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Mercredi 20 février 2008

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 3

par Charles-François Dupuis

1830

1ère partie

2ème partie

CHAPITRE II.

Universalité du culte rendu à la Nature,

prouvé par l'histoire

et par les monuments politiques et religieux.

2ème partie

Les anciens Grecs, si l'on en croit Platon, n'avaient d'autres dieux que ceux qu'adoraient les Barbares du temps où vivait ce philosophe, et ces dieux étaient le Soleil, la Lune, les Astres, le Ciel et la Terre.

Épicharmis, disciple de Pythagore, appelle dieux le Soleil, la Lune, les Astres, la Terre, l'Eau et le Feu. Orphée regardait le Soleil comme le plus grand des dieux, et, montant avant le jour sur un lieu élevé, il y attendait l'apparition de cet astre pour lui rendre des hommages.

Agamemnon , dans Homère, sacrifie au Soleil et à la Terre.

Le chœur, dans l'Œdipe de Sophocle, invoque le Soleil, comme étant le premier de tous les dieux et leur chef.

La Terre était adorée dans l'ile de Cos : elle avait un temple à Athènes et à Sparte ; son autel et son oracle à Olympie. Celui de Delphes lui fut originairement consacré. En lisant Pausanias, qui nous a donné la description de la Grèce et de ses monuments religieux, on retrouve partout des traces du culte de la Nature; on y voit des autels, des temples, des statues consacrés au Soleil, à la Lune, à la Terre, aux Pléiades, au Cocher céleste, à la Chèvre, à l'Ourse ou à Calisto, à la Nuit, aux Fleuves, etc

On voyait en Laconie sept colonnes élevées aux sept planètes. Le Soleil avait sa statue, et la Lune sa fontaine sacrée à Thalma, dans ce même pays.

Les habitants de Mégalopolis sacrifiaient au vent Borée, et lui avaient fait planter un bois sacré.

Les Macédoniens adoraient Estia ou le Feu, et adressaient des prières à Bedy ou à l'élément de l'eau. Alexandre, roi de Macédoine, sacrifie au Soleil, à la Lune et à la Terre.

L'oracle de Dodôme, dans toutes ses réponses, exige que l'on sacrifie au fleuve Achéloùs. Homère donne l'épithète de sacrées aux eaux de l'Alphée.

Nestor et les Pyliens sacrifient un taureau à ce fleuve. Achille laisse croître ses cheveux en honneur du Sperchius ; il invoque aussi le vent Borée et le Zéphyr.

Les fleuves étaient réputés sacrés et divins , tant à cause de la perpétuité de leurs cours, que parce qu'ils entretenaient la végétation, abreuvaient les plantes et les animaux, et parce que l'eau est un des premiers principes de la Nature, et un des plus puissants agents de la force universelle du Grand-Être.

En Thessalie, on nourrissait des corbeaux sacrés en l'honneur du Soleil. On trouve cet oiseau sur les monuments de Mithra en Perse.

Les temples de l'ancienne Byzance étaient consacrés au Soleil, à la Lune et à Vénus. Ces trois astres, ainsi que l'Arcture ou la belle étoile du Bouvier, les douze signes du Zodiaque, y avaient leurs idoles.

Rome et l'Italie conservaient aussi une foule de monuments du culte rendu à la Nature et à ses agents principaux. Tatius, venant à Rome partager le sceptre de Romulus, élève des temples au Soleil, à la Lune, à Saturne, à la Lumière et au Feu. Le feu éternel ou Vesta était le plus ancien objet du culte des Romains : des vierges étaient chargées de l'entretenir dans le temple de cette déesse, comme les Mages en Asie dans leurs Pyrées ; car c'était le même culte que celui des Perses. C'était, dit Jornandès, une image des feux éternels qui brillent au Ciel.

Tout le monde connaît le fameux temple de Tellus ou de la Terre, qui servit souvent aux assemblées du sénat. La Terre prenait le nom de mère, et était regardée comme une Divinité avec les mânes.

On trouvait dans le Latium une fontaine du Soleil, auprès de laquelle étaient élevés deux autels, sur lesquels Énée, arrivant en Italie , sacrifia.

Romulus institua les jeux du cirque en honneur de l'astre qui mesure l'année dans son cours, et des quatre éléments qu'il modifie par son action puissante.

Aurélien fit bâtir à Rome le temple de l'astre du jour, qu'il enrichit d'or et de pierreries. Auguste, avant lui, y avait fait apporter d'Égypte les images du Soleil et de la Lune, qui ornèrent son triomphe sur Antoine et sur Cléopâtre.

La Lune avait son temple sur le mont Aventin. Si nous passons en Sicile, nous y voyons des bœufs consacrés au Soleil. Cette île elle-même porta le nom d'île du Soleil. Les bœufs que mangèrent les compagnons d'Ulysse en arrivant étaient consacrés à cet astre.

Les habitants d'Assora adoraient le fleuve Chrysas, qui coulait sous leurs murs, et qui les abreuvait de ses eaux. Ils lui avaient élevé un temple et une statue. A Enguyum on adorait les déesses-mères, les mêmes Divinités qui étaient honorées en Crète, c'est-à-dire la grande et la petite Ourse.

En Espagne, les peuples de la Bétique avaient bâti un temple en l'honneur de l'étoile du matin et du crépuscule. Les Accitains avaient élevé au Dieu Soleil, sous le nom de Mars, une statue dont la tête rayonnante exprimait la nature de cette Divinité. A Cadix, ce même dieu était honoré sous le nom d'Hercule dès la plus haute antiquité.

Toutes les nations du nord de l'Europe, connues sous la dénomination générale de nations celtiques, rendaient un culte religieux au Feu, à l'Eau, à l'Air, à la Terre, au Soleil, à la Lune, aux Astres, à la voûte des Cieux , aux Arbres, aux Rivières, aux Fontaines, etc.

Le vainqueur des Gaules, Jules-César, assure que les anciens Germains n'adoraient que la cause visible et ses principaux agents, que les dieux qu'ils voyaient et dont ils éprouvaient l'influence, le Soleil, la Lune, le Feu ou Vulcain, la  Terre sous le nom d'Herta.

On trouvait dans la Gaule narbonnaise un temple élevé au vent Circius, qui purifiait l'air. On voyait un temple du Soleil à Toulouse. Il y avait dans le Gévaudan le lac Hélanus, auquel on rendait des honneurs religieux.

Charlemagne, dans ses Capitulaires, proscrit l'usage ancien où l'on était de placer des chandelles allumées auprès des arbres et des fontaines pour leur rendre un culte superstitieux.

Canut, roi d'Angleterre, défend dans ses États le culte que l'on rendait au Soleil, à la Lune, au Feu , à l'Eau courante, aux Fontaines, aux Forêts, etc.

Les Francs qui passent en Italie sous la conduite de Theudibert, immolent les femmes et les enfants des Goths, et en font offrande au fleuve du Pô, comme étant les prémices de la guerre. Ainsi les Allemands, au rapport d'Agathias, immolaient des chevaux aux fleuves, et lesTroyens au Scamandre, en précipitant ces animaux tout vivants dans leurs eaux.

Les habitants de l'Ile de Thulé, et tous les Scandinaves, plaçaient leurs Divinités dans le Firmament, dans la Terre, dans la Mer, dans les Eaux courantes, etc.

On voit, par ce tableau abrégé de l'histoire religieuse de l'ancien continent, qu'il n'y a pas un point des trois parties de l'ancien Monde où l'on ne trouve établi le culte de la Nature et de ses agents principaux, et que les nations civilisées, comme celles qui ne l'étaient pas, ont toutes reconnu l'empire qu'exerçait sur l'homme la cause universelle visible, ou le Monde et ses parties les plus actives.

Si nous passons dans l'Amérique, tout nous présente sur la terre une scène nouvelle, tant dans l'ordre physique que dans l'ordre moral et politique. Tout y est nouveau : plantes, quadrupèdes, arbres, fruits, reptiles, oiseaux, mœurs, usages. La religion seule est encore la même que dans l'ancien Monde : c'est toujours le Soleil, la Lune, le Ciel, les Astres, la Terre et les Éléments qu'on y adore.

Les Incas du Pérou se disaient fils du Soleil ; ils élevaient des temples et des autels à cet astre, et avaient institué des fêtes en son honneur : il y était regardé, ainsi qu'en Égypte et en Phénicie, comme la source de tous les biens de la Nature. La Lune, associée à son culte, y passait pour la mère de toutes les productions sublunaires; elle était honorée comme la femme et la sœur du Soleil. Vénus, la planète la plus brillante après le Soleil, y avait aussi ses autels, ainsi que les météores, les éclairs, le tonnerre, et surtout la brillante Iris ou l'arc-en-ciel. Des vierges étaient chargées, comme les Vestales à Rome, du soin d'entretenir le feu sacré perpétuel.

Le même culte était établi au Mexique, avec toute la pompe que donne à sa religion un peuple instruit.

Les Mexicains contemplaient le Ciel, et lui donnaient le nom de Créateur et d'admirable ; il n'y avait point de partie un peu apparente dans l'Univers qui n'eût chez eux ses autels et ses adorateurs.

Les habitants de l'isthme de Panama, et de tout ce qu'on appelle terre-ferme, croyaient qu'il y a un Dieu au Ciel, et que ce Dieu était le Soleil, mari de la Lune; ils adoraient ces deux astres comme les deux causes suprêmes qui régissent le Monde. Il en était de même des peuples du Brésil, des Caraïbes, des Floridiens, des Indiens de la côte de Cumana, des sauvages de la Virginie, et de ceux du Canada et de la baie d'Hudson.

Les Iroquois appellent le Ciel Garonthia ; les Hurons, Sironhiata, et les uns et les autres l'adorent comme le grand génie, le bon maître, le père de la vie; ils donnent aussi au Soleil le titre d'Être suprême.

Les sauvages de l'Amérique septentrionale ne font point de traité sans prendre pour témoin et pour garant le Soleil, comme nous voyons que fait Agamemnon dans Homère, et les Carthaginois dans Polybe. Ils font fumer leurs alliés dans le calumet, et en poussent la fumée vers cet astre. C'est aux Panis, qui habitent les bords du Missouri, que le Soleil a donné le calumet, suivant la tradition de ces sauvages.

Les naturels de l'île de Cayenne adoraient aussi le Soleil, le Ciel et les Astres. En un mot partout où l'on a trouvé des traces d'un culte en Amérique, on a aussi reconnu qu'il se dirigeait vers quelques-unes des parties du grand tout ou du Monde.

Le culte de la Nature doit donc être regardé comme la religion primitive et universelle des deux Mondes. A ces preuves tirées de l'histoire des peuples des deux continents s'en joignent d'autres tirées de leurs monuments religieux et politiques, des divisions et des distribution s de l'ordre sacré et de l'ordre social, de leurs fêtes, de leurs hymnes et de leurs chants religieux, des opinions de leurs philosophes.

Dès que les hommes eurent cessé de se rassembler sur le sommet des hautes montagnes pour y contempler et y adorer le Ciel, le Soleil, la Lune et les autres Astres, leurs premières Divinités, et qu'ils se furent réunis dans les temples, ils voulurent retrouver dans cette enceinte étroite les images de leurs dieux et un tableau régulier de cet ensemble admirable, connu sous le nom de Monde ou du grand tout qu'ils adoraient.

Ainsi le fameux labyrinthe d'Égypte représentait les douze maisons du Soleil, auquel il était consacré par douze palais, qui communiquaient entre eux, et qui formaient la masse du temple de l'astre qui engendre l'année et les saisons en circulant dans les douze signes du zodiaque. On trouvait dans le temple d'Héliopolis ou de la ville du Soleil, douze colonnes chargées de symboles relatifs aux douze signes et aux Éléments.

Ces énormes masses de pierres consacrées à l'astre du jour avaient la figure pyramidale, comme la plus propre à représenter les rayons du Soleil, et la forme sous laquelle s'élève la flamme.

La statue d'Apollon Ageyus était une colonne terminée en pointe, et Apollon était le Soleil.

Le soin de figurer les images et les statues des dieux en Égypte n'était point abandonné aux artistes ordinaires. Les prêtres en donnaient les dessins, et c'était sur des sphères, c'est-à-dire, d'après l'inspection du Ciel et de ses images astronomiques, qu'ils en déterminaient les formes. Aussi voyons-nous que dans toutes les religions les nombres sept et douze, dont l'un rappelle celui des planètes et l'autre celui des signes, sont des nombres sacrés, et qui se reproduisent sous toutes sortes de formes. Tels sont les douze grands dieux ; les douze apôtres ; les douze fils de Jacob ou les douze tribus ; les douze autels de Janus; les douze travaux d'Hercule ou du Soleil; les douze boucliers de Mars; les douze frères Arvaux ; les douze dieux Consentes ; les douze membres de la lumière, les douze gouverneurs dans le système manichéen ; les douze adeetyas des Indiens; les douze azes des Scandinaves ; la ville aux douze portes de l'Apocalypse ; les douze quartiers de la ville dont Platon conçoit le plan ; les quatre tribus d'Athènes, sous divisées en trois fratries, suivant la division faite par Cécrops ; les douze coussins sacrés sur lesquels est assis le Créateur dans la cosmogonie des Japonais ; les douze pierres du rational du grand-prêtre des Juifs, rangées trois par trois, comme les saisons; les douze cantons de la ligue étrusque, et leurs douze lucumons ou chefs de canton ; la confédération des douze villes d'Ionie; celle des douze villes d'Éolie; les douze Tcheou dans lesquels Chun divise la Chine; les douze contrées entre lesquelles les habitants de la Corée partagent le Monde; les douze officiers chargés de traîner le sarcophage dans les funérailles du roi de Tunquin ; les douze chevaux de main ; les douze éléphants, etc. conduits dans cette cérémonie.

Quatrième partie

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : DIEU
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Mardi 19 février 2008

 Il semblerait qu'il y ait des problèmes sur Over-Blog en ce moment et que le blog vous paraisse très bizarre, ce qu'il est en fait. Il ne ressemble à rien. Nous pensons qu'ils sont en train de nous passer en version V2 car d'autres ont aussi le même problème. Alors nous nous excusons de ce désagrément bien que nous n'y soyons pour rien...

On continue donc le voyage dans l'Origine de tous les cultes pour se rendre compte que nos ancêtres adoraient le Soleil, le Ciel, les Constellations et la Terre-Mère avec tous ses éléments. Aussi pour mieux comprendre la rouerie des religieux qui ont trafiqué non seulement la tradition orale mais aussi les premiers écrits tracés sur la pierre, vous remplacez l'Eternel ou Seigneur par le Soleil et vous avez la vraie signification des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament ou de l'Apocalypse. On prend un verset au hasard...

Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées.Apocalypse 4/11

Effectivement, c'est grâce au Soleil que tout a été créé.

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 2

par Charles-François Dupuis

1830

1ère partie

CHAPITRE II.

Universalité du culte rendu à la Nature,

prouvé par l'histoire

et par les monuments politiques et religieux.

1ère partie

 

Ce n'est plus par des raisonnements que nous chercherons à prouver que l'Univers et ses parties, considérés comme autant de portions de la grande cause ou du Grand-Être, ont dû attirer les regards et les hommages des mortels. C'est par des faits et par un précis de l'histoire religieuse de tous les peuples que nous pouvons démontrer que ce qui a dû être a été effectivement, et que tous les hommes de tous les pays, dès la plus haute antiquité, n'ont eu d'autres dieux que les dieux naturels, c'est-à-dire, le Monde et ses parties les plus actives et les plus brillantes, le Ciel, la Terre, le Soleil, la Lune, les Planètes, les Astres fixes, les Éléments, et en général tout ce qui porte le caractère de cause et de perpétuité dans la Nature.

Peindre et chanter le Monde et ses opérations, c'était autrefois peindre et chanter la Divinité. De quelque côté que nous jetions nos regards dans l'ancien comme dans le nouveau continent, partout la Nature et ses principaux agents ont eu des autels. C'est son corps auguste, ce sont ses membres sacrés qui ont été l'objet de la vénération des peuples. Chérémon et les plus savants prêtres de l'Égypte étaient persuadés, comme Pline, qu'on ne devait admettre rien hors le Monde ou hors la cause visible, et ils appuyaient leur opinion de celle des plus anciens Égyptiens, « qui ne reconnaissaient, disent-ils, pour dieux que le Soleil, la Lune, les Planètes, les Astres qui composent le zodiaque, et tous ceux qui, par leur lever ou leur coucher, marquent les divisions des signes, leurs sous-divisions en décans, l'horoscope et les astres qui y président, et que l'on nomme chefs puissants du Ciel. Ils assuraient que les Égyptiens, regardant le Soleil comme un grand Dieu, architecte et modérateur de l'Univers, expliquaient non-seulement la fable d'Osiris, mais encore toutes leurs fables religieuses, généralement par les astres et par le jeu de leurs mouvements, par leur apparition , leur disparition ; par les phases de la Lune, par les accroissements ou la diminution de sa lumière, par la marche progressive du Soleil, par les divisions du Ciel et du temps dans leurs deux grandes parties, l'une affectée au jour et l'autre à la nuit ; par le Nil; enfin, par l'action des causes physiques. Ce sont là, disaient-ils, les dieux arbitres souverains de la fatalité , que nos pères ont honorés par des sacrifices, et à qui ils ont élevé des images. »

Effectivement, nous avons fait voir, dans notre grand ouvrage, que les animaux mêmes, consacrés dans les temples de l'Égypte, et honorés par un culte, représentaient les diverses fonctions de la grande cause, et se rapportaient au Ciel, au Soleil, à la Lune et aux différentes constellations, comme l'a très-bien aperçu Lucien. Ainsi la belle étoile Sirius ou la Canicule fut honorée sous le nom d'Anubis, et sous la forme d'un chien sacré nourri dans les temples. L'épervier représenta le Soleil, l'ibis la Lune, et l'astronomie fut l'ame de tout le système religieux des Égyptiens.

C'est au Soleil et à la Lune, adorés sous les noms d'Osiris et d'Isis, qu'ils attribuaient le gouvernement du Monde, comme à deux divinités premières et éternelles, dont dépendait tout le grand ouvrage de la génération et de la végétation dans notre Monde sublunaire. Ils bâtirent, en l'honneur de l'astre qui nous distribue la lumière, la ville du Soleil ou d'Héliopolis, et un temple dans lequel ils placèrent la statue de ce dieu. Elle était dorée, et représentait un jeune homme sans barbe, dont le bras était élevé, et qui tenait en main un fouet, dans l'attitude d'un conducteur de chars ; dans sa main gauche était la foudre et un faisceau d'épis. C'est ainsi qu'ils désignèrent la puissance et tout ensemble la bienfaisance du dieu qui allume les feux de la foudre, et qui verse ceux qui font croître et mûrir les moissons.

Le fleuve du Nil, dont le débordement périodique vient tous les ans féconder par son limon les campagnes de l'Égypte, fut aussi honoré comme dieu ou comme une des causes bienfaisantes de la Nature. Il eut des autels et des temples à Nilopolis ou dans la ville du Nil. Près des cataractes, au-dessus d'Éléphantine, il y avait un collège de prêtres attachés à son culte. On célébrait les fêtes les plus pompeuses en son honneur, au moment surtout où il allait épancher dans la plaine les eaux qui tous les ans venaient la fertiliser. On promenait dans les campagnes sa statue en grande cérémonie ; on se rendait ensuite au théâtre ; on assistait à des repas publics ; on célébrait des danses, et l'on entonnait des hymnes semblables à ceux qu'on adressait à Jupiter, dont le Nil faisait la fonction sur le sol d'Égypte. Toutes les autres parties actives de la nature reçurent les hommages des Égyptiens.

On lisait sur une ancienne colonne une inscription en l'honneur des dieux immortels, et les dieux qui y sont nommés sont le Souffle ou l'Air, le Ciel, la Terre, le Soleil, la Lune, la Nuit et le Jour.

Enfin le Monde, dans le système égyptien, était regardé comme une grande Divinité, composée de l'assemblage d'une foule de dieux ou de causes partielles, qui n'étaient autre chose que les divers membresdu grand corps appelé Monde ou de l'Univers-Dieu.

Les Phéniciens, qui, avec les Égyptiens, ont le plus influé sur la religion des autres peuples, et qui ont répandu dans l'Univers leurs théogonies, attribuaient la divinité au Soleil, à la Lune, aux Étoiles, et ils les regardaient comme les seules causes de la production et de la destruction de tous les êtres. Le Soleil, sous le nom d'Hercule, était leur grande Divinité.

Les Éthiopiens, pères des Égyptiens, placés sous un climat brûlant, n'en adoraient pas moins la divinité du Soleil, et surtout celle de la Lune, qui présidait aux nuits, dont la douce fraîcheur faisait oublier les ardeurs du jour. Tous les Africains sacrifiaient à ces deux grandes Divinités. C'est en Éthiopie que l'on trouvait la fameuse table du Soleil. Ceux des Éthiopiens qui habitaient au-dessus de Méroë, admettaient des dieux éternels et d'une nature incorruptible, nous dit Diodore, tels que le Soleil, la Lune, et tout l'Univers ou le Monde. Semblables aux Incas du Pérou, ils se disaient enfants du Soleil, qu'ils regardaient comme leur premier père : Persina était prêtresse de la Lune, et le roi, son époux, prêtre du Soleil.

Les Troglodytes avaient dédié une fontaine à l'astre du jour. Près du temple d'Ammon on voyait un rocher consacré au vent du midi, et une fontaine du Soleil.

Les Blemmyes, situés sur les confins de l'Égypte et de l'Éthiopie, immolaient des victimes humaines au Soleil. La roche Bagia et l'île Nasala, situées au- delà du territoire des Ichtyophages, étaient consacrées à cet astre. Aucun homme n'osait approcher de cette île, et des récits effrayants en écartaient le mortel assez hardi pour y porter un pied profane.

C'est ainsi que, dans l'ancienne Cyrénaïque, il y avait un rocher sur lequel personne ne pouvait sans crime porter la main : il était consacré au vent d'orient.

Les divinités invoquées comme témoins dans le traité des Carthaginois avec Philippe, fils de Démétrius, sont le Soleil, la Lune, la Terre, les Rivières, les Prairies et les Eaux. Massinissa, remerciant les dieux de l'arrivée de Scipion dans son empire, s'adresse au Soleil.

Encore aujourd'hui les habitants de l'île Socotora et les Hottentots conservent l'ancien respect que les Africains eurent toujours pour la Lune, qu'ils regardaient comme le principe de la végétation sublunaire; ils s'adressent à elle pour obtenir de la pluie, du beau temps et de bonnes récoltes. Elle est pour eux une Divinité bienfaisante, telle que l'était Isis chez les Égyptiens.

Tous les Africains qui habitaient la côte d'Angola et de Congo révéraient le Soleil et la Lune. Les insulaires de l'île de Ténériffe les adoraient aussi, ainsi que les planètes et les autres astres, lorsque les Espagnols y arrivèrent.

La Lune était la grande Divinité des Arabes. Les Sarrasins lui donnaient l'épithète de Cabar ou de Grande : son croissant orne encore les monuments religieux des Turcs. Son exaltation sous le signe du taureau fut une des principales fêtes des Sarrasins et des Arabes sabéens. Chacune des tribus arabes était sous l'invocation d'un astre : la tribu Hamiaz était consacrée au Soleil; la tribu Cennah l'était à la Lune; la tribu Misa était sous la protection de l'étoile Aldebaran ; la tribu Taï, sous celle de Canopus ; la tribu Kaïs, sous celle de Sirius; les tribus Lachamus et Idamus honoraient la planète de Jupiter; la tribu Asad celle de Mercure et ainsi des autres.

Chacune révérait un des corps célestes, comme son génie tutélaire. Atra, ville d'Arabie, était consacrée au Soleil, et renfermait de riches offrandes déposées dans son temple. Les anciens Arabes donnaient souvent à leurs enfants le titre de serviteurs du Soleil.

Le Caabah des Arabes, avant Mahomet, était un temple consacré à la Lune ; la pierre noire que les Musulmans baisent avec tant de dévotion aujourd'hui, est, à ce qu'on prétend, une ancienne statue de Saturne. Les murailles de la grande mosquée de Koufah , bâtie sur les fondements d'un ancien Pyrée ou temple de feu, sont chargées de figures de planètes artistement sculptées. Le culte ancien des Arabes était le sabisme, religion universellement répandue en Orient : le Ciel et les Astres en étaient le premier objet.

Cette religion était celle des anciens Chaldéens, et les Orientaux prétendent que leur Ibrahim ou Abraham fut élevé dans cette doctrine. On trouve encore à Hellé, sur les ruines de l'ancienne Babylone, une mosquée appelée Mesched Eschams, ou mosquée du Soleil. C'est dans cette ville qu'était l'ancien temple de Bel ou du Soleil, la grande Divinité des Babyloniens; c'est le même dieu auquel les Perses élevèrent des temples et consacrèrent des images sous le nom de Mithra. Ils honoraient aussi le Ciel sous le nom de Jupiter, la Lune et Vénus, le Feu, la Terre, l'Air ou le Vent, l'Eau, et ne reconnaissaient pas d'autres dieux dès la plus haute antiquité.

En lisant les livres sacrés des anciens Perses, contenus dans la collection des livres Zends, on trouve à chaque page des invocations adressées à Mithra, à la Lune, aux astres, aux éléments, aux montagnes, aux arbres et à toutes les parties de la Nature. Le feu Éther, qui circule dans tout l'Univers, et dont le Soleil est le foyer le plus apparent, était représenté dans les Pyrées par le feu sacré et perpétuel entretenu par les Mages.

Chaque planète, qui en contient une portion, avait son Pyrée ou son temple particulier, où l'on brûlait de l'encens en son honneur : on allait dans la chapelle du Soleil rendre des hommages à cet astre et y célébrer sa fête ; dans celle de Mars et de Jupiter, etc., honorer Mars et Jupiter, et ainsi des autres planètes.

Avant d'en venir aux mains avec Alexandre, Darius, roi de Perse, invoque le Soleil, Mars et le feu sacré éternel. Sur le haut de sa tente était une image de cet astre, renfermée dans le cristal, et qui réfléchissait au loin des rayons. Parmi les ruines de Persépolis, on distingue la figure d'un roi à genoux devant l'image du Soleil ; tout près est le feu sacré conservé par les Mages, et que Persée, dit-on, avait fait autrefois descendre sur la Terre.

Les Parsis, ou les descendants des anciens disciples de Zoroastre, adressent encore leurs prières au Soleil, à la Lune, aux Étoiles, et principalement au Feu , comme au plus subtil et au plus pur des éléments.

On conservait surtout ce feu dans l'Aderbighian, où était le grand Pyrée des Perses, et à Asaac, dans le pays des Parthes. Les Guèbres établis à Surate conservent précieusement dans un temple, remarquable par sa simplicité, le feu sacré dont Zoroastre enseigna le culte à leurs pères. Niébuhr vit un de ces foyers où l'on prétend que le feu se conserve ; depuis plus de deux cents ans sans jamais s'éteindre.

Valarsacès éleva un temple à Armavir dans l'ancienne Phasiane, sur les bords de l'Araxe, et il y consacra la statue du Soleil et de la Lune, Divinités adorées autrefois par les Ibériens, par les Albaniens et les Colchidiens. Cette dernière planète surtout était révérée dans toute cette partie de l'Asie, dans l'Arménie et dans la Cappadoce, ainsi que le dieu Moïs, que la Lune engendre par sa révolution. Toute l'Asie mineure, la Phrygie, l'Ionie, étaient couvertes de temples élevés aux deux grands flambeauxde la Nature. La Lune, sous le nom de Diane, avait un magnifique temple à Éphèse. Le dieu Mois a vaitle sien près Laodicée et en Phrygie. Le Soleil était adoré à Thymbrée dans la Troade, sous le nom d'Apollon.

L'île de Rhodes était consacrée au Soleil, auquel on avait élevé une statue colossale connue sous le nom de Colosse de Rhodes.

Au nord de l'Asie, les Turcs établis près du Caucase avaient un grand respect pour le feu, pour l'eau, pour la terre, qu'ils célébraient dans leurs hymnes sacrés.

Les Abasges, relégués au fond de la mer Noire, révéraient encore du temps de Justinien, les bois, les forêts, et faisaient des arbres leurs principales Divinités.

Toutes les nations scytiques qui erraient dans les immenses contrées qui sont au nord de l'Europe et de l'Asie, avaient pour principale Divinité la Terre, d'où ils tiraient leur subsistance, eux et leurs troupeaux; ils la faisaient femme de Jupiter ou du Ciel, qui verse en elle les pluies qui la fécondent. Les Tartares qui habitent à l'orient de l'Imaüs adorent le Soleil, la Lumière, le Feu, la Terre, et offrent à ces Divinités les prémices de leur nourriture, principalement le matin.

Les anciens Massagètes avaient pour Divinité unique le Soleil, à qui ils immolaient des chevaux.

Les Derbices, peuples d'Hyrcanie, rendaient un culte à la Terre.

Tous les Tartares en général ont le plus grand respect pour le Soleil ; ils le regardent comme le père de la Lune, qui emprunte de lui sa lumière ; ils font des libations en l'honneur des éléments, et surtout en l'honneur du feu et de l'eau.

Les Votiaks du gouvernement d'Orenbourg adorent la divinité de la Terre, qu'ils appellent Mon-Kalsin; le dieu des eaux, qu'ils nomment Vou-Imnar : ils adorent aussi le Soleil, comme le siège de leur grande Divinité.

Les Tatars, montagnards du territoire d'Oudiusk, adorent le Ciel et le Soleil.

Les Moskaniens sacrifiaient à un Être suprême qu'ils appelaient Schkai : c'est le nom qu'ils donnent au Ciel. Lorsqu'ils faisaient leurs prières, ils regardaient l'orient, ainsi que tous les peuples d'origine tchoude.

Les Tchouvasches mettaient le Soleil et la Lune au nombre de leurs Divinités ; ils sacrifiaient au Soleil au commencement du printemps, au temps des semailles, et à la Lune à chaque renouvellement.

Les Toungouses adorent le Soleil, et ils en font leur principale Divinité ; ils le représentent par l'emblème du feu.

Les Huns adoraient le Ciel et la Terre, et leur chef prenait le titre de Tanjaou ou de fils du Ciel.

Les Chinois, placés à l'extrémité orientale de l'Asie, révèrent le Ciel sous le nom du grand Tien, et ce nom désigne, suivant les uns, l'esprit du Ciel ; suivant d'autres, le Ciel matériel : c'est l'Uranus des Phéniciens, des Atlantes et des Grecs. L'Être suprême, dans le Chou-King, est désigné par le nom de Tien ou de Ciel, et de Chang-Tien, Ciel suprême.

Les Chinois disent de ce Ciel qu'il pénètre tout et comprend tout.

On trouve à la Chine les temples du Soleil et de la Lune, et celui des étoiles du nord.

On voit Thait-Tçoum aller au Miao offrir un holocauste au Ciel et à la Terre. On trouve pareillement des sacrifices faits aux dieux des montagnes et des fleuves.

Agoustha fait des libations à l'auguste Ciel et à la Terre reine.

Les Chinois ont élevé un temple au Grand-Être résultant de l'assemblage du Ciel, de la Terre et des Éléments, être qui répond à notre Monde, et qu'ils nomment Tay-Ki : c'est aux deux solstices que les Chinois vont rendre un culte au Ciel.

Les peuples du Japon adorent les astres, et les supposent animés par des intelligences ou par des dieux. Ils ont leur temple de la splendeur du Soleil; ils célèbrent la fête de la Lune le 7 de septembre. Le peuple passe la nuit à se réjouir à la lumière de cet astre.

Les habitants de la terre d'Yeço adorent le Ciel.

Il n'y a pas encore neuf cents ans que les habitants de l'île Formose ne connaissaient point d'autres dieux que le Soleil et la Lune, qu'ils regardaient comme deux Divinités ou causes suprêmes, idée absolument semblable à celle que les Égyptiens et les Phéniciens avaient de ces deux astres.

Les Arrakanois ont élevé dans l'île de Munay un temple à la lumière, sous le nom de temple des atomes du Soleil.

Les habitants de Tunquin révèrent sept idoles célestes, qui représentent les sept planètes, et cinq terrestres consacrées aux éléments.

Le Soleil et la Lune ont leurs adorateurs dans l'île de Ceylan, la Taprobane des Anciens : on y rend aussi un culte aux autres planètes. Ces deux premiers astres sont les seules Divinités des naturels de l'île de Sumatra : ce sont les mêmes dieux que l'on honore dans l'île de Java, dans l'île Célèbes, aux îles de la Sonde, aux Moluques, aux îles Philippines.

Les Talapoins ou les religieux de Siam ont la plus grande vénération pour tous les éléments et pour toutes les parties du corps sacré de la Nature.

Les Indiens ont un respect superstitieux pour les eaux du fleuve du Gange ; ils croient à sa divinité, comme les Égyptiens à celle du Nil.

Le Soleil a été une des plus grandes Divinités des Indiens, si l'on en croit Clément d'Alexandrie. Les Indiens, même les spiritualistes, révèrent ces deux grands flambeaux de la Nature, le Soleil et la Lune, qu'ils appellent les deux yeux de la Divinité. Ils célèbrent tous les ans une fête en honneur du Soleil, le 9 janvier. Ils admettent cinq éléments, auxquels ils ont élevé cinq pagodes.

Les sept planètes sont encore adorées aujourd'hui sous différents noms dans le royaume de Nepale : on leur sacrifie chaque jour.

Lucien prétend que les Indiens, en rendant leurs hommages au Soleil, se tournaient vers l'orient, et que, gardant un profond silence, ils formaient une espèce de danse imitative du mouvement de cet astre. Dans un de leurs temples on avait représenté le dieu de la Lumière monté sur un quadrige ou sur un char attelé de quatre chevaux.

Les anciens Indiens avaient aussi leur feu sacré, qu'ils tiraient des rayons du Soleil, sur le sommet d'une très-haute montagne qu'ils regardaient comme le point central de l'Inde. Les Brames entretiennent encore aujourd'hui, sur la montagne de Tirouna- maly , un feu pour lequel ils ont la plus grande vénération.

Ils vont, au lever du Soleil, puiser de l'eau dans un étang, et ils en jettent vers cet astre, pour lui témoigner leur respect et leur reconnaissance de ce qu'il a voulu reparaître et dissiper les ténèbres de la nuit. C'est sur l'autel du Soleil qu'il allumèrent les flambeaux qu'ils devaient porter devant Phaotès, leur nouveau roi, qu'ils voulaient recevoir.

L'auteur du Bagawadam reconnaît que plusieurs Indiens adressent des prières aux étoiles fixes et aux planètes. Ainsi le culte du Soleil, des Astres et des Éléments a formé le fond de la religion de toute l'Asie, c'est-à-dire, des contrées habitées par les plus grandes, par les plus anciennes comme les plus savantes nations, par celles qui ont le plus influé sur la religion des peuples d'Occident, et en général sur celle de l'Europe. Aussi, lorsque nous reportons nos regards sur cette dernière partie de l'ancien Monde, y trouvons-nous le sabisme ou le culte du Soleil, de la Lune et des Astres également répandu, quoique souvent déguisé sous d'autres noms et sous des formes savantes qui les ont fait méconnaître quelquefois de leurs adorateurs.

Troisième partie

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : DIEU
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Mardi 19 février 2008

 Nous commençons à poser un ouvrage passionnant qui dévoile l'origine des religions et d'où est né le mot DIEU. Où plus exactement qui vénéraient les premiers humains, nos ancêtres, les survivants d'un grand cataclysme qui les avait projeté à l'âge de pierre que nous nommons "Âge préhistorique". A l'heure où la planète est en train de basculer pour changer d'axe, il est important que tous les humains axés sur la Religion sache qu'ils ont été bernés. Comme vous avez pu le constater déjà, ce n'est point Dieu qui fait la loi sur terre mais ceux qui -au nom d'intérêts souvent personnels ou politique- mettent la planète à feu et à sang. Alors que devant l'imminence de ce qui se prépare -nommé symboliquement le retour du Grand Monarque- l'Humanité mériterait de vivre en paix et personne ne devrait crever de faim ni de soif. Et encore moins être chassé de son sol ou colonisé. Car notre planète n'appartient certainement pas à tous ces individus sans âme et sans conscience n'ayant aucun respect pour le genre humain. D'autant que notre thèse sur le basculement des pôles est plus que jamais renforcé comme nous en parlons sur d'autres sites. Hier encore, les scientifiques russes se sont exprimés sur le réchauffement climatique l'attribuant encore et toujours au soleil. Mais leur avis est rejeté, on les prend pour des ignares. Quand on ne les fait pas passer pour des fous. Car le réchauffement climatique est une histoire de gros sous visant à empêcher la modernisation des pays en voie de développement. Le Soleil flamboyant n'est certainement pas présent dans les symboles égyptiens ou maçonniques pour faire joli ! Il est le créateur. Le générateur de Lumière, de chaleur et de Vie. Depuis l'Origine, les premiers humains rescapés de la grande catastrophe lui vouaient un adoration sans pareille. Mais de génération en génération, sous l'impulsion des religieux toujours avides de puissance et de pouvoir, les symboles ont été kidnappés pour les recouvrir de mensonge et leurrer l'Humanité. Ceux qui savent la vérité et qui la cachent sont des criminels. Car devant l'impermanence de notre vie où tout peut basculer du jour au lendemain, l'empire de l'argent n'a aucune raison d'être. Chaque Être, sur cette planète, notre Mère, a le droit d'être heureux et de ne manquer de rien.

 

Abrégé de l'origine de tous les cultes 1

par Charles-François Dupuis

1830

Chapitre Premier

De l'Univers-Dieu et de son culte.

 

Fresque présente dans le tombeau vide d'Akhénaton


Le mot Dieu paraît destiné à exprimer l'idée de la force universelle et éternellement active qui imprime le mouvement à tout dans la Nature, suivant les lois d'une harmonie constante et admirable, qui se développe dans les diverses formes que prend la matière organisée, qui se mêle à tout, anima tout, et qui semble être une dans ses modifications infiniment variées, et n'appartenir qu'à elle-même. Telle est la force vive que renferme en lui l'Univers ou cet assemblage régulier de tous les corps qu'une chaîne éternelle lie entre eux , et qu'un mouvement perpétuel roule majestueusement au sein de l'espace et du temps sans bornes.

C'est dans ce vaste et merveilleux ensemble que l'homme, du moment qu'il a voulu raisonner sur les causes de son existence et de sa conservation, ainsi que sur celles des effets variés qui naissent et se détruisent autour de lui, a dû placer d'abord cette cause souverainement puissante qui fait tout éclore, et dans le sein de laquelle tout rentre pour en sortir encore par une succession de générations nouvelles et sous des formes différentes. Cette force étant celle du Monde lui-même, le Monde fut regardé comme Dieu ou comme cause suprême et universelle de tous les effets qu'il produit, et dont l'homme fait partie. Voilà le grand Dieu, le premier ou plutôt l'unique Dieu qui s'est manifesté à l'homme à travers le voile de la matière qu'il anime, et qui forme l'immense corps de la Divinité. Tel est le nom de la sublime inscription du temple de Sais : Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, et nul mortel n'a encore levé le voile qui me couvre.

Quoique ce Dieu fût partout, et fût tout ce qui porte un caractère de grandeur et de perpétuité dans ce Monde éternel, l'homme le chercha de préférence dans ces régions élevées où semble voyager l'astre puissant et radieux qui inonde l'Univers des flots de sa lumière, et par lequel s'exerce, sur la Terre, la plus belle comme la plus bienfaisante action de la Divinité. C'est sur la voûte azurée, semée de feux brillants, que le Très-Haut paraissait avoir établi son trône; c'était du sommet des cieux qu'il tenait les rênes du Monde, qu'il dirigeait les mouvements de son vaste corps, et qu'il se contemplait lui-même dans les formes aussi variées qu'admirables sous lesquelles il se modifiait sans cesse.

« Le Monde, dit Pline, ou ce que nous appelons autrement le Ciel, qui dans ses vastes flancs embrasse tous les êtres, est un Dieu éternel , immense, qui n'a jamais été produit et qui ne sera jamais détruit. Chercher quelque chose au-delà est un travail inutile à l'homme et hors de sa portée. Voilà l'Être véritablement sacré, l'Être éternel, immense, qui renferme tout en lui ; il est tout en tout, ou plutôt il est lui-même tout. Il est l'ouvrage de la Nature et la Nature elle-même. »

Ainsi parle le plus philosophe comme le plus savant des naturalistes anciens. Il croit devoir donner au Monde et au Ciel le nom de cause suprême et de Dieu. Suivant lui, le Monde travaille éternellement en lui-même et sur lui-même; il est en même temps et l'ouvrier et l'ouvrage. Il est la cause universelle de tous les effets qu'il renferme. Rien n'existe hors de lui; il est tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, c'est-à-dire, la Nature elle-même ou Dieu; car, par Dieu, nous entendons l'Être éternel, immense et sacré, qui, comme cause, contient en lui tout ce qui est produit. Tel est le caractère que Pline donne au Monde, qu'il appelle le grand Dieu , hors duquel on ne doit pas en chercher d'autre.

Cette doctrine remonte à la plus haute antiquité chez les Égyptiens et chez les Indiens. Les premiers avaient leur grand Pan , qui réunissait tous les caractères de la Nature universelle, et qui originairement n'était qu'une expression symbolique de sa force féconde.

Les seconds ont leur Dieu Vichnou, qu'ils confondent souvent avec le Monde lui-même, quoique quelquefois ils n'en fassent qu'une fraction de la triple force dont se compose la force universelle. Ils disent que l'Univers n'est autre chose que la forme de Vichnou; qu'il le porte dans son sein; que tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, est en lui ; qu'il est le principe et la fin de toutes choses; qu'il est tout; qu'il est un Être unique et suprême, qui se produit à nos yeux sous mille formes. C'est un Être infini, ajoute le Bagawadam, qui ne doit pas être séparé de l'Univers, qui est essentiellement un avec lui ; car, disent les Indiens, Vichnou est tout, et tout est en lui ; expression parfaitement semblable à celle dont Pline se sert pour caractériser l'Univers-Dieu ou le Monde, cause suprême de tous les effets produits.

Dans l'opinion des Brames, comme dans celle de Pline, l'ouvrier ou le grand Demiourgos n'est pas séparé ni distingué de son ouvrage. Le Monde n'est pas une machine étrangère à la Divinité, créée et mue par elle et hors d'elle ; c'est le développement de la substance divine ; c'est une des formes sous lesquelles Dieu se produit à nos regards. L'essence du Monde est une et indivisible avec celle de Brama qui l'organise. Qui voit le Monde voit Dieu, autant que l'homme peut le voir ; comme celui qui voit le corps de l'homme et ses mouvements, voit l'homme autant qu'il peut être vu, quoique le principe de ses mouvements, de sa vie et de son intelligence reste caché sous l'enveloppe que la main touche et que l'œil aperçoit. Il en est de même du corps sacré de la Divinité ou de l'Univers-Dieu. Rien n'existe qu'en lui et que par lui ; hors de lui tout est néant ou abstraction.

Sa force est celle de la Divinité même. Ses mouvements sont ceux du Grand-Être, principe de tous les autres; et son ordre admirable, l'organisation de sa substance visible et de la partie de lui-même que Dieu montre à l'homme. C'est dans ce magnifique spectable que la Divinité nous donne d'elle-même que nous avons puisé les premières idées de Dieu ou de la cause suprême ; c'est sur lui que se sont attachés les regards de tous ceux qui ont cherché les sources de la vie de tous les êtres. Ce sont les membres divers de ce corps sacré du Monde qu'ont adorés les premiers hommes, et non pas de faibles mortels que le torrent des siècles emporte dans son courant. Et quel homme, en effet, eût jamais pu soutenir le parallèle qu'on eût voulu établir entre lui et la Nature?

Si l'on prétend que c'est à la force que l'on a élevé d'abord des autels, quel est le mortel dont la force ait pu être comparée à cette force incalculable répandue dans toutes les parties du Monde, qui s'y développe sous tant de formes et par tant de degrés variés, qui produit tant d'effets merveilleux, qui tient en équilibre le Soleil au centre du système planétaire, qui pousse les planètes et les retient dans leurs orbites, qui déchaîne les vents, soulève les mers ou calme les tempêtes, lance la foudre, déplace et bouleverse les montagnes par les explosions volcaniques, et tient dans une activité éternelle tout l'Univers?

Croyons-nous que l'admiration que cette force produit aujourd'hui sur nous n'ait pas également saisi les premiers mortels qui contemplèrent en silence le spectacle du Monde, et qui cherchèrent à deviner la cause puissante qui faisait jouer tant de ressorts? Que le fils d'Alcmène ait remplacé l'Univers-Dieu et l'ait fait oublier, n'est-il pas plus simple de croire que l'homme, ne pouvant peindre la force de la Nature que par des images aussi faibles que lui, a cherché dans celle du lion ou dans celle d'un homme robuste l'expression figurée qu'il destinait à réveiller l'idée de la force du Monde?

Ce n'est point l'homme ou Hercule qui s'est élevé à la hauteur de la Divinité; c'est la Divinité qui a été abaissée au niveau de l'homme, qui manquait de moyens pour la peindre. Ce ne fut donc point l'apothéose des hommes, mais la dégradation de la Divinité par les symboles et les images, qui a semblé déplacer tout dans le culte rendu à la cause suprême et à ses parties, et dans les fêtes destinées à chanter ses plus grandes opérations.

Si c'est à la reconnaissance des hommes pour les bienfaits qu'ils avaient reçus, que l'on croit devoir attribuer l'institution des cérémonies religieuses et des mystères les plus augustes de l'antiquité, peut-on penser que des mortels, soit Cérés, soit Bacchus, aient mieux mérité de l'homme que cette terre qui de son sein fécond fait éclore les moissons et les fruits que le Ciel alimente de ses eaux, et que le Soleil échauffe et mûrit de ses feux ? que la Nature, qui nous prodigue ses biens, ait été oubliée, et qu'on ne se soit souvenu que de quelques mortels qui auraient enseigné à en faire usage? Penser ainsi, c'est bien peu connaître l'empire que la Nature a toujours exercé sur l'homme, dont elle tient sans cesse les regards tournés vers elle, par l'effet du sentiment de sa dépendance et de ses besoins.

Il est vrai que quelquefois des mortels audacieux ont voulu disputer aux vrais dieux leur encens, et le partager avec eux ; mais ce culte forcé ne dura qu'autant de temps que la flatterie ou la crainte eut intérêt de le perpétuer. Domitien n'était déjà plus qu'un monstre sous Trajan. Auguste lui-même fut bientôt oublié ; mais Jupiter resta en possession du Capitole. Le vieux Saturne fut toujours respecté des descendants des antiques peuplades d'Italie, qui révéraient en lui le dieu du temps, ainsi que Janus ou le génie qui lui ouvre la carrière des saisons. Pomone et Flore conservèrent leurs autels; et les différents astres continuèrent d'annoncer les fêtes du calendrier sacré, parce qu'elles étaient celles de la nature.

La raison des obstacles qu'a toujours trouvés le culte d'un homme à s'établir et à se soutenir parmi ses semblables, est tirée de l'homme même, comparé au Grand-Être que nous appelons l'Univers.

Tout est faiblesse dans l'homme : dans l'Univers, tout est grandeur, tout est force, tout est puissance.

L'homme naît, croît et meurt, et partage à peine un instant la durée éternelle du Monde, dont il occupe un point infiniment petit. Sorti de la poussière, il y rentre aussitôt tout en entier, tandis que la Nature seule reste avec ses formes et sa puissance, et des débris des êtres mortels elle recompose de nouveaux êtres. Elle ne connaît point de vieillesse ni d'altération dans ses forces. Nos pères ne l'ont point vue naître ; nos arrière-neveux ne la verront point finir. En descendant au tombeau, nous la laisserons aussi jeune qu'elle l'était lorsque nous sommes sortis de son sein. La postérité la plus reculée verra le Soleil se lever aussi brillant que nous le voyons et que l'ont vu nos pères. Naître, croître, vieillir et mourir expriment des idées qui sont étrangères à la Nature universelle, et qui n'appartiennent qu'à l'homme et autres effets qu'elle produit.

« L'univers, dit Ocellus de Lucanie, considéré dans sa totalité, ne nous annonce rien qui décèle une origine ou présage une destruction : on ne l'a pas vu naître, ni croître, ni s'améliorer ; il est toujours le même, de la même manière, toujours égal et semblable à lui-même. »

Ainsi parlait un des plus anciens philosophes dont les écrits soient parvenus jusqu'à nous, et depuis lui nos observations ne nous en ont pas appris davantage. L'Univers nous paraît tel encore qu'il lui paraissait être alors. Ce caractère de perpétuité sans altérations n'est-il pas celui de la Divinité ou de la cause suprême ? Que serait donc Dieu s'il n'était pas tout ce que nous paraissent être la Nature et la force interne qui la meut? Irons-nous chercher hors du Monde cet Être éternel et improduit, dont rien ne nous atteste l'existence? Placerons- nous dans la classe des effets produits cette immense cause au-delà de laquelle nous ne voyons rien que les fantômes qu'il plaît à notre imagination de créer?

Je sais que l'esprit de l'homme, que rien n'arrête dans ses écarts, s'est élancé au-delà de ce que son oeil voit, et a franchi la barrière sacrée que la Nature avait posée devant son sanctuaire. Il a substitué à la cause qu'il voyait agir une cause qu'il ne voyait pas hors d'elle et supérieure à elle, sans s'inquiéter des moyens d'en prouver la réalité. Il a demandé qui a fait le Monde, comme s'il eût été prouvé que le Monde eût été fait; et il n'a pas demandé qui a fait son Dieu, étranger au Monde, bien persuadé qu'on pouvait exister sans avoir été fait; ce que les philosophes ont pensé effectivement du Monde ou de la cause universelle et visible.

L'homme, parce qu'il n'est qu'un effet, a voulu que le Monde en fût aussi un ; et dans le délire de sa métaphysique il a imaginé un être abstrait appelé Dieu, séparé du Monde et cause du Monde, placé au-dessus de la sphère immense qui circonscrit le système de l'Univers, et lui seul s'est trouvé garant de l'existence de cette nouvelle cause; c'est ainsi que l'homme a créé Dieu.

Mais cette conjecture audacieuse n'est point le premier pas qu'il a fait. L'empire qu'exerce sur lui la cause visible est trop fort pour qu'il ait songé sitôt à s'y soustraire. Il a cru longtemps au témoignage de ses yeux avant de se livrer aux illusions de son imagination , et de se perdre dans les routes inconnues d'un Monde invisible. Il a vu Dieu ou la grande cause dans l'Univers avant de le chercher au-delà, et il a circonscrit son culte dans la sphère du Monde qu'il voyait, avant d'imaginer un Dieu abstrait dans un Monde qu'il ne voyait pas.

Cet abus de l'esprit, ce raffinement de la métaphysique est d'une date très-récente dans l'histoire des opinions religieuses, et peut être regardé comme une exception à la religion