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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 08:11

Yeshoua est venu libérer l'Humanité du joug de la Servitude. Là, est sa Véritable Mission. La libérer du joug des Prêtres et des Puissants. On l'a vu, mal lui en a pris. L'élite sacerdotale des pharisiens a vu venir le danger. Si le peuple se ralliait au Prédicateur, qu'allait-il advenir des offrandes à "Dieu" et des "sommes demandées au Peuple" pour "Dieu" ? Il faut quand même imaginer CE qui régnait à l'époque et ce qu'il était advenu de la Loi de Moïse. Ainsi, par exemple, il fallait payer pour chaque nouveau né des humains ou des animaux sinon... il fallait lui briser la nuque. C'est vous dire la chappe de plomb qui pesait sur le Peuple israélite et à quoi il était soumis. Il ne faut pas oublier non plus que Moïse était Egyptien, ainsi que sa cour de Lévites. En Egypte l'élite sacerdotale possédait presque toute la Terre que le peuple labourait et cultivait. Moïse avait pris soin justement de faire en sorte que les prêtres ne possèdent plus rien. Or, comme par hasard, après sa mort, la propriété était revenue à la mode chez eux. On voit là déjà comment la Loi de Moïse avait pris du plomb dans l'aile. Or Yeshoua savait cela, bien évidemment. Il savait que la caste pharisienne et saducéenne vivait sur le dos du Peuple. Il avait donc l'intention d'y mettre un terme. A cause de cela, Il était devenu gênant. Ces corrompus n'avaient pas l'intention de se mettre à travailler pour gagner leur vie. C'est le même système qui sévit aujourd'hui. Les rabbins ont la main sur tout et notamment sur l'alimentation casher, fructueux marché qui leur permet de toucher des millions sans lever le petit doigt. Payez Peuple ! Néanmoins, il paraît qu'en ce moment, il y a rébellion dans le Casher, voir ICI... comme quoi Yeshoua voyait juste.




Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 6

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

5ème partie

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie



XII. — Qu'est-ce que l'Evangile ?

Le mot Évangile signifie bonne nouvelle ou bon message, ou bonne annonce.

Par conséquent, l'Évangile du Règne de Dieu signifie l'Annonce du Règne de Dieu.

L'Évangile, tout seul, signifie la Bonne Nouvelle.

Après la mort de Jésus, on écrira son histoire et sa Doctrine, et cette histoire s'appellera Évangile.— Mathieu, Marc, Luc et Jean, apôtres ou disciples d'apôtres, écriront chacun un Évangile, 6, 10, 30 et 63 ans après la mort de leur maître. Les Chrétiens adopteront ces quatre Évangiles et les considéreront comme n'en faisant qu'un seul, en sorte qu'on dira tantôt les Évangiles et tantôt l'Évangile, c'est-à-dire la collection des quatre Évangiles.

Les Chrétiens adopteront aussi les Actes des Apôtres rédigés par Luc, contenant en abrégé l'histoire des Apôtres après la mort de Jésus, des Épîtres ou Lettres écrites par les Apôtres Paul, Jacques, Pierre, Jean et Jude, contenant des instructions pour les Chrétiens, puis l'Apocalypse de Jean, contenant une prédiction énigmatique sur l'avenir.

Ces Évangiles, ces Épîtres, ces Actes des Apôtres et cet Apocalypse forment le Nouveau-Testament, ou l'exposé de la nouvelle Loi, tandis que la Bible s'appelle l'Ancien-Testament, ou l'exposé de la Loi ancienne.

XIII. — Faites Pénitence* !

* Le mot pénitence vient d'un mot latin qui signifie regret, repentir.

Faites pénitence, c'est-à-dire reconnaissez vos erreurs et vos vices, vos fautes et vos crimes ; ayez-en du regret et du repentir ; prenez la ferme résolution de les éviter désormais; abandonnez le monde du passé pour embrasser le monde de l'avenir ; fuyez le règne de Satan pour entrer dans le règne de Dieu. . . !

Faites pénitence, car le règne de Dieu s'approche !

Mais que votre pénitence ne soit pas hypocrite et simulée ! Manifestez-la par l'amélioration de votre conduite ! Faites de bons et dignes fruits de pénitence ! ( Mat., III, 8. ) §

XIV. — Langueurs parmi le Peuple.

Nous venons de voir ( Ch.XI ) que Jésus guérissait toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le Peuple.

C'est-à-dire qu'il guérissait les maladies morales autant et plus encore que les maladies physiques ; il guérissait l'indifférence, le découragement, l'engourdissement, l'immobilité, le sommeil léthargique, la paralysie de l'esprit et du cœur, l'ignorance et l'égoïsme ; il ranimait les engourdis , réchauffait les refroidis, et, loin d'être un endormeur, il réveillait les endormis et presque les morts.

XV. — Nouvelle Doctrine.

Nous verrons tout à l'heure les prédications et les discours de Jésus: constatons d'abord que ces discours constituent une Doctrine *.

* Le mot Doctrine vient d'un mot latin qui signifie instruire : un homme docte est un homme instruit, un savant ; un docteur enseigne ou instruit les autres ; la Doctrine est l'instruction ou la Science ; la Doctrine de Jésus est une science morale ou philosophique et religieuse, sociale et politique.

« Or, Jésus ayant achevé tous ces discours, les Peuples étaient dans l'admiration de sa Doctrine; car il les instruisait comme ayant autorité...» (Math., VII, 33 et 29.)

Suivant Marc (1, 15-27), il disait :

« Le Royaume (ou le règne) de Dieu est proche. Faites pénitence et croyez à l'Évangile.

« Et ils étaient étonnés de sa Doctrine, parce qu'il les instruisait ayant autorité.

« Quelle est cette nouvelle DOCTRINE, s'écrie -t-on dans une Synagogue ? Il commande avec empire. »

« Le Grand-Prêtre interrogea Jésus touchant sa Doctrine.  » (Jean, XVIII, 19)

« Ma Doctrine n'est pas ma Doctrine ; elle est la Doctrine de Celui qui m'a envoyé. » (Jean, VII, 16.)

« Pourrions-nous savoir de vous, diront les Athéniens à un Disciple de Jésus dans l'Aréopage, quelle est cette nouvelle DOCTRINE que vous publiez? » (Actes des Apôtres, XVII, 19.)

Ainsi, c'est une Doctrine que Jésus vient enseigner et prêcher, une Doctrine nouvelle ; et nous verrons que cette Doctrine est à la fois religieuse et morale ou philosophique, sociale et politique ! — Auparavant, deux mots encore sur sa propagande.

XVI. — Propagande Pacifique.


Jésus veut délivrer le Genre humain asservi par Satan, et d'abord les Juifs asservis par les Romains : mais par quel moyen ? par la Révolution et la violence, par la conspiration et la société secrète, par l'insurrection et la guerre, ou par la Réforme et la Doctrine, par la discussion et la propagande pacifique ?Il sait bien que l'empereur Tibère qui règne à Rome depuis 15 ans (Luc III, 1), n'ignore pas les dispositions insurrectionnelles des Juifs ; qu'il est bien résolu à étouffer l'insurrection dans le sang des insurgés ; qu'il a tout prévu et tout préparé pour l'écraser ; que la garnison Romaine est nombreuse, suffisante, hostile ; et que toute tentative de révolte ne pourrait être que funeste.

C'est donc la Réforme par la propagande pacifique qu'il préfère, tout en indiquant que la Révolution par la force pourra devenir nécessaire et plus facile.

Beaucoup de Juifs, même parmi les disciples de Jean, repoussent Jésus comme trop pacifique et s'obstinent à attendre un Messie militaire qui délivrera sa Patrie du joug des Romains.

Mais voyez combien il a raison d'éviter la violence ! Quelques années après sa mort, les révolutionnaires aveugles et impatients , qui l'auront entravé, attaqué , livré à leurs communs ennemis et laissé périr, voudront enfin tenter l'insurrection ; et qu'arrivera-t-il ? L'armée Romaine en tuera 1 100 000, et détruira Jérusalem ! Le reste s'insurgera de nouveau sous les ordres d'un prétendu Messie militaire Barchochebas ; et qu'arrivera- t-il cette fois? Les Romains en tueront 600000, et forceront le reste à quitter la Judée pour être dispersés sur toute la Terre ! Voilà où peut arriver un Peuple en marchant d'émeute en émeute, d'insurrection en insurrection, de défaite, en défaite et de massacre en massacre !

Que ferait Jésus en France aujourd'hui, après tant d'émeutes écrasées, avec tant de divisions, devant tant de provocateurs, tant de traîtres, tant de nouveaux Pharisiens et Scribes, tant de soldats et tant de Bastilles ? ne ferait-il pas encore la propagande pacifique ?

XVII. — Propagande Populaire.

A qui va s'adresser Jésus pour répandre sa Doctrine nouvelle? aux classes élevées et supérieures de la Société, aux Rois et aux Courtisans, aux Prêtres et aux Scribes, aux Sénateurs et aux Riches, aux Pharisiens et aux Sadducéens ? Non ! Il sait que, fascinés et dominés par Satan , ils ont des yeux sans voir et des oreilles sans entendre, et qu'il leur est presque impossible de prendre l'initiative pour secouer le règne de Satan et accepter le règne de Dieu ; il croit et sait qu'il est plus facile de convertir d'abord la masse du Peuple, pour l'employer ensuite à convertir les Puisants, les Savants et les Privilégiés.

« Venez à moi, vous qui êtes fatigués et accablés de fardeaux, et je vous soulagerai. » (Mat., XI, 28.)

« L'Esprit du Seigneur m'a envoyé pour prêcher l'Évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour annoncer la liberté aux esclaves, pour délivrer les opprimés, pour rendre la vue aux aveugles, pour publier l'heureuse année du Seigneur et l'arrivée de sa Justice. » (I.uc, IV, 18 et 1g-)

« Je vous rends grâces, mon Père, de ce que vous avez caché ces choses aux savants et aux sages, et de ce que vous les avez révélées aux simples et aux plus petits. « (Mat., XI, 25. — Luc, X.-21-)

« Que sont devenus les Sages? Que sont devenus les Docteurs de la Loi? Que sont devenus ces esprits curieux des sciences de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce Monde?... Nul des Princes de ce Monde n'a connu la véritable sagesse» (Paul aux Corinthiens, I Epitre, I, 20; II, 7 et 8.)

Et Jésus est si convaincu que les Riches ne veulent rien écouter que quand un Riche, plongé dans l'Enfer, suppliera Abraham d'envoyer quelqu'un sur la Terre pour avertir d'autres Riches ses frères afin qu'ils puissent faire pénitence, il montrera Abraham répondant : « Non ! ils n'ont pas voulu écouter ni Moïse ni les Prophètes ; ils ne croiraient pas non plus quand même un mort ressusciterait pour aller les avertir. » (Luc, XVI, 27 à 31.)

Il s'adresse donc au Peuple, aux pauvres, aux exploités et aux opprimés pour les instruire et les moraliser.  — Il choisit d'abord 12 Apôtres, puis 72 disciples, pour les employer à propager sa Doctrine. — Il appelle de simples pêcheurs — A la différence des anciens Philosophes qui ne s'adressaient qu'aux riches et qui ne professaient que dans des Académies, il s'adresse de préférence aux simples et porte partout sa parole, dans les maisons et dans le temple, dans les synagogues et dans les réunions, sur les places publiques et dans les rues , dans la campagne en plein air comme dans les villes , au milieu des malheureux comme à Jérusalem au milieu des fêtes nationales, prêchant partout l' Évangile ou la Bonne nouvelle.

Et quand, dans les temps futurs, d'autres amis du Peuple se consacreront et se dévoueront à son instruction et à sa moralisation, comment, Rois et Prêtres qui reconnaissez en Jésus un Dieu, pourrez-vous flétrir et condamner ceux qui, à son exemple, ne négligeront aucun moyen d'éclairer les ignorants et les pauvres ?

XVIII. — Propagande orale.

Après la mort de Jésus, ses apôtres écriront l'Evangile, dont on répandra d'innombrables copies, et la propagande se fera par écrit : mais Jésus n'écrit rien lui-même ; et, pendant toute sa vie, la propagande est seulement orale ou verbale.

Il prêche, il enseigne, il instruit, tantôt assis sur une montagne, au milieu de la foule rassemblée autour de lui ; tantôt dans une barque, sur un lac ou sur une rivière, vis-à-vis la multitude réunie sur le rivage ; tantôt au milieu du Peuple qui se presse autour de lui dans le désert. (Math., IV, 23; V, 1 ; IX, 35; XIII, 1, 54; XIV, 13 ,15. — Luc, VI, 9, 17.)

S'il paraissait aujourd'hui, les Rois, les Prêtres et leurs Polices ne lui permettraient pas de rassembler ainsi le Peuple et de prêcher ainsi la foule !

XIX. — Douze Apôtres.


Jésus veut choisir des Apôtres pour les instruire plus particulièrement, les bien pénétrer de sa Doctrine et les employer à la soutenir et à la propager.

Il choisit d'abord deux PÊCHEURS, Simon, surnommé Pierre, et son frère André, auxquels il dit :

«   Quittez vos filets et suivez-moi ; je vous ferai pêcheurs d'hommes. » (Mat., IV, 18 à 20), ce qui signifie : nous chercherons des hommes, de véritables hommes, dignes du nom d'hommes, et nous ferons des hommes, de véritables hommes, en convertissant à nos Doctrines.

Il chosit ensuite deux autres pêcheurs, Jacques et Jean, son frère, à qui il fait abandonner leurs filets et leur père pour le suivre. (Ibid., 21 et 22.)

Il  choisit ensuite Mathieu, employé à la perception des impôts. (Mat., IX, 9.)

Puis, sa propagande s'agrandissant dans les villes et les villages, « la moisson est grande, dit-il, mais il y a peu d'ouvriers. » (Ibid., 35 à 38.) (Expressions énigmatiques, allégoriques et paraboliques, qui veulent évidemment dire : « La propagande grandit tellement que nous n'avons plus assez de cinq Apôtres) ; et il
en choisit alors sept autres : Philippe, Barthélémy, Thomas, Jacques, fils d'Alphée, Thaddée, Simon et Judas Iscariote (Mat., X, 2 à 4.)

Il les instruits et leur donne le pouvoir de chasser les esprits impurs et les démons, de guérir les langueurs et les maladies parmi le Peuple, c'est-à-dire d'instruire le Peuple, de le moraliser, de le convertir à la Nouvelle Doctrine.

Puis il envoie ses 12 Apôtres faire de la propagande, après leur avoir donné les instructions suivantes :

« N'allez point vers les Gentils (les étrangers ou les païens) et n'entrez point dans les villes des Samaritains.
Mais allez plutôt
aux brebis perdues de la maison d'Israël.
Et dans les lieux où vous irez, prêchez en disant que le
Royaume des Cieux est proche.
Guérissez les malades et les lépreux, ressuscitez les morts, chassez les démons, donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement.
Ne vous mettez point en peine d'avoir de l'or ou de l'argent, ou d'autre monnaie dans votre bourse.
Ne préparez ni sac pour le chemin, ni deux habits, ni souliers, ni bâton; car celui qui TRAVAILLE mérite qu'on le NOURRISSE. » (Mat., X, 5 à 10.)

Puis il leur recommande de s'informer quel est le plus digne dans chaque ville ou village, et d'aller loger chez lui ; d'être prudents et simples.

Il engage ainsi tous les nouveaux convertis à nourrir, vêtir et loger les Apôtres, qui travaillent pour le Peuple.

Il les prévient qu'on les fera comparaître dans les Assemblées, qu'on les fouettera dans les synagogues, qu'on les appellera devant les Gouverneurs et les Rois à cause de leur propagande.

« Et ne vous mettez pas en peine, leur dit-il, de savoir comment vous leur parlerez, ni ce que vous leur direz ; car ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l'heure même, puisque ce n'est pas vous qui parlez, mais que c'est l'Esprit de votre Père qui parle en vous, »

Il les prévient aussi que leur propagande leur fera des ennemis comme des amis, qu'ils seront haïs et persécutés, qu'ils seront quelquefois obligés de fuir, mais qu'ils triompheront en persévérant courageusement jusqu'au bout.

Il leur recommande enfin de prêcher haut sa Doctrine, de proclamer qu'ils sont ses Disciples, et de ne le renier jamais, déclarant que tout le bien qui leur sera fait à cause de lui, lui paraîtra fait à lui-même. (Mat.,X, 11 à 42.)

XX - Jésus ne parle qu'en Paraboles.

Jésus prêche la Réforme contre tous les vices et toutes les iniquités, contre les Pharisiens et les Scribes, contre les Rois et les Prêtres, au milieu d'ennemis qui s'efforcent de le perdre et qui le perdront.

Quoique Dieu, il cherche plusieurs fois à se soustraire à la persécution en se réfugiant dans le désert ou dans un autre lieu.

Pour échapper encore d'une autre manière à la persécution, il déguise ordinairement sa pensée, il emploie des paraboles ou des allégories, ou des énigmes, susceptibles de plusieurs sens, dont le véritable sens, caché pour ses ennemis, sera clair et parfaitement intelligible pour ses disciples, ses adeptes, ses initiés, ses prosélytes.

« Il leur disait beaucoup de choses en Paraboles, leur parlant de cette sorte : « Celui qui sème est sorti, pour semer, etc....»

« Ses Disciples s'approchant lui dirent : « Pourquoi leur parlez -vous en Paraboles

« Et leur répondant, il leur dit : « C'est parce que, Pour vous autres (tous ses prosélytes), il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux; mais pour eux (les Pharisiens, etc.), il ne leura pas été donné : c'est pourquoi je leur parle en Paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent point... Mais, pour vous, vos yeux sont heureux de ce qu'ils voient et vos oreilles de ce qu'elles entendent... .» (Math., XIII, 3 à 19.)

« Après avoir cité d'autres Paraboles, l'Évangile ajoute : Jésus dit toutes ces choses au Peuple en Paraboles, et il ne lui parle point sans Paraboles. »

Et après chaque Parabole, Jésus dit ordinairement :

« Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre ! » (Math. XIII, 43.)

Et quelquefois, il demande à ses disciples :

«  Avez-vous bien compris tout ceci ?  » A quoi les disciples répondent : « Oui,Seigneur . » (51 .)

Et quand ils ne comprennent pas, il leur reproche sévèrement quelquefois leur incrédulité ou leur inintelligence.

« Vous aussi, leur dit-il une fois, êtes-vous encore sans intelligence?» (Mat., XV, 16.)

« N'avez- vous point encore de sens ni d'intelligence ? leur dit-il une autre fois. Votre cœur est-il encore dans l'aveuglement? Aurez-vous toujours des yeux sans voir et des oreilles sans entendre ? Avez-vous perdu la mémoire? » (Marc, VIII, 17 et 18.)

On peut même dire que tous ses récits sont des Paraboles, et que presque toutes ses expressions sont des allégories , des figures et des
énigmes.
Ainsi, les mots le Ciel ou les Cieux et la Terre, sont pris tantôt au sens réel et tantôt au figuré.

Par exemple, quand après avoir entendu les Apôtres raconter les progrès de sa propagande, il s'écrie : « Je vois Satan tomber du Ciel comme un éclair » (Luc, X, 18), il veut évidemment dire : Je vois le Despotisme tomber du haut du trône ou l'Aristocratie tomber du sommet de la Société.

Quand il dit  : «  Gardez-vous du levain des Pharisiens, etc. »  le mot levain signifie doctrine. (Math. XVI, 12.)

Quand il dit : « Laissez les morts ensevelir leurs morts, » le premier de ces mots : morts, est évidemment employé dans un sens moral et figuré, et le second dans le sens matériel et réel.

XXI. — Prudence et adresse dans sa Propagande.

Pour échapper à la persécution, Jésus emploie encore un autre moyen : quand les Pharisiens ou les Scribes l'interrogent et lui adressent quelque question captieuse pour le perdre ou le compromettre, au lieu de leur répondre catégoriquement oui ou non, il leur adresse lui-même quelque autre question qui les déconcerte et déjoue leurs projets. Nous en verrons beaucoup d'exemples.

XXII. — Miracles.

Pour obtenir la confiance du Peuple et faire adopter sa Doctrine, Jésus fait beaucoup de miracles, qui consistent principalement en guérisons subites de maladies. Tous ceux qui nient la divinité de Jésus nient la réalité de ces miracles ou les expliquent comme des événements tout naturels. Ceux qui croient à la Divinité de Jésus admettent ces miracles comme surnaturels, et y trouvent même une preuve de sa Divinité. Pour nous, nous n'avons pas de raison pour contester ici les miracles, puisque nous ne contestons pas la Divinité.

XXIII. — Jésus vient accomplir la Loi.

Jésus déclare qu'il vient, non pas détruire la Loi (de Moïse), mais l'accomplir parfaitement, l'améliorer et la perfectionner ou la réformer sans la détruire. Et parmi les exemples d'amélioration, il dit :

« Vous avez appris qu'il a été dit dans la Loi : Vous aimerez votre prochain ct vous haïrez votre ennemi.

« Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent ; priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. »

Nous reviendrons tout à l'heure sur ce sujet.

XXIV. — Loi nouvelle.

 

Et cependant, comme la Loi ancienne et la Doctrine ancienne sont perfectionnées, il annonce en même temps une Loi nouvelle, des Commandements nouveaux, une Doctrine nouvelle.

Voyons enfin quelle est cette Doctrine.


CHAP. III.
DOCTRINE DE JÉSUS- CHRIST.

Toute la doctrine de Jésus peut se résumer en ces mots Règne ou Royaume* de Dieu sur la Terre.

* Le mot latin regnum est traduit, dans l'Évangile, tantôt par règne, tantôt par royaume. — D'après Mathieu, Jésus disait toujours Royaume des Cieux; mais d'après Marc, Luc et Jean, il disait Royaume de Dieu ; Cieux et Dieu signifient donc ici la même chose. Nous préférons Règne de Dieu.

Elle peut se résumer aussi dans ce précepte : Fais à autrui tout ce que tu voudrais qu'on te fit  ou bien : Aime ton prochain comme toi-même. »

Elle peut se résumer encore dans un seul mot : Fraternité.

Nous allons l'examiner sous ces divers points de vue séparés, en commençant par le Règne de Dieu, qui comprend tout.

Et d'abord, qu'est-ce que Dieu, suivant Jésus?

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans : LE GALILEEN
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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 07:34

Dans cette partie, topo de la vie de Yeshoua depuis sa Naissance. Nul doute qu'il a suivi une éducation Essenienne car c'était la seule communauté qui détestait les honneurs, était opposée donc aux Pharisiens, pratiquait l'ascèse, possédait la Science de la Guérison et appliquait la Loi de Moïse à la lettre en pratiquant la vie Communautaire où tout était partagé. Jean-Baptiste était aussi Essenien. Tous les deux se connaissaient car ils étaient cousins et nul doute que l'apparition de Baptiste dans le monde d'alors était quelque chose de préparé, par les Esseniens même. Yeshoua possédant toutes les aptitudes car le meilleur en préparation chez les thérapeutes, son apparition ne fut pas non plus un hasard. Il faut noter qu'il n'est jamais fait question des Esseniens dans le Nouveau Testament tout comme il n'est jamais fait question des Egyptiens -dont Moïse est pourtant issu- dans l'Ancien Testament. Ce qui est passé sous silence est donc de la plus haute importance pour qui veut comprendre la trame de ces deux destins dont les humains dans leurs Ecritures ont faussé l'existence. Mais l'Humanité porte aujourd'hui le fardeau de ces omissions volontaires, de ces mensonges et de cette Imposture. Car nul ne peut ignorer que ce qui règne aujourd'hui en Israël est à l'opposé de ce que voulurent instaurer les deux prophètes. A savoir la Fraternité.

 

Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 5

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

4ème partie

3ème partie

2ème partie

1ère partie



CHAPITRE II.
DEPUIS SA NAISSANCE JUSQU'A SA PRÉDICATION.

 

§ I. — Naissance de Jésus-Christ.

On prétend que, dès le temps de Moïse, Dieu avait résolu :

  «   D'envoyer un autre Messie, Jésus, son propre Fils ;— de le faire annoncer par Moïse et par les Prophètes; — de le faire naître sous la figure humaine, dans le sein de Marie, jeune fille du Peuple, encore vierge, habitant Nazareth; — de la faire concevoir sans union corporelle avec aucun homme, par la seule influence spirituelle de sa volonté divine, en employant néanmoins l'Ange Gabriel, dans un songe ou rêve, comme l'agent et l'organe de sa parole; — de la faire épouser ensuite par le charpentier Joseph en lui laissant ignorer qu'elle était enceinte: — de lui envoyer de nouveau l'Ange Gabriel, encore dans un songe, pour calmer sa colère quand il découvrirait la grossesse et la conception antérieure au mariage, pour l'empêcher de répudier Marie et de la déshonorer, pour le déterminer au contraire à reconnaître et adopter l'enfant comme son propre fils ; — de la faire accoucher à Betléem, dans une étable, sur de la paille;— d'envoyer de nouveau l'Ange Gabriel à Joseph, toujours dans un songe, pour l'engager à se réfugier en Egypte en emmenant sur un âne Marie et Jésus, pour le soustraire à la barbarie du Roi Hérode qui ordonnera de tuer tous les enfants mâles à Bethléem, afin d'être sûr de tuer le Messie qui pourrait lui ravir sa couronne ;— et de donner a Marie et à Joseph plusieurs autres enfants qui seront les frères et sœurs de Jésus, charpentiers comme leur père, et avec lesquels il sera quelque temps charpentier lui-même.  » (Math., I et II. — Luc, I et II, — Jean, I.)

Voilà les faits racontés par les Évangélistes : nous les acceptons. Maintenant, réfléchissons et raisonnons !

Quand Dieu veut accorder à une femme l'honneur d'être la MERE du Messie, qui choisit-il ? Est-ce une Princesse ? UneVierge noble et riche? Non! c'est une jeune fille du Peuple, pauvre et obscure !

Qui choisit-il pour PÈRE adoptif ? Est-ce un Empereur romain , un Roi, un Pontife, un Sénateur, un Prêtre, un riche ? Non ! c'est un pauvre charpentier, qui donnera pour FRÈRES à Jésus d'autres charpentiers !

Où fait-il naître Jésus ? Dans un palais et sur la pourpre ? Non ! dans une étable, sur la paille, dans la persécution et la proscription !

Il fait naître le Messie, son fils bien-aimé, parmi les prolétaires, les pauvres, les travailleurs, les persécutés et les proscrits !

Il fait jouer au Roi le rôle d'un égoïste et d'un barbare qui, pour conserver son trône et sa dynastie, veut faire massacrer tous les enfants d'une de ses provinces, afin de tuer l'Enfant-Dieu et de l'empêcher de faire le jalut et le bonheur de l'Humanité ! Quel abominable Roi que cet Hérode!

§ II. — Noms de Jésus.


Les Évangélistes affirment que Dieu a résolu :

 

De faire nommer son fils tantôt Emmanuel (mot qui signifie Dieu avec vous), tantôt Jésus (mot qui signifie Sauveur), tantôt Christ ou le Christ (mot qui signifie Messie, Oint du Seigneur, Sacré ou consacré à Dieu, Roi, Pontife, Chef ou Conducteur du Peuple), tantôt Jésus-Christ, tantôt Nazaréen (consacré à Dieu ou habitant de Nazareth). » (Math. , I et II.)

§ III. — Jeunesse de Jésus.


L'Évangéliste dit :

 

« Jésus resta en Égypte jusqu'à la-mort d'Hérode avec Joseph et Marie, qui le ramenèrent alors à Nazareth, où il resta jusqu'à l'âge de 30 ans ( sans qu'on sache positivement ce qu'il y fit.)... — A l'âge de 12 ans, ayant été amené par ses parents à Jérusalem, et les ayant quittés pendant trois jours, sa mère le trouva dans le
Temple, assis au milieu des Docteurs de la loi, les écoutant, les interrogeant, les remplissant tous d'admiration par sa sagesse et par ses réponses. » (Luc, II, 41-52.)

Nous admettons. Ainsi, dès l'âge de 12 ans, Jésus est plus instruit et connaît mieux la Loi que les Prêtres, les Docteurs, les Scribes, ce qui n'est pas étonnant s'il est Dieu, mais ce qui doit toujours inspirer plus de respect pour ses opinions.

§ IV. — Jésus est Essénien.

Jésus a été conçu à Nazareth, où se trouvaient principalement les Esseniens, dont nous avons parlé tout à l'heure, qui professaient et pratiquaient le principe de la Fraternité et de la Communauté, qui étaient des savants, des médecins philosophes, des guérisseurs ou des sauveurs, et qu'on appelait aussi Nazaréens.

Retiré en Égypte, où se trouvaient des Esséniens, il est ramené à Nazareth avant l'âge de 12 ans, et y demeure jusqu'à 30 ans.

Nous venons de voir que l'un de ses noms était le Nazaréen (ou l'Essénien).

Son nom de Jésus, qui signifie Sauveur, signifie aussi guérisseur, médecin, Essénien.

Enfin, il est certain que les disciples de Jésus furent d'abord appelés les Nazaréens, puis les Esséniens, et que ce n'est que longtemps après sa mort (à Ântioche 8 ans, à Jérusalem 40 ou 50), qu'ils furent appelés Chrétiens (P. Leroux, De l'Humanité, Liv. IV, Chap. 9).

Que résulte-t-il de là ? Que, pour instruire et élever son Fils, Dieu aurait choisi, non la secte des Sadducéens ou le Parti de la Cour, ni la secte des Pharisiens ou le Parti des Prêtres, mais la secte qui professait et pratiquait la Fraternité et la Communauté ! Dieu lui-même aurait décidé que, pour réaliser le salut et le bonheur du Genre humain, son Fils proclamerait, enseignerait et prescrirait la doctrine de la Fraternité et de la Communauté !

Là, chez les Esséniens et comme eux, Jésus, qui d'abord exerçait la profession de charpentier avec son père et ses frères (Luc, II, 51 ; Marc, VI, 3), étudie la MÉDECINE, et devient un médecin; des plus habiles.

Il paraît que sa taille, sa personne et sa figure étaient aussi imposantes que gracieuses. Il parlait avec éloquence, avec puissance, avec autorité (Matth., VII, 28, 29).
C'est à 30 ans qu'il commence son ministère ou sa mission (Luc, III, 23).

Et il commence par se faire annoncer et baptiser par Jean-Baptiste, né quelques mois avant lui dans les environs de Nazareth, Essénien comme lui, et comme lui , dit-on , prédestiné et inspiré par Dieu.

V. Jésus se tait baptiser par Jean-Baptiste.

C'est alors que Jésus vient de Nazareth trouver Jean-Baptiste au désert, pour se faire baptiser par lui.

Donnant ici l'exemple de la modestie et du désintéressement, le Saint, qui connait bien Jésus et sa supériorité, veut d'abord le reconnaître pour chef et recevoir le baptême au lieu de le donner.

« C'est moi, s'écrie -t -il, qui dois être baptisé par vous, et vous venez à moi! » (Math., III, 13-15.)

Mais Jésus, donnant l'exemple de la déférence du jeune pour l'ancien, de la discipline et de l'ordre, insiste pour être baptisé lui-même dans le Jourdain.

Bientôt, les disciples de Jean voudront qu'il prenne le pas sur Jésus : mais Jean, persistant à reconnaître la supériorité de Jésus, mettra sa gloire à n'être que le précurseur de Jésus, à lui servir de témoignage et à proclamer sa puissance.

« Aussitôt après le baptême, dit Saint Mathieu, les Cieux furent ouverts à Jésus; il vit l'Esprit de Dieu qui descendit en forme de colombe et qui vint se reposer sur lui ; et au même instant une voix se fit entendre du Ciel qui disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection. »

Ces faits ne sont-ils qu'une allégorie, où sont-ils matériellement vrais, et constatent-ils la divinité de Jésus ? Nous l'admettons et nous poursuivons.

VI. — Jésus repousse toutes les Tentations

« Alors, dit Mathieu (IV, 1-4), Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être tenté par le DIABLE. Et ayant jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim. Et le
tentateur lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains. » — Mais Jésus lui répondit : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Jésus était alors parmi les bêtes sauvages (ajoute Marc, 1,13); mais les Anges le servaient. »

Nous n'examinerons pas si ce récit n'est qu'une allégorie signifiant que Jésus se retire dans la solitude pour y méditer, pour s'examiner et s'interroger lui-même, pour s'assurer s'il a le désintéressement, le courage et le dévouement nécessaires à sa mission ; qu'il hésite peut-être un moment entre la persécution et la fortune ; et qu'il préfère enfin à la vie et aux jouissances de la matière la vie et les jouissances de l'esprit, de l'âme et du cœur. — Nous ne voulons rien discuter ici, et nous admettons qu'il existe un Diable avec un Dieu ; que Dieu Père a résolu de soumettre son fils-Dieu à la tentation du Diable ou de Satan : mais écoutons bien ce que va dire le Diable :

   «   Le Diable transporta Jésus sur une montagne fort haute, et lui montrant tous les Royaumes du Monde et toute la gloire qui les accompagne, il lui dit : « Je vous donnerai toutes ces choses si, vous prosternant devant ami, vaut m'adorez. » Mais Jésus lui répondit : « Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu et vous ne servirez que lui seul.  »

Entendez-vous bien , Prêtres et Rois de la Terre, ce que Dieu dit ici ? Voyez-vous à qui, de Dieu ou de Satan, appartenaient alors les Royaumes, les Empires et les Gouvernements ? Voyez-vous que, pour les obtenir, il fallait se prosterner devant Satan et l'adorer ? Voyez-vous si les Rois et les Empereurs étaient les serviteurs et les agents de Dieu ou du Diable ; et s'il fallait adorer les Rois représentants du Diable au lieu d'adorer Dieu seul et sa justice ? Voyez-vous aussi que la gloire du monde, la gloire gouvernementale, la gloire militaire, n'est que la gloire du Diable !!!

Jésus repousse donc toutes les tentations du Diable, la fortune, la puissance, les honneurs et la gloire, et brave au contraire courageusement la persécution , dont Jean-Baptiste est la victime.

VII . — Avant l'arrivée du Règne de Bien, c'est le Diable qui règne.

Nous venons de voir le Diable offrir à Jésus les Royaumes du monde, s'il voulait l'adorer c'est donc le Diable qui est le maître et, le Roi de la Terre !

Nous avons vu Jean et nous allons voir Jésus annoncer le Règne de Dieu : c'est donc le Diable qui règne jusque-là !

Nous verrons aussi Jésus déplorer les ténèbres, l'ignorance, l'égoïsme, la cupidité, la domination, la corruption, l'iniquité, l'hypocrisie, l'orgueil, l'inhumanité, etc., etc., qu'il trouve sur la Terre.

Nous l' entendrons prier ainsi : « Notre Père . . . , ne nous abandonnez pas à la TENTATION, mais délivrez-nous du MAL.

« C'est donc le Mal ou Satan, ou la Tentation qui règne sur la Terre ! et c'est pour en DÉLIVRER l'Humanité que Jésus apparaît comme un libérateur et un sauveur !

Nous entendrons Jésus dire que le Diable est l'ennemi des hommes, toujours occupé à leur faire du mal. ( Mat., XIII. 39. )

Nous entendrons Jésus dire encore :

« Je vois SATAN tomber du Ciel »

« Si SATAN est divisé contre lui-même, comment son règne subsistera -t-il? » (Luc, X, 18.— XI, 18.)

Nous verrons SATAN entrer dans JUDAS et le pousser à trahir Jésus pour trente pièces d'argent (Luc XXII, 3 - Jean XIII, 27).

Nous verrons Jésus dire à Pierre, qui blâme son dévouement : Retire -toi, Satan l (Mat., XVI, 23. )

Nous entendrons continuellement parler de Démons possédant, pervertissant, tourmentant les hommes, causant leurs langueurs et leurs maladies, mais que Jésus a la puissance de chasser en délivrant leurs victimes des vices moraux ou physiques dont ils les remplissaient. (Mat., XV, 22, XVII, 17, 20, etc.)

Nous verrons notamment le Démon de la violence et de la guerre, appelé LÉGION, expulsé et puni. ( Marc, V, 7. — Luc, VIII, 30. )

Enfin, nous entendrons Jean dire que ceux qui commettent le Péché ou de mauvaises actions sont les enfants du Démon ou du Diable. (Jean, VÉpître, III, 8.)

§ VIII. — Dévouement de Jésus.


Jésus connaît
  les anciennes persécutions des Prophètes,l'emprisonnement et la mort de Jean-Baptiste ; il sait que le même sort lui est réservé dans le rôle de Réformateur choisi par Dieu pour lui; il connaît même les cruelles humiliations et l'horrible supplice qui l'attendent.

Dès lors, Jésus commença à découvrir à ses Disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il y souffrit beaucoup de la part des Sénateurs, des Scribes et des ouPrinces des Prêtres, qu'il y fût mis à mort- (Mat., XVI, 21, XXVI, 2.)

« Or Jésus, s'en allant à Jérusalem, prit à part ses 12 Disciples et leur dit : Nous allons à Jérusalem, et k Fils de l'Homme sera livré aux Princes des Prêtres et aux Scribes, qui le condamneront à mort et le livreront aux étrangers, afin qu'ils le traitent avec moquerie, le fouettent et le crucifient.» (Mat. XX, 17 à 19.)

Le Fils de l'Homme, ajoute-t-il, est venu pour servir et donner sa vie pour la Rédemption des hommes. (Ibid , 28.)

Jésus sait même que Judas le trahira (Math. XXVI, 21 ) ; que Pierre le reniera (34) ; que tous ses Disciples l'abandonneront et s'enfuiront (56) ; que les Pharisiens l'insulteront, lui cracheront au visage, le fouetteront et le crucifieront (X, 34), en le mettant au rang des scélérats (Luc, XXIII, 37).

Mais il n'en continue pas moins sa mission de libérateur et de sauveur.

Voilà du dévouement ! Et puisque nous l'admettons Dieu, c'est un Dieu qui nous donne l'exemple du dévouement à l'Humanité!

§ IX. — Jésus est Sauveur.

Nous avons vu que son nom Jésus signifie Sauveur.

Nous venons de l'entendre dire qu'il vient donner sa vie pour la rédemption des hommes.

L'Évangile est rempli de cette idée.

« L'Ange dit : Je viens vous annoncer un grand sujet de joie à quoi tout le Peuple aura part; il vous est né un Sauveur, le Christ, le Seigneur. (Luc, II, 11.)

« Tout homme verra le Sauveur, envoyé de Dieu- »

« Le Fils de l'Homme est venu pour sauver les hommes, pour sauver ce qui était perdu... Votre Rédemption est proche... Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui sera répandu pour vous. » (Mat. ,XVIII,11; XX, 28; XXVI, 28. — Luc, III, 6; IX, 56; XIX, 10 ; XXI, 28; XXII, 20.— Marc, X, 45.)

« Jean-Baptiste voyant venir à lui Jésus, dit : Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du Monde.

« Dieu a tellement aimé le Monde qu'il a donné et envoyé son Fils unique, pour que le Monde fût sauvé par lui. »

« Nous savons que Jésus est le Sauveur du Monde. »

« Je suis venu pour sauver le Monde. »

« C'est pour détruire les oeuvres du Diable ou le Péché, que le Fils de Dieu est venu au Monde. » (Jean, I, 29; III, 16 et 17 ; IV, 42; XII, 47 ; 1er Épitre, III, 8.)

X. — Jésus commence sa mission. — Ténèbres et lumières.

 « Quittant la ville de Nazareth, Jésus vint demeurer à Capharnaüm, ville maritime, la Galilée des Nations. Ce Peuple, qui était assis dans les TENEBRES, a vu une 
grande lumière, et la lumière s'est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l'OMBRE DE LA MORT.  » (Matt. IV, 13 à 16)

Voilà donc une ville maritime et commerçante qui, comme tout le monde d'alors, dominée par Satan, se trouve plongée dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, c'est-à-dire dans le vice et la corruption. Et Jésus, qui vient y prêcher sa Doctrine, y va paraître comme la lumière dans les ténèbres.

§ XI. — Prédication.

« Depuis ce temps-là , Jésus commença prêcher, en disant : Faites pénitence, parce que le Royaume des Cieux  est proche.

« Et il allait par toute la Galilée, enseignant dans les Synagogues, prêchant l'Évangile du royaume de Dieu, guérissant toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le Peuple.
« Et une grande multitude de Peuple le suivait... » (Math., IV, 17-25; VII, 28 et 29.)

Ainsi, voilà Jésus, le fils de Dieu, envoyé par Dieu, qui prêche, qui enseigne, qui instruit, qui se fait prêcheur ou prédicateur, instructeur, propagandiste.

C'est Dieu qui veut que son fils aille prêcher sur la Terre, c'est Dieu qui veut y faire de la propagande !

C'est Dieu qui veut que le Peuple s'instruise pour connaître ses droits, ses devoirs et ses intérêts.

C'est Dieu qui prescrit l'enseignement, l'instruction, la moralisation, la prédication, la discussion, la propagande!

« Vous êtes la lumière du Monde, dira Jésus à ses Disciples ; et on n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau ou sous le lit; mais on la place sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » (Mat., V, 14 et 15.)

Oui, la Nature et Dieu n'ont pas donné à l'homme la lampe ou la lumière de l'intelligence pour qu'elle soit cachée et étouffée.

L'enseignement, la discussion, la propagande, sont donc une institution divine !

Mais si Jésus venait aujourd'hui prêcher et instruire, enseigner, discuter, combien d'Hé- rode et de Pharisiens, combien de ministres de Satan s'acharneraient contre lui pour l'en empêcher, pour l'emprisonner...!

Les lois contre l'enseignement, la discussion et les réunions pour entendre et s'instruire, sont donc des attentats contre la Nature, des lois anti-chrétiennes et impies, rebelles à la volonté de Dieu !

Revenons à Jésus qui prêche l'Evangile du Royaume de Dieu : qu'est-ce que l'Evangile ?

Sixième partie


Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans : LE GALILEEN
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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 05:20

 

 

 

 

Et voilà le Libérateur... Moïse en avait été le précurseur. Il avait posé les bases de la Fraternité. Malheureusement, après sa Mort, plus rien ne subsistait de sa Loi. L'élite sacerdotale l'avait corrompue et maintenait le Peuple sous son joug avec un faux Enseignement. Yeshoua est venu réhabiliter la Loi en l'épurant. Il est à noter que lorsqu'Il parle du Royaume de Dieu, il entend la nouvelle configuration humaine qui règnera après la proche catastrophe planétaire qui va détruire toute vie sur terre comme il y a 12 960 ans. Ce qui symboliquement parlant correspond à l'épisode où "Adam et Eve" se font virer du Jardin d'Eden. Ils se sont retrouvés vêtus de peaux de bêtes car ils ne pouvaient pas faire autrement, de toute façon. Ils étaient les survivants de la dernière grande catastrophe antédiluvienne. L'épisode du Jardin d'Eden se situant, lui, à ce que l'on nomme l'Âge d'or,  avant le basculement. Pour dire que Yeshoua était un Initié, Il savait très bien que l'ère des Poissons était l'ère du démon, soit du Fric avec tout ce que cela comporte pour ceux qui le possèdent. Tout comme Il savait que cette ère se terminerait avec la destruction de la planète causée par les hommes mais aussi par la planète elle-même soumise à des cycles et réglée comme une horloge. C'est-à-dire qu'à une époque donnée, quoique fasse les hommes, elle reprend ses droits. Dans la prochaine configuration, le Soleil se lèvera à l'Ouest. Les survivants -les élus- instaureront donc la base de la société fraternelle dont Yeshoua avait posé les fondements. Ce sera le "Royaume de Dieu" ou royaume idéal où tous les hommes seront enfin frères et ceci ne se situe pas dans un hypothétique monde invisible, mais ici, sur notre Planète, dans un monde futur, juste après l'actuel. Nous posons tout cela sur le net, mieux expliqué...

 

Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 4

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

3ème partie

2ème partie

1ère partie

VRAI CHRISTIANISME.
Chapitre Ier.
JÉSUS-CHRIST.


Coup d'œil sur son histoire et sa doctrine.


Ce n'est plus, comme Moïse, le chef d'un petit Peuple d'esclaves qui veut le tirer d'Egypte et lui donner des lois : c'est un homme qui, au milieu de l'Empire romain et en face des légions romaines, entreprend de délivrer, non-seulement les Juifs, mais tout le Genre humain ; de supprimer l'oppression, l'esclavage et la misère ; de détrôner Jupiter et les Dieux du Paganisme ; de renverser leurs temples et leurs autels ; d'établir sur toute la Terre la Fraternité, l'Égalité et la Liberté.... Quelle entreprise ! Si cet homme n'est qu'un Ouvrier, un Prolétaire !... Quel spectacle !...

Et combien le spectacle ne sera-t-il pas plus grand si cet Homme, si ce Réformateur, si ce Libérateur, si ce Sauveur est un Dieu, le fils de Dieu, envoyé par Dieu, après la résolution formelle prise par lui d'envoyer son Fils sous une forme humaine pour délivrer le Genre humain et n'en faire qu'une grande famille de frères! N'est-ce pas l'événement capital dans l'histoire de l'Humanité?

Suivant les Évangélistes, transmettant au Monde l'histoire de Jésus-Christ, Jésus est le Messie annoncé par Moïse, le Christ annoncé par les Prophètes et par Jean-Baptiste, le Fils de Dieu , son fils bien-aimé, l'objet de toutes ses affections, inspiré de son Esprit, animé de son amour pour l'Humanité, envoyé pour détrôner Satan et ses Démons, pour supprimer tous les vices et tous les crimes, pour annoncer et préparer le Règne de Dieu sur la Terre.

Fils d'une jeune fille du Peuple mariée à un simple charpentier, né sur de la paille dans une étable, ayant des frères et des sœurs qui sont ouvriers et ouvrières, travaillant d'abord avec eux, demeurant à Nazareth (au milieu des Esséniens), plus instruit dans la Loi que les Docteurs de la Loi, c'est à 30 ans qu'il commence sa mission.



D'abord, il se fait baptiser par Jean-Baptiste, qui l'annonce comme le plus grand des Prophètes et des Réformateurs ; et l'Esprit de Dieu descend du Ciel pour demeurer en lui et l'inspirer dans toutes ses actions.

Puis il se prépare à son ministère par la retraite et la méditation, par l'examen de lui-même, pour s'assurer qu'il a bien la lumière et la force nécessaires pour le grand rôle qu'il veut accomplir.

Tenté par Satan, qui lui offre les royaumes du Monde et leur gloire s'il veut se prosterner devant lui et l'adorer, il dédaigne la puissance et les honneurs, la fortune et les délices.

Connaissant les persécutions du passé contre les Prophètes, la prison et le supplice de Jean-Baptiste , il connaît aussi les persécutions qui l'attendent lui-même dans l'avenir : il sait que les Rois et les Prêtres le poursuivront de leur haine et de leur vengeance ; qu'un de ses disciples le trahira et le livrera après l'avoir vendu ; que les autres le renieront et l'abandonneront ; que le Peuple, au salut duquel il se dévoue, trompé par les Prêtres, demandera sa mort ; et qu'il subira l'horrible supplice de la croix, entre deux voleurs, accablé de calomnies, d'outrages et de malédictions: mais, rempli d'amour pour les hommes, illuminé par l'Esprit de Dieu son père, il sacrifie volontairement sa vie pour délivrer le Genre humain, et donne ainsi l'exemple de la plus divine des vertus, le dévouement à l'Humanité.

Ce n'est pas par la violence, par l'insurrection et par la guerre qu'il veut délivrer cette Humanité, mais par une Doctrine nouvelle, par la prédication et la propagation de cette Doctrine.

La Propagande de Jésus est donc une Propagande pacifique, d'instruction et de moralisation, pour régénérer les esprits et les coeurs, pour transformer le vieil homme en un homme nouveau.

Elle est populaire, s'adressant non pas aux oppresseurs et aux heureux de la Terre, mais, aux opprimés, aux malheureux, aux travailleurs, aux prolétaires, au Peuple.

Elle est orale : il parle, il prêche, il enseigne, il instruit, aujourd'hui dans une synagogue, demain dans le temple, parcourant les villes et les villages, tantôt assis sur une montagne, tantôt assis sur une barque, tantôt debout au milieu du Peuple.

Et pour mieux répandre sa doctrine, il s'entoure de 12 apôtres, puis de 72 disciples, les choisit parmi les prolétaires pour inspirer confiance aux prolétaires, les instruit en particulier, et les envoie deux à deux pour préparer les esprits, pour l'appuyer et le soutenir.

Et comme sa Doctrine et sa Réforme doivent lui faire d'innombrables et redoutables ennemis parmi les Puissants et les Prêtres, il déguise sa pensée et n'emploie que des paraboles et des allégories, des expressions énigmatiques et mystérieuses, dont le véritable sens, parfaitement clair pour ses disciples et ses prosélytes, est inintelligible pour ses persécuteurs.

Et quelle est cette nouvelle Doctrine?

Elle est tout entière dans un seul mot : Règne de Dieu, ou dans cet autre : Amour du prochain, ou dans cet autre : Fraternité.

Il prêche l'Évangile du Règne de Dieu. Il prêche L'ÉVANGILE, c'est-à-dire la Bonne nouvelle, L'ÉVANGILE DU RÈGNE DE DIEU, c'est-à- dire l'annonce de la prochaine arrivée du Règne de Dieu.

Et par Dieu, il entend cette Cause première, cet Être suprême, cette Intelligence, cet Esprit, cette Toute-Puissance que le Monde appelle Dieu.

Il admet le Dieu de Moïse et des Juifs, Dieu unique, créateur et maître de l'Univers, Père de l'homme, qu'il a fait à son image.

Pour lui comme pour Moïse, Dieu c'est la Perfection, c'est la Sagesse infinie, c'est la Justice.

Mais pour lui plus que pour Moïse (et c'est ici l'innovation capitale ou la grande Réforme), le caractère prédominant dans Dieu, c'est celui de PÈRE du Genre humain, par conséquent celui d'Enfants de Dieu dans tous les hommes et celui de Frères entre eux.

Pour lui, la première qualité de Dieu c'est, envers le Genre humain, l'AMOUR PATERNEL dans toute sa puissance, la bonté, la miséricorde ou la clémence, comme le premier devoir des hommes est l'Amour filial envers Dieu, et, pour lui plaire, l'Amour fraternel des uns envers les autres ou la FRATERNITÉ.

Quand donc Jésus annonce la prochaine arrivée du Règne de Dieu, c'est la fin du Règne de Satan qu'il annonce, la fin du règne du vice et du crime, la fin du règne de l'oppression et de l'esclavage, une grande Réforme, une grande dévolution, l'ancien Monde disparaissant pour faire place à un Monde nouveau, l'ancienne société s'anéantissant devant une Société nouvelle.

Pour lui, le Règne de Dieu qu'il annonce, c'est la lumière remplaçant les ténèbres, c'est la vie remplaçant la mort, c'est le règne de la Justice sur la Terre, c'est surtout le règne de l'Amour sous toutes ses formes, de l'Amour paternel de Dieu pour l'Humanité, de l'Amour filial du Genre humain envers Dieu et de l'Amour fraternel entre les hommes; c'est une nouvelle Organisation sociale parfaite, basée sur le principe de la Fraternité.

S'il accepte l'Ancienne Loi, c'est pour la réformer, l'améliorer et la perfectionner, pour en prendre l'esprit plutôt que la lettre, pour en rejeter toutes les cérémonies devenues ou reconnues inutiles, et pour n'en conserver que l'essentiel , la substance utile et la quintessence.

Et cette quintessence qu'il extrait pour en faire la base de sa nouvelle pyramide ou le fanal de son nouveau phare, la source de ses perfectionnements, l'âme de sa nouvelle Doctrine ; c'est la Fraternité, non en théorie seulement et en paroles, mais en réalisation et en pratique. Sans cesse il répète : — «Aimez votre prochain,aimez vos frères,aimez-vous les uns les autres,aimez-vous comme je vous aime ; — . c'est là l'ESSENTIEL, c'est là TOUTE LA LOI et les Prophètes. »

Tout le reste de sa Doctrine est la conséquence de ce principe fondamental de Fraternité et d'amour on de charité fraternelle.

Et cette simplicité de Doctrine est précisément ce qui la rend sublime, parfaite et divine.

Car de ce principe, comme d'une source inépuisable, sortent naturellement l'Égalité, la Liberté, la Démocratie, tous les devoirs sociaux et toutes les vertus sociales.

Aussi, comme Moïse Jésus crie : « Vous êtes tous frères et égaux; » il prêche l'égalité des salaires, l'égalité politique, sans aucune domination et sans aucun privilège, la destruction de l'opulence et par conséquent de la misère.

« Si vous voulez être parfait, dit-il à un jeune homme très-riche, il ne vous suffit pas d'observer les Commandements formels de l'ancienne Loi ; il faut faire encore une autre chose plus importante; vendez vos biens, donnez-en le prix aux PAUVRES et suivez-moi : voilà la perfection. »

Et ce conseil, il le donne à tous les riches, il leur prescrit à tous de donner leurs biens aux pauvres, en sorte que, si tous les riches voulaient obéir, il n'y aurait plus d'opulence ni de misère.

L'une de ses idées dominantes, c'est de désapprouver et de condamner les richesses el les riches.

Toute sa sollicitude, au contraire, toute sa tendresse, tout son amour, sont pour les pauvres, pour les petits, pour les faibles, pour les souffrants , pour les malheureux, pour les opprimés; il les appelle ses frères, il s'identifie avec eux et proclame que tout ce qu'on fait pour eux on le fait pour lui-même, et que tout ce qu'on leur refuse on le refuse à lui-même.

Par suite du même principe de Fraternité, il prêche l' union et l'association, l'unité et la solidarité.

Tout cela c'est évidemment la Communauté.

Et il la met on pratique ; il en donne l'exemple, vivant en communauté avec ses disciples, mangeant avec eux, n'ayant qu'une bourse commune pour satisfaire à leurs besoins.

Par suite encore du principe de fraternité, c'est aux pécheurs, aux égarés, aux vicieux, qu'il s'attache le plus pour les faire rentrer dans la bonne voie, pour les éclairer et les moraliser.

Médecin habile (et ce n'est pas étonnant s'il est Dieu! ), il guérit beaucoup de malades; et les Évangélistes racontent de lui un grand nombre de prodiges et de miracles, affirmant qu'il guérit toutes sortes de langueurs et de maladies parmi le Peuple, qu'il rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, le mouvement à des paralytiques et même la vie à des morts, ce qui, dans le style mystérieux et figuré, s'applique au moral autant qu'au physique, ce qui signifie manifestement que sa Doctrine guérit les esprits et les coeurs, qu'elle éclaire et persuade, qu'elle échauffe et ranime, qu'elle réveille et ressuscite, qu'elle fait passer des ténèbres et de la mort du Monde d'autrefois à la lumière, à la vie et à l'espérance du Monde à venir.

Aussi, disent les Évangélistes, sa réputation s'étend bientôt partout, et partout le Peuple se presse sur ses pas pour l'entendre et se faire guérir par lui ; et quand il se rend à Jérusalem pour y proclamer sa Doctrine sur un plus grand théâtre, c'est comme en triomphe qu'il entre dans la capitale de la Judée.

Et il traite sévèrement les Prêtres et les Riches, les Pharisiens et les Sadducéens, les accusant de s'attacher à de vaines cérémonies sans pratiquer la Fraternité, les appelant tantôt loups dévorants, tantôt race de vipère, et les dévouant à l'enfer.

Mais les Pharisiens et les Sadducéens, les Prêtres et les Riches, tous les Conservateurs d'alors, conspirent sa perte, lui dressent mille embûches, et le font arrêter après avoir acheté un traître et des faux témoins.

Tout ce qu'on peut imaginer de prévarications de la part de Juges ennemis et d'outrages de la part d'un Peuple trompé et entraîné, il l'éprouve.

Les Prêtres le condamnent à mort comme un impie; tout en désapprouvant la sentence, le Roi Hérode le déclare insensé, visionnaire, fou; le Gouverneur Romain, qui le reconnaît innocent, a la lâcheté de céder à la fureur des Prêtres, dans la crainte d'être dénoncé à l'Empereur comme un serviteur infidèle qui ménage un séditieux et un révolutionnaire. Livré aux insultes de la soldatesque romaine, qui lui déchire la tête en y enfonçant une couronne d'épines, forcé de porter la croix qui doit être l'instrument de son supplice, il est crucifié sur le Golgotha ou le Calvaire, et expire au milieu des barbares moqueries des Prêtres, en pardonnant à ses bourreaux.

Ses Apôtres, ses Disciples et ses nombreux sectateurs sont d'abord consternés, effrayés, découragés, dispersés, prêts à tout abandonner; et sa Doctrine parait menacée de périr avec lui : quelques femmes seules l"accompagnent jusqu'au tombeau.

Mais bientôt, disent les Évangélistes, éclate un nouveau prodige, un nouveau miracle : trois jours après sa mort, Jésus ressuscite pour remonter au ciel et rentrer dans le sein de Dieu son Père ; et auparavant, il se montre à ses Apôtres, reste quarante jours au milieu d'eux, mange avec eux, les remplit de son Esprit, et leur ordonne d'aller prêcher par toute la Terre son Evangile et sa Doctrine, qui doit faire le salut de l'Humanité.

Remplis en effet de son souvenir et de sa Doctrine, le voyant toujours au milieu d'eux, nourris de ses sentiments et de ses pensées, animés de son Esprit, enflammés et transportés par lui, ses Apôtres prennent la résolution de se dévouer à son exemple, de s'unir de nouveau, de resserrer leurs liens dans l'association la plus fraternelle et la plus intime, de nformer entre eux et tous les disciples une Communauté, et de prêcher par toute la Terre l'Évangile, la Doctrine de Jésus-Christ, la Fraternité et la Communauté.

Désignés d'abord sous le titre de Nazaréens, puis sous celui d'Esseniens, ils prennent enfin celui de Chrétiens, invoquant sans cesse le nom de Jésus-Christ.

Pour eux, Jésus-Christ est le Messie, fils de Dieu, sorti de Dieu, retourné à Dieu, se confondant avec lui et même l'absorbant, car, désormais, c'est Jésus -Christ qu'ils invoqueront principalement comme Dieu.

Pour eux, la Doctrine de leur ancien maître devient une Religion, et le Christianisme ou la Religion du Christ remplace le Mosaisme et le Paganisme.

Et comme Jésus proclamait sans cesse que toute la Loi mosaïque et les Prophètes se résumaient dans la Fraternité, les Apôtres et les Chrétiens proclament que tout le Christianisme se résume dans la Communauté fraternelle.

Aussi l'Apôtre Jean, particulièrement, répète- t-il sans cesse : « Aimez-vous comme des frères, -- entr'aimez-vous, — aimez-vous les uns les autres, — dans ce seul mot, AIMEZ se trouvent tous les commandements de Jésus-Christ.

Nous verrons bientôt des persécuteurs du Christianisme devenir ses plus ardents propagateurs, et les femmes s'en montrer les plus enthousiastes propagandistes ; nous verrons ses persécutions et ses divisions intestines ; nous verrons ses progrès et son triomphe sur le Paganisme ; nous verrons se fonder les Églises et les Conciles ou Congrès, la Constitution ecclésiastique et le Culte. Mais, nous arrêtant ici pour revenir sur nos pas, nous nous bornerons à annoncer que le principe fondamental de la Doctrine Chrétienne est définitivement la Fraternité, réalisée par la Communauté ; que des milliers de Communautés s'organisent à Jérusalem, à Antioche, dans tout le monde civilisé ; et que la Divinité de Jésus-Christ, longtemps contestée par une grande partie des Chrétiens, reste enfin reconnue et proclamée par les Conciles.

Les uns ne veulent voir en Jésus-Christ qu'un homme, mais un homme de génie, le plus grand des hommes par son amour et son dévouement pour le peuple, comme par la sublimité de sa morale et de sa philosophie ; les autres ont voulu et veulent voir en lui le Fils de Dieu, Dieu lui-même.

Si c'est le plus grand des hommes, un homme tellement grand et tellement supérieur aux autres hommes qu'on l'adore sur toute la Terre comme un Dieu, ne faut-il pas écouter avec respect ses opinions et ses préceptes?

Si c'est Dieu lui-même, que reste-t-il à faire, si ce n'est écouter, comprendre, obéir, exécuter et pratiquer ?

Nous ne voulons pas discuter ici la question de la divinité de Jésus-Christ ; nous l'admettons comme Dieu.... Regardons, écoutons !

Quand nous le verrons aimer, consoler, soigner, guérir et ressusciter le pauvre Lazare, cet éloquent emblème du pauvre Peuple, ce Lazare presque nu, mourant de faim et de soif, dévoré d'ulcères, assis à la porte du riche un jour de festin, à qui le maître et les valets refusent les miettes tombées de la table, et dont les chiens seuls viennent lécher les plaies ; quand, disons-nous, nous verrons l'amour de Jésus pour ce malheureux Lazare, pourrons-nous hésiter à regarder cet amour comme sublime et divin?

Quand nous verrons Jésus donner sa vie pour ses disciples et leur dire : « Aimez-vous comme je vous ai aimés, » pourrons-nous ne pas appeler cet amour un amour divin ?

Et quand nous verrons ses Apôtres et des milliers de ses Disciples, inspirés par lui , mettre tout en commun, former entre eux une association fraternelle ou Communauté, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme sans aucun pauvre, pourrons-nous ne pas voir dans cette inspiration de Jésus, une inspiration divine ?

Encore une fois, nous l'admettons Dieu....; et, déjà rempli d'admiration et de respect, nous allons étudier en détail sa vie et sa Doctrine, certain d'y trouver la règle qui seule peut délivrer le Genre humain et assurer le bonheur de l'Humanité.

Cinquième partie  

Posté par Adriana Evangelizt

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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 05:05

Histoire du Peuple juif avec les despotes, les tyrans et les prêtres qui règnent sur lui. Oppression des peuples dans le monde entier, de toute façon. Ces peuples qui espèrent que quelqu'un viendra les sauver de cette misère. Entrée en scène de Jean-Baptiste qui annonce celle de Yeshoua...




 


Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 3

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

3ème partie

2ème partie

1ère partie



Chapitre VII

 

 

Deux mots sur l'histoire des Juifs

 

REPUBLIQUE JUDAÏQUE - Avec ses principes de Dieu unique et invisible, de Fraternité, d'Egalité, de Démocratie, de Propriété presque égale et inaliénable, le Mosaïsme pouvait former une Nation plus intelligente, plus sage et plus heureuse que les autres Nations ; et peut-être même, malgré tous ses vices et tous ses malheurs, le Peuple Juif fut-il généralement plus sage encore que les autres Peuples : mais, faible en nombre, entouré de grandes et puissantes Nations idolâtres et païennes, il resta longtemps comme emprisonné et étouffé par les Religions  et les civilisations voisines.

Chacun sait que, peu après la mort de Moïse (et toujours d'après la Bible), les Hébreux s'établirent, par la conquête, dans la Terre Promise, appelée désormais Judée, du nom d'un de leurs chefs Juda ; qu'ils se partagèrent à peu près également le territoire ; qu'ils conservèrent la République Mosaïque ou Judaique pendant près de 400 ans, ayant des Grands-Prêtres pour la Religion et des Juges ou Princes pour le gouvernement et pour la guerre. La Bible mentionne 17 Juges, tous élus, parmi lesquels se trouve une femme, Débora.

ROYAUTE - Mais Samuel, Grand-Prêtre ou Grand-Juge, ayant usurpé et cumulé tous les pouvoirs, les Juifs lui demandèrent un Roi, malgré la crainte qu'en avait manifesté Moïse, en disant, au nom de Dieu :

        "Si, quelques jours, à l'exemple des Nations voisines, vous voulez prendre un Roi, prenez le parmi vous et non parmi les étrangers qui ne sont pas vos frères : qu'il n'ait pas beaucoup d'or, d'argent et de chevaux ; qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes ; qu'il écrive lui-même une copie de la Loi ; qu'il la lise tous les jours afin de se conformer à tous ces préceptes et pour que son orgueil ne s'élève pas au-dessus de ses concitoyens qui seront ses frères." (Deut. XVII, 19-20)

Redoutant les excès de la Royauté, Samuel dit à son tour, en parlant au nom de l'Eternel :

        "Quoi ! Vous voulez un Roi, vous rejetez Dieu  afin qu'il ne règne plus sur vous ! Eh bien, voici ce que fera votre Roi : il prendra vos enfants et les emploiera au service de ses chars et de ses chevaux ; ils courront devant lui et devant ses attelages de guerre ; il en fera des soldats ; il les emploiera à labourer ses champs, à faire ses moissons, à fabriquer ses instruments de combat, ses armes et ses chars ; il prendra vos filles , et en fera ses parfumeuses, ses cuisinières et ses boulangères; il s'emparera de vos champs de blé, de vos vergers d'oliviers et de vos clos de vignes ; et il les donnera aux gens de son service; il prendra la dîme de vos grains et de vos vins pour les donner à ses eunuques et à ses serviteurs ; il enlèvera vos esclaves mâles ou femelles, ainsi que vos ânes ; il dîmera sur vos troupeaux ; et de vos propres personnes il fera des esclaves. » (l Samuel, VIII, 6-17.)

La longue liste des Rois Juifs, d'abord électifs, puis héréditaires, ne présente, en effet, que des despotes et des tyrans, dont l'un, fils de Salomon, disait : « Mon père vous a châtiés avec des fouets; mais je vous châtierai avec des fouets garnis de pointes de fer. (I Rois, XII, 11-14.)

L'histoire de ces Rois ne fournit que des exactions, des révoltes, des guerres civiles, des massacres, des régicides commis par des Rois mêmes.

SCISSION. — Dix Tribus se séparent et prennent pour capitale Samarie, tandis que les deux autres conservent leur capitale, Jérusalem. Les deux Peuples Juifs ont chacun son Temple et sa Bible, ses Grands-Prêtres et ses Rois, qui se font presque continuellement la guerre, pillant, massacrant et dévastant.

CAPTIVITE — Ainsi divisés et affaiblis, les Juifs sont perpétuellement attaqués, envahis, subjugués, pillés, massacrés par les Nations voisines, par les Égyptiens, par les Syriens, par les Chaldéens on les Perses, qui brûlent ou détruisent leurs Temples, qui les réduisent en servitude et qui les déportent en Egypte, en Syrie, à Ninive, à Babylone, 600 ans avant Jésus-Christ.

RETOUR. — Renvoyés dans leur Patrie par le Roi de Perse Cyrus, après 70 ans de servitude à Babylone, les Juifs, au nombre cte 60.000 seulement, mêlés à des étrangers de toutes Nations, reconstruisent Jérusalem et son Temple.

RÉTABLISSEMENT DE LA REPUBLIQUE. — Le Prêtre Esdras, nommé Inspecteur par le Roide Perse, de concert avec Néhémias, nommé Gouverneur, publie une nouvelle édition de la Loi de Moïse, rédigée en chaldéen, propose de nouveau l'acceptation de cette Loi au Peuple assemblé, et rétablit la République Mosaïque ou Judaïque, qui dure encore 400 ans, et qui, 140 ans avant Jésus-Christ, sera remplacée par un Roi, puis par trois Rois.

DOMINATION GRECQUE

Deux siècles après le retour de Babylone, 330 ans av. Jésus-Christ, la Judée devient une Province Grecque sous Alexandre, tombe en partage à l'un de ses généraux, Antiochius le Dieu, devenu Roi de Syrie, qui fait tous ses efforts pour détruire la Religion et la civilisation Judaïques, en y substituant la Religion et la civilisation Grecques ou Païennes.

Deux Partis se forment alors, un Parti Grec ou Étranger, ou Païen, qui accepte les Dieux et la domination des Grecs, et un Parti National ou de l'Indépendance.

Le Parti National résistant à la domination étrangère, Antiochus prend deux fois Jérusalem et son Temple, les pille, massacre les Patriotes Juifs, en emmène un grand nombre comme esclaves, et met une garnison Grecque dans le pays (comme fait aujourd'hui Nicolas en Pologne).

Cependant, les frères Machabée, retirés dans les montagnes avec une armée de Patriotes fidèles, soutiennent longtemps la cause de l'indépendance et battent souvent soit les Grecs, soit le Parti Juif vendu à l'Étranger.

DOMINATION ROMAINE - L'indépendance triomphe enfin, mais avec l'alliance et la protection des Romains, qui bientôt, subjuguant et remplaçant les Grecs, réduisent la Judée en Province romaine, lui imposent un lourd tribut, et y envoient une garnison pour la contenir, avec un Préteur ou Gouverneur pour la gouverner souverainement, en lui donnant un Roi étranger (Hérode), qui détruit définitivement la République Judaïque, en appelant au pouvoir un nouveau Parti de l'Étranger ou Parti Romain, tandis que le Parti National ou de l'indépendance est repoussé, suspect, persécuté par les Romains et surtout par leurs complices.

Voilà donc la Judée , comme l'Espagne, la Gaule, l'Italie, la Grèce, la Syrie, l'Égypte et la Perse, sous la domination d'Auguste, de Néron et de Tibère !

INCRÉDULITÉ CHEZ LES JUIFS.

 Et quel est alors l'état des opinions religieuses, philosophiques et sociales ?

Quoique Moïse ait présenté sa Religion et ses Lois comme écrites ou dictées par Dieu lui-même, les Hébreux ou les Juifs n'ont jamais  été unanimes pour le croire, et toujours une partie d'entre eux, plus ou moins nombreuse, a été incrédule, idolâtre ou païenne ; beaucoup de croyants sont devenus infidèles; la Judée a souvent été couverte de temples, d'autels, d'idoles, de prêtres et de prophètes consacrés aux Dieux étrangers ; bien des Rois Juifs ont été idolâtres ; et souvent les dissidences religieuses ont amené des guerres, des proscriptions et des massacres, dans lesquels des Rois et des Prophètes font périr des centaines de Prophètes, tandis que des Grands-Prêtres et des Rois font assassiner des Rois ( Ier liv. des Rois, XVIII, 1 à 40).

Et quand la Judée est Province grecque, puis Province romaine, on y voit le Paganisme plus encore que le Mosaïsme.

On peut dire aussi que les Juifs, transportés dans les pays voisins ou gardés chez eux par les Peuples vainqueurs, connaissent parfaitement les Religions, les Philosophies, les civilisations et les organisations sociales des Egyptiens, des Babyloniens ou des Perses, des Indiens, des Syriens ou Phéniciens, des Grecs et des Romains, c'est-à-dire toutes les Religions, toutes les Philosophies, toutes les civilisations de l'Orient ou du Monde civilisé.

ÉTAT DE L'OPINION.

Et quelle est alors l'opinion de ce Monde civilisé ?

Partout la Religion sert d'instrument à la Politique et joue encore le premier rôle, quoique la Philosophie commence à le lui disputer.

Partout les Prêtres dominent.

Partout le Peuple est ignorant, crédule, superstitieux; partout on admet les fables les plus grossières, les contes les plus absurdes ; partout on croit aux Dieux, aux Demi-Dieux et aux Génies, à Satan, au Diable et aux Démons, aux Oracles et aux Mages, aux Augures et aux Aruspices , aux métamorphoses et aux miracles.

Partout aussi c'est la guerre, la force, la conquête et l'esclavage ; partout le Peuple est opprimé, dépouillé, tyrannisé par les Rois, par les Prêtres et par l'Aristocratie ; partout on désire un grand changement, une grande Réforme, une grande Révolution.

Partout on reconnaît et l'on sent que les anciens Dieux s'en vont; partout on croit à la fin du monde, à un jugement dernier, à une résurrection, à un règne de Dieu, à la prochaine arrivée d'un Messie ou Réformateur ou Libérateur.

TROIS SECTES — Toutes ces opinions de la Perse, de l'Egypte et de la Grèce, répandues en Judée depuis la captivité de Babylone et les invasions Grecque et Romaine, y ont formé trois Sectes principales , des Sadducéens, des Pharisiens, et des Esséniens ou Thérapeutes.

Les Sadducéens sont le Parti des Rois et de la Cour, qui admet les opinions étrangères, et qui rejette la croyance à la résurrection.

Les Pharisiens sont le Parti Prêtre, qui possède le pouvoir, qui ménage les Étrangers et les Rois pour conserver la puissance, qui s'attache à la lettre et aux pratiques de la Loi Mosaïque en violant son esprit, qui repousse toute réforme, qui veut conserver les abus, et qui flatte le Peuple pour l'exploiter : c'est le Parti le plus nombreux et le plus fort ; c'est aussi, avec les Sadducéens, le Parti conservateur ou ministériel.

ESSÉNIENS.— Les Esséniens sont le Parti des savants, des Philosophes, du progrès; ils s'attachent à l'esprit plus qu'à la lettre de la Loi, regardent le principe de la fraternité comme l'essentiel , admettent la Communauté ( adoptée déjà par Minos, Lycurgue, Socrate, Platon, etc. ), croient à la prochaine fin du monde ( c'est-à-dire à la destruction de l'organisation sociale d'alors), à une résurrection et au régne de Dieu ( c'est-à-dire à une réorganisation sociale sur la base de la Fraternité, de l'Unité dans le Genre humain, de l'Égalité et de la Liberté ou de la Démocratie ).

Ces Esséniens sont pour la plupart des médecins, et des médecins-philosophes, qui s'occupent de l' esprit autant que du corps.

Vivant en Communauté au nombre de plus de 4,000, en Égypte près d'Alexandrie, et en Judée dans plusieurs villages près de Nazareth dans la Galilée, cette vie commune leur donne un immense avantage pour l'étude et l'instruction.

Connaissant toutes les religions et toutes les philosophies, adoptant celles de Socrate et de Platon, ils forment le corps savant qui peut-être est le plus avancé.

Et c'est de cette Communauté des Esséniens que vont sortir le Prophète Jean-Baptiste et Jésus-Christ, fondateur du Christianisme.

Voyons d'abord Jean-Baptiste.

CHAP. VIII.


JEAN-BAPTISTE.

L'Essénien Jean-Baptiste, qui se donne la mission de Prophète, qui se dévoue à la régénération de l'Humanité, et qui se résigne à la vie la plus austère (vêtu d'une peau de chameau attachée avec une ceinture de cuir, se nourrissant de miel sauvage et de sauterelles) pour commander le respect et la confiance, vient prêcher au désert de la Judée, sur les bords du Jourdain, à Béthanie, signale les vices de l'époque, exhorte à se repentir, à devenir moins vicieux, à se dépouiller des vieilles erreurs, à se préparer pour une grande régénération sociale, et annonce une grande Réforme et un grand Réformateur.

Dans son style oriental et énigmatique, il s'écrie : (Matth., III ; Marc, I ; Luc, III ; Jean, I.)

"Faites pénitence (ou reconnaissez vos erreurs et vos fautes, repentez-vous en et prenez la résolution de les éviter) ; car le règne de Dieu s'approche... Préparez la voie du Seigneur ; rendez droit ses sentiers :"

Puis il annonce ainsi l'Egalité :

« Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline sera abaissée; les chemins tortus deviendront droits et les raboteux deviendront unis. »

Quand le Peuple lui demande ce qu'il doit faire, il répond en prescrivant la Fraternité :

« Que celui qui a deux vêtements en donne un à celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger partage avec celui qui n'a rien : »

Aux Publicains (capitalistes, usuriers) il répond :

« N'exigez pas d'intérêts!! »

Aux soldats il dit :

« N'usez point de violence ni de fraude envers personne, el contenter-vous de votre paye! » (Luc, III, 10-14)

Mais quand les Pharisiens et les Sadducéens (les Prêtres et les Courtisans) arrivent de Jérusalem à sa prédication, il les apostrophe en termes menaçants :

« Race de vipère, qui vous a avertis de fuir la colère qui doit tomber sur vous? Faites de dignes fruits de pénitence ! La coignée est déjà à la racine de l'arbre : tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu! » (Math., III, 7-12.)

La foule accourt à ses prédications de toutes les parties de la Judée, même de Jérusalem, et se laisse convertir et endoctriner par lui.

Tous confessent ou reconnaissent et avouent leurs fautes et se font BAPTISER par lui dans le fleuve du Jourdain, c'est-à-dire se dépouillent de leurs habits et se lavent dans la rivière, pour indiquer qu'ils se dépouillent de leurs vices et peut-être qu'ils sont prêts à se dépouiller de leurs biens, et à pratiquer la Fraternité et la Communauté.
Et quel est ce Jean-Baptiste (Baptiste est un surnom qui signifie Baptiseur) qui prêche, exhorte, menace, convertit, baptise des hommes et non des enfants? On le dit un Prophète, un homme inspiré par Dieu. Nous l'admettons : mais alors, Prêtres et grands de la Terre, écoutez donc ses redoutables paroles !

Le voici qui annonce Jésus.

Jean-Baptiste annonce Jésus.

« Pour moi, dit- il, je vous baptise dans l'Eau pour vous porter à la pénitence ; mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier le cordon de ses souliers en me prosternant devant lui; c'est lui qui vous baptisera dans le Saint- Esprit et dans le feu.

« Il a son van à sa main et il nettoiera parfaitement son aire ; il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteindra point. » (Math., III, 11 et 12. — Marc. 1, 7.)

Ainsi, Jean-Baptiste prépare la Réforme en signalant le mal et en lavant le présent, et Jésus viendra consommer la Réforme en apportant le remède, en enflammant les esprits et les cœurs, en purifiant ou détruisant, en régénérant l'Avenir.

Courageuse indépendance de Jean-Baptiste .

Nous venons de voir Jean-Baptiste, le Prophète inspiré de Dieu, menacer les Pharisiens et les Sadducéens ( les Courtisans et les Prêtres ), et prêcher la Réforme malgré le Roi Hérode.

« Mais Hérode étant repris par lui, au sujet d'Hérodiade (sa belle-sœur, femme du Roi Philippe son frère), et de tous les autres maux qu'il avait faits, cet Hérode
ajouta à tous ses autres crimes celui de faire mettre Jean en prison. » (Luc, III, 19-20.)

Ainsi, voyez-le bien, Prêtres et Rois ! au lieu d'être un courtisan, un valet, un complice des débauches et des crimes d'Hérode, Jean, l'inspiré de Dieu, lui reproche ses débauches, ses scandales, tout le mal qu'il fait, tous ses crimes...! Mais cet homme de Dieu serait aujourd'hui flétri comme un brouillon, un factieux, un séditieux, un révolutionnaire!

Et Jésus-Dieu serait flétri de même, lui qui repoussera les offres de Satan et des Rois, et qui déclarera qu'il faut adorer et servir Dieu préférablement aux Princes !

Courageuse indépendance de Jean-Baptiste .

Nous venons de voir Jean-Baptiste, le Prophète inspiré de Dieu, menacer les Pharisiens et les Sadducéens ( les Courtisans et les Prêtres ), et prêcher la Réforme malgré le Roi Hérode.

« Mais Hérode étant repris par lui, au sujet d'Hérodiade (sa belle-sœur, femme du Roi Philippe son frère), et de tous les autres maux qu'il avait faits, cet Hérode
ajouta à tous ses autres crimes celui de faire mettre Jean en prison. » (Luc, III, 19-20.)

Ainsi, voyez-le bien, Prêtres et Rois ! au lieu d'être un courtisan, un valet, un complice des débauches et des crimes d'Hérode, Jean, l'inspiré de Dieu, lui reproche ses débauches, ses scandales, tout le mal qu'il fait, tous ses crimes...! Mais cet homme de Dieu serait aujourd'hui flétri comme un brouillon, un factieux, un séditieux, un révolutionnaire!

Et Jésus-Dieu serait flétri de même, lui qui repoussera les offres de Satan et des Rois, et qui déclarera qu'il faut adorer et servir Dieu préférablement aux Princes !

Persécution et Meurtre de Jean.

Nous venons de voir Jean, le Prophète, le Saint, mis en prison par le Roi Hérode ; mais ce n'est pas assez : la Reine Hérodiade, sa belle-sœur, qu'il a enlevée à son frère et avec laquelle il vit publiquement dans l'adultère et l'inceste, veut le supplice de Jean pour se venger de ses reproches ; elle emploie sa fille comme agent de sa vengeance, lui fait danser devant le Roi une danse voluptueuse, et demande la tête du Prophète pour prix du plaisir qu'elle procure. Le lâche Hérode fait décapiter le prisonnier, et présente sa tête sur un plat à son infâme maîtresse.

Voilà un Roi, une Reine, une maîtresse de Roi, une danseuse de Cour !

Voilà un persécuté, un proscrit, un martyr !

Et voici enfin Jésus-Christ.

Quatrième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 04:44

On poursuit par la Genèse racontée par Moïse, sa Vraie Mission civilisatrice qui s'étend à l'Humanité entière et qui n'a rien à voir avec ce qu'elle est devenue aujourd'hui... nous ne posons pas ce livre par hasard...






Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ 2

 

par Etienne Cabet

Ex-procureur général, ex-député

1848

1ère partie


Chapitre VI

 

MOSAÏSME

Section 1ère - Caractère du Mosaïsme



 

Le Mosaïsme n'est pas seulement une Religion et une histoire de la création et du Genre Humain, mais en même temps une Organisation sociale et politique, une Constitution, un Code de lois ; et la loi se confond avec la Religion : les deux choses n'en font qu'une ; on pourrait ne parler que de Religion, comme on pourrait ne parler que de Loi ou de Constitution ou d'Organisation.

Nous devons même remarquer que Moïse ne prononce jamais le mot Religion (inventé bien des siècles après) et qu'il n'emploie que le mot Loi. Son principal objet, c'est de remplacer la Loi naturelle par une Loi écrite qui servira de règle et de guide pour tous.

Le Mosaïsme est donc le culte de la Loi ou de la Légalité ; aussi Jérusalem aura-t-elle un Palais de la Loi, et les Juifs invoqueront-ils sans cesse la Loi (et les Prophètes défenseurs de la Loi).

Quelles sont cette Religion et ces Lois de Moïse ? Nous allons les voir, en jetant un rapide coup d'oeil sur la Bible*.

*Tout le monde sait que le Mosaïsme est exposé dans la Bible, mot tiré du grec Biblos, qui signifie livre. La Bible est le livre sacré des Hébreux ou des Juifs, comme l'Alcoran est le livre sacré des Mahométans. Les cinq premiers livres de la Bible, appelés les Livres de Moïse (la Genèse ou la Création, l'Exode ou la sortie d'Egypte, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome ou seconde publication de la Loi) contiennent tout le Mosaïsme.

Section 2 - Système sur la Création

On connaît la Genèse ou le système de Moïse sur la Création. On sait comment Moïse raconte :

- Le temps antérieur à la Création ; l'existence de Dieu et l'existence de l'abîme, des eaux, des ténèbres ;

- Puis la création de l'Univers par la parole de Dieu ; la création de la lumière, du soleil, des astres, de la terre et des mers, des plantes et des fruits, des animaux et de l'Homme ;

- La formation d'Adam, avec un peu de limon que Dieu façonne à son image et qu'il anime en lui soufflant une âme de vie par les narines ;

        - puis la formation d'Eve, qu'il façonne avec une côte qu'il soustrait à Adam après avoir pris la précaution de l'endormir ;

        - leur séjour, leur innocence et leur bonheur dans l'Eden ou le Paradis terrestre situé vers le centre de l'Asie à la source de l'Euphrate ;

        - la défense de manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ;

        - le phénomène d'un animal, d'un reptile, d'un serpent, que Dieu vient de créer pour être soumis à l'homme, qui s'insurge contre Dieu, qui conseille à Eve la révolte, et qui parle la langue humaine ;

        - la tentation d'Eve par ce serpent, puis Adam par Eve ;

        - leur désobéissance à Dieu par le conseil du serpent, désobéissance qu'on appelle le péché originel (ou la faute originelle) ;

        - le courroux de Dieu ;

        - leur expulsion de l'Eden, et le moyen employé par Dieu pour les empêcher d'y rentrer en plaçant à la porte un Chérubin agitant une épée de flamme ;

        - la condamnation prononcée contre eux et contre leur postérité pour que l'homme travaille et gagne sa vie à la sueur de son front, pour que la femme enfante avec douleur et soit soumise à l'homme.

On sait comment Moïse raconte l'histoire de la postérité d'Adam et d'Eve ou l'histoire du Genre humain. On connaît :

- Leurs trois fils :

        - CAÏN (mot qui signifie le propriétaire) ;

        - ABEL (mot qui signifie le berger ou le pauvre)

        - SETH (mot qui signifie le savant ou le prêtre)

- La faveur de Dieu pour Abel malgré le péché originel ;

- le meurtre d'Abel par son frère Caïn ;

- la malédiction prononcée par Dieu contre Caïn et contre sa race ;

- le repentir qu'éprouve Dieu d'avoir créé l'homme ;

- le Déluge envoyé par Dieu pour détruire tout le genre humain parce qu'il ne veut pas l'adorer ;

- la conservation de Noé et de sa famille parce qu'il est pieux ;

- le partage de la terre entre ses trois fils Japhet, Cham et Sem, d'où sortent tous les Peuples du Globe ;

- la condamnation à l'esclavage prononcée contre la postérité de Cham, au profit de la postérité de Sem, pour punir une faute de Cham ;

- l'Alliance de Dieu avec Abraham, descendant de Sem, à condition d'établir la Circoncision ;

- la nouvelle Alliance avec Isaac, puis avec Jacob, à qui Dieu promet l'Empire du Monde pour sa postérité ;

- enfin l'établissement des 12 enfants de Jacob en Egypte fondant 12 tribus, leur multiplication pendant 400 ans, et l'Alliance de Dieu renouvelée avec Moïse et avec les 600 000 Hébreux.

Nous ne nous arrêterons pas à examiner s'il est possible d'admettre que Moïse entendait que ce récit fut éternellement pris à la lettre, ou si, dans l'intention de Moïse, ce récit n'était pas tout simplement une ALLEGORIE, un mythe (en grec mythos), ou fable religieuse, comme toutes celles de la mythologie païenne.

Nous n'examinerons pas si, comme le soutiennent quelques philosophes, notamment Pierre Leroux dans son  livre de l'Humanité (Tome II, page 544) qui contient des recherches profondes et curieuses, Moïse a voulu dire seulement que l'homme fut d'abord innocent, pur, bon ; qu'il ne devint coupable ou mauvais qu'ensuite, par une erreur, par une faute, par une tentation d'une espèce de Génie du mal ; et que cette erreur, cette faute, cette tentation, ce Génie du mal fut l'EGOÏSME ou l'INDIVIDUALISME ; que tous les maux qui accablèrent l'Humanité sont la conséquence de cet Egoïsme ou de cet Individualisme ; et que tous ces maux subsisteront tant que l'Humanité ne sera pas DELIVREE de cet Egoïsme ou de cet Individualisme ;

Ce qu'il importe de bien remarquer ici, en passant, c'est que, même en le prenant à la lettre, le récit de Moïse constitue

1- l'identité de la femme et de l'homme ;

2 - la fraternité, l'unité, et la solidarité entre tous les membres du Genre humain ou de l'Humanité. 

Une troisième chose bien importante à remarquer, c'est que l'erreur, la faute, le péché originel, n'empêcha pas Dieu de faire alliance avec Abel, avec Noé, avec Abraham, avec Isaac, avec Jacob, avec Moïse et son peuple Hébreu.

Section 3 - Loi principale - Décalogue

 Puis l'une des premières choses que fait Moïse, c'est le Décalogue, mot grec qui signifie dix lois ou loi en dix articles.

Et il affirme que cette loi a été gravée par Dieu, de sa propre main, sur deux tables de pierre, sur le mont Sinaï, au milieu d'un grand bruit et d'une grande lumière pendant que le peuple était au pied de la montagne.

Nous n'examinons pas les moyens qu'il emploie pour persuader que le Décalogue a été écrit par Dieu lui-même, et nous admettons que c'est bien Dieu qui l'a écrit : voyons ce que prescrit Dieu, parlant au Peuple comme à un seul homme.

        1 - Je suis le Seigneur ton Dieu.
       2 - Tu n'auras point des Dieux étrangers. Tu ne feras aucune image ni aucune figure ; tu n'en adoreras aucune,  car je suis le Dieu fort et jaloux qui punit sur les enfants l'iniquité des pères.
        3 - Tu ne prendras point en vain le nom de Dieu.        
        4 - Tu ne feras aucun travail le jour du Sabbat.
        5 - Tu honoreras ton père et ta mère.
        6 - Tu ne tueras point.
        7 - Tu ne commettras point d'adultère.
        8 - Tu ne voleras point.
        9 - Tu ne mentiras point.
      10 - Tu ne désireras ni la femme ni le bien de ton prochain.

Voilà donc ce que Dieu commande. Et que de bien ne ferait pas la pratique de ces commandements !

Mais qui les observe avec le respect et la terreur religieuse que devrait inspirer l'ordre de Dieu ? Les riches, les savants, les Prêtres, les Rois mêmes, ne donnent-ils pas journellement l'exemple de la désobéissance et de la révolte contre la Loi divine ?

Chacun sait que, outre ce Décalogue, promulgué comme écrit par Dieu lui-même, Moïse avait un grand nombre d'autres lois, religieuses, politiques, civiles, militaires, qu'il présente comme écrite par lui sous la dictée de Dieu. Nous  ne voulons pas contester ici ; nous admettons : eh bien ! quelles sont ces lois dictées par Dieu ?

Section 4 - Loi secondaire

Si nous pouvions les examiner, nous verrions qu'elles sont, sous tous les points, un immense progrès sur les législations de tous les autres peuples : mais nous ne pouvons parcourir à la hâte que les dispositions principales.

RELIGION : Et d'abord, qu'est-ce que Dieu pour Moïse ? Ce n'est plus comme pour le vulgaire Egyptien, un astre, une plante, un animal ; c'est, comme pour les Prêtres, la cause première dont tout le reste est l'effet ; c'est un Dieu unique, éternel, tout-puissant, créateur de l'Univers, invisible, à qui il donne cependant la figure humaine, et qu'il représente aussi comme un esprit, un souffle, une voix, une étoile, une flamme, une nuée, etc... qu'il appelle l'Eternel, le Seigneur, Jehovah, le Dieu du Ciel*.

* Notre mot français Dieu vient du mot latin Deus, qui vient du grec Zeus prononcé par les Doriens Deus, qui signifie Jupiter, ou l'air, le vent, le mouvement, la lumière. Le mot latin Dies, qui signifie Jour, a manifestement beaucoup d'analogie avec Deus ou Dieu. Dans leur hiéroglyphes, les Egyptiens représentaient Dieu par un mât avec une voile agitée par un grand vent.

ANGES, CHERUBINS - Moïse n'emploie que rarement les expressions Ange (qui signifie Messager) ou Cherubin ; et quand il les emploie, c'est sans y mettre d'importance ; ce sont des êtres imaginaires, comme la Voix de Dieu, la Colère de Dieu : ce n'est que beaucoup plus tard qu'on imaginera des armées d'Anges de tous rangs et de tous grades, qui troubleront les imaginations.

SATAN, DEMON, DIABLEMoïse n'en parle pas : ce n'est qu'une opinion des Religions étrangères, introduite longtemps après parmi les Juifs

ÂME, IMMORTALITE, PARADIS, ENFER - Moïse ne parle nulle part ni de l'âme, ni de son immortalité, ni d'une vie future, ni d'une récompense ou d'une punition dans une autre vie, ni d'un Paradis céleste ou d'un Enfer. Il ne s'occupe que de cette vie, de la Société actuelle, du temporel, comme on dit, du bonheur sur la Terre, sans dire jamais un mot sur un bonheur spirituel dans une autre vie toute spirituelle.

CULTE - Moïse consacre à Dieu, dans un temple, un autel, sur lequel on n'offrira plus de victimes humaines mais seulement des animaux et des fruits.

PRÊTRES - Moïse ou Dieu, ne leur attribue aucune propriété territoriale comme en Egypte, mais seulement la Dîme, ou la dixième partie de tous les fruits, soit de la terre, soit des animaux.
S'ils trouvent le moyen de devenir opulents, ce sera en transgressant la Loi. Ils peuvent et doivent se marier.

FRATERNITE - "Vous aimerez votre prochain comme vous-même, dit Dieu, suivant Moïse ; car vous êtes tous frères." (Lévitique chap. 19/17-18 et XXV, 46)
Ainsi
plus de castes, mais la fraternité, l'égalité, l'amour du prochain.
Et c'est Dieu qui dicte cette loi ! L'entendez-vous bien, riches et puissants de la Terre !

ORGANISATION SOCIALE, PROPRIETE - Nous avons vu le Peuple récolter la manne en commun et la partager également. Tous auront aussi une part égale dans le butin et dans la Terre promise. La propriété sera inaliénable ; "car la terre est à moi, dit Dieu suivant Moïse, et vous n'êtes tous que locataires chez moi." Par conséquent, le vendeur ou sa famille pourra toujours racheter la propriété vendue ; et même tous les cinquante ans, au Jubilé, toutes les ventes seront annulées de plein droit.
Moïse ou Dieu veut donc que tous les citoyens soient propriétaires et cultivateurs, et qu'il n'y ait
ni opulence ni misère. L'entendez-vous bien encore, riches accaparateurs de la Terre !

FEMMES - C'est le mari qui fournit une dot à son épouse. La prostitution est interdite aux femmes de la Nation.

PAUVRES - Laissez aux pauvres une part dans votre vigne et votre champ. Prêtez leur sans intérêt. Donnez-leur ce qu'ils désirent ; ouvrez votre main aux besoins de vos frères indigents ; aidez vos frères. (Ex. XXII, 25-26 - Lev. XIX, 9-10 - Deut. XV, 7-11 ; XXIII, 19) L'entendez-vous, cupides usuriers, cruels loups-cerviers du capital !

ESCLAVES - Si Moïse permet encore d'avoir des esclaves étrangers, comme c'est alors l'usage sur toute la terre, s'il autorise même à se vendre comme esclave, ou plutôt à se louer comme serviteur à un autre Juif, il veut du moins qu'on traite l'esclave avec douceur ; "car, dit Dieu suivant Moïse, vous êtes tous mes serviteurs ou mes esclaves." (Lev. XXV, 39 - Deut. XXV, 12 à 18 - XXIII, 15, 16.) L'entendez vous, barbares vendeurs de chair humaine !

ETRANGERS - Moïse recommande d'aimer l'étranger comme individu, et de lui donner des aliments et des vêtements ; "car, dit-il, vous avez été étrangers au pays d'Egypte." (Exode, XXII, 21 - Lev. XIX, 33,34 - Deut. X, 14 à 19)

ANIMAUX - Il prescrit même de traiter les animaux avec douceur (Exode, XXIII, 12 - Deut. XXII, 6 - XXV, 4) L'entendez-vous, vous tous qui traitez vos frères plus inhumainement que des chiens ou des chevaux !

GOUVERNEMENT - Si le gouvernement institué par Moïse paraît un mélange de théocratie, d'aristocratie et de démocratie, c'est néanmoins la Démocratie qui domine ; car tous les Hébreux sont considérés comme égaux et comme Frères.

« La Terre est à moi (dit Dieu suivant Moïse), vous êtes tous habitants et locataires chez moi, tous mes serviteurs, tous frères. Personne ne doit dominer les autres. » (Lévit., XXV, 23, 3g, 46,Deutér., XXIV, 10-22.)

L'entendez-vous enfin , Rois et Princes qui vous prétendez les maîtres de la Terre !

Moïse veut que chaque Tribu se divise, pour la guerre et la justice, par groupes ou compagnies de 10, 50, 100, 1000, et que chaque division choisisse des Juges pour les affaires ordinaires, en leur prescrivant de choisir des hommes vénérables et vertueux. (Exod., XVIII, 21.)

Il veut que les grandes affaires soient décidées par un Juge ou Grand-Juge ou Prince, qui sera le Chef, le Général, le Président ou le premier Magistrat du Peuple, élu par lui, sans pouvoir héréditaire, obligé de se conformer à la loi, surveillé par le Grand-Prêtre, et responsable de tous ses actes devant la Nation.

Il veut que les Anciens et les principaux de toutes les Tribus forment une espèce de sénat qu'on appellera Sanhédrin, et qui ne sera qu'un Conseil.

Il veut que le Peuple entier se réunisse en Assemblée nationale et décide souverainement de tous les intérêts populaires.

Point de bourreau ; c'est le Peuple tout entier qui exécutera les sentences capitales en lapidant le condamné.

Chaque citoyen pourra même condamner lui seul en appliquant la loi sur la déposition de deux témoins, à condition qu'il jettera lui-même la première pierre au coupable.

La Nation n'aura qu'un temple et se réunira tout entière à Jérusalem pour la fête de Pâques.

C'est donc une Démocratie, et la plus démocrate des Démocraties, quoique mélangée de théocratie et d'aristocratie ; c'est la République instituée par Moïse et, selon lui, par Dieu lui- même.

Lois CRIMINELLES. — Chacun connaît sa fameuse loi du talion, qui, dans certains cas, demande, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, vie pour vie ( Exodse XXI, 23 à 25. — Deutér., XIX, 16 à 21).

ACCEPTATION - Quoique ces lois, ce Code, cette Constitution, soient présentés comme l'oeuvre de Dieu, Moïse ne les impose pas au Peuple qui pourrait les rejeter. Dieu (raconte-t-il), leur dit : "Tu leur proposeras"(Exode XIX, 5 à 8 ; XXI, 1... ; XXIV, 3-7) ; et il les présente aux douze tribus assemblées, qui les acceptent. C'est la souveraineté du peuple reconnue et exercée ! c'est un véritable contrat social !

L'original est enfermé dans l'Arche (ou coffre de bois) pour rester déposé dans le sanctuaire sous la garde du Grand-Prêtre. Douze copies gravées sur douze tables de pierre, sont remises aux douze Tribus ; tous les sept ans, le Pontife devra lire la Loi au Peuple assemblé ; tous les citoyens devront l'apprendre et l'enseigner à leurs enfants.

Tel est, en substance, le Code Mosaïque.

Quelles que soient ses imperfections, c'est un magnifique ouvrage pour son époque et pour un Peuple abruti par l'esclavage, et ce sont même une Religion et une législation bien supérieures à celles des Nations d'alors, et peut-être même à des Nations d'aujourd'hui ; car quelle est la Nation ancienne et moderne qui, comme Moïse, a pris réellement pour base la fraternité, l'unité, la solidarité, l'égalité, la liberté, avec autant de garanties contre l'opulence et la misère ?

Aussi, comme sa Loi a été volontairement acceptée par le Peuple, Moïse l'appelle la sagesse et l'intelligence de la Nation.

REVISION, PERFECTIONNEMENT, PROGRES, NOUVEAU MESSIE - Et quoique Moïse déclare que, si les Juifs observent la Loi, ils deviendront le plus intelligent et le plus sage de tous les Peuples, il leur annonce un autre Messie, un nouvel envoyé de Dieu, qui réformera et perfectionnera sa Loi.

PROPHETES - Et en attendant, il institue des Prophètes, qui seront des prédicateurs, des instructeurs, des orateurs, des espèces de Tribuns du Peuple, qui l'avertiront, le conseilleront, l'exhorteront, recommanderont le respect pour la Loi, et répèteront l'annonce d'un Messie. On en verra des milliers avant l'apparition de Jésus-Christ ; et quand Jésus-Christ se présentera comme Réformateur, les Juifs seront préparés à l'arrivée d'un nouveau Messie.

Ecoutons maintenant Jésus-Christ : mais auparavant, deux mots encore sur l'histoire des Juifs depuis Moïse à Jésus-Christ.

 
Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt

 

Publié dans : LE GALILEEN
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