besoins de chacun, sans privilège pour celui qui en a récolté plus, sans privation pour celui qui en a recueilli moins. (Exode XVI, 15-17) C'est un principe de fraternité, d'égalité, de communauté, qu'il l'établit ! et il l'établit au nom de Dieu, qui, suivant lui, ordonne lui-même la récolte commune et le partage fraternel !

Il constitue l'Unité, formant des 12 tribus, une seule armée, un seul Peuple, qu'il appelle tantôt le Peuple de Dieu, tantôt Israël comme si c'était un seul homme, tantôt les Enfants d'Israël.

Puis ils leur donnent une Constitution sociale et politique et un Code de lois, basés sur une nouvelle Religion, après leur avoir raconté l'histoire de la création ou l'histoire du Genre humain et leur propre histoire.

Ce sont cette histoire, cette religion, cette constitution, ce code, qui constituent le Mosaïsme.

Deuxième partie


Posté par Adriana Evangelizt

 

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