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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 19:08

 

 

2 L'Égypte pharaonique, ou,

Histoire des institutions des Égyptiens sous leurs rois nationaux

 

 Par Dominique Marie Joseph Henry

1846

1ère partie

PARTIE THÉOSOPHIQUE.


THÉOLOGIE.

I. COSMOGONIE.
CHAPITRE PREMIER.

 


Etat des sciences à l'époque de Menès. — Elles n'avaient pu éclore en Egypte. — Elles se montrent principalement dans la cosmogonie suivant les temples égyptiens.


En donnant une chronologie qui assigne à la durée de la monarchie égyptienne jusqu'à la seconde invasion des Perses, une durée de 4956 ans, Manéthon a élevé sur le tombeau de cette monarchie le seul monument qui puisse servir de phare dans l'exploration de ces temps si reculés. Ce monument fixe invariablement le départ de cette vaste carrière chronologique, la plus longue de l'histoire humaine, à la 5303e année avant notre ère.

De cette époque à cette autre époque terrible où la plus grande partie du genre humain périt victime de la dernière grande révolution du globe, et où deux immenses portions des continents du monde antédiluvien furent abîmées sous les eaux, on ne peut compter au plus qu'une période d'environ six à sept siècles, si, comme nous croyons l'avoir suffisamment établi dans les prolégomènes de ce travail, l'origine du sol égyptien se lie à cette grande catastrophe. Sept siècles sont un terme bien court pour amener la civilisation, de l'état purement négatif à un état très-avancé; et cependant nous voyons briller déjà, à l'origine même de la monarchie égyptienne, des connaissances qui ne laissent pas douter que le génie de l'homme n'eût alors pénétré fort avant dans la profondeur de toutes les sciences. Ici, deux grandes vérités sont mises dans toute leur évidence : l'une , que des siècles ont dû s'écouler en grand nombre avant que les peuples passassent de l'état nomade primitif, où nulle civilisation à peu près n'existait, à celui de cette civilisation urbaine qui seule peut conduire à la culture des sciences et à la pratique des beaux-arts; l'autre, que le sol de l'Egypte n'admet pas cette longue succession de siècles qui aurait pu produire, en civilisation , des résultats aussi immenses que ceux qui apparaissent déjà au berceau même de cette monarchie. Pour arriver de l'absence absolue des éléments des sciences à l'état de perfection où elles se montrent en Egypte dès les temps les plus reculés, il a fallu de nombreux siècles de méditations, d'observations, de comparaisons, au milieu d'un état social très-avancé : or, cette condition favorable à tous les développements de l'intelligence ne peut exister sans liberté, sans concurrence, sans émulation ; et, en Egypte, les peuples étaient esclaves de fait, s'ils ne l'étaient de nom; les classes étaient parquées; la population était séparée entre elle par d'infranchissables barrières.

S'il suffit d'une étincelle pour dénoncer un incendie, il suffit aussi d'un fait bien constaté dans une haute science pour démontrer qu'à l'époque où a eu lien ce fait,
cette science existait déjà, et, avec elle, toutes celles dont le cortège est indispensable à ses progrès. Toutes les connaissances humaines s'enchaînent mutuellement; et l'une ne peut pas faire de grands pas vers la perfection, si celles dont elle doit recevoir l'appui demeurent stationnaires.

Le premier roi d'Egypte, le fondateur de la monarchie, nous est connu parles immenses travaux qu'il fit exécuter, et qui attestent, non pas de simples notions, mais la connaissance la plus positive des sciences mathématiques. Ce prince
barre le cours du Nil ou en déplace la principale branche, et lui impose un nouveau lit ; il fait exécuter un vaste nivellement au milieu de terrains montagneux, pour jeter, à travers ces montagnes, une dérivation considérable du fleuve dans un bassin que la nature avait fermé de toute part; il fonde au milieu des marais, dont il prépare habilement le dessèchement, une ville qu'il couvre de fortes digues, parce qu'elle se trouve sur l'ancien passage du fleuve, qui peut la menacer sans cesse; et dans cette ville on élève un édifice qui, trente-six siècles après, mérite encore l'épithète de magnifique. Ce même prince donne des lois à son nouvel empire ; il va même jusqu'à faire pénétrer le luxe, qui est le superflu de l'aisance, dans la vie domestique : cet état de choses est loin d'indiquer un temps d'ignorance et de barbarie tel qu'il aurait dû exister après le grand cataclysme, si hommes et sciences avaient péri. Le successeur de ce premier roi, habile dans l'art de la médecine, écrit lui-même un traité sur la dissection du corps humain ; le quatrième successeur de Menés fait élever des pyramides. Que d'autres connaissances ne supposent pas celles de l'hydrodynamique, de l'architecture monumentale, de l'anatomie ! Ces nivellements, ces constructions gigantesques, ces écrits, dénotent donc un état complet de civilisation à cette époque si prodigieusement éloignée. Ce n'est pas dans l'espace de dix siècles, et dans un pays aussi resserré que l'était alors l'Egypte, concentrée dans sa seule vallée, que toutes les sciences auraient pu prendre naissance, faire des progrès nécessairement lents, et arriver à un degré si élevé de perfection : les Égyptiens les avaient donc reçues d'ailleurs.

Le déluge n'a pas été universel ; et ce sentiment, que le
célèbre Mabillon avait déjà soutenu il y a deux siècles, à Rome, au milieu de la congrégation de l'Index, ne répugne plus à la saine théologie ; mais, tout en défendant, à la face d'un tribunal dont la susceptibilité en matière de foi est si farouche et si prompte à s'alarmer, l'opinion émise sur cette non-universalité du déluge par Vossius, le savant bénédictin français s'était cru obligé de faire une concession à l'esprit de son siècle ; et il accorda, avec le célèbre Batave, que tous les hommes, généralement, avaient péri dans le désastre, moins une famille désignée par les livres saints comme seule arrachée au naufrage du genre humain par une exception toute divine. Mais c'était là se débattre contre une inflexible nécessité. Si le déluge n'a pas été universel, si le globe entier n'a pas été surmonté par les ondes, des populations ont pu , ont dû échapper à ses ravages : la conséquence découle forcément du principe. Moïse ne parle que d'une famille; mais cette famille est celle à laquelle se rattache la filiation d'un peuple réservé par la Providence aux plus hautes merveilles, et auquel il doit donner une nationalité ; la seule par conséquent qui intéresse le personnage qui se présente à nous comme le plus grand homme de l'antiquité, et que, dans un travail comme celui-ci, nous ne pouvons considérer que comme un homme supérieur à ses semblables par son génie, par sa science, par sa prudence et par son courage, en faisant abstraction de tout caractère prophétique. Envisagé de ce point de vue, n'oublions jamais qu'il sort d'un pays où les fictions allégoriques furent toujours l'enveloppe obligée de toute doctrine et de toute instruction.

Les sciences, dont nous reconnaissons l'état florissant chez les Égyptiens dès l'établissement de leur monarchie, n'ayant pu naître et se perfectionner dans cette étroite vallée, c'est des antédiluviens que ce peuple les avait nécessairement reçues ; aussi voyons-nous Platon, parlant des habitants de l'Atlantide, faire dire aux prêtres qui instruisaient Solon : « Vous observerez d'abord que leurs lois se rapportent aux nôtres, et vous en trouverez beaucoup des nôtres qui sont en tout semblables aux leurs (Plato, in Timaeo). »

Mènes avait donc
emprunté aux peuples primitifs, par la transmission des Ethiopiens, dont les Egyptiens étaient issus, les lois qu'il avait données à son peuple ; et ces lois ainsi que les sciences, qui venaient de la même source, les Ethiopiens les avaient reçues de leurs ancêtres asiatiques échappés au déluge.

Ces précieux monuments des connaissances du premier âge du monde étaient
restés en dépôt entre les mains du sacerdoce, en possession d'être le corps savant de la nation, et qui les conserva purs et sans altération pendant un certain temps. Mais les sciences, pour prospérer, doivent toujours tendre à de nouveaux perfectionnements; elles commencent à décliner du moment qu'elles restent stationnaires : mais aussi, pour tendre au perfectionnement, il leur faut la liberté la plus entière, la concurrence la plus étendue, l'émulation la plus illimitée, parce qu'elles ne s'avancent que par la diffusion et une honorable rivalité. En Egypte, pays presque sans commnications avec les autres contrées du globe, et où une caste seule pouvait se livrer, de père en fils, à l'étude des sciences, ces hautes connaissances devaient avoir pour apogée le point où elles se trouvaient quand elles y parvinrent : cette immobilité était le premier pas vers leur décadence, qui se consomma à mesure que les siècles s'amoncelèrent (*).

(1) Ce que nous avançons ici serait un paradoxe si on comparait les collèges des prêtres égyptiens à nos académies, où un nombre borné de savants fait avancer les sciences ; mais les académies se recrutent de tout ce qui, dans la masse entière de la nation, est organisé de manière à s'occuper avec succès de ces sciences, et acquiert de la célébrité. Qu'on rende les places d'académiciens héréditaires; que le fils de l'astronome, du naturaliste, du médecin, doive s'occuper exclusivement d'astronomie, d'histoire naturelle ou de médecine, et que ces savants par droit de succession soient privés de toute communication avec les savants des autres contrées, l'on verra si les sciences se soutiendront longtemps au même niveau.

Les sublimes fragments du livre qui, le plus ancien du monde, sortait de la plume d'un homme instruit dans toutes les connaissances que possédaient les Egyptiens, nous donnent, dans un petit nombre de lignes, les plus précieux aperçus du haut degré auquel les sciences physiques et naturelles avaient été poussées par les hommes qui vivaient avant la grande catastrophe : ce résumé, nous le trouvons dans les sept premiers chapitres de la Genèse (*).

(*) Les livres du pentateuque ont été évidemment rédigés sur des mémoires de Moïse et de ses successeurs, mais la rédaction ne lui en appartient pas. Quelques efforts qu'aient faits, pour prouver le contraire, ceux qui les croient sortis, tels que nous les avons, de la plume du grand homme, les réflexions, les gloses, les inégalités de doctrine scientifique, tout prouve que ce qu'avait laissé Moïse n'est pas ce que nous avons entre les mains : une véritable confusion qu'on y remarque, et qui est le fruit d'un ordre d'idées qui n'était plus celui que Moïse avait puisé dans l'instruction solide et complète par lui reçue dans les temples de l'Egypte, et qui dénote la perte des saines notions de haute physique, démontre que cette rédaction a eu lieu sur les écrits, déjà mal compris, de Moïse, et, par conséquent, longtemps après l'établissement des Hébreux dans la Palestine. Nous aurons à revenir plusieurs fois sur cette importante question. Voy. aussi Mém. de l'Acad. des inscr., tome III, le mémoire de Boivin ; Cuvier, Discours sur 1es révol. du Globe, page 81, édit. in-4°; ou 169, édit. in-8" ; Fortia d'Urban, Hist. univers. du Globe, tome X.

On rencontre , éparses dans les ouvrages des divers écrivains de l'antiquité, quelques-unes des idées des premiers peuples
sur l'origine des choses : deux de ces écrivains nous ont conservé avec plus de détail celles des Egyptiens; mais ces deux écrivains diffèrent tellement dans l'exposition des mêmes doctrines, qu'il serait difficile de deviner, si on ne le savait déjà, que ce qu'ils nous apprennent émane des mêmes instituteurs : ces deux écrivains sont Moïse et Diodore de Sicile. La cosmogonie de Moïse, simple, claire, naturelle, se fonde sur les plus savantes recherches ; il a fallu que l'auteur de ce système géogénique et uranogénique se livrât à de profondes méditations sur l'histoire du globe, et que la géologie fût parvenue, de son temps, à un bien rare point de perfection, pour que l'historien de la création pût suivre, comme il l'a fait, pas à pas tous les mystères de cette création, pour pénétrer dans les secrets du Créateur si intimement, qu'il semble , en l'entendant rendre compte de ces admirables opérations, qu'il en a été le témoin lui-même.

L'autre cosmogonie suivant les Égyptiens, telle que nous la raconte Diodore, n'est qu'une suite de rêves pleins d'absurdités, à travers lesquels on a bien de la peine à retrouver l'idée mère. La première, fondée sur le spiritualisme, se montre encore tout imprégnée de la science des antédiluviens; l'autre n'est qu'un plat matérialisme, déduit de la fausse contemplation de phénomènes naturels, dont on n'était plus en état de se rendre raison ou de pénétrer les principes. C'est que Moïse vivait dans un temps où l'Égypte, concentrée en elle-même, possédait encore ses savantes traditions, comme un feu qui, avant de s'éteindre, brûle encore longtemps sous la cendre dont il se couvre; tandis que Diodore a vu ce même pays à une époque où , après le plus haut période de gloire, après être parvenue au maximum de la puissance et de la splendeur, l'Egypte, tombée de revers en revers sous le joug des Assyriens, des Perses et des Grecs, avait vu gémir ses prêtres dans la servitude, dévaster ses temples magnifiques, profaner les somptueuses sépultures de ses rois, ruiner, saccager et disperser ses antiques archives, s'altérer son culte national, se matérialiser ses savantes allégories; et, par l'extinction des hautes sciences, résultat inévitable de tous ces désastres, aussi bien que de la perte du vrai sens de ces mêmes allégories, déguisant d'abord, étouffant complètement ensuite les vérités auxquelles elles étaient substituées, l'ignorance s'introduire dans le sanctuaire, et le charlatanisme y remplacer les connaissances qui n'y existaient plus.

3 ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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