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Mardi 29 juillet 2008


Le gui


Extrait de "Visage du druidisme"


par André Savoret 



 

 J'ai parlé déjà dans un précédent chapitre du nom sacerdotal du gui. Je n'y reviendrai pas, sauf pour dire que ce nom, très ancien, a fini par désigner toute espèce d'herbe à propriétés curatives, puis par devenir générique de n'importe quelle plante ou essence forestière. J'ai dit ailleurs (Revue Psyché, nov-déc. 1936) qu'un autre nom du gui était en Gaule Soli-Iacos "remède universel ", expression que nous retrouverons traduite chez Pline, et dont il existe un équivalent irlandais, an t-uil-ioc. Au même lieu, j'ai avancé une explication du nom de mois gothique et saxon où tombait la fête solsticiale du gui, par un mot signifiant "santé" et "salut", allusif à la fois au remède et à son inventeur. Par ces deux noms, nous savons que le gui (mot transmis du gaulois et non du latin viscum) était l'emblème de la Connaissance et, populairement, désigné comme " panacée ". 

   Le gui n'est autre que l'authentique Sôma, que l'Inde ne sait plus préparer et qu'elle a remplacé depuis bien des siècles par un substitut local. Les éloges adressées à Sôma (dont la mythologie a fait un dieu-lune, de même qu'elle a assiinilé l'amrita aux rayons lunaires), ces éloges, dis-je, s'adresse tantôt à la teinture, " remède universel ", tantôt à l'élixir, breuvage magique des initiés, tantôt, enfin, à la forme supérieure du symbole où le chêne est l'homme et le gui ou Sôma la Sagesse divine, la Lumière du Verbe. A considérer toutefois que dans une acception restreinte et limitée à la Gaule propre, chêne et gui représentent, au social, la puissance temporelle et l'autorité spirituelle, la subordination du collier d'or au collier d'ambre. 

   Les écrits canoniques de l'Iran, eux, nous avertissent que Haôma (équivalent iranien du Sôma) est double : blanc ou jaune, céleste ou terrestre, comme l'est le Mercure des Sages. Le jaune est la plante du sacrifice iranien, mais son prototype, le Haôma Blanc, appelé aussi Gaokerena (oreille ou céleste) se dresse sur le pic sacré Hara-Berezaithi, au centre de la mer Vurukasha "le large abîme". Non loin, croît son doublet, l'arbre Yadbesh (=chasse-maux). Ce Haôma céleste est personnifié sous les espèces d'un yazata ou génie bienfaisant. On lit dans le Yacna : "0 Zarathustra, je suis Haôma le pur, celui qui éloigne la mortalité." 

    Et Zarathustra de répondre : " Hommage à Haôma, saint parfait et très juste. Il guérit tous les maux; donne le salut... est le meilleur viatique pour l'âme... Il procure aux femmes stériles une brillante postérité, aux jeunes filles un époux juste et généreux... Honneur à Haôma qui rend le pauvre aussi grand que le riche, qui élève l'esprit du pauvre aussi loin que la sagesse des grands."

    C'est le sixième des Amesha-Cpenta ou "saints immortels", nommé Ameretât (=immortalité ambroisie) qui veille spécialelement sur Gaokarena. A la fin des temps, quand aura lieu la Résurrection générale (sur laquelle se tait la théologie de l'Inde), le suc de ce véritable " arbre de vie " conférera aux humains la vie éternelle. 

    Des siècles après Zoroastre, Pline parlera du gui en termes moins emphatiques, mais assez approchants quant au fond. Il mentionnera son rôle de remède universel, notera qu'il passait pour combattre la stérilité et qu'il était tenu pour la plante sacrée par excellence.

    Le gui de chêne et le rocher sont trois symboles étroitement associés par les druides. Trois symboles que ne désavouerait aucun hermétiste. Sous leur énigmatique simplicité se dérobent aux curiosités les vérités les plus profondes de la doctrine orthodoxe.

    Pour rester dans le domaine végétal, le gui et le chêne fournirent au druide davantage que des allégories incolores ou des symboles abstraits : Un arsenal thérapeutique, spagyrique et initiatique parfaitement objectif ! Au lecteur de démêler si c'est fortuitement que les symboles majeurs que je viens de rappeler ont pris place dans l'imagerie conventionnelle des hermétistes. Enumérer leurs ouvrages faisant allusion à certain chêne ou en reproduisant les frondaisons, ce serait en citer près des trois-quarts!

    Ce chêne, nous le rencontrons dans Flamel comme dans Cyliani dans l'ornementation des demeures philosophales de Bourges comme sur les peintures de l'athanor du Musée de Winterthur, chez Bernard Le Trévisan comme dans l'Amphithéâtre de l'éternelle sagesse. C'est l'arbre majestueux qui ombrage tout l'oeuvre hermétique ; c'est dans ses robustes branches que monte et descend l' "écureuil philosophique " d'un des médaillons du frontispice du Museum Hermeticum. Quant au gui, il me souvient que Paracelse, dans son Thesaurus Thesaurum alchimistorum, écrit, en traitant de la matière prochaine, qu'un des sujets minéraux " se trouve dans l'astre méridional et aussi sur la première fleur que le gui de la terre produit sur l'astre ". 

     Nombre d'auteurs font d'ailleurs allusion à certaine " herbe sans racines ", ou croissant sans le secours du sol, qui pourrait être, analogiquement, le gui. D'autres, il est vrai, précisent qu'il s'agit d'une algue qui a intrigué bien des chercheurs par son apparition quasi spontanée et sa disparition aux premiers feux du soleil, à de certaines époques de l'année. Algue verte et membraneuse, appelée Nostoch, Flos coeli, crachat de lune, archée céleste, chaos, - et j'en passe !… Noms prometteurs, qu'il faut se garder de prendre pour argent comptant, car les alchimistes, gens discrets, ne se servent jamais du mot propre lorsqu'il s'agit de leur magnésie, de leur feu ou de leur modus operandi.Toutefois, derrière ces appellations symboliques, gît peut-être un lièvre de belle taille.

    Pour en revenir au sujet végétal, dont la préparation présentait plus d'un point de contact avec le mercure des métaux, l'on peut dire, sans aller trop loin, que détaché au solsticê d'hiver, le gui de chêne était traité spagyriquement au cours du printemps suivant. Dans l'un et l'autre cas, une partie de l'oeuvre consistait a condenser une certaine énergie vivante (et je n'entends pas par-là le magnétisme humain) dans une substance que des purifications minutieuses rendaient apte à ce rôle de support. Du gui comme sujet et de la vigne comme moyen, les druides extrayaient les deux substances complémentaires de leur mercure végétal, animé par un agent sans lequel on restait dans l'ordre des manipulations chimiques. Au reste, le nom de Médecine universelle, donné en Gaule au gui est le même qu'emploient les herinétistes pour désigner leur élixir parfait. 
 

*
*  *

    Venons-en à la cérémonie de la cueillette de la plante sacrée. Pline la rapporte ainsi : " On ne peut omettre en parlant du gui la vénération dont il est l'objet dans toutes les Gaules. Les druides, - nom donné à leurs prêtres par les Gaulois, - ne connaissent rien de plus sacré que le gui et que l'arbre sur lequel il croît, à condition que ce soit un chêne-rouvre. C'est dans les bois de chênes-rouvres qu'ils ont leurs sanctuaires, et ils n'accomplissent aucun rite sans leur feuillage. Le nom des druides... fait peut-être allusion à ce culte des chênes... Ils pensent que tout ce qui croît sur ces arbres est d'origine céleste et que la présence du gui révèle la préférence de la divinité pour l'arbre qui le porte. Le gui se rencontre très rarement sur un chêne ; quand les druides en ont découvert, ils le cueillent en grande pompe. Pour ce rite, ils choisissent le sixième jour de la lune, jour qui leur sert à fixer le début des mois, des années, et de leur siècle de trente ans.

   Ils pensent que, dès ce jour-là, elle a acquis une grande vigueur... Ils donnent au gui un nom signifiant remède universel. Au pied de l'arbre porte-gui, ils préparent un sacrifice et un banquet. Ils y amènent deux taureaux blancs... Un prêtre vêtu d'une robe blanche monte sur l'arbre et coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un drap blanc. On sacrifie ensuite les victimes en demandant à la divinité que son don porte bonheur à ceux qui le reçoivent. Les Gaulois (il ne s'agit plus des druides) s'imaginent qu'un breuvage fait avec du gui peut rendre féconds les animaux stériles, et que le gui est un antidote contre tous les poisons. Tant il entre d'idées et de pratiques frivoles dans la religion de certains peuples. "

  M. Jules Toutain, qui a par ailleurs parfaitement saisi la haute importance de la cérémonie décrite par Pline et qui a montré que le sacrifice et le banquet sont inséparables de la cueillette proprement dite, rapporte à la lune l'expression " remède, universel ". Et, grammaticalement, je pense qu'il a parfaitement raison. Cependant, le fait subsiste que c'est bien le gui qui est encore désigné sous ce nom précis par des gens qui n'avaient nul besoin de Pline pour savoir comment se nommait chez eux la plante vénérée.

   L'erreur vient de Pline qui a mal saisi les indications qu'il recueillait sur une pratique qu'il qualifie de " frivole ". D'ailleurs, nous verrons bientôt, à propos du fameux "oeuf de serpents" qu'il n'était pas toujours bien informé, tant s'en faut !

    J'ai assez dit que les fêtes chrétiennes ont succédé aux gauloises. Noël est la fête de la venue du Christ, fête de l'Incarnation du Verbe en même temps que fête du solstice d'hiver et de la descente des gerrnes vitaux sur la terre. Pâques, inséparable de Noël, en un sens, fête solaire également (devenue luni-solaire pour de multiples raisons que je ne commenterai pas), correspondant à l'équinoxe de printemps et, selon l'enseignement antique, fête du départ des âmes lumineuses (que je ne commenterai pas non plus)... 

   Récolté cérémonieusement à Noël, dans une pompe tout exotérique, le gui était transformé en remède du corps et de l'âme au printemps : œuvre ésotérique, silencieuse, secrète, efficiente (2).

   Le calendrier de Coligny, axé sur un comput solaire pour ainsi dire normalisé ne pouvait porter mention d'une date qui variait avec chaque année. Il y avait bien une fête fixe du solstice d'hiver, chaque 7ème jour du mois Giamon, mais, justement parce que fixe, elle coïncidait bien rarement avec le solstice astronomique. D'autre part, les druides choisissaient chaque année non seulement le jour et l'heure de la fête rituelle du gui, mais de plus, ils en fixaient aussi le lieu. On sait que le gui ne se trouve pas souvent sur les chênes. est donc de simple bon sens d'admettre que, selon les découvertes et les circonstances, il se trouvait chaque année des régions où la cérémonie n'avait pas lieu, faute de son élément essentiel. 

   Je reviens au gui, envisagé cette fois comme " élixir du savoir ". 

   Je crois avoir mentionné que l'homéopathie en utilise les hautes atténuations dans nombre de dvsfonctions nerveuses et de troubles, psychiques (convulsions, somnambulisme, états choréiformes et épileptiformes). Il y a là une indication très nette que j'ai le devoir de souligner, en avertissant les imprudents qui se livreraient à des " expériences " avec des préparations plus ou moins " spagyriques " de cette plante, qu'ils courent des risques certains et graves. La quintessence tirée du gui, administrée dans certaines phases de l'initiation effective, favorisait au plus haut point certaines facultés dites " supra-normales " ou " paranormales " (malencontreuse qualification, qui dit, au fond, le contraire de ce à quoi je fais ici allusion). Comme le légendaire Elixir des Roses-Croix, dont elle se rapproche, cette liqueur était le medium de l'illumination pour ceux qui étaient aptes à la recevoir. Le revers de la médaille, c'était le danger d'hallucination, d'obsession ou de folie incurable pour quiconque eût osé s'en servir avant l'heure et sans une préparation, - même physiologique et diététique - suffisante. Inutile de souligner que, de cette heure, nul disciple n'était juge. Pour bon nombre d'entre ces derniers, n'ayant pas acquis la qualification jugée indispensable, l'élixir demeurait un symbole, et rien de plus. Et j'ai lieu de penser que les vrais druides - j'entends ceux parvenus au faîte de l'initiation effective - n'étaient guère plus nombreux parmi les Celtes que ne l'étaient les rares chênes porteurs du rameau d'or dans leurs vastes forêts.

   C'est pourquoi je ne m'étendrai guère sur la préparation de l'arcane (au sens paracelsique du mot), ni sur les conditions accessoires mais indispensables de son utilisation.

   Je dirai seulement que son élaboration commençait là où finissait celle du simple remède. Et qu'elle exigeait la réitération de certaines opérations précédentes , un peu à la manière des trois mercures successifs de l'alchimie métallique, quoique en un moindre temps.

   Plante soli-lunaire, avec la disposition de ses branches et de ses feuilles géminées, ses caractéristiques numérales et angulaires, divisant la sphère en sixièmes et douzièmes, lui donnent 2 et 6 pour nombres naturels : L'harmonie des complémentaires d'une part et, de l'autre, l'équilibre et la perfection attachés traditionnellement à la mesure du cercle. Le gui est donc le symbole de l'amour chaste, de l'union des pôles contraires dans tous les plans de vie, relevés ou triviaux, pouvant exprimer selon les cas et l'objet en vue l'union conjugale, l'inviolabilité du serment, les rapports du maître et du disciple, la communion du divin et de l'humain, l'insulfuration du mercure des sages, etc... selon l'adaptation envisagée et le degré de réceptivité de chacun.

   Que le gui ait été lié aux coutumes du mariage et, surtout, des fiançailles, c'est ce dont subsiste maint témoignage, ce qu'on retrouve dans mainte tradition populaire. Je ne puis me livrer à cette recherche, d'ailleurs facile. Mais je ne saurais quitter le gui sans dire quelques mots sur l'oeuf de serpents, dont cet excellent Pline a parlé au rebours du bon sens, comme cela lui arrive quelquefois. Il en donne la genèse suivante :
   En été se rassemblent et s'enlacent une multitude de serpents collés par leur bave et leur exsudat. Il en résulte une boule appelée " oeuf de serpent ". Les druides (ou réputés tels) le disent projeté à l'air par les sifflements de ces reptiles. Il faut le recevoir dans un sayon sans qu'il touche le sol et le ravisseur doit s'enfuir à cheval, poursuivi par les ophidiens jusqu'à ce qu'une rivière s'interpose entre eux et lui. Comme les mages sont ingénieux à frauder, ils prétendent qu'une certaine lune est à choisir pour se procurer cet oeuf, comme s'il dépendait de la volonté humaine de faire coïncider l'opération des serpents avec l'époque voulue. (3)

   Et Pline d'ajouter : " Pour ma part, j'ai vu un de ces oeufs fameux chez les druides ; il était gros comme une pomme moyenne, sa coque était dure et portait de multiples cupules comme celles des bras du poulpe. "

   Naturellement, à la suite de Pline, plus d'un s'est empressé de reconnaître un oursin pétrifié dans le fameux " oeuf ", mais cet oursin n'a été montré à notre curieux que pour lui donner le change. Ses prétendues " propriétés " sur quoi j'ai jugé inutile de m'appesantir, sont purement symboliques et analogiques, mais invraisemblables, prises au pied de la lettre. Symbolique également le rite du " passage de l'eau ". La bonne foi de Pline n'est d'ailleurs pas en cause.
  Il ignorait que certains secrets n'étaient confiés ni aux " druides " schismatiques, ni même à tous les autres, indistinctement.
  Les druides qui l'ont renseigné, s'il s'agit bien de druides, ne savaient eux-mêmes que la moitié des choses, sans toutefois ignorer que ce n'en était qu'une moitié. Et s'ils eussent été réellement au courant, c'est-à-dire suffisamment qualifiés, ils n'eussent pu lui tenir un langage bien différent !...

   Selon la tradition, même " exotérique ", du druidisme, ce ne sont pas les serpents, mais leur bave qui forme une boule... qu'il faut recueillir dans un sayon sans qu'elle touche le sol, modus operandi mentionné par ce même Pline dans la cueillette du gui !... Au risque de passer pour un doux maniaque ou pour un charlatan de l'occulte toujours prêt à se retrancher derrière " le secret de l'initiation " dès qu'on le serre d'un peu près, je dirai que le récit fait à Pline et rapporté fidèlement par lui, renferme un des secrets majeurs du sanctuaire sous son apparence de conte à dormir debout. Et que ce secret n'est pas de nature à être divulgué, galvaudé, à la légère ! Certains, je l'espère, comprendront mon allusion et approuveront ma réserve, fortement motivée. Je me contenterai de dire ce qui peut l'être :
  Dans la préparation très secrète du gui, en tant qu'élixir du savoir (et non en tant que remède), l'on pouvait opérer de deux façons : soit sur la plante totale, soit exclusivement sur les baies visqueuses lesquelles, en cours de travail, prenaient l'aspect d'un " bave " ou d'une écume blanchâtre. L'on utilisait de préférence l'élixir extrait des feuilles à l'intérieur et l'onguent obtenu par la sublimation des baies à l'extérieur, sur l'emplacement de certains plexus. L'on pouvait en outre, selon la limite qu'on entendait assigner aux facultés " psi " de certains disciples, se borner à l'onction épidermique, sans faire usage l'élixir, notablement plus actif.

   Le tout, c'était de " monter à cheval ", c'est-à-dire, de maîtriser son véhicule psychique, et, surtout, de " passer l'eau " sans encombre. De l'autre côté du " fleuve " on était hors de danger, et initié effectivement (non en formules creuses) au degré où l'initiateur responsable le permettrait, degré dépendant à la fois du dosage judicieux des substances mises en oeuvre, de la durée de la préparation physiologique, et de la qualification acquise par l'initiable. 

Sources
Livres Mystiques

Posté par Adriana Evangelizt

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Mardi 29 juillet 2008




Celtes et Atlantes

 

(extraits de la revue Psyché).

par André Savoret




La question de savoir si les Atlantes avaient puisé ou non dans une tradition antérieure étant réservée, il nous reste à envisager les possibilités d'un contact entre Celtes et Atlantes. Pour cela, nous nous appuierons sur certaines données traditionnelles, lesquelles éclaireront d'autre part les hypothèses formulées par quelques savants modernes.

 

La tradition de notre race veut, on le sait, que celle-ci ait occupé les régions aujourd’hui circumpolaires, longtemps avant la disparition définitive de l'Atlantide. Ces régions n’offraient en rien l'aspect désolé que nous leur connaissons de nos jours. Devenues polaires au sens réel du mot, il ne faudrait pas croire qu'elles se soient transformées, comme par enchantement, en un vaste linceul de glaces. Notons seulement qu'il serait difficile de tracer les limites précises de ce primitif habitat de nos pères.

Trop de bouleversements, de submersions et d'émersions successives ont rendu vaine, à tout le moins peu convaincante, une restitution de ce genre.

Notons seulement que ces terres et les îles qui en dépendaient se prolongeaient loin vers le Sud-Ouest (le Nord-Ouest actuel de l'Europe), lequel, par le promontoire breton plus étendu que de nos jours, dépassait largement entre l'Armorique et l'Irlande le 10e degré de longitude, pour s'infléchir, plus au Nord, vers le Groënland.

C'est dire que les terres atlantes étaient relativement peu éloignées de celles où vivaient nos ancêtres. Le moindre îlot intermédiaire devait rendre les communications éventuelles particulièrement faciles. (1)

D'ailleurs, longtemps avant que la Terre-au-Volcan ait été effacée de la carte, plusieurs clans celtiques s'étaient risqués à descendre vers le Sud, surtout dans l'Armorique actuelle, alors couverte d'assez hautes montagnes, ainsi que, par une autre voie, dans le nord de l'Asie.

Après le cataclysme, le gros de la race devait descendre à son tour vers l'Europe, tandis que le reste s'égaillait peu à peu se fiant à sa bonne étoile.

Des traditions encore vivantes nous montrent, à l'origine de cet exode, le brusque changement du ciel, dû à l'inclinaison de notre globe (2). C'était le second grand bouleversement inscrit dans la mémoire de nos ancêtres, le premier ayant été, quelques milliers d'années plus tôt, l'effroyable chute de pierres dont nous avons parlé ailleurs (3).

Ainsi, bien avant la disparition de l'île de l'Ouest, Celtes et Atlantes avaient très bien pu prendre contact, soit dans les terres hyperboréennes, soit dans la partie sud de ce que les savants nommaient le bouclier irlando-breton. Une Conséquence curieuse de cet ancien aspect des terres, c'est que la disposition actuelle des mégalithes celtiques n'est juste qu’en apparence. Sans parler des nombreux dolmens et menhirs de nos côtes, aujourd'hui affleurant à marée basse, mainte terre, mainte insula sacra de l'Atlantique, renfermant les témoignages émouvants de la plus ancienne civilisation celtique, est aujourd'hui engloutie - comme c'est le cas pou.r les fameuses Cassitérídes. - Ce qui nous semble la limite la plus extrême de la région dolménique doit, en réalité, être reporté bien plus à l'Ouest (4).

Quelle était la situatìon à l'époque de la disparition de l'Atlantide, époque qu'on s'accorde aujourd'hui à placer vers 7500 avant nore ère (5) ?

Les Atlantes avaient fondé, depuis un certain temps, des colonies en Afrique du Nord et dans tout le bassin méditerranéen. Là, entre le 20° et le 40° de latitude, se déploya leur effort d'expansion presque entier.

Plus au Nord, il ne semble pas qu'ils aient fondé de " colonies " à proprement parler. Ce qui n'empêche pas que des navigateurs durent avoir des relations plus ou moins sporadiques avec les terres de l'Etain. On s'est donné beaucoup de mal pour placer celles-ci sur nos cartes modernes. Débris du vieux massif irlando-armoricain disloqué, elles gisent sans doute aujourd'hui par quelque deux cents mètres de fond... Mais leur disparition complète ne remonte sans doute pas très loin et doit se placer vraisemblablement quelques siècles avant l'ère chrétienne.

Les druides voyageaient beaucoup. Il est donc possible que des contacts intersacerdotaux aient été pris par eux avec les Atlantes, avant la disparition de leur île et même longtemps après, si l'on admet que ces derniers pouvaient s’être installés à demeure dans les Cassitérides.

En outre, il se pourrait que des expéditions parties d'Afrique, vers la métropole engloutie, ayant croisé en pure perte sur l'Atlantique, aient fait demi-tour, rejoignant non plus leur point de départ, mais l'Ouest de l'Europe, Bretagne ou Portugal. La question de l'origine des Basques serait aussi à examiner de très près. Elle auraìt trouvé sans doute sa solution logique, si la plupart des chercheurs n'avaient confondu les Euskariens avec les Ibères (6).

Donc, pour en revenir aux représentants de l'Atlantide, nous voyons que ceux-ci fondent en Afrique une civilisation nilotique (7), et posent les bases de la civilisation Egéenne, dans le cul-de-sac méditerranéen, au sein de cette Egéide, elle aussi engloutie, dont la Crète semble le reste le plus important (8).

Ici sans doute se terminent les relations entre Celtes et Atlantes, en Europe du moins.

N’ayant joué chez les Celtes de l'Ouest qu'un rôle politique absolument insignifiant, les sages de l'Atlantide ont certainement contribué à l'édification du druidisme. Chaque groupe humain possédant sa tradition particulière, ou plutôt adaptation particulière à ses besoins et à sa fonction de la tradition universelle, il ne faudrait pas conclure à la légère, d'interpénétrations sacerdotales plausibles, que les Atlantes furent les instituteurs des druides, ou qu'on retrouverait dans la doctrine de ces derniers l'enseignement des prêtres de la race rouge.

 

 

(1). Il est infiniment probable que tout ou partie de l’Alaska a fait partie, à une certaine époque, des territoires hyperboréens, que les dislocations successives ont ensuite morcelés. Les Cassitérides furent les derniers " témoins " d'une époque où l'Hyperborée s'étendait depuis la mer Blanche et la péninsuie de Kola jusqu'au Groënland et à l'extrême-nord américain.

(2). L'extension des glaciations quaternaires a rendu, plus tard, cet exode total et définitif.

(3). Chaque cataclysme laisse des traces non seulement dans la mémoire des survivants, mais dans les traditions des peuples contemporains. Les Celtes se souvenaient de la destruction d'Atlantis, comme les Atlantes se souvenaient de celle de la Lémurie. Celle-ci disparut probablement à la fin de l'ère tertiaire, coïncidant sans doute avec la première des quatre glaciations qui ouvrent les temps quaternaires.

(4). Même pendant la plus forte glaciation, cette " passe de l'Ouest " avec ses nombreuses îles-relais dont rien ne subsiste aujourd'hui, sinon la tradition hindoue des " sept iles blanches ", ne fut jamais bloquée par les glaces. Ceci est à peser tout particulièrement. On est trop porté à admettre aujourd'hui un seul foyer de dispersion des Celtes, qu'on situe dans l'Europe centrale. Plus ancien nous semble 1e foyer atlantique (armorico-cassitéridien).

(5). Platon donne 9.000 ans ; M. Philipoff, 7.300 ans, en se basant sur un cycle précessionnel peut-être un peu court. En situant entre 7.500 minimum et 8.000 maximum avant Jésus-Christ cette disparition, il semble qu'on doive encadrer d'assez près sa date exacte. Cette fixation permet de l'articuler mille ans environ après la fin de la derniére extension glaciaire, dite de Wurm. La thèse émise par M. Ph. Negris au sujet d'un effondrement de l'Atlantique sous le poids des glaces nous semble donc sans fondement.

(6). En Espagne, la situation est ethniquement très embrouillée. Les recherches anthropologiques sont d'autant plus délicates qu'il est probable que la race atlante, comme on peut le déduire des circonstances américaines, était, comme la notre, dolichocéphale.

(7). Les égyptologues, dans leur ensemble, ne sont pas excessivement favorables à l'idée d'une colonisation de l'Egypte par les Atlantes.

Il est eependant nécessaire de remarquer que la colonisation de ces derniers est une chose, et que l'invasion venue de l'Est, la seule dont s'occupent directement les égyptologues, en est une autre.

C'est entre 3.500 et 3.200 avant notre ère que se situe l'incursion des Egyptiens proprement dits, venus soit du pays de Punt (sud de l'Arabie), soit d'Asie-Mineure. Nous les voyons écraser les Libyens et les Koushites installés avant eux sur le Nil. L'idée d'un vaste empire africain de peuples à peau noire, probablement autochtones, n'est pas repoussée par les savants actuels — encore que le terme " empire " ne corresponde probablement pas exactement aux faits.

Nous avons montré ailleurs que les Libyens ne seraient qu'un fort contingent de Celtes ou, si l'on préfère, d'Hyperboréens, déportés en Afrique par les peuples noirs, six mille ans peut-être avant notre ère.

La colonisation atlante en Afrique et ailleurs devant être nécessairement antérieure à la disparition de leur métropole, et cette disparition ayant été déterminée d'aprés les calculs de l'astronome Philipoff aux environs de 7.300 ou 7.500 si l'on évalue plus largement le cycle précessionnel), on peut dater l'implantation d'une civilisation atlante sur le Nil de 8.000 ans au moins avant notre ère, bien davantage sans doute.

De 8.000 à 3.500, cela fait 4.500 ans pendant lesquels il a dû passer beaucoup d'eau sous les ponts du Nil. L'ensemble de la question serait donc à reprendre.

On s'apercevrait vite que ce qui est véritablement acquis par les découvertes faites en Egypte ne s'oppose nullement aux données d'ordre traditionnel, lesquelles ont souvent le défaut d'être extrêmement difficiles à dater.

(8). La dislocation de l'Egéide correspond au déluge de Deucalion, dont les Grecs avaient gardé un souvenir assez vif. C'est vers 1.600 avant notre ère qu'ils situaient cette catastrophe et cette datation doit être proche de la vérité.

Voici quelques années, M. Négris rappelant les tremblement de terre et les inonations qui auraient sévi en Attique quand l'Atlantide disparut sous les flots (Platon, Timée), en concluait que l'effondrement de l'Égéide devait se placer à la même date. Nous ne le croyons pas ; il suffit de constater que, des deux traditions, l'une, la plus antique, était inconnue des Grecs jusqu'à Platon, lequel tenait ses renseignements de source égyptienne. La seconde était au contraire très vivante et " populaire " chez les Hellènes, qui en évaluaient la date, au moins sommairement, ce qui n'empêche pas l'explosion des volcans atlantes d'avoir provoqué celle des volcans grecs, comme elle provoqua un réveil de ceux d'Auvergne.

Sources :
Livres Mystiques com

Postépar Adriana Evangelizt

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Mardi 29 juillet 2008

Ce texte est la continuation du précédent, la Gaule et les forces spirituelles. A noter la comparaison faite avec Israël qui a perdu son Âme après la mort de 'Moïse'...






 

La Vraie France (1)

 


- 1939 -


par André Savoret 

 

 

(1) Cet article est en quelque sorte le complément de la causerie intitulée « La Gaule et les Forces Spirituelles », reproduite dans l'Annuaire du Collège bardique des Gaules, IV, année, p. 17 et suiv.

J'ai déjà fait la distinction nécessaire entre la France éternelle, création directe des Puissances d'En-Haut, et la
France du moment, telle qu'elle apparaît, avec ses fluctuations, aux yeux de l'historien qui enregistre des faits et établit des statistiques.

    Faute d'une telle distinction, le problème du relèvement de notre Patrie est privé d'une partie - essentielle - de ses données, ce qui fausse ipso facto les solutions qu'il comporte.

    Nous savons que toutes les apparences matérielles sont le masque (en latin persona) à travers lequel s'expriment d'invisibles acteurs.  Chacun d'eux en est la personnalité consciente.  Et ces acteurs jouent, avec plus ou moins d'exactitude et de talent, le rôle que leur assigne le compositeur, c'est-à-dire l'Entité spirituelle qui, elle, et elle seule, sait exactement ce qu'elle veut et pourquoi elle agit et fait agir.

   Au même titre que n'importe quelle autre réalité, relative, chaque nation est constituée par ces trois éléments, et la France n'échappe pas à cette loi générale :
   Une personne qui en est le corps, l’aspect tangiblé, politiques, physiologique ; une personnalité, élément animateur et conscient, qui en est l'âme, l’aspect psychologique ; une Entité, élément principiel qui en constitue l’esprit.
 

* * *

   J'ai dit ailleurs (1) ce qu'on pouvait présumer de l'Entité France et de sa fonction statique. Je n'y reviendrai guère, préférant insister davantage sur son aspect dynamique.

   Les Anciens disaient volontiers que le monde était plein de dieux qui s'en disputaient l'empire. Et chacun connaît le rôle significatif que jouent les « Immortels » dans l'épopée homérique. Mieux encore ! Sous l'affabulation du génial poète de la vieille Hellade, nous saisissons parfaitement que, si les dieux se mêlent aux mortels, les uns pour défendre les autres pour démanteler Ilion, ce n'est pas par un vain caprice, mais parce que cette guerre symbolique est elle-même, avant tout, une théomachie, un conflit des dieux.

   Cette prééminence accordée aux Immortels par le judicieux Homère marque vigoureusement une conception spiritualiste de la vie des nations, ou plus exactement des cités où celles-ci existaient déjà en germe.

   Ce point de vue est assez proche de celui que j'essaie de présenter.

   Une nation véritable (2), une nation qui a un destin, des chefs, une unité relative, un génie propre, une telle nation n' est pas l’œuvre du hasard. Les vicissitudes de son développement, ses revers et ses triomphes, ses réalisations dans tous les domaines expriment une nécessité interne que les individualités les mieux douées, celles dont le nom en résumera l'histoire pour les siècles, sentent plus ou moins distinctement, mais qui reste lettre morte - ou peu s’en faut - pour leurs contemporains qui, eux, ne voient que la personne, le «masque».

   Essayons de nous représenter ceci plus objectivement.
   L'Entité France dispense sur les territoires où elle veut jouer son rôle
les forces spirituelles en relation avec sa fonction essentielle. Un magnétisme particulier baigne ce coin de terre et le vivifie. Les êtres individuels qui le traversent ou viennent s'y fixer à demeure ressentent plus ou moins cette ambiance subtile. Les uns la sentent en harmonie avec leur propre ambiance psychique ; d'autres y demeurent indifférents ; à d'autres encore, elle est hostile ou antipathique.

   Après des siècles et des siècles d'efforts, nous voyons se former, encore bien fluide et bien indécise, une Gaule pleine de luttes, de contrastes, d'incompréhensions mutuelles, mais où, tout de même, un petit noyau d'êtres d'élite réalise en soi, par anticipation, la splendide unité qui ne sera manifeste que bien plus tard, alors que le nom même de Gaule aura définitivement sombré avec les institutions qu'elle connut.

   L'élite dont je parle sera le support de l'influence spirituelle projetée par l'Entité. Aux heures graves, un chef, Druide ou Guerrier, la réfléchira et la condensera toute en lui.

   Mais un tel chef ne peut être un homme quelconque ; il doit appartenir à la très mince cohorte des génies, et son oeuvre matérielle ne sera rien, comparativement à l'impulsion spirituelle qui lui survivra. Qu'on pèse, par exemple, l'apport vraiment surhumain d'un Vercingétorix ! Selon les apparences, et à ne considérer que la « persona », c'est un vaincu, et la Gaule, en tant que nation indépendante, meurt de son échec. César et ses amis - notre Gaule, hélas ! n'en manquait pas - triomphent sur toute ta ligne.

   En réalité, le sacrifice de l'être de lumière a libéré des énergies incalculables, indestructibles. A l'heure suprême, il ne fait qu'un, pour ainsi dire, avec la personnalité de sa nation. La personne matérielle : hommes, institutions, cités, succombe. Mais l'Entité, qui n'y rencontre plus l'instrument de ses desseins, préside au remaniement total de ce coin de terre, vivifié d'un sang généreux. La personnalité Gaule ressuscite sous un autre aspect : la France.  Et cette dernière sera en peu de temps - quelques siècles - une réalité plus achevée que la réalité Gaule, malgré qu'encore imparfaite, alors que 12 pays du « vainqueur » apparent ne connaîtra pendant longtemps que la division et l'anarchie.

* * *

   Et toujours, l'Entité, infatigable, suscite des chefs.

   Ceux-ci, le plus souvent, n'ont pas conscience de la mission spirituelle qu'ils remplissent plus ou moins exactement. Ils sont, pour la plupart, bien au-dessous de ce que l'Entité attendait d'eux.

   Cependant, lentement, maladroitement, ces chefs modèlent avec l'aide du temps une nation qui, en tant que personne matérielle, ne ressemble que de très loin à ce que veut réaliser l'Entité.  Et inlassablement cette dernière répand toujours sur la terre qu'elle s'est choisie les forces spirituelles adéquates, forces qui s'incorporent ici et là dans des héros ou des saints. L'image, longtemps demeurée floue, se précise.  Ce qu'est la vraie France, ce que doit devenir la France du moment, quelques-uns le sentent, le voient intérieurement. Puis cette perception se diffuse et le nombre de ceux qui la ressentent s'accroît. Finalement une France, toute petite, éclôt..

   Pour les contemporains, c'est une construction tout empirique, fragile et qu'ils estiment « raisonnablement » sans lendemain.  Cette France minuscule est, en effet, bien menacée, au dehors autant qu'au dedans. Mais elle a un roi, un roi qui croit en elle, qui croit au Christ, qui s'en estime le mandataire responsable et qui sent - parfois confusément parfois très clairement - le rôle qu'il lui faut jouer.

   Quoi qu'il arrive, cette France vivra ; sa personnalité vigoureuse, mais, hélas ! indisciplinée, s'affirme, se développe et sa personne du moment en suit à peu près les impulsions.

   Certes, la lutte continue, serrée, entre les éléments temporaires qui acceptent l'impulsion venue d'En-Haut et ceux qui s'y opposent. Mais cette lutte est inévitable. N'est-elle pas partout, en ce monde, et, en premier lieu, dans notre propre personne individuelle, toujours double, toujours en guerre contre elle-même ? Cela, c'est la Loi de la Terre ! La Loi d'En-Haut c'est l'harmonie, l'ordre, l'unité.

   Cette petite France qui sera un jour le cœur de l'Occident, le foyer le plus actif de la civilisation chrétienne a de puissants ennemis (3). Mais le Ciel veille. L'Entité anime des soldats qui sauveront ce corps qu'est la France du moment, par l'intermédiaire de cette âme qu'est sa personnalité agissante.

   Ce corps, cette France tangible, sera souvent malade, blessée, quasi moribonde. Mais la personnalité France, avec d'autres éléments individuels, reprendra son œuvre où elle l'avait momentanément suspendue et la guérison viendra, parfois incroyablement rapide, parfois progressive, quelquefois humainement inexplicable.

   Il n'y a qu'à consulter notre histoire pour constater que notre patrie tantôt s'affirme comme le pionnier de la civilisation chrétienne - et elle est alors victorieuse et florissante - tantôt s'écarte de sa voie traditionnelle - et elle connaît à brève échéance la défaite, la détresse, le chaos social et politique.

   L'on me dira sans doute que je viens d'énoncer un lieu commun, j'en conviens de bonne grâce, mais s'il devient vite insipide d'abuser des lieux communs, n'oublions pas qu'il est mortellement dangereux de les négliger.

   Après le chaos révolutionnaire, apparaît Napoléon qui y met fin avec la rapidité que l'on sait. Prédit trois siècles à l'avance par Nostradamus, cet être exceptionnel est aujourd'hui jugé bien diversement. Retenons seulement le rôle providentiel qu'il joua dans la première partie de sa vie publique, l'échec que lui valurent ensuite son orgueil et son ambition.

 

* * *

   Aujourd'hui, après cent cinquante ans de révolution athée, on peut dire que la personne de la France, est plus la caricature que l'image fidèle de sa personnalité. Et ceci, depuis bien des années, elle en a le sentiment, peut-être vague, mais tenace. Car elle aspire à guérir. Elle veut et doit vivre. Il est normal qu'elle cherche, instinctivement, le médecin qui portera remède à ses maux. Pour l'instant, elle ne sait trop où le trouver - ou le retrouver. Tout ce qu'elle sait, à la suite de coûteuses expériences, c'est qu'elle ne l’a pas encore trouvé et que les idéologies en lesquelles elle avait placé ses espoirs ne renferment pas le remède annoncé. Mais si la personne peut sembler gangrenée, n'oublions pas que l'Entité veille.  Qu'elle connaît, elle, et le médecin et le remède. Et que, comme par le passé, elle suscitera infailliblement, à l'heure voulue et de façon imprévisible, celui ou ceux qui seront le support humain de son action médiatrice.

   De nouveaux influx spirituels viendront baigner l'atmosphère du pays, les forces réorganisatrices se mettront à l’œuvre, comme tant de fois jadis, et les cellules mortes seront éliminées pour que la France reprenne son rang et son rôle réels, transfigurée ou plutôt - qu'on me passe ce néologisme hardi - transcorporée ! Elle reprendra conscience de sa vraie personnalité, condition nécessaire d'une renaissance profonde et durable. Et, à travers cette, personnalité, elle s'unira de nouveau à son Entité spirituelle, fille du Verbe et porteuse - elle - de Sa Lumière parmi les nations. Usons d'une comparaison empruntée aux Ecritures. Celle-ci soulignent le rôle analogue d'Israël parmi les nations, antérieurement à la venue du Christ. L'Entité ou le Principe qui suscita Abraham, Moïse, Daniel, Isaïe et quelques autres serviteurs conscients du Plan providentiel, cette Entité, dis-je, était libre et parfaitement indépendante des fautes, des écarts et des rébellions de telle ou telle génération dit peuple, élu sans doute, mais récalcitrant sans conteste

   Et toutes les énergies spirituelles accumulées en vue de l'aider à remplir sa mission se trouvèrent  spontanément libérées quand la personne d'Israël refusa de reconnaître son Sauveur. Elles cherchèrent ailleurs - car de telles énergies sont par définition indestructibles - un autre groupement humain qui leur servît de support et de diffuseur. Le peuple juif, abandonné à ses seuls instincts, tomba en putréfaction politique et sociale. Il lui fallait mourir ou changer radicalement - ce qui est aussi une mort d'un certain genre. Et il ne se survécut, comme nation, - quoique errante et dispersée, - qu'en se Vouant à un autre Maître, en se donnant à une autre Entité, opposée en tout à celle qu'il servait auparavant, puisqu'il est écrit : « Tu ne serviras pas deux Maîtres, Dieu et Mammon !»

   Si le groupement humain qui, dans sa personnalité, reprit le flambeau tombé des mains d'Israël  venait dans sa personne, son organisme matériel et social, à renier délibérément les principes qui constituent sa raison d'être et d'agir il n'en irait pas autrement pour lui que pour Israël, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Il consommerait son suicide moral et sa ruine matérielle, à moins qu'il ne retrouvât, lui aussi, un semblant de vie nationale et de raison d'être en se liant aux forces spirituelles inversives, toujours à l'affût.

   Et il en irait de même pour tout autre groupement national.

* * *

   La France ne saurait échapper à cette loi d'ordre général. Porteuse d'une certaine Lumière, il faut qu'elle la fasse rayonner autour d'elle ou qu'elle se renie elle-même. Malgré bien des éclipses, on peut affirmer hautement qu'elle n'en est heureusement pas là - au contraire.

   Sans la confondre avec la France « du moment », exaltons la France éternelle.  Ne nous y trompons pas. Cette France qui combat aujourd'hui sans passion et sans faiblesse, c'est à la fois l'une et l'autre. Agissons donc, dans la sphère où un juste décret du sort nous a placés, pour que le visage de cette France du moment ressemble toujours davantage à son modèle impérissable.

   Bien des signes encourageants nous montrent que cette oeuvre est en bonne voie. Persévérons dans cet effort qui s'offre à toutes les bonnes volontés. Cherchons à traduire toujours plus fidèlement le message d'En-Haut et les adversaires de la France seront réduits à l'impuissance, leurs projets d'asservissement seront confondus et notre patrie ne fera qu'un avec son radieux génie, cette France éternelle qui vaut qu'on se batte, qu'on se sacrifie - et qu'on se discipline, enfin - pour elle !

   Certes, partout, en toute contrée, l'ivraie et le bon grain sont mêlés.  Mais seulement pour un temps, jusqu'à l'heure de la moisson, comme le disent clairement les Evangiles.

   Et la moisson viendra. Ou plutôt elle vient déjà, mais nous ne savons plus discerner les signes des temps.

 

* * *

   « La figure de ce monde passe », nous dit saint Paul.  Oui, et celle des nations de ce monde également.  Mais rien ne meurt réellement.  La « figure de la France » a souvent passé au cours des siècles de son histoire, sans parler des temps ignorés où elle se modela lentement.  Qu'on se souvienne de la Gaule, des Invasions, de Charlemagne, du « petit roi de Bourges », de Napoléon, de nos républiques et de nos restaurations. Qu'on revive par la pensée les affres de l'An Mille, les horreurs de la guerre de Cent ans, les massacres et les guerres civiles de la Révolution, et, de ce tableau d'agonie et de deuil, qu'on passe à son antithèse, à nos gloires, à nos bonheurs, à nos oeuvres de lumière.

   Qui pourrait alors désespérer ?
   La France se sauve une fois de plus matériellement par les armes.  Soyons assurés
qu'elle Se Sauvera aussi spirituellement et qu'il lui reste encore à proférer, comme l'écrivait Jacques Heugel, voici quelques années, « une parole qui étonnera la Terre ».

(1) Voir le texte « La Gaule et les forces Spirituelles », de l'Annuaire du C. B. G. IV, année, p. 17 et suiv.

(2) Un conglomérat de peuples, artificiellement formé pour un temps, telle l'Allemagne actuelle, n'est pas une nation. Elle n'a pas de destin propre, mais est entraînée dans le destin de la nation qui la domine momentanément, en l'occurrence, La Prusse.

(3) Et l'on pourrait distinguer ici ses ennemis de principe de ses ennemis du moment, ses ennemis ouverts de ses ennemis occultes. Toute la trame asianico-templière apparaît brusquement en demi-lumière au moment de la Guerre de Cent ans, pour se replonger dans l'ombre d'où elle émergera trois siècles et demi plus tard !

Sources :
Livres Mystiques com

Posté par Adriana Evangelizt

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Mardi 29 juillet 2008

La France possède une Âme, une grande Âme et son Destin -quels que soient les hommes qui la dirigent- est d'aller -envers et contre tout- dans la Voie qui est la sienne propre. Je me suis justement permise d'émettre une opinion allant dans ce sens, voilà quelques temps, dans un blog "politique" et de dire que la France possédait l'Âme Celte. Ce qui est en contradiction totale avec l'homme qui préside à sa destinée aujourd'hui. Je le dis comme je le pense. Le premier Héros qui sentit cela fut Vercingétorix dont on sait le combat qu'il livra contre l'Occupant. En ce temps-là, la France se nommait la Gaule. Et le père de notre héros, Celtilius. Ce qui vaut mieux qu'un discours. Il ne faut pas oublier que -dans les Temps Anciens- chaque nom attribué à un individu ou à un lieu tenait lieu  de symbole. C'est tout ce qu'il subsiste d'ailleurs dans l'Ancien Testament pour trouver la Vérité. Des Noms et des Nombres perdus dans un fatras de contes ou de mythes. Pour trouver l'Origine des choses, il faut trier, enlever le Bon Grain de l'Ivraie. Vaste entreprise. La France possède donc un Noble Âme. Elle a été convoitée de tous temps par les Obscurs. Il semble qu'aujourd'hui ils en aient pris possession en plaçant un des leurs à la tête de notre pays dans le seul but de l'asservir et de la soumettre à des entités visant à la perdre. Mais les forces spirituelles oeuvrant pour Dame France ne la laisseront pas se damner pour ses ennemis de toujours. Le texte d'André Savoret a été écrit en 1938 mais il s'applique très bien au temps présent. Donc... patience...




 

 

La Gaule et les Forces Spirituelles (1)

 

par André Savoret

 



  Le sujet dont, je voudrais vous entretenir rapidement est infiniment vaste et complexe. Il se Peut qu'à m'écouter vous sentiez combien il me dépasse. Cela, je le sens aussi, croyez-le, et si je requiers d'abord votre indulgence, tenez pour assuré que ce n'est point là une simple clause de style.

  D'autres sujets m'auraient été plus familiers ; surtout, ils ne m'auraient pas donné, au même degré, l'impression d'être au-dessous de ma tâche.

  J'ai estimé que les heures angoissantes que nous venons de traverser, celles aussi que nous traverserons bientôt, selon toutes probabilités, me commandaient de faire passer au second plan mes recherches d'ordre purement intellectuel et, ce faisant, je ne crois pas m'écarter des principes fondamentaux autour desquels nous nous sommes groupés.

  Je n'ai pas la prétention de vous apporter  des vues neuves. Je pense, au contraire, que certaines choses connues doivent être redites, tant est puissante la faculté d'oubli de l'homme, - surtout quand cet homme a l'avantage, ou le défaut, comme on voudra, - d'être français.

  D’autres choses, moins connues, demanderaient à être mises en lumières, parce qu'essentielles. je m'y essaierai de mon mieux, mais, en guise de flambeau, vous devrez vous contenter de mon modeste lumignon.

  Laissez-moi d'abord préciser mon titre : La Gaule et les Forces Spirituelles.

  Dans mon esprit, - dans le vôtre aussi, je pense, - je ne puis séparer la Gaule de la France, le passé du présent, les hommes d'hier de ceux d'aujourd'hui. Et j'entends par « Gaule » une entité géographique, une continuité historique, une fonction biologique précise, remplie par un groupe humain, avec des fortunes diverses ; enfin, un rôle préétabli, - plus ou moins bien joué selon les époques, - dans le drame terrestre, fonction lui-même du Drame universel.

  Ce Drame, vous le Savez, C'est l'implacable et nécessaire combat engagé entre la Lumière et les Ténèbres, combat qui commence, pour nous, avec la Chute de l'Homme et ne se terminera qu'à sa définitive Rédemption.

  Les Forces spirituelles, ce sont toutes les Puissances émanées du monde divin d'une part, du monde infernal, de l'autre, - les unes pour nous sauver, les autres pour nous perdre, - Puissances dont nos cœurs, nos foyers et notre sol ont été, sont et seront jusqu'à la fin, les supports, les réceptacles, les champs de bataille.

  Quant aux forces psychiques, qui jouent ici comme partout je me garderai de les confondre avec les forces spirituelles qu'elles enveloppent et prolongent parfois, mais dont elles différent du tout au tout.

***

  Dire de la France qu'elle est « la fille aînée du Christ », c'est énoncer une banalité. Mais, pour banale qu'elle soit, cette assertion n'en est pas moins exacte. C'est notre gloire et notre misère, notre triomphe et notre croix, la source cachée de nos biens et de nos maux, la clé vivante de notre  Histoire, que cette « banalité » à laquelle nous ne prêtons presque aucune attention, à force d'en avoir eu les oreilles rebattues !

  N'oublions pas que les grandes vérités sont simples et qu'elles échappent trop souvent, par là-même, à nos cerveaux compliqués. Elles sont aussi très vieilles, « vieilles comme le monde », dit-on avec assez de raison… Aussi, elles ne frappent plus nos âmes, éprises de changement et de nouveautés.

  Donc, la France, « fille aînée du Christ », s'adresse à nous, Français d'aujourd'hui, comme elle s'adressa aux ancêtres disparus... Et que peut-elle nous demander, sinon que nous lui ressemblions, sinon que nous soyons, à son image, des enfants du Christ, conscients de leur tâche, de leur devoir, de leur mission ?

  Ne nous laissons pas, cependant, égarer par l'orgueil.

  Comprenons, - comprenons clairement, - que cette prééminence de la France, dans le domaine spirituel, est un honneur, lourd à porter - comme l'est tout honneur. Comprenons surtout qu'elle n'octroie à nous, Français éphémères, aucun mérite spécial, mais qu'elle nous crée des devoirs particulièrement difficiles, si nous voulons agir de telle sorte que chacun retrouve, dans le visage de la France d'aujourd'hui, les traits idéaux de cette France de toujours, porteuse, parmi les nations, du Labarum mystique.

  Si je voulais emprunter à une philosophie qui n'est pas « de chez nous », une image à peu près exacte, je pourrais dire, de cette France spirituelle, qu'elle est l'« impératif catégorique » des âmes qui se succèdent, depuis des millénaires, sur le sol qu'elle a élu pour champ d'activité.

  Plus simplement disons que chaque pays a sa mission, comme il a ses bornes réelles, fixées d'avance. La France, comme personne spirituelle, a reçu et accepté la sienne ne varietur.

  Les Français, comme individus et comme collectivité sans cesse renouvelée, - donc éphémères, - les Français, dis-je, sentent plus ou moins nettement l'aspect actuel de cette mission et, librement, s'y conforment ou s'y refusent, selon les circonstances et les époques. Dans la mesure où ils l'acceptent, ils sont aidés et protégés par Celui qui donna cette mission, le Verbe, et par celle qui l'incarne pour ainsi dire : la France vraie.

  Dans la mesure où ils s'en écartent, l'aide providentielle diminue et les envoyés d'En-Bas, qui haïssent eux, la vraie France, font échouer ses efforts ou en retardent les effets.

  Ainsi en est-il de la France, ainsi en fut-il de la Gaule ! J'ajouterai deux courtes remarques. Par la première, j'entends que toute nation qui remplit sa vraie fonction reçoit également l'aide d'En-Haut pour son accomplissement. La seconde est pour corriger une expression peut-être équivoque. Si un peuple s'écarte, du droit chemin, l'aide providentielle lui fait bien défaut, en proportion de la gravité de ses déviations. Dans la réalité, ce n'est pas cette aide qui diminue, c'est plutôt la réceptivité, la perméabilité de cette nation à l'influence divine, qui se restreint.

  La « variable », ici, c'est l'homme. Il s'enferme égoïstement dans sa chambre, ferme ses persiennes, tire ses rideaux... et s'indigne sincèrement de ne plus voir le soleil. Aujourd'hui beaucoup de nos compatriotes, - pour ne pas parler de nos voisins, - sont dans un tel cas. Aidons-les à y voir plus clair, c'est là une tâche aussi ingrate que nécessaire.

***

  J'ai parlé tout à l'heure de la France, comme « personne spirituelle », incarnant, pour ainsi dire, une mission à elle confiée par le Verbe. Certes, je ne saurais trop le répéter, toute nation a reçu sa mission particulière. Celle de la France est cependant, pour des raisons que je ne puis développer ce soir, la plus importante, la plus difficile aussi. Il est donc normal que ce soit celle dont l'accomplissement rencontre le plus d'obstacles - et reçoive les secours les plus éclatants et les plus imprévus.

  Ce n'est pas pour rien que le voeu de Louis XIII a fait du Royaume des Lys celui de la Reine des Anges.

  Ce n'est pas pour rien que Jeanne d'Arc, deux siècles avant Louis XIII, demanda à Charles VII de lui faire don de son royaume pour l'offrir, à son tour, au Roi du Ciel, dont le roi de France n'est depuis lors que l' « économe » - parfois infidèle.

  Ainsi la France est le seul pays qui ait reconnu Pour roi le Christ et la Vierge pour reine.

  Mais n'est-ce pas aussi le seul pays où le miracle se soit installé, pour ainsi dire, en permanence et où tout a été sauvé, tant de fois, alors que tout semblait - humainement - perdu ?

  je crois inutile de vous rappeler, l'une après l'autre, les pages merveilleuses de notre histoire. Vous les connaissez aussi bien que moi. Evoquez-les parfois quand le doute vous tenaille ; repassez-les dans votre mémoire et puisez-y une tranquille assurance quant aux Destins de notre patrie, car nous sommes à un de ces moments critiques où, seul, le rappel du passé peut donner la force d'envisager l'avenir sans désespérer !

  Mais croyez qu'à côté de ces « grands miracles », faute desquels notre France ne serait plus qu'un souvenir, il en est d'autres, beaucoup d'autres, moins connus, moins éclatants, voire ignorés, qui rétablirent, à maintes reprises, une situation irrémédiablement compromise par les hommes.

  Peut-être aurons-nous, une autre fois, l'occasion d'en reparler.

***

  La France, mes chers Collègues, n'est pas, essentiellement, le territoire qui porte aujourd'hui ce nom, lequel ne coïncide qu'approximativement avec les « Bornes » dont je vous parlais au début de cet entretien.

  Elle n'est, non plus, la somme ou la représentation abstraite des millions d'individus qui portèrent, portent et porteront le nom de Français.

  Elle est, spirituellement, une personne. Non pas une âme collective ; non pas ce que les occultistes appellent un Egrégore ; car tout Egrégore vient d'En-Bas. Il n'est, à proprement parler, que le champ des vibrations psychiques émises par les individus qui se sont succédé sur le sol national.

  Elle est, Elle, une création directe des Puissances d'En-Haut ; elle est la dépositaire d'un certain Message qu'elle nous propose de réaliser, sans cependant nous l'imposer.

 Elle est donc, à l'Egrégore national, ce que l'esprit est à l’âme ­ (et j'entends par âme le psychisme) - et, aux Français d'une époque déterminée, ce que l'esprit est aux cellules du corps par lequel il agit.

  On pourrait pousser beaucoup plus loin ces analogies et ces correspondances puisque, comme l'enseignaient les Anciens, « tout est dans tout ».

  Pour l'instant, revenons aux faits.

  On a nommé Jeanne « la Sainte de la Patrie ».

  Oui, certes !... Et Plus qu'une « Sainte », peut-être, car elle incarna visiblement la France, à une époque où ce mot n'avait pas pris, pour les hommes vivant sur notre territoire, le sens unitaire et plénier que nous lui donnons. Mais ce sens - qui de nous en douterait ?- était présent à l'esprit de Jeanne d'Arc. Qui donc lui aurait inculqué une telle notion, quand personne ne la possédait ?

  Ainsi, à le contempler longuement, le doux visage de Jeanne ne se confond-il pas avec le visage de la vraie France, de la France spirituelle, fille aînée du Christ, parmi ses autres filles les nations ?

  Et lorsque, dans la dispersion des clans gaulois, dans leurs luttes fratricides, dans l'oubli total de ce qu'aurait dû être la Gaule une, telle que la voyaient les Druides, dans la totale imprévision de ce que serait un jour, sous le nom de France, cette même Gaule restituée d'après un modèle que les hommes n'inventèrent jamais, lorsque dans cette anarchie sans remède parut Vercingétorix, qui douterait sérieusement qu'aux yeux de cet être de Lumière, la France, - la Gaule, si vous préférez,- ne fût pas déjà présente et vivante ?

  Sont-ce les événements dont il fut témoin, sont-ce les vues de ceux qu'on ose à peine nommer ses « compatriotes » qui lui fournirent les éléments de sa vision prophétique ?

  N'est-ce pas, au contraire, son verbe ardent qui inspira aux Celtes, brouillons et particularistes, cette notion du « malheur commun », des « libertés communes », notion que le génie - tristement matériel -, d'un César s'avoue incapable d'expliquer ?

  Quel aveu, mes chers Collègue, et à quelles profondeurs ne nous entraîne-t-il pas ! ...

  Oh, ! je le sais bien, le contraste entre Vercingétorix et sont adversaire a été largement exploité par les historiens. Si largement, même, qu'on s'excuse de reprendre, une fois de plus, un thème facile et souvent ressassé.

  Eh bien, il me semble, justement, que le parallèle doit être poussé plus avant et n'être pas réduit à la simple opposition de deux termes très relatifs : « courage contre technique », ou « générosité contre calcul »... Si nous réfléchissons à la totale incompréhension d'un César devant le sacrifice sans restriction du héros gaulois, - sacrifice librement consenti à une entité qui ne se révélera à tous que bien des siècles plus tard, - le contraste s'accentue jusqu'à devenir une opposition irréductible : celle de deux êtres, - toits deux exceptionnels, - incarnant chacun, à un degré suréminent, deux principes éternellement antagonistes !

  Et ce contraste, dans la Gaule de Vercingétorix aussi bien que dans la France de Jeanne d'Arc, nous montre, presque à découvert, l'élément spirituel que j'indiquais tout à l'heure comme le facteur essentiel de notre histoire nationale.

  Pourtant, de cette histoire, nous ne voyons guère que les faits. Sauf aux instants décisifs, tout apparaît connue le résultat de l'empirisme organisateur, le fruit de l'occasion, et il semble bien que la France soit le produit, inachevé, d'une suite d'heureux maquignonnages. Telle est du moins l'apparence, mais nous sommes ici pour rechercher, justement, ce qu'il y a derrière cette apparence. Aussi, je ne puis faire mien le « slogan » facile des « quarante rois qui firent la France », pour cette raison bien simple que mille rois ne l'auraient pas « faite » davantage.

  Notez que je m'incline volontiers devant l’œuvre des Capétiens, « rassembleurs de la terre de France », comme je m'incline, à peu d'exceptions près, devant les quarante rois précités.

  Mais, du peu qui précède, vous aurez sans doute conclu avec moi qu'on ne « fabrique » pas un pays, je veux dire un vrai pays, un pays qui a un destin, une mission, une lumière propre à répandre. Les pays formés de pièces et de morceaux, par des assembleurs, soit patients, soit géniaux, ces pays-là disparaissent comme ils ont apparu précisément parce qu'ils sont des créations humaines, et rien d'autre qu'humaines.

  J'ai parlé des « rassembleurs de la terre de France ». Approfondissez ce terme : rassembler n'est pas assembler, mais, strictement, assembler de nouveau, reconstruire d'après un modèle préexistant.

  La vérité me semble donc plus belle que le slogan que j'ai malmené, voici quelques instants.

  Pour faire la France ou, plus véridiquement, pour lui rendre ses bornes invisibles, mais immédiatement perceptibles à notre vue interne, nos rois ont lutté et travaillé, à leur honneur.

  « Ils ont bien mérité de la Patrie », comme on dit (et ce lieu commun a plus de profondeur qu'on ne le pense). Ils ont dû, pour atteindre ce résultat, accepter, plus ou moins consciemment, de collaborer à l’œuvre providentielle et de suivre les inspirations transmises par l'âme de la France, toujours vivante et forte, quelle qu'ait pu être temporairement l'étendue apparente du territoire ainsi nommé.

***

  Ne désespérons donc point ; nous n'en avons pas le droit. Travaillons plutôt, nous aussi, à remodeler la Franc, physique d'après son type indestructible et, plus encore, à remodeler la France morale, intellectuelle et spirituelle - en commençant par notre propre foyer - d'après le modèle impérissable que le passé nous a légué. Ne serons nous pas aidés dans la mesure où nous nous efforcerons d'agir ?

  Et puis, à cette lumière qui donne à l'Histoire son véritable relief, qui nous permet d'en extraire la signification profonde, sachons reconnaître où nous en sommes, ce qui nous fait défaut, ce par quoi nous sommes vulnérables, afin de retrouver non seulement le sens de nos vicissitudes historiques, ce qui serait peu, mais aussi, mais surtout, quel est, pour l'heure présente et pour les proches heures à venir, le Mandat du Ciel en ce qui concerne les destinées de notre patrie.

  Si nous nous orientons dans ce sens, Si nous sommes prêts à tous les sacrifices, à toutes les luttes, à tous les efforts pour obéir à ce Mandat, la France, j'en suis persuadé retrouvera vite son vrai visage ; elle remplira de nouveau sa vraie fonction parmi les nations et redeviendra, « dans le temps », la fille aînée du Christ, qu'elle n'a d'ailleurs jamais cessé d'être, en Esprit, « hors du temps » !

(1) Extrait d'une causerie faite en décembre 1938.

Sources
Livres Mystiques com

Posté par Adriana Evangelizt

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Mardi 29 juillet 2008

Je n'oublie pas ce blog mais je suis dans une intense recherche ce qui me laisse peu de temps pour copier les vieux livres mais leur suite ne va pas tarder à venir. Je pose le texte ci-dessous dans la "police Harrington" que je trouve très belle... si elle n'est pas lisible pour tout le monde, faites-le moi savoir, je la changerai. Merci.

 

 

 

Adam-Aenosh

 

par André Savoret



     Les traductions les plus « orthodoxes » de la Genèse nous assurent que l'homme fut tiré « du limon de la terre ». À la suite de Fabre d'Olivet, auquel il faut toujours se reporter, lorsqu'il s'agit d'étudier le sens spirituel de ce livre, nous devons nous inscrire en faux contre une pareille interprétation du texte biblique.

     En effet, on a traduit par « terre » deux mots hébreux que Moïse emploie toujours de façon distincte et dont il ne fait jamais deux synonymes.

     Le premier est ADaME, ou adamah, le second AReTs ou arz.

     Dans le récit de la création (vers. I) Moïse oppose visiblement arz (le principe du monde sensible), à shamaïm (celui du monde céleste et glorieux).

     Lorsqu'il est question de la création d'Adam, Moïse, au second chapitre de sa cosmogonie, relate que l'universel Adam n'existait pas encore en acte pour mettre en œuvre (wabod) l'universelle adamah que l'on traduit généralement par « sol » ou « limon ». Mais, adamah n'est pas arz. Quelle est donc l'étymologie et le sens de ces deux termes ? La question est d'importance, puisque toutes les conséquences métaphysiques que l'on peut tirer du texte biblique, concernant l'âme humaine, sont entachées d'erreur, par suite d'une traduction fautive.

     Le mot adamah, comme le mot Adam, dont il est tiré (car Adam ne vient pas plus d'adamah que chien ne dérive de chienne ou que homme, grammaticalement, ne dérive d'humanité, c'est l'inverse qui est vrai, étymologiquement et logiquement), le mot adamah, donc, porte sur un radical DaM, forme nasalisée de DaV, DaB, et qui possède un sens générique analogue dans les langues sémitiques et dans les langues celtiques, depuis l'irl. domun « le monde », le gall. dwfn « profond », le gaél. dobar « eau », domhan « l'univers », le flamand diepzin « sombre », « profond », « mystérieux », « abstrait », jusqu'à l'arabe damous « souterrain », « profondeur », « citerne », et à l'hébr. damm « se taire », « être immobile, indiscernable », dam « similitude », « homogénéité », damah « un lieu vide et désert » (1) .

     L'idée primitive est celle d'une chose indiscernable par son étendue, son silence, sa subtilité, sa profondeur ; d'une chose universelle ou universalisable. Le A initial d'adamah et d'adam, est une particule emphatique qui spiritualise encore le sens de ces deux vocables. l'Adam universel, l'homme spirituel, a donc été tiré non pas du limon de la terre, mais de la spirituelle et universelle substance adamique : la « terre spirituelle ».

     Au contraire, arz, terme qui a perdu le digamma initial W, (2) , et est très vraisemblablement pour WaRTs, se réfère directement au sanskrit warsha qui signifie « terre » et « continent ». En sanskrit, le même mot signifie pluie, comme il le signifie dans notre mot français averse, et comme il signifie « rosée » dans le grec erse pour F-erse. C'est le terme d'un processus involutif, la partie descendante d'un circuit, le résultat d'une déviation, d'une inversion, d'un renversement. Dans son sens de terre, le mot hébreu arz représente donc le point le plus bas de l'involution élémentaire, l'élément sensible, le maximum de condensation et de matérialité.

     Si Moïse avait voulu dire que l'homme fut tiré de la poussière de la terre, c'est de ce terme qu'il se serait servi. Mais, il l'a évité avec soin.
   L'homme terrestre, possède d'ailleurs un autre nom, que Moïse n'emploie jamais comme synonyme d'Adam c'est ANOSh, ou Enosh, et que nous avons rapproché (3) du sanskrit nara et de l'italique ner (pour nes). (4) .

     La différence entre la terre spirituelle (adamah) et la terre matérielle (arz) est encore faite formellement par Moïse (Gen. VII, 23), où il montre l'Éternel, au moment du déluge universel, « effaçant tout ce qui subsistait sur la face d'adamah » et le déluge effaçant, alors seulement, tout ce qui subsistait sur la terre (arz). Il est pourtant normal de saisir ici que Dieu agit directement sur le plan spirituel et que la répercussion de cette action spirituelle se fait sentir dans le monde temporel et élémentaire, par voie de conséquence, sous forme d'un cataclysme. C'est pour avoir voulu absolument traduire adamah et arz par un même mot que les modernes ont vu une « interpolation » ou un « remplissage » dans ce verset pourtant explicite : « Ainsi, il (Iaveh) effaça tout être qui était sur la face du sol », lisons-nous dans la Légende des Origines de l'humanité (Éditions Rieder), et la seconde partie du verset 23 est gravement déclarée être un remplissage. Le remplissage en question est celui-ci : « de l'homme au bétail, au reptile, à l'oiseau des cieux, ils furent effacés de la terre ».

Si l'auteur de l'ouvrage, précité n'avait pas pris adamah et arz pour des synonymes, non seulement il aurait évité de voir un remplissage, là où il n'ya qu'une précision, mais il n'aurait pas esquivé la portée métaphysique de cette pseudo-répétition.

     Dans un texte où pas un mot n'est superflu, il est inconvenant de vouloir procéder au découpage de ceux qui y voient deux textes « Iavistes », intercalés parmi les fragments d'un texte « Eloïste ». Ce sont là des fantaisies, d'autant plus dangereuses qu'elles sont revêtues, aux yeux du public, du prestige accordé à la science.

     D'autre part, la théologie et la philosophie scholastique, en tant qu'elles s'appuient sur des traductions fallacieuses, ne sont nullement qualifiées pour nous faire accepter des conclusions logiques, mais faussées par un point de départ erroné.

    Une de ces conclusions, c'est celle de l'âme créée postérieurement au corps qu'elle doit animer. Elle est juste en tant que conclusion, si l'on prétend identifier adamah, la terre spirituelle dont provient Adam, à arz, la terre matérielle. Elle est fausse cependant, dans la mesure où adamah diffère de arz. Mais l'erreur a la vie dure, elle subsistera sans doute jusqu'au jour où un théologien, au sens strict du mot, qui sera à la fois savant selon les hommes et inspiré par l'Esprit de Vérité, nous apportera une version du texte sacré, conforme à la pensée profonde de Moïse.

(1) Le radical primitif DaB, DaM, formé des signes de l'action extérieure (D) et de l'action Intérieure (B), exprime fortement la faculté d'adaptation de l'interne à l'externe, d'où les sens de similitude, d'homogénéité, d'image. À un point de vue à peine différent il exprime le sens d'universalité, de profondeur, d'insondabllité, réunissant en lui les deux idées de monde externe et de monde interne. La divergence progressive des sens particuliers dans les langues sémitiques et dans les langues aryennes n'a rien que de très logique et ne saurait militer contre l'origine commune de cette racine.
La racine Tam ou Tham n'en est qu'une modification. Elle diffère peu de la racine Thab, et il serait fructueux de comparer, par exemple, le théom ou Tiamat ,(l'abîme primordial où furent jetées les semences de l'univers) avec la Théba ou « arche » dans laquelle Nohé conserva les semences de notre cosmos.
(2) (3) Voir pour détails : Du Menhir à la Croix (Additif).
(4) En un certain sens on peut donc rapprocher Adam (l'homme « universel ») d'Adamah (la terre spirituelle) et Aenosh (l'homme individuel) d'Arz (la terre matérielle).

Sources Livres Mystiques com

Posté par Adriana Evangelizt

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