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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:42

 

 

AELOIM

ou

Les dieux de Moïse

par Pierre Lacour

de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Bordeaux

1839

14ème partie

13ème partie

12ème partie

11ème partie

10ème partie

9ème partie

7ème partie

1ère partie

 

Tome I

ÉPOQUES HISTORIQUES.




Voici maintenant l'ensemble de la tradition relative à Babel, expliquée selon le sens intime. Je mets en garde la traduction de MM. l'abbé Glaire et Franck pour le sens vulgaire et convenu. J'aurais pu choisir celle de M. Cahen, qui est beaucoup plus littérale ; mais M. Cahen est israélite, et M. Glaire a si vivement critiqué cette traduction, qu'il faut croire celle de ces messieurs meilleure*.

 

* Fabre d'Olivet n'a point traduit l'épisode de Babel ; son livre hébraïque n'explique que les dix premiers chapitres de la Genèse.

Je placerai la version mot à mot et les notes à la fin de cette dissertation.

Remarquez d'abord et pesez la valeur, sous le rapport chronologique et religieux, de cette locution traditionnelle, échappée du temple de Jérusalem et trahie par Esaïe.

"Les Egyptiens reviendront vers JÉOVÉ ( UShBOU OD JÉOVÉ), il se laissera fléchir par leurs prières.

"Israël se joindra pour troisième à l'Egypte et à Assur (IN DIE ILLA ERIT ISRAEL TERTIUS AEGYPTO ET ASSUR). Et  JÉOVÉ bénira cette union en disant :

BENIS SOIENT

         L'EGYPTE,              mon peuple ;
         ASSUR,                  l'ouvrage de mes mains ;
    et ISRAEL,                  mon héritage.

 

 

Voilà donc comment s'opéra la divulgation de l'écriture alphabétique, voilà comment, par l'usage de cette écriture, le langage primitif qui jusqu'alors avait été borné à un petit nombre de mots, s'enrichit d'expressions nouvelles, qui d'abord purent produire quelque embarras, mais qui bientôt après enrichirent la pensée et donnèrent à l'entendement humain tout l'essor dont ilétait susceptible et qu'en effet il a pris depuis.

Ainsi s'explique également, d'une manière simple et raisonnable, et par la seule puissance des mots, la cause et l'intention qui firent ériger cette tour si célèbre et pourtant si mal connue. On n'a plus besoin d'un miracle préparé par une absurdité, justifié par une crainte qui dégrade l'idée que nous devons avoir de la puissance de Dieu, pour en expliquer les conséquences; c'est- à-dire pour comprendre la confusion, l'embarras introduit effectivement à cette époque dans le langage.

On entrevoit aussi, sans recourir aux citations et aux commentaires, la vérité de ces mots connus et qui ne sont qu'une tradition égyptienne : Tot, imitant le ciel, fit les caractères des lettres; ou : —l'antique chef du Sacerdoce égyptien symbolisé sous le nom de TOT (TAUT, les signes, à cause de l'invention des signes, fit, en imitant les signes des constellations, les caractères des lettres; — imitation qui remonte donc à Babel pour ce qui est relatif à l'alphabet zodiacal et à celui de seize lettres.

Il me semble que cette tradition historique, doit avoir produit la preuve que l'invention des signes célestes est antérieure à l'idée d'ériger un observatoire astronomique dans le centre de Shinôr, appelé depuis Babylone.

Comme l'alphabet que nous trouvons à Shinôr est celui de Phaleg ou Pelage, alphabet de seize lettres, il en résulte également que l'alphabet osiridien n'en ayant que dix, est antérieur; et de plus , que la division astronomique en douze signes zodiacaux a dû succéder à une division différente, et par dix. Il est probable que pour cette division on avait fait usage de ces dix lettres, puisque six d'entr'elles, Aleph, Lamed, Beth, Caph, Mim et Nun, sont pour le Taureau, le Lion, la Vierge, la Balance, le Verseau et les Poissons.

Ceci nous ramène à ce que j'ai dit de la division de l'année en mois de vingt jours; mais ce n'est pas le moment de nous y arrêter.

Les traditions attribuent à ShT, ou SeTh selon l'orthographe ordinaire, l'invention des signes astronomiques, et l'on parle de ST-èles, tables ou colonnes érigées par lui ou sur ses enseignements pour conserver les sciences de l'ancien monde.

Le nom de ce personnage est célèbre en Egypte comme nom de constellation. Suivant que les observations étaient relatives au cours annuel des astres ou aux révolutions qui ont lieu sur la terre par le changement des mois et des saisons, ce nom recevait une prononciation différente, on le prononçait SeTh, SeThos ou SoThis dans le ciel, c'est-à-dire lorsqu'il s'agissait de la science astronomique ou de la sainte doctrine. Son nom était ToTh, TeTh, TeThos, ou ToThès, ou même A- ToThès, sur la terre, c'est-à-dire lorsqu'il traitait des révolutions annuelles. Sous le nom de Sothis, il fermait, il finissait l'année, et c'est ce que signifiait ST, STY ou SoTY. Sous le nom de Toth ou de ToR, au contraire, il ouvrait l'année, il en était le portier, et c'était une des significations de son nomTÔR.

L'auteur de la Genèse a négligé ces traditions, qui sont fort anciennes et qu'il a dû connaître : elles n'étaient pas nécessaires à son plan, ou peut- être jugea-t-il qu'elles étaient suffisamment indiquées par les significations attachées au nom de SheT, et par l'ensemble du texte qui paraît expliquer ce nom.

Quoi qu'il en soit, Seth est connu dans l'histoire du langage et de l'invention des lettres. Pour se rendre compte de l'identité entre son nom et celui de Toth, il suffit de se rappeler le déplacement de la lettre Sh et son changement en T.

A côté de ce nom, sous celui d'Enosch, Moïse a placé cette observation :

AZ ÉOVÈL —QRA  B~ÇhM JÉOVÉ, tunc cœptum est ad invocandum in nominc Domini, dans laquelle se trouve le nom de JÉOVÉ, anachronisme manifeste et reconnu, erreur de rédaction, consentie pour remplacer un mot antique et oublié par un mot nouveau, par un mot nouvellement révélé aux Israelites, et sur lequel devait reposer tout l'esprit théosophique des lois mosaïques.

Cette phrase est connue sous le rapport des difficultés qu'elle présente ; car, indépendamment de l'anachronisme remarqué par tous les interprètes, ce mot JÉOVÉ avec ce qui précède, établit évidemment, selon le sens vulgaire, qu'avant Enosch les hommes n'avaient eu aucune idée de religion , de culte, de piété, de prière; et cependant, remarquez ceci, ce serait à partir de ces institutions religieuses que daterait l'excessive corruption des hommes, corruption tellement grande, qu'elle motive le déluge.

Il y a donc erreur, et très certainement, dans cette manière d'interpréter les mots de la phrase.

Voici la traduction de M. Cahen :

« Alors on commenca par nommer par le nom « de l'Eternel. »

MM. Glaire et Franck ont traduit :

« C'est de son temps qu'on commença a invoquer le nom de l'Eternel. »

Ces messieurs n'ont pas sans doute pensé à la conséquence fâcheuse d'une semblable traduction. M. Cahen a mieux choisi le sens de sa phrase. On voit cependant combien elle est obscure; elle ne présente réellement aucun sens positif : que veut dire on nomma par le nom de l'Eternel. Etait-ce donc un usage dans l'antiquité, de prodiguer ce nom et de l'attacher à tout? Ce n'est pas ce que Moïse a voulu dire, lui si fidèle au respect des initiés pour ce nom sacré, lui qui défend si expressément de prendre ce nom en vain, d'en user sans respect, LÇhOUA.

Pour retrouver le sens de cette phrase, il faut donc faire disparaître l'anachronisme, et voir sous le nom de JÉOVÉ le mot primitif AÉI, comme les Juifs y voient le nom du Dieu que leurs ancêtres adorèrent dans le désert, ADONI.

De l'aveu de Moïse, JÉOVÉ est un mot que n'ont point connu les patriarches, un mot que lui- même, lui si savant dans les lettres sacrées, eut mission et autorisation de divulguer pour remplacer AÉI, nom de l'Eternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Ce point établi il ne nous restera plus qu'à rendre au mot QRA sa signification primitive qui est lire à haute voix, et l'on aura cette phrase:

« Alors on commença à lire par le nom AÉI.

Ce nom, on se le rappelle, est composé des trois premières lettres de l'alphabet osiridien, alphabet sacerdotal; sans leur concours toute lecture s'adressant a l'ouïe est impossible. Commencer à lire par le motAÉI, revient à notre façon de parler, commencer à faire usage de l'ABC. Mais il exprime plus encore, puisqu'il explique un fait historique.

Jusqu'au temps d'Enosch, la lecture avait été pratiquée au moyen des signes symboliques et hiéroglyphiques qui ne frappent que la vue ; alors, on commença à faire usage, on découvrit l'usage qu'on pouvait faire des caractères astronomiques osiridiens pour suppléer à l'absence des signes figurés sur les monuments ; on concut l'idée de faire
pour l'ouïe ce qu'on avait fait pour les yeux.

On remarqua que les signes astronomiques figurés par les osiridiennes A, E et I, pouvaient bien être rappelés à la pensée par le son connu et caractérisé de ces lettres, et l'idée vint de les associer avec les sept autres signes osiridiens. On convint de marquer ces combinaisons par des articulations bien tranchées, et ces articulations furent, L, B, C, D, M, N, Sh.

Il n'était pas difficile de s'entendre pour cela : il ne s'agissait d'abord que des sept combinaisons LA, BA, ÇA, DA, etc., et enfin de quatorze autres. Ces combinaisons s'adressant à l'ouïe et à la vue en même temps, il ne fallait pas un grand effort de mémoire pour les retenir.

Voici ces vingt-et-un monosyllabes, les premiers mots alphabétiques que les hommes aient inventés et écrits: LA, LE, LI; BA, BE, BI; ÇA, CE, CI;DA, DE, DI; MA, ME, MI; NA, NE, NI; ShA, ShE, ShI. On serait tenté de demander s'il n'y aurait pas quelque rapport entre ces dénominations primitives et les vingt et une constellations septentrionales que les anciens comptaient hors du zodiaque (Voyez pag. 73, n. 4 el 5).

Ces vingt et un monosyllabes étant devenus familiers, on comprit la possibilité de créer de nouvelles combinaisons, qui parlassent comme les premières à l'ouïe ainsi qu'à la vue, et l'on eut bientôt une langue factice composée de cent mots scientifiques.

Ce fut la première langue alphabétique et l'origine de toutes les autres.

Cette langue si bornée s'accrut par l'invention qui eut lieu à Babel, et elle devint l'hébreu primitif, puis enfin l'hébreu de Moïse.

Les premières lettres de l'alphabet osiridien étaient le nom de l'Eternel.

Alors on commença à lire au moyen de ces lettres.

Il était donc bien vrai, bien exact de dire, comme Moïse : alors on commença à lire par le nom de l'Eternel; mais il fallait savoir quel était ce nom. Ce ne pouvait être JÉOVÉ, cette dénomination n'existait pas, c'était donc AEI.

Ce fut sous le fils de Seth, sous ENOSCH, que cette mémorable découverte eut lieu ; et c'est en effet à Enoch (par similitude du nom) qu'on attribue le premier, le plus ancien livre écrit; livre cité par saint Jude, par Tertullien, par Origène ; livre qui, dit-on, existe encore en éthiopien.

Remarquez enfin que ce mot ENOC signifie l'initié, l'initiateur, celui qui a reçu l'enseignement et celui qui le donne.

Ainsi, nous avons les époques précises de l'invention des deux premiers alphabets.

Le plus ancien, du temps d'Enosch, avant l'époque du grand cataclysme appelé le déluge.

Le second, après ce déluge, à l'époque où l'on met communément la tour de Babel et la confusion des langues.

On peut placer environ cinq siècles après Babel l'invention du troisième alphabet, celui dont les lettres furent nommées assyriennes, d'AÇhR. Il est plus ancien que Moïse, puisque, suivant Philon, Moïse apprit les lettres assyriennes en Egypte.

Cet alphabet fut donné aux Hébreux par Moïse avec la langue hébraïque. Les prêtres égyptiens qui l'avaient instruit, et dont il avait révélé les principes religieux et la langue sainte, l'appelèrent, de l'aveu de Manethon, prêtre égyptien lui-même, AShR-ShaPh, mot hébreu composé déjà vu, et qui signifie langue parfaite, parole de félicité et de bonheur.

Ce mot, échappé à un prêtre égyptien qui traite fort mal la population israëlite, et qui ment évidemment lorsqu'il donne les motifs de leur sortie d'Egypte, confirme ce que j'ai dit de la langue ambrique, la même que la langue hébraïque, et laisse entrevoir bien des mystères. Il resterait à déterminer historiquement cette troisième époque, mais elle importe peu maintenant et j'en réserve l'étude pour une autre occasion, si je dois continuer la version de la Génèse par le sens intime et rationnel.

Il résulte de ces alphabets, ainsi chronologi quement rapprochés, que les lettres Th, S, Ph, Tz, Q et R étant les dernières inventées, les mots où elles se trouvent sont modernes en comparaison des autres, et appartiennent à la troisième époque.

Que les racines ou mots écrits avec les seules osiridiennes appartiennent au contraire à la première époque.

Que les racines où ces lettres osiridiennes sont jointes aux caractères G, Y, Z, E, T et Ô, peuvent appartenir à l'alphabet zodiacal, ainsi qu'à la seconde et a la troisième époque.

Que les racines d'où sont banies les osiridiennes sont de la seconde ou de la troisième époque.

Et qu'enfin en poursuivant la racine monosyllabique d'un mot, il faut avoir égard à l'ordre successif et chronologique des caractères.
Chercher le mot par A, puis par Ô ;
par E, puis par E ;
par I, puis par Y ;
par B, puis par Ph ;
par D, puis par T et par Th ; ,
par C , puis par G et par Q ;
par L, puis par R ;
par M,
par N,
par Çh, puis par Z et par S et Tz.
Alors on trouvera :
100 racines de deux lettres pour 1ère époque,
156 idem — pour la 2ème époque,
228 idem — pour la 3ème époque.

En tout484 racines primitives de deux lettres. Si toutes ne sont pas usitées, elles ont pu l'être; mais il peut y avoir eu des rapprochements de lettres impossibles, comme, par exemple, celui de U première radicale avec toute autre lettre qu'elle même ; celui de l'A et de l'Ô, qu'on ne trouve que dans trois ou quatre mots orthographiés chaldaïquement.

Cette antipathie n'existe pas dans les mots soumis aux formes grammaticales, ce qui prouve que ces formes sont modernes, et qu'elles étaient primitivement des mots détachés, mis à côté de ceux sur lesquels elles devaient produire une action ou modification.

Quelle peut avoir été la cause de cette antipathie?

Provenait-elle de la signification radicale des caractères ?

En effet,
A peint le bruit, le son, l'éclat d'un objet;

É peint l'être, l'existence;

I peint la vue, la manifestation, l'indication d'un objet;

O ou A peint la voix, l'ouïe, la lumière;

E peint la vie, le mouvement vital;

Y, OU, peint la vue incertaine, le doute; l'indication vague, douteuse ; la situation entre plusieurs objets.

Enfin, il est très remarquable que toutes les inflexions grammaticales des verbes, que toutes les formes des pronoms postfixes ou préfixes, que les articles, prépositions et particules adjonctives ou conjonctives appartiennent toutes à l'alphabet de la première époque, et qu'il n'y ait d'exception que pour l'Y et pour le T, qui sont de la seconde :
Y, qui pour la forme hébraïque, pour la valeur et l'emploi, remplace si souvent et si facilement la lettre I de la première époque ;

T, qui figuré + dans l'hébreu ancien et sur les médailles, a pris cette forme du Çh ou Sh dans l'alphabet primitif; et qui remplace si facilement cette lettre Çh ou Sh dans une foule de noms devenus chaldaïques par ce changement.

Il y aurait quelques observations à faire sur l'usage du pronom préfixe Çh, que l'on dit postérieur au siècle de Moïse (Gramm. hébr. de l'Advocat. ) ; mais il suffit de considérer qu'AÇhR est un mot fort important, dont on n'a pu hasarder une abréviation que tard. La remarque est d'ailleurs inexacte : l'adverbe B-Çh-GM par-ce-que Genèse 6. 3. (sens littéral), est composé de B préposition, de Çh relatif et de GM; ainsi, la conséquence qu'on a tirée de l'absence de cette abréviation, pour prouver l'antériorité des livres de Moïse, tombe. Cette abréviation est au surplus fort rare, excepté dans les Psaumes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

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