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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 17:59

Abrégé de l'origine de tous les cultes 4

par Charles-François Dupuis

1830

5e partie

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

CHAPITRE III - 1


De l'Univers animé et intelligent.


Avant de passer aux explications de notre système et aux résultats qu'il doit donner, il est bon de considérer dans l'Univers tous les rapports sous lesquels les Anciens l'ont envisagé.

Il s'en faut de beaucoup qu'ils n'aient vu dans le Monde qu'une machine sans vie et sans intelligence, mue par une force aveugle et nécessaire. La plus grande et la plus saine partie des philosophes ont pensé que l'Univers renfermait évidemment le principe de vie et de mouvement que la Nature avait mis en eux, et qui n'était en eux que parce qu'il existait éternellement en elle, comme dans une source abondante et féconde dont les ruisseaux vivifiaient et animaient tout ce qui a vie et intelligence. L'homme n'avait pas encore la vanité de se croire plus parfait que le Monde, et d'admettre dans une portion infiniment petite du grand Tout, ce qu'il refusait au grand Tout lui-même; et dans l'être passager, ce qu'il n'accordait pas à l'être toujours subsistant.

Le Monde paraissant animé par un principe de vie qui circulait dans toutes ses parties, et qui le tenait dans une activité éternelle, on crut donc que l'Univers vivait comme l'homme et comme les autres animaux, ou plutôt que ceux-ci ne vivaient que parce que l'Univers, essentiellement animé, leur communiquait, pour quelques instants, une infiniment petite portion de sa vie immortelle, qu'il versait dans la matière inerte et grossière des corps sublunaires.

Venait-il à la retirer à lui, l'homme et l'animal mouraient, et l'Univers seul, toujours vivant, circulait autour des débris de leurs corps par son mouvement perpétuel, et organisait de nouveaux êtres. Le feu actif ou la substance subtile qui le vivifiait lui-même, en s'incorporant à sa masse immense, en était l'âme universelle. C'est cette doctrine qui est renfermée dans le système des Chinois, sur l'Yang et sur l'Yn, dont l'un est la matière céleste, mobile et lumineuse, et l'autre la matière terrestre, inerte et ténébreuse dont tous les corps se composent.

C'est le dogme de Pythagore, contenu dans ces beaux vers du sixième livre de l'Énéide, où Anchise révèle à son fils l'origine des âmes, et le sort qui les attend après la mort.

« Il faut que vous sachiez , lui dit-il, ô mon fils ! que le Ciel et la Terre, la Mer, le globe brillant de la Lune, et tous les Astres, sont mus par un principe de vie interne qui perpétue leur existence; qu'il est une grande ame intelligente, répandue dans toutes les parties du vaste corps de l'Univers, qui, se mêlant à tout, l'agite d'un mouvement éternel. C'est cette âme qui est la source de la vie de l'homme, de celle des troupeaux, de celle des oiseaux et de tous les monstres qui respirent au sein des mers. La force vive qui les anime émane de ce feu éternel qui brille dans les cieux, et qui, captif dans la matière grossière des corps, ne s'y développe qu'autant que le permettent les diverses organisations mortelles qui émoussent sa force et son activité. A la mort de chaque animal, ces germes de vie particulière, ces portions du souffle universel, retournent à leur principe, et à leur source de vie qui circule dans la sphère étoilée. »

Timée de Locres, et après lui Platon et Proclus, ont fait un Traité sur cette âme universelle, appelée âme du Monde, qui, sous le nom de Jupiter, subit tant de métamorphoses dans la mythologie ancienne, et qui est représentée sous tant de formes empruntées des animaux et des plantes dans le système des Égyptiens. L'Univers fut donc regardé comme un animal vivant, qui communique sa vie à tous les êtres qu'il engendre par sa fécondité éternelle.

Non-seulement il fut réputé vivant, mais encore souverainement intelligent, et peuplé d'une foule d'intelligences partielles répandues par toute la Nature, et dont la source était dans son intelligence suprême et immortelle.

Le Monde comprend tout, dit Timée; il est animé et doué de raison : c'est ce qui a fait dire à beaucoup de philosophes que le Monde était vivant et sage.

Cléanthe, qui regardait l'Univers comme Dieu ou comme la cause universelle et improduite de tous les effets, donnait une âme et une intelligence au Monde et c'était à cette âme intelligente qu'appartenait proprement la Divinité. Dieu, suivant lui, établissait son principal siège dans la substance éthérée, dans cet élément subtil et lumineux qui circule avec abondance autour du firmament, et qui de là se répand dans tous les Astres, qui par cela même partage la nature divine.

Dans le second livre de Cicéron sur la nature des Dieux, un des interlocuteurs s'attache à prouver par plusieurs arguments que l'Univers est nécessairement intelligent et sage. Une des principales raisons qu'il en apporte, c'est qu.'il n'est pas vraisemblable que l'homme, qui n'est qu'une iniiniment petite partie du grand Tout, ait des sens et de l'intelligence, et que le Tout lui-même, d'une nature bien supérieure à celle de l'homme , en soit privé.

« Une même sorte d'âmes, dit Marc-Aurèle, a été distribuée à tous les animaux qui sont sans raison et un esprit intelligent à tous les êtres raisonnables. De même que tous les corps terrestres sont formés d'une même terre, de même que tout ce qui vit et tout ce qui respire ne voit qu'une même lumière, reçoit et ne rend qu'un même air, de même il n'y a qu'une âme, quoiqu'elle se distribue en une infinité de corps organisés : il n'y a qu'une intelligence, quoiqu'elle semble se partager. Ainsi !a lumière du Soleil est une, quoiqu'on la voie dispersée sur les murailles, sur les montagnes, sur mille objets divers. »

Il résulte de ces principes philosophiques que la matière des corps particuliers se généralise en une matière universelle dont se compose le corps du Monde; que les âmes et les intelligences particulières se généralisent en une âme et en une intelligence universelle, qui meuvent et régissent la masse immense de matière dont est formé le corps du Monde.

Ainsi l'Univers est un vaste corps mu par une âme, gouverné et conduit par une intelligence, qui ont la même étendue et qui agissent dans toutes ses parties, c'est-à-dire, dans tout ce qui existe, puisqu'il n'existe rien hors l'Univers, qui est l'assemblage de toutes choses. Réciproquement, de même que la matière universelle se partage en une foule innombrable de corps particuliers sous des formes variées, de même la vie ou l'âme universelle , ainsi que l'intelligence, se divisant dans les corps, y prennent un caractère de vie et d'intelligence particulière dans la multitude infinie de vases divers qui les reçoivent : telle la masse immense des eaux, connue sous le nom d'Océan, fournit par l'évaporation les diverses espèces d'eaux qui se distribuent dans les lacs, dans les fontaines , dans les rivières, dans les plantes, dans tous les végétaux et les animaux, où circulent les fluides sous des formes et avec des qualités particulières, pour rentrer ensuite dans le bassin des mers, où elles se confondent en une seule masse de qualité homogène. Voilà l'idée que les Anciens eurent de l'âme ou de la vie et de l'intelligence universelle, source de la vie et des intelligences distribuées dans tous les êtres particuliers, à qui elles se communiquent par des milliers de canaux.

C'est de cette source féconde que sont sorties les intelligences innombrables placées dans le Ciel, dans le Soleil, dans la Lune, dans tous les Astres, dans les Éléments, dans la Terre, dans les Eaux, et généralement partout où la cause universelle semble avoir fixé le siège de quelque action particulière et quelqu'un des agents du grand travail de la Nature. Ainsi se composa la cour des dieux qui habitent l'Olympe, celles des Divinités de l'Air, de la Mer et de la Terre; ainsi s'organisa le système général de l'administration du Monde, dont le soin fut confié à des intelligences de différents ordres et de dénominations différentes, soit dieux , soit génies, soit anges, soit esprits célestes, héros, ireds, azes, etc.

Rien ne s'exécuta plus dans le Monde que par des moyens physiques, par la seule force de la matière et par les lois du mouvement : tout dépendit de la volonté et des ordres d'agents intelligents. Le conseil des dieux régla le destin des hommes, et décida du sort de la Nature entière, soumise à leurs lois et dirigée par leur sagesse. C'est sous cette forme que se présente la théologie chez tous les peuples qui ont eu un culte régulier et des théogonies raisonnées.

Le sauvage, encore aujourd'hui, place la vie partout où il voit du mouvement, et l'intelligence dans toutes les causes dont il ignore le mécanisme, c'est-à-dire, dans toute la Nature : de là l'opinion des Astres animés et conduits par des intelligences ; opinion répandue chez les Chaldéens, chez les Perses, chez les Grecs et chez les Juifs et les Chrétiens ; car ces derniers ont placé des anges dans chaque astre, chargés de conduire les corps célestes et de régler le mouvement des sphères.

Les Perses ont aussi leur ange Chur, qui dirige la course du Soleil; et les Grecs avaient leur Apollon, qui avait son siège dans cet astre. Les livres théologiques des Perses parlent des sept grandes intelligences sous le nom d'Amschaspands, qui forment le cortège du dieu de la Lumière, et qui ne sont que les génies des sept planètes. Les Juifs en ont fait leurs sept archanges, toujours présents devant le Seigneur. Ce sont les sept grandes puissances qu'Avenar nous dit avoir été préposées par Dieu au gouvernement du Monde, ou les sept anges chargés de conduire les sept planètes; elles répondent aux sept ousiarques, qui, suivant la doctrine de Trismégiste, président aux sept sphères. Les Arabes, les Mahométans, les Cophtes, les ont conservées. Ainsi, chez les Perses, chaque planète est surveillée par un génie placé dans une étoile fixe : l'astre Taschter est chargé de la planète Tir ou de Mercure, qui est devenu l'ange Tiriel, que les cabalistes appellent l'intelligence de Mercure ; Hafrorang est l'astre chargé de la planète Behram ou de Mars, etc. Les noms de ces astres sont aujourd'hui les noms d'autant d'anges chez les Perses modernes.

Au nombre sept des sphères planétaires on a ajouté la sphère des fixes et le cercle de la Terre ; ce qui a produit le système des neuf sphères. Les Grecs y attachèrent neuf intelligences, sous le nom de Muses, qui, par leur chants, formaient l'harmonie universelle du Monde. Les Chaldéens et les Juifs y plaçaient d'autres intelligences, sous le nom de Chérubins et de Séraphins, etc., au nombre de neuf chœurs, qui réjouissaient l'Éternel par leurs concerts.

Les Hébreux et les Chrétiens admettent quatre anges chargés de garder les quatre coins du. Monde. L'astrologie avait accordé cette surveillance à quatre planètes; les Perses, à quatre grandes étoiles placées aux quatre points cardinaux du Ciel.

Les Indiens ont aussi leurs génies, qui président aux diverses régions du Monde. Le système astrologique avait soumis chaque climat, chaque ville à l'influence d'un astre. On y substitua son ange, ou l'intelligence qui était censée présider à cet astre et en être l'âme. Ainsi les livres sacrés des Juifs admettent un ange tutélaire de la Perse, un ange tutélaire des Juifs.

Le nombre douze ou celui des signes donna lieu d'imaginer douze grands anges gardiens du Monde, dont Hyde nous a conservé les noms. Chacune des divisions du temps en douze mois eut son ange, ainsi que les Éléments. Il y a aussi des anges qui président aux trente jours de chaque mois. Toutes les choses du Monde, suivant les Perses, sont administrées par des anges, et cette doctrine remonte chez eux à la plus haute antiquité.

Les Basilidiens avaient leurs trois cent soixante anges qui présidaient aux trois cent soixante cieux qu'ils avaient imaginés. Ce sont les trois cent soixante Éons des gnostiques.

L'administration de l'Univers fut partagée entre cette foule d'intelligences, soit anges, soit izeds, soit dieux, héros, génies, gines, etc. ; chacune d'elles était chargée d'un certain département ou d'une fonction particulière : le froid, le chaud, la pluie, la sécheresse, les productions des fruits de la terre, la multiplication des troupeaux, les arts, les opérations agricoles, etc., tout fut sous l'inspection d'un ange.

Bad, chez les Perses, est le nom de l'ange qui préside aux vents, Mordad est l'ange de la mort. Aniran préside aux noces. Fervardin est le nom de l'ange de l'air et des eaux. Curdat, le nom de l'ange de la terre et de ses fruits. Cette théologie a passé chez les Chrétiens. Origène parle de l'ange de la vocation des Gentils, de l'ange de la grâce. Tertullien, de l'ange de la prière, de l'ange du baptême, des anges du mariage, de l'ange qui préside à la formation du fœtus. Chrysostôme et Basile célèbrent l'ange de la paix. Ce dernier dans sa liturgie, fait mention de l'ange du jour. On voit que les Pères de l'Église ont copié le système hiérarchique des Perses et des Chaldéens.

6 ème partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by - dans DIEU
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