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Lundi 24 décembre 2007

Alchimie et évolution spirituelle


par Fernand Schwarz



LES ORIGINES DE L'ALCHIMIE SE PERDENT DANS LA NUIT DES TEMPS

Le mot alchimie évoque bien souvent la célèbre image du Moyen-Age qui nous montre un vieil homme affairé dans son laboratoire, autour d'instruments plus mystérieux les uns que les autres, et dont on dit qu'une seule obsession l'habitait : découvrir la pierre philosophale.

Or il s'avère que cette science des transmutations, qu'il s'agisse des métaux ou des plantes, n'était étrangère ni aux Arabes, ni aux Egyptiens, ni même aux Chinois ou aux peuples de l'Amérique précolombienne. Par sa caractéristique fondamentale qui est de construire une vision symbolique des mutations naturelles, elle prendrait ses racines dans les origines mêmes de l'homme.

Toutes les traditions magico-religieuses qui nous viennent de la plus haute antiquité, traduisent en effet le souci constant de nos ancêtres de donner un sens profond aux mutations naturelles, qu'ils en aient été les témoins ou les protagonistes.

Prenons par exemple l'extraction des métaux. Pour l'homme dit "primitif", le métal est le coeur vivant de la pierre inanimée. L'extraire de sa gangue matérielle n'est autre que décomposer et recomposer la nature par une suite de purifications. Face à la pierre brute, symbole d'inertie, de "lumière morte", le métal pur oppose son extraordinaire souplesse ainsi que sa dureté, toutes deux symboles d'une matière capable d'épouser les formes de l'esprit.

L'alchimie est donc, avant tout, la science et l'art des transmutations.

Elle apporte un changement profond à la nature des choses tout en restant dans un cadre naturel. Elle est en ce sens une science de l'être.

L'ALCHIMIE N'EST PAS UNE SCIENCE OBJECTIVE

On a souvent voulu donner à l'alchimie la qualité d'ancêtre de la chimie. Or cette conception de l'alchimie ne peut en aucun cas nous conduire à sa compréhension, la chimie étant une toute autre approche des phénomènes naturels.

Certes, dans un cas comme dans l'autre, il est question des mutations naturelles. Mais, alors que la chimie est basée sur l'observation des phénomènes, que sa démarche va donc de l'extérieur (observateur) vers l'intérieur de la matière (composants), l'alchimie aborde les phénomènes de l'intérieur vers l'extérieur, donc de l'essence vers l'apparence formelle.

Avec la chimie, nous pouvons parler de transformations, étudier le changement d'apparence des êtres et établir une classification basée sur le principe d'identité : A est A mais ne peut être B dès lors qu'ils diffèrent par la forme. Avec l'alchimie s'ouvrira à nous le mystère de la transmutation, accessible par le pouvoir d'analogie entre l'observateur et l'être en devenir. Il s'agit là de deux voies complémentaires dans l'accès à la compréhension de la vie, l'alchimie intégrant la chimie par le fait qu'elle traite, en dernier lieu, des transformations inhérentes à toute transmutation.

Il est aisé de comprendre, en effet, qu'un homme peut se transformer facilement s'il utilise toute sorte de déguisements, du plus grossier au plus noble, mais qu'il lui coûtera bien plus de changer sa nature profonde pour que la noblesse lui soit plus naturelle que la grossièreté...

Tel est le passionnant challenge qui s'offre à celui qui désire comprendre l'alchimie.

QUE SIGNIFIE COMPRENDRE UNE CHOSE DE L'INTÉRIEUR ?


Une science objective suppose l'acquisition d'une technique précise, sorte d'interface entre l'observateur et l'observé. Les résultats obtenus ne prennent nullement en compte l'état d'âme de l'observateur, celui-ci devant rester le plus "distant" possible par souci d'objectivité. C'est pourquoi il peut même être remplacé par un ordinateur.

Cette mécanique de l'esprit est accessible à tous sans profonde remise en question et c'est ce qui fait que la pédagogie d'une telle science est relativement simple.

Le langage alchimique semble être aux antipodes et nous nous trouvons devant une toute autre forme de pédagogie.

Le langage alchimique est en effet une poétique qui fait appel essentiellement à l'imagination :

on ne décrypte pas un texte alchimique comme un énoncé de mathématiques. Bien souvent il s'agit de rébus, d'histoires fantastiques mettant en scène des créatures qui n'existent que dans l'imaginaire. Ceci est déroutant et peut être un obstacle pour celui qui ne fera pas l'effort d'imaginer. Comprendre de l'intérieur implique donc que son propre monde intérieur soit suffisamment riche d'images symboliques, prêtes à entrer en résonance avec les suggestions du texte. On ne pourra comprendre si on ne voit pas ce qui est suggéré. Pourquoi cette apparente barrière qui fait parfois de l'alchimie une science rébarbative ?

Simplement, rappelons-le, parce qu'il s'agit de comprendre l'être vivant sans l'ouvrir, donc sans le faire mourir.

L'alchimie est un art avant d'être une technique. C'est l'art de l'amour, l'art royal comme disaient les alchimistes du Moyen-Age et son caractère hermétique n'est autre que la marque du respect pour le vivant : on peut toucher quelqu'un par un simple contact physique mais ceci ne nous en donnera qu'une connaissance superficielle, passagère et aléatoire. Toucher son coeur nous ouvre au contraire sa véritable dimension, celle de l'être dont le corps n'est qu'un vêtement.

Ainsi, pour reprendre le langage symbolique, la connaissance alchimique s'établira par l'aptitude à faire vibrer notre corde intérieure en harmonie avec celle de l'être que l'on désire connaître, qu'il s'agisse d'un humain, d'un animal, d'une plante ou pourquoi pas d'une pierre.

Tout est vivant pour l'alchimiste. Son souci est d'apprendre l'art de dialoguer avec ce qui est vivant en chaque chose, donc avec ce qui pourra la faire muter.

L'ALCHIMIE OU L'ART DE LA CIRCULATION

Nous pouvons maintenant mieux comprendre le credo fondamental de l'alchimiste :

"Délivrer l'esprit par la matière et délivrer la matière par l'esprit".

Cette double délivrance s'exprime par l'existence d'une très grande circulation entre les régions les plus denses de l'être et celles des plus subtiles. C'est en cela que parler d'alchimie matérielle ou d'alchimie spirituelle est un non-sens. Toute créature est une symbiose entre une idée et une substance. L'alchimie s'intéresse au rapport qui les unit, rapport qui ne peut être que paradoxal étant donné le caractère antithétique de ces deux mondes. Seule l'idée de la circulation peut soutenir ce paradoxe. "Solve et coagula", une autre devise alchimique, illustre bien cette circulation. Dissoudre et recomposer autant de fois qu'il sera nécessaire jusqu'à obtenir la symbiose la plus parfaite entre matière et esprit : la pierre philosophale.

Toute créature, qu'elle soit minérale, végétale, animale ou humaine peut ainsi devenir pierre philosophale.

PENSÉE ET ACTION

L'esprit et la matière appellent chez l'Homme deux conduites différentes : penser et agir.

On pense par l'esprit et on agit sur la matière.

Mais savons-nous vraiment relier tous nos actes à nos pensées et faire de nos actions le ferment de nouvelles idées ? Aussi simple qu'il paraisse, ce paradoxe est en fait la clé de toute oeuvre alchimique. Comment faire pour avoir la motivation nécessaire, exprimée en terme d'énergie, pour transformer son environnement selon l'idéal qu'on s'en fait.

En nos temps où l'outil devient de plus en plus déconnecté de la matière (citons par exemple l'informatique), mettre une idée en action devient toujours plus difficile et l'on voit souvent l'Homme renoncer à ses projets quand il ne renonce pas tout simplement à ses idéaux.

Or il n'y a que l'effort de concrétisation de nos idées qui puisse nous faire changer profondément.

Nous sommes le résultat de nos oeuvres. Modifier l'oeuvre c'est se modifier soi-même. C'est un gage d'épanouissement, et c'est en tout cas la meilleure "recette" anti-stress qui soit. Ne pas le faire est source de blocages intérieurs, d'amertume et de découragement. L'homme écartelé entre la pensée idéaliste et sa réalité concrète n'a plus d'autre échappatoire que le repli sur lui-même, dans un état qui se situe aux antipodes de l'amour : il agira sans conviction et pensera sans le souci d'une concrétisation. Devant lui se fermera inéluctablement l'accès au mystère alchimique.

COMMENT RÉCONCILIER L'INCONCILIABLE ?

Toute union peut se traduire en termes d'amour. Le problème de la circulation entre l'esprit et la matière se situe donc dans un plan qui n'est ni l'un, ni l'autre, une sorte d'intermonde caractérisé par l'affectivité. Toute paralysie dans la circulation exprime un "blocage de l'affectif". Lorsque par exemple nous sommes paralysés, en proie à la panique, nous sommes tous simplement bloqués affectivement : la solution qui pourrait nous sauver et qui se situe dans le plan mental (ex. : si je suis agressé je ferai ceci et cela !...) ne trouve aucun chemin ouvert pour atteindre le moteur de l'action.

Or ce chemin ne peut être qu'imagination. S'imaginer avec force ce qu'il faut faire pour franchir un obstacle permettra d'enclencher le moteur et d'agir. C'est ce même contact que l'on retrouve dans toutes les traditions lorsqu'elles nous présentent le monde dans une division ternaire et trifonctionnelle.

L'INTERMONDE, SIEGE DE L'IMAGINATION


Nous pouvons concevoir, dans la continuité de ce que nous venons d'exposer, que l'univers vivant auquel l'homme appartient fonctionne grâce à l'interaction de la pensée et de l'action dans un intermonde que nous appellerons, pour reprendre l'expression d'Henri Corbin, l'Imaginal.

PENSÉE

Principes, Archétypes, Modèles atemporels

IMAGINAL

Rêve, Conception, Symboles

ACTION

Concrétisation, Matière, Temporalité

Le monde imaginal est aussi réel qu'un objet ou qu'une idée peuvent l'être. Sans lui nous serions comme l'animal, incapables de croire par exemple au cinéma, de nous mettre à rire ou à pleurer parce qu'une simple image projetée sur un écran est en train d'évoquer comme contenu émotionnel ou affectif en nous-mêmes.

Monde des images que l'on conçoit en rêve ou dans l'état de veille,

l'Imaginal est le lieu de tous les paradoxes.

Il est donc à la fois cette région dangereuse par les fantômes qu'elle abrite mais aussi ce jardin secret, situé hors du temps, véritable âge d'or d'où nos actions puiserons l'enthousiasme comme on puise à une source d'énergie intarissable. Et quel homme pourrait vivre sans cet apport d'images structurantes qui donnent un sens à la vie depuis le plus petit grain de sable jusqu'à l'immensité de l'univers ? N'est-ce pas dans ce monde que se situe la réalité humaine, celle d'un acteur jouant un personnage dans le théâtre de la vie ?

L'IMAGINATION CRÉATRICE, LIEU DE L'ÉVOLUTION SPIRITUELLE

Revenons à cette conception de l'alchimie en tant que circulation incessante d'énergie. Nous parlions précédemment de cordes à faire vibrer en nous-mêmes pour faire vibrer tout ce qui nous entoure. Ces cordes sont nos images intérieures, quintessences du monde concret qui feront par exemple d'un arbre le symbole éternel de l'axe du monde, mais elles sont aussi les puissances de condensation des idées dans nos actes. Etre capables d'extraire de nos actes une énergie qui dépasse l'acte lui-même nous rend légers dans la plénitude de l'être. Agir autrement n'est que source d'usure dont nous sortirons vides et inanimés. L'art alchimique dégage un plus comme la transmutation de la matière dégage une énergie excédentaire. L'important est que cette énergie puisse être contrôlée pour qu'elle ne soit pas à l'image d'une bombe atomique, dispersée à tout vent et perdue à jamais.

"Solve et coagula" :

se transporter par l'enthousiasme d'un acte qui vivifie notre imagination et rassembler ces énergies pour les recycler dans de nouvelles actions, tel pourrait se définir l'art royal.

Alors le mystère de la pierre philosophale se dévoile à nos yeux comme l'être accompli dans la circulation des énergies et l'art de transfigurer tout ce qu'il vient à toucher : la pierre philosophale dans le règne minéral transmutera le plomb en or, dans le règne végétal elle accélérera la fabrication des élixirs et sur le plan humain elle sera cet être de lumière capable, par sa seule présence, d'ouvrir le coeur des hommes en quête de leur propre sommet. Comment comprendre autrement que le Christ ait pu être comparé, au Moyen-Age, à cette fameuse pierre philosophale ? Comment comprendre que d'autres hommes aient pu transfigurer à ce point l'histoire non seulement de leurs contemporains mais aussi des générations entières qui leur succédèrent ?

EN CONCLUSION

L'auteur nous rappelle la discipline inhérente à toute quête alchimique, véritable mise à l'épreuve du candidat. Cette discipline transparaît dans les lignes qui précèdent par le seul fait que nos lecteurs pourront se demander comment faire concrètement pour réaliser en soi cette pierre philosophale, source de toute évolution spirituelle. Ce à quoi l'auteur répondrait : "Demande-t-on comment on fait l'amour lorsque l'on désire s'unir à qui l'on aime ?"

L'amour, clé centrale de l'alchimie, ne devient affaire de technique que lorsqu'il est soit dévoyé au stade d'une jouissance plus qu'éphémère, soit lorsqu'il atteint un tel pouvoir de transfiguration que tout doit être mobilisé pour qu'il puisse irradier les couches les plus profondes des êtres. Entre ces deux extrêmes se situe le simple besoin du candidat. S'il désire connaître ce qui pour lui est devenu vital, la porte du mystère alchimique pourra s'ouvrir. Dans le cas contraire, simple curiosité intellectuelle, la porte restera close.

La question du "comment faire ?", intention artificielle née de l'intellect, cachera la réalité d'un "pourquoi ?" mal défini.

Pour citer Fernand Schwarz : "Celui qui n'a pas le pourquoi cherchera partout le comment". Et nous pourrions ajouter que de comment en comment cet homme perdra toujours plus l'opportunité de découvrir en lui le pourquoi.

Si les écoles initiatiques ont toujours imposé de dures épreuves à leurs candidats, il semble que c'était justement pour apprécier la nécessité qui était la leur d'acquérir cette connaissance : seraient-ils prêts, par la suite, aux sacrifices inhérents à toute transmutation intérieure ; seraient-ils suffisamment prudents pour être respectueux de l'extraordinaire savoir dont ils pourraient être les dépositaires ou seraient-ils de simples faussaires, enorgueillis de leurs diplômes mais incapables de ressentir la moindre compassion envers le drame de la vie ; et, pour citer une dernière devise alchimique, seraient-ils capables de :

"SAVOIR, POUVOIR, OSER ET PUIS SE TAIRE..."


Propos recueillis par Frédéric BLANCHARD

Sources Nouvelle Acropole

Posté par Adriana Evangelizt

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Alchimie
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Lundi 24 décembre 2007

 

 

À quoi sert la vie ?


par Fernand Schwarz

Tableau de Joséphine Wall


À quoi sert la vie ? Qu’est-ce que vivre ? Est-ce vivre en dépendant des circonstances, dans le confort, la satisfaction des pulsions et désirs ou est-ce agir en toute liberté, avec discernement et intelligence pour atteindre la sérénité et le bonheur ?

À qui sert la vie ?

La vie a la valeur que nous lui donnons, en fonction de ce que nous sommes. Pour une pierre, la vie sert à résister. Pour une plante, la vie sert à croître et à pousser. Pour un animal, la vie sert à sentir et à se faire plaisir. L’homme possède en lui des éléments minéraux, végétaux et animaux. Ce qui le différencie des trois règnes est la faculté qui lui permet de se poser la question : à quoi sert la vie ?

Pour Pierre Hadot, philosophe spécialiste de l’Antiquité, la philosophie n’est pas un système théorique mais une expérience vécue, une confrontation au réel, de ses idées, rêves et décisions et une remise en question, sans lesquelles il n’y a pas de vie.

La vie est un mouvement

Qu’est-ce que vivre ? Est-ce vivre en fonction de l’inertie des choses et de la facilité, ou vivre en se réalisant avec détermination, décision, responsabilité et intelligence ?

Vivre est un mouvement. Les choses sont vivantes parce qu’il y a mouvement. Mais si ce mouvement devient inertie, mécanicité, artificialité, répétition, dépendance, résistance et routine, la vie s’échappe et meurt. L’inertie est une force qui naît d’une autre : au billard, quand une boule en touche une autre, elle lui transmet sa force ; l’autre boule bouge par inertie et non par elle-même.

Pour sortir du confort, de la paresse, de la vie au jour le jour, de l’instinct de conservation qui nous protège, il faut prendre des risques, donner des finalités à nos mouvements. Plus ces finalités et ces rêves sont ambitieux, plus ils sont capables de nous mettre en mouvement.

Vivre en autonomie

La vie et le vivant se caractérisent par l’autonomie.

Le vivant se répare lui-même, panse ses plaies. Un objet ne peut pas le faire. Il faut une intervention humaine.

La vie s’auto-reproduit. Quand on se programme soi-même, on peut diriger son existence vers quelque chose d’autre. On peut se reproduire biologiquement ou par les idées et les sentiments. Un objet ne peut le faire.

La vie s’auto-régule et s’équilibre. C’est la base de l’écologie. Si notre corps n’arrivait pas à s’autoréguler, il serait tout le temps malade !

La vie sert à être en mouvement et à comprendre les lois du mouvement. Certains passent devant ces lois, en n’étant simplement qu’un effet de mouvement, comme la boule de billard. Ils courent derrière la vie mais ne vivent pas. Ils vivent de façon inconsciente et sont mus par les instincts et les pulsions D’autres s’interrogent : «Où vais-je, qui suis-je ? À quoi sert la vie ?» Ils cherchent une finalité, un sens. Ils s’émerveillent devant la vie, l’univers et tout ce qui les inspire et leur permet d’apprendre avec intelligence.

L’expression de la conscience

Le mouvement se trouve dans le mot «exprimer» qui veut dire faire sortir ce qu’on a de potentiel en soi pour le faire devenir.

Mais qu’exprime-t-on ? Ici intervient la notion de conscience. Nous pouvons exprimer ce que nous avons de bon et de bien en nous, notre besoin de reconnaissance sociale, notre désir de réalisation, notre quête du Bon, du Vrai, du Beau et du Bien et nous pouvons également exprimer le côté faux, artificiel et le laisser-aller. En résumé, exprimer l’être ou le paraître.

Socrate a inventé, en Occident, le concept de la conscience. Il dit : «J’ai en moi-même une petite voix, un daïmon, (pas un démon mais un génie, une conscience) qui me dit parfois ce qu’il ne faut pas faire mais pas ce qu’il faut faire.» Il y a une conscience en chacun de nous. Et parfois cette conscience fait souffrir et est refoulée dans l’inconscient, où elle continue encore à agir, même sans y penser, sur le corps ou les sentiments.

L’expression d’une destinée

L’expression implique l’acceptation de se confronter aux autres et d’expérimenter pour pouvoir améliorer ce que nous pensons être ou devenir. Vivre c’est exprimer ce qui est positif, créatif, harmonieux, simple mais beau et bon. Ce n’est pas s’exprimer sous l’effet de la pulsion ou du désir, c’est-à-dire se défouler et engendrer la violence pour soi et les autres. Exprimer une destinée n’est pas exprimer l’avenir ni l’horoscope. D’un point de vue philosophique, les auteurs classiques antiques expliquent que dans le théâtre des mystères, le genre de la tragédie grecque exprime l’histoire d’un personnage qui a le choix entre vivre tranquille et accomplir un exploit, qui le transcende, le transforme, parfois au prix de sa vie. Nous avons tous en potentiel une destinée. Celle-ci s’exprimera à condition de choisir de ne pas faire comme tout le monde, d’assumer sa propre vie, d’être ce que nous voulons devenir et non devenir ce que les autres attendent de nous. La vie, c’est affronter l’inconnu, accepter le mystère, vivre avec.

Le pouvoir de vie et de liberté

Un mouvement pour exprimer une destinée rappelle la maïeutique de Socrate ou l’art d’accoucher les âmes, c’est-à-dire se faire naître soi-même, vivre, chercher en soi-même un potentiel, un rêve, et le devenir. C’est ce que prône la philosophie pratique, expérimentale, art de vivre au quotidien et non la philosophie spéculative et académique.

Comme le dit Hegel, la vraie conscience n’est pas une faculté théorique mais un pouvoir de vie et liberté. La vie sert à exprimer un pouvoir sur soi-même qui affranchit vers la liberté. Pour qu’un être humain devienne libre, il ne doit être conditionné ni par les circonstances ni par ses passions. Il doit décider et agir avec intelligence.

On peut vivre comme un animal, une pierre ou un arbre. Pour vivre comme un être humain, il faut avoir de l’esprit. D’un point de vue philosophique, le mot esprit est cette capacité que nous avons de comprendre et de nous libérer du monde. Cette faculté peut être associée à l’intelligence (intellegere : pouvoir entrer). L’esprit permet à l’humain de comprendre le réel, d’agir sur lui en devenant indépendant des circonstances et non en étant submergé par elles. On garde notre esprit clair malgré les situations. La spiritualité est un combat pour garder l’intelligence, le discernement et la possibilité de voir les choses dans leur unité et non dans leur partialité. La raison nous permet de couper les choses, l’intelligence permet de les réunir. Vivre intelligemment n’est pas seulement vivre raisonnablement.

La finalité de la vie est pour chacun le bonheur. Non pas un bonheur immédiat, éphémère, satisfait par la pulsion, mais ce que Socrate appelle eudemonia, un état intérieur de sérénité, de sagesse et de calme, un état d’être sans attachement, tout en gardant sa faculté de discernement. Une opportunité pour chacun d’être heureux.

Sources Nouvelle Acropole

Posté par Adriana Evangelizt

 






par Adriana Evangelizt publié dans : HERMETISME
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Lundi 24 décembre 2007

 

"Se tenir à l'écart de la mort est mauvais pour l'homme."

 

Par Fernand Schwarz

Président de la Fédération française des Nouvelle Acropole

Tableau de Duncan Long

 

Cette phrase de sagesse égyptienne, extraite des Textes des Pyramides, montre que les Ègyptiens avaient déjà compris que ce n'était pas en refusant l'idée de la mort que l'on pouvait bien réussir sa vie. En cela, ils se situaient à l'opposé de nos sociétés occidentales contemporaines qui veulent à tout prix occulter la mort, jusqu'à occulter leurs propres vieillards et tout ce qui pourrait rappeler cette confrontation inéluctable à soi-même et au temps.

 

L'on sait pourtant que c'est au moment où les hommes ont intégré la mort dans leur vie, à travers les rites funéraires, que l'homme est devenu véritablement humain. La conscience, telle que nous l'entendons, a pu émerger, devenant capable de faire face aux contradictions nées de l'impermanence de notre vie terrestre. À travers la prise de conscience de la mort, il est devenu possible de se questionner sur l'avenir, sur l'ici et l'ailleurs, et d'accepter les nécessaires transformations de l'existence en apprenant à mourir plusieurs fois dans une vie : mourir à l'ignorance, aux préjugés, à certains sentiments, etc. La mort-anéantissement peut alors devenir mort-transfiguration et stimuler la vie.

Se tenir à l'écart de la mort

Se tenir à l'écart de la mort, c'est d'abord se tenir à l'écart des autres. C'est ne pas vouloir regarder ni affronter les symptômes de la fin de l'existence : la douleur, la maladie et la vieillesse, jusqu'au point même, dans nos sociétés modernes, de réserver des quartiers aux personnes âgées. Ce refus nous isole des autres, entraînant un déracinement par rapport à nos familles, nos parents et nos enfants et une perte de solidarité générale.

Se tenir à l'écart de la mort, c'est aussi refuser la difficulté. C'est aussi vouloir fuir dans la quête de paradis artificiels, tels que l'utopie de l'éternelle jeunesse, cultivée grâce à des moyens technologiques de plus en plus sophistiqués. Nous vivons dans des sociétés qui cherchent à tel point l'effacement de la douleur, associée au vieillissement et à la mort, que nous sommes devenus très fragiles. Non seulement sommes-nous devenus petit à petit inaptes à supporter la souffrance, qu'elle soit physique ou psychologique, mais avons-nous également perdu de notre capacité à développer une force morale qui nous permette de faire face aux difficultés. Nous ne savons plus être sage parce que nous ne savons plus être vieux, comme le vieillard des sociétés traditionnelles, qui est sage parce que capable de résister à la difficulté.

Se tenir à l'écart de la mort, c'est encore perdre sa créativité. Du point de vue anthropologique, intégrer la mort dans la conscience, implique l'imagination en plus de la mémoire. Pour représenter quelque chose qu'il ne peut pas voir, quelque chose qui existe pourtant et qu'il ressent, l'homme commence à symboliser. C'est ainsi que l'émergence de la conscience de la mort a produit la découverte de la dimension du sacré et de l'art, associé depuis la nuit des temps aux rites funéraires. 

La mort cohabite avec nous tous les jours. Mieux vaut donc apprendre à l'apprivoiser pour qu'elle nous aide à nous transfigurer. C'est dans cette dialectique quotidienne que l'homme se transcendera et deviendra véritablement lui-même.

 

 

 

Sources Nouvelle Acropole
 

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : HERMETISME
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Lundi 24 décembre 2007

LES SERPENTS ET LES DRAGONS VOLANTS

 

Par R. A. Boulay
Traduction Polo Delsalles
18ème partie
17ème partie
16ème partie
15ème partie
1ère partie

 

Chapitre 9

LES REPHAIM DE LA PALESTINE DE L'OUEST : LES PHILISTINS

Selon la tradition biblique, la terre des Philistins comprenait cinq villes fortifiées qui dominèrent les terres environnantes aussi loin que Bersabée et Debir. Leurs villes principales d'Ashdod, Éqrôn, Gat, Gaza et Ashqelon avaient repoussé tous les efforts des Israélites pour les déloger après l'Exode et dans la période qui suivit, surgissant de leurs citadelles, ils harcelèrent les tribus continuellement avec leurs chariots.

Le livre de Josué, chapitre 11, appelle ces Philistins, Anaqim ; Jérémie, chapitre 47, les appelle le reste des Anaqim. Qui donc sont ces Philistins, qu'on disait être apparentés aux Anaqim ? [Note de l' éditeur : Comme nous le savons des recherches de Zecharia Sitchin, les Anaqim de la Bible sont les mêmes êtres que les Anounnaki des registres sumériens.]

Le livre de la Genèse, chapitre 10, déclare que les Philistins furent des descendants de Kaphtor ou Crétins qui colonisèrent les régions côtières, déplaçant ainsi les Avvites natals. En fait, une référence curieuse dans le livre d'Amos indique que la divinité emmena les ancêtres des Philistins de Crète et les installa à Canaan, comme elle fit sortir les Israélites de la terre d'Égypte. Dans ce sens, il semble être un peuple « choisi ».

Ces individus de Crète se marièrent avec les Rephaïm, produisant une race de guerriers acharnés qui, pour les Hébreux, furent connus sous le nom de Philistins. Leur territoire chevaucha celui des Amalécites au sud et celui des Anaqim à l'ouest ; à certains moment, les Saintes Écritures semblent confondre les noms de ces trois groupes de gens.

Les Philistins furent aussi apparentés ou du moins alliés, aux gens des villes côtières du Nord, connus plus tard comme les Phéniciens. Jérémie 47 indique ceci en prophétisant le destin des Philistins :

« Les pères ne regardent plus leurs enfants, leurs mains défaillent, à cause du Jour qui est arrivé où tous les Philistins seront anéantis, où Tyr et Sidon verront abattre jusqu'à leurs derniers alliés. Oui, Yahvé anéantit les Philistins, le reste de l'île de Kaphtor. La tonsure a été infligée à Gaza, Ashqelon est réduite au silence. Toi qui restes de leur vallée, jusqu'à quand te feras-tu des incisions ? »

Les Philistins occupèrent le pays montagneux de l'ouest depuis le temps d'Abraham. Après la destruction de Sodome et les autres villes de la vallée de Siddim, Abraham et sa famille s'établirent près de Bersabée. Pour vivre là, ils devaient payer le tribut et faire un traité avec Abimélek, le roi des Philistins, qui contrôlait apparemment la région à ce temps.

Abraham dut acheter un droit de propriété et obtenir l'autorisation d' y vivre. Après que le pacte fut scellé, « Abimélek se leva, avec Pikol, le chef de son armée, et ils retournèrent au pays des Philistins ». Cette déclaration dit que les Philistins ne vivaient pas là mais contrôlaient la terre : il est aussi évident que la présence du chef des troupes d'Abimélek signifiait qu'ils avaient en place une grande force militaire pour faire respecter leurs revendications.

LE LIEN AMALÉCITE-HYKSOS

On croit que l'Exode survint au milieu du 15ème siècle avant J.-C., à un temps de catastrophes naturelles qui détériorèrent la fin du Royaume Central d'Égypte. Ce fut une période de chaos qui permit à Moïse de mener une armée de réfugiés pour tenter d'atteindre la terre de Canaan. [Note de l'éditeur : Cette période de chaos, incluant le cataclysme Thera/Santorini et le changement de l'axe polaire, ne s'est pas produite pendant le 15ème siècle mais plus tôt pendant le 16ème siècle avant J.-C. Voir « Ages In Chaos » du Dr Immanuel Velikovsky. Cet « âge de chaos » fut causé par le retour de la planète Nibirou pour son dernier périhélie, se poursuivant jusque environ 700 avant J.-C.]

La chute complète et subite du gouvernement et du pouvoir militaire en Égypte permit aux Amalécites de facilement pénétrer le pays de leur position dans le Néguev. Dans leurs tentatives de pénétrer la terre de Canaan, les réfugiés sous Moïse rencontrèrent cette force irrésistible de guerriers professionnels. Ils furent aussi en mouvement, mais vers l'ouest.

Une bataille féroce à Rephidim et de nombreuses escarmouches convainquit Moïse qu'ils ne pouvaient pas pénétrer cette armée redoutable. Les Amalécites colonisèrent le delta de l'Égypte et l'occupèrent presque sans opposition par un gouvernement en désintégration et une armée désorganisée.

Laissant l'Égypte, les Israélites entrèrent dans le désert de Shur et semblaient se diriger vers la terre de Canaan par l'itinéraire le plus direct. Ils campèrent près de Rephidim « le 15ème jour du deuxième mois » après avoir laissé l'Égypte.

C'est ici qu'ils affrontèrent le corps principal des Amalécites. Bien que Moïse l'ait réclamé comme une victoire, ils furent, à un certain moment, très près de la défaite. Ce ne fut qu'un d'une série de batailles avec les Amalécites.

La force émigrante menée par Moïse fut continuellement harcelée par les descendants des Rephaïm telle que racontée dans Deutéronome 25 :

« Rappelle-toi ce que t'a fait Amaleq quand vous étiez en chemin à votre sortie d'Égypte. Il vint à ta rencontre sur le chemin et, par derrière, après ton passage, il attaqua les éclopés... »

La férocité des attaques d'Amaleq ferma l'approche directe vers Canaan à Rephidim. De plus, ils seraient bloqués de nouveau avant qu'ils aient décidé de tourner vers le sud et tenter un itinéraire plus indirect vers la Palestine. C'est alors qu'une malédiction fut placée sur Amaleq, telle que narrée dans le livre de l'Exode, chapitre 17 :

« Écris cela dans un livre pour en garder le souvenir, et déclare à Josué que j'effacerai la mémoire d'Amaleq de dessous les cieux ».

La barbarie des attaques d'Amaleq est décrite dans les travaux du Haggadah. Cette bataille eut lieu apparemment après que les Amalécites eurent capturé les villes du delta égyptien. À cet endroit, ils avaient obtenu les archives où les Hébreux avaient vécu et leurs listes de descendance, le nom de leurs chefs et des différentes familles.

Les Amalécites se montrèrent devant les camps israélites et les accablèrent de sarcasmes en les appelant par leur nom et leur demandant de venir faire la paix avec eux et de transiger des affaires. Ceux qui prirent l'appât et répondirent à l'appel furent tués et leurs corps furent horriblement mutilés. [Note de l'éditeur : N'est-ce pas étonnant le nombre d'horreurs, de tueries et d'effusions de sang que cette planète a connu ? !]

Forcés de retourner dans le désert, les Israélites passèrent quarante ans avant qu'ils puissent entrer à la terre de Canaan par l'itinéraire indirect à travers la Cisjordanie. [Note de l'éditeur : Tel que déjà noté, à l'époque, le terme « quarante » fut une expression familière qui signifiait un « beaucoup » ou « longtemps ».]

S'installant parmi les Rephaïm et leurs alliés, les tribus hébraïques restèrent à la merci des Amalécites et leurs alliés pour la période de 400 ans, connues comme le temps des Juges. [Note de l'éditeur : La Bible affirme que la période de temps entre l'Exode et l'achèvement du Temple de Salomon à Jérusalem fut de 480 ans. Cependant, lorsque la chronologie exacte d'année par année de cette période est analysée, il devient apparent que cette période de 480 ans ne fut qu'une évaluation approximative. De nouveau, voir « Ages In Chaos » du Dr Immanuel Velikovsky, aussi bien que le traité, « June 15, 762 BCE : A Mathematical Analysis of Ancien History » par cet éditeur, publié par, « The Velikovskyan : A Journal of Myth, History and Science, August 1994 ». Ce traité sera bientôt reproduit dans son intégralité et disponible à mon site internet.]

Les Amalécites ne furent pas juste une confédération désunie de tribus nomades telle que suggérée par plusieurs commentateurs bibliques. Il existe un grand nombre de références bibliques qui débattent ce point de vue. Les plus importants sont les suivants. Nombres 24 déclare qu'à un certain moment, ce fut prédit d'Israël que, « leurs rois s'élèveront au-dessus d'Agag ». Cette déclaration dit qu'Agag, le dernier roi amalécite, fut si grand que les futurs rois d'Israël seraient mesurés contre lui. On ne dirait pas cela d'un simple chef de tribu.

Deuxièmement, lorsque Agag fut capturé par Saül, il était connu comme « Agag, le roi des Amalécites » (1 Samuel 15:8). Agag fut non seulement très grand mais aussi un roi. Si Agag fut un roi si puissant, alors il s'ensuit qu'il dut mener une grande nation.

Une troisième référence révèle que Saül assiégea et battit les Amalécites à un endroit appelé « la ville d'Amaleq » (1 Samuel 15:5). Logiquement, un prince si puissant menant une grande nation devait avoir une grande ville comme capitale. Ces preuves ne décrivent pas un groupe de tribus nomades désorganisées. Cela démontre que les tribus hébraïques furent contre une nation très puissante.

LE RÈGNE DES ROIS HYKSOS EN ÉGYPTE

Le pays que le Hyksos conquit fut une terre dévastée par des calamités naturelles. Après la perte du Pharaon et de son armée, il n'y avait plus de résistance et les envahisseurs colonisèrent la région du delta sans opposition. De là, ils allèrent vers le sud, conquérant les villes et les nomes (divisions administratives), plaçant des rois en tutelle pour gouverner les provinces.

Bien que l'Ancien Testament attribue la destruction de l'armée égyptienne à la poursuite des Hébreux en fuite, il est plus vraisemblable qu'elle fut détruite tentant d'arrêter l'invasion des Hyksos.

Occupant la vallée du Nil, les Hyksos construisirent une ville capitale forteresse à Avaris, située traditionnellement dans le delta, mais plus probablement située dans le Wadi El-Arish, aussi appelé le ruisseau d'Égypte, qui fut la frontière historique entre l'Égypte et la Palestine.

La capitale Hyksos fut stratégiquement située pour défendre les approches en Égypte de l'est, la direction des invasions dans le passé. En fait, puisque les Hyksos ou les Amalécites furent presque partout en Palestine aussi bien qu'en Égypte, l'emplacement dans le Wadi El-Arish leur permettait de contrôler la Palestine aussi bien que l'Égypte.

Les Hyksos ou « rois étrangers » ne sont pas mentionnés dans l'Ancien Testament par ce nom, mais des preuves archéologiques de leur occupation existent partout en Palestine et en Syrie--leurs villes forteresse de conception unique. Ce type de forteresse défense se trouve dans le delta de l'Égypte, partout dans la terre de Canaan et aussi au nord que l'Anatolie. Vraiment, les gens qu'on appelait les Hyksos furent connus dans l'Ancien Testament par un autre nom.

Une grande partie de l'information disponible sur les Hyksos provient de Josèphe, qui dans « Contre Apion », cite l'historien égyptien Manéthon sur le caractère de ces gens et leurs effets sur la culture égyptienne :

« Il vint, de manière surprenante, des hommes de naissances ignobles des parties de l'est qui eurent l'audace de faire des expéditions à notre pays et, avec une grande facilité, le subjugua par la force sans se hasarder dans aucune bataille. Alors, quand ils subjuguèrent nos dirigeants, ils brûlèrent nos villes par la suite et démolirent le Temple des Dieux et, utilisèrent tous les habitants de manière barbare ».

Josèphe raconte ensuite comment ils nommèrent un roi dont le nom fut Salatis qui fit sa capitale à Memphis. Il recouvra le tribut des deux régions, l'Égypte supérieur et inférieur et laissa des garnisons à des endroits stratégiques lui donnant le contrôle sur la terre entière. Josèphe déclare aussi que, craignant une invasion de l'est par les rois de l'est, il fonda la ville forteresse d'Avaris pour se protéger contre cette menace potentielle. Logiquement, elle serait à l'est du Delta où elle pourrait protéger les approches en Égypte.

On crédite les Hyksos avec l'introduction du chariot de guerre, de nouveaux types d'épées et d'arcs solides. Avec leurs armes supérieures et leur nature impitoyable, ils furent capables d'imposer leur volonté sur les Égyptiens pendant 400 ans, une période qui est l'équivalent de celle des Juges en Palestine.

LA VIE EN PALESTINE PARMI LES AMALÉCITES

Avec certains peuples natals comme alliés, les Amalécites contrôlèrent Canaan avec une main de fer. Les Saintes Écritures révèlent que les tribus hébraïques durent s'installer et vivre parmi les Amalécites qui habitaient et contrôlaient les plaines de Judée. Dans d'autres régions, ils attaquèrent souvent et harcelèrent les Hébreux, quelquefois conjointement avec d'autres peuples.

Selon le livre des Juges, ils se joignirent à Moab contre les Israélites pour capturer la ville de Jéricho ; une autre fois, ils se battirent avec les Hébreux qui vivaient dans la vallée de Yizréel.

Puisque la plupart des villes de Canaan furent entre les mains des gens natales, les émigrants hébreux furent forcés de coloniser dans des régions moins désirables entre les villes. Dans ces endroits, ils furent vulnérables aux attaques périodiques de toutes les directions. La plupart des tribus exprimèrent la frustration parce que les villes et les terres qui furent assignées par Josué furent encore sous le contrôle des gens natals.

Ainsi, la tribu de Manassé vivait parmi les villes fortifiées de Bet-Sheân , Dor, Yibleam, Megiddo et Tanak qui restèrent entre les mains des Cananéens. Les tribus d'Éphraïm, de Zabulon, d'Asher et de Nephtali ne pouvaient pas saisir les villes dans leurs terres assignées--par exemple, celles de Gézer, Nahalal, Akko, Sidon, Helbah, Rehob et Bet-Avèn. Les cinq villes des Philistins sont restées invaincues, aussi bien que toute la terre du Liban du mont Hermon à Harmath.

Derrière leurs fortifications imprenables, les Amalécites attendaient le bon moment et périodiquement, surgirent de leurs citadelles faisant une razzia dans leurs chariots de fer. Une de leurs tactiques favorites fut d'attendre le moment que les récoltes furent prêtes pour la moisson et alors, ils conduisaient leur bétail en avant d'eux et,

« Détruirent les produits alimentaires de la terre... Ils ne laisseraient aucun moyen de survie--moutons, boufs ou ânes... Ils pénétraient le pays pour le dévaster. Ainsi Israël devint complètement dépourvu ».

Pendant plus de quatre cents ans, les Amalécites et leurs alliés gouvernèrent de cette façon, les tribus hébraïques ne sachant jamais quand les féroces fils des Rephaïm sortiraient de leurs villes pour attaquer les colons.

De leur ville capitale à Avaris, ils pouvaient surgir dans le Néguev et dévaster la région à volonté. Josèphe décrit la citadelle des Hyksos construite par Salatis à l'est du Delta. Elle fut une ville...

« Il fit très solides les murs qu'il construisit autour d'elle et y plaça une garnison de 240,000 hommes armés pour la défendre. Salatis venait ici durant l'été, en partie pour amasser du maïs et payer le salaire de ses soldats et en partie pour exercer ses hommes armés et de cette façon, terrifier les étrangers ».

Les historiens sont perplexes à savoir comment les Hyksos/Amalécites purent maintenir le contrôle sur les terres de l'Égypte et de la Palestine pendant si longtemps. Cependant, cela peut être facilement expliqué par leur nature impitoyable, leur capacité militaire et leur politique de garder les gens des terres qu'ils occupaient dans la pauvreté et sans défense. [Note de l'éditeur : Je dois de nouveau répéter que les historiens traditionnels qui se moquent de Velikovsky n'ont pas fait le lien entre les Amalécites et les Hyksos, parce que les historiens traditionnels séparent ces deux peuples par une période de 600 ans. Je ne sais pas si R. A. Boulay était un disciple de Velikovsky ou s'il est arrivé seul aux même conclusions.]

Le premier livre de Samuel explique comment les Amalécites et les Philistins contrôlèrent la provision et l'utilisation du fer :

« Il n'y avait pas de forgeron dans tout le pays d'Israël, car les Philistins s'étaient dit : 'Il faut éviter que les Hébreux ne fabriquent des épées ou des lances'. Aussi tous les Israélites descendaient chez les Philistins pour reforger chacun son soc, sa hache, son herminette ou sa faucille. Le prix était de deux tiers de sicle pour les socs et les haches, d'un tiers de sicle pour aiguiser les herminettes et redresser les aiguillons. Aussi arriva-t-il qu'au jour de la bataille, dans l'armée qui était avec Saül et Jonathan, personne n'avait en main ni épée ni lance. Il y en avait cependant pour Saül et pour son fils Jonathan ».

Avec leurs chariots, leurs armes de fer et leurs arcs, les Amalécites et les Philistins furent pratiquement imbattables contre un ennemi qui au mieux, pouvait rassembler des armes de l'Âge de Pierre. Dans les premières batailles de Saül et de David contre ces ennemis redoutables, les seules armes disponibles aux Hébreux furent des massues, des frondes, de petits arcs simples et des lances au bout de pierre. Ce ne fut que plus tard, quand ils purent capturer et saisir suffisamment d'armes de fer que la marée tourna et les Israélites commencèrent à expulser les Amalécites de la terre.

RÉVOLTE EN ÉGYPTE ET EN PALESTINE

Le roi égyptien en tutelle, Sekenenre, qui gouverna à partir de Thèbes, commença la révolte contre les rois hyksos. À ce temps, ils gouvernèrent à partir d'Avaris et placèrent des rois en tutelle partout en Égypte pour exécuter leurs voeux. La révolte fut continuée par ses fils Kamose et Ahmose qui regagnèrent les terres d'Égypte. La guerre de Kamose contre le dernier roi hyksos, Apophis, est conservée sur une stèle qui fut d'abord élevée à Karnak. Elle décrit son attaque sur la forteresse d'Avaris, située sur le bord de la rivière et, comment il saisit des centaines de bateaux, certains contenant des « produits de la terre de la suite ». Kamose se vante, « d'avoir fait passer un mauvais temps à Apophis », et ajoute ensuite que, « le prince de la suite, affaiblit, tenta d'organiser plusieurs choses en son coeur, mais ne put les exécuter ».

Le terme 'suite' est habituellement identifiée comme la terre de Palestine. Donc le prince de la suite qui semble être alliés à Kamose ne fut probablement nul autre que Saül, qui à ce temps, assiégeait les Amalécites à El-Arish. Kamose fut capable de reprendre toute l'Égypte sauf leur citadelle à Avaris. Son successeur, Ahmose, compléta la défaite des Hyksos avec l'aide des Israélites. Ahmose expulsa les Hyksos et les poursuivit jusqu'à Saruhen, une ville forteresse sur la frontière de la terre de leurs alliés, les Philistins. Après un siège de six ans, Ahmose détruit cette forteresse et le reste des Hyksos. Nous pouvons lire un compte rendu direct de ces événements dans la biographie d'un de ses officiers, qui avec Ahmose, avait attaqué et détruit Avaris et, alla ensuite à Saruhen où il assiégea la ville.

Les Saintes Écritures décrivent aussi des batailles contre les Amalécites au Wadi El-Arish et d'autres endroits sur la frontière de l'Égypte. Dans le premier livre de Samuel, le prophète Samuel recommanda à Saül d'aller détruire les Amalécites.

« Saül convoqua le peuple et le passa en revue à Télam : deux cent mille fantassins et dix mille hommes de Juda. Saül s'avança jusqu'à la ville d'Amaleq et se mit en embuscade dans le ravin. Saül dit aux Qénites : 'Partez, séparez-vous des Amalécites, de peur que je ne vous fasse disparaître avec eux, car vous avez été bienveillants à tous les Israélites quand ils montaient d'Égypte'. Et les Qénites se séparèrent des Amalécites. Saül battit les Amalécites à partir de Havila en direction de Shur, qui est à l'orient de l'Égypte. Il prit vivant Agag, roi des Amalécites, et il passa tout le peuple au fil de l'épée, en exécution de l'anathème ».

[Note de l'éditeur : On s'imagine ce que faisaient les Néfilim et les Anounnaki, qui regardèrent ces événements de leur planète garée Nibirou, au sujet de cette tuerie de leurs frères et parents sauriens.]

Le conte maintient que la ville fut assiégée d'un Wadi. Il y a seulement qu'un lit de rivière (Wadi) dans le sud de la Palestine ou le nord de l'Égypte et c'est le Wadi El-Arish qui forme la limite traditionnelle entre l'Égypte et la Palestine. À certains temps de l' année, c'est une rivière ; il y a de fortes preuves que dans les temps anciens, elle fut inondée la plupart de l'année.

Dans les Saintes Écritures, le Wadi El-Arish est souvent juste appelé « le Wadi ». Saül lutta les Amalécites, « du Wadi vers Shur sur la frontière de l'Égypte ». Le désert de Shur est cette région entre le Wadi et l'Égypte ; ce fut le premier désert traversé par les Israélites après le passage de la Mer. Donc, la ville d'Amaleq devait être El-Arish comme la ville des Hyksos fut Avaris. C'est étrange que les historiens n'aient pas noté l'association philologique d'El-Arish et d'Avaris. [Note de l'éditeur : Le Dr Velikovsky remarqua ce rapport philologique. Considérant l'intransigeance des scientifiques de modifier leurs philosophies chronologiques, ce n'est pas étrange qu' ils n'aient pas noté ce fait. Puisque les traditionalistes placent les Hyksos 600 ans plus tôt dans le temps que les Amalécites, il n'y avait aucune nécessité pour eux de le noter.]

Le dernier roi Hyksos s'appela Apop ou Apophis (Grec). Le roi amalécite capturé par Saül au Wadi s'appela Agag. La ressemblance des deux noms est si remarquable que cela exige une explication supplémentaire. L'explication se trouve dans la façon que l'ancien Hébreu fut écrit. Il démontrait une ressemblance frappante entre la lettre G ou « gimel » et la lettre P ou « pei ». Aucune autre lettre hébraïque ne fut si semblable. Chaque lettre est une ligne oblique connectée à une ligne plus courte, plus oblique et, est semblable au nombre 7. La dimension de l'angle entre les deux lignes obliques constitue la seule différence. Puisque les voyelles dans l'ancien Hébreu furent interchangeables, Agag peut facilement devenir Apop. Il semble donc que le dernier roi hyksos et le roi amalécite Agag aient été la même personne.

Il est un fait connu que la 18ème dynastie qui commença l'époque du nouveau royaume en Égypte, commençant avec Ahmose et l'expulsion des Hyksos. Il est aussi vrai que le premier roi hébreu fut Saül qui, avec David, causa l'extinction des Amalécites. Plaçant ces monarques dans la même période de temps, plutôt qu'à des centaines d'années d'écart résout plusieurs casse-tête chronologiques de l'histoire égyptienne et biblique. Cette modification est nécessaire pour comprendre l'histoire du Moyen-Orient du temps du Déluge aux jours des rois de Judée. [Note de l'éditeur : C'est précisément la position du Dr Velikovsky. Cependant, rendant Saül le contemporain d'Ahmose impose automatiquement une période de 600 ans de reproduction historique dans l'histoire de l'Égypte et de l'Assyrie/Babylonie, aussi bien qu'une courte période de 20 ans de reproduction dans l'histoire de la Grèce suivant les Batailles de Thermopylae et d'Eurymedon. Toutes ces reproductions et « corrélations fantômes » sont discutées et esquissées en détail méticuleux dans le traité susmentionné : June 15, 762 BCE : A Mathematical Analysis of Ancient History par votre éditeur Roberto Solàrion.]

Dix-neuvieme partie

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : LE SYMBOLISME DU SERPENT
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